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Fais des bébés

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Auteur : Jean-Jacques Goldman
Compositeur : Jean-Jacques Goldman
Editée par : J.R.G. / N.E.F. Marc Lumbroso

Version originale
Année : 1987
Interprétée par : Jean-Jacques Goldman
Distribuée par : C.B.S.

 

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Année Interprète Support Référence Pochette
1987 Jean-Jacques Goldman 2 LP Entre gris clair et gris foncé ; EPC 460 404 1987_album_egcegf_300.jpg non disponible.
1987 Jean-Jacques Goldman 2 LP Entre gris clair et gris foncé (Canada) GFC 90 763
1987 Jean-Jacques Goldman 2 K7 Entre gris clair et gris foncé ; EPC 460 404-4 1987_album_egcegf_300.jpg non disponible.
1987 Jean-Jacques Goldman CD Entre gris clair et gris foncé ; EPC 460 404-2 1987_album_egcegf_300.jpg non disponible.
1987 Jean-Jacques Goldman CD Entre gris clair et gris foncé (Canada) CGK 907 63
1988 Jean-Jacques Goldman 45 T (Canada) 15-3060 non disponible.
1989 Jean-Jacques Goldman CD Entre gris clair et gris foncé (Japon) 25-8P-5280
1989 Jean-Jacques Goldman CD hors commerce Entre gris clair et gris foncé (Japon) 647275
1991 Jean-Jacques Goldman Intégrale CD5 COL 469 217-2
1998 Jean-Jacques Goldman 2 CD Quand la musique est bonne / Entre gris clair et gris foncé ; COL 492 848 2 1998_coffret_deux_albums_300.jpg non disponible.
2000 Jean-Jacques Goldman 2 CD Entre gris clair et gris foncé ; EPC 460 404-9 1987_album_egcegf_300.jpg non disponible.


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Acide, amer
Sans point de repère
Cassé, KO, bout du rouleau, sans plus rien qui adhère
Le monde entier t'a déçu
Tu hais l'humanité tout entière
Et bien entendu plus d'eau chaude au moment de prendre ton bain

Et tu sais pas
Et tu te mens
Les rêves à plat, bête et méchant, et tu coules en ramant
Plus d'essence et encore pas mal de kilomètres à faire
Et des tas de feux rouges qui t'bouffent le temps, évidemment

Reste un moyen facile qui peut rapporter gros
S'il te reste un peu de sang, les os et la peau
Bien mieux qu'un safari, aventure garantie

Si ton présent plus qu'imparfait hurle au secours
C'est une affaire à deux à saisir nuit et jour
Ne s'use pas si l'on s'en ressert, ça c'est sûr
Quand t'as froid, ça fait monter la température

Jouer, c'est pas tricher, surtout dans le désordre
Et plus tu joues, plus tu touches, t'as même le droit de mordre
C'est comme j'te dis baby
Fais des bébés, fais des bébés
Si tu sais plus c'que tu fous là, ni à quoi tu sers
Eux le sauront pour toi, redeviens mammifère
Pas compliqué, fais des bébés

En éprouvette, inséminé
Qu'importe le flacon pourvu qu't'aies l'ivresse ou le pied
Du passé, table rase, la voilà ta nouvelle base
Histoire d'expérimenter les parts de l'acquis et de l'inné
(Bonne chance)

Ils t'trouveront beau, intelligent
Grand et costaud, intéressant au moins jusqu'à huit ans
Problème existentiel, la bouillie coule-t-elle ou pas?
L'ennemi : les grumeaux, ou bien trop chaud, ou trop froid

C'est gratuit, des fois même t'en as cinq pour le prix d'un
ça plaît aux filles et ça fait marrer les copains
Permanent cinéma, 100 fois mieux qu'FR3

Ok, ça fait du bruit, ça sent pas toujours bon
Mais entre nous, c'est elles qui s'occupent des biberons
ça te fera moins dormir que les amphétamines
ça résoudra tes problèmes, tes doutes et tes spleens

Si longs, longs, longs
Comme un jour sans toi
Ou un jour avec toi d'ailleurs
ça dépend des fois
C'est comme j'te dis, chérie
Fais des bébés, fais des bébés
Si tu sais plus c'que tu fous là, ni à quoi tu sers
Eux le sauront pour toi, redeviens mammifère
Pas compliqué, fais des bébés

Fais des bébés, fais des bébés
ça f'ra p'têtre des cadavres pour leurs saletés de bombes
Mais aussi des cerveaux pour ne pas qu'elles tombent
ABCD, fais des bébés

Fais des bébés, fais des bébés
Tu leur diras jamais qu'y a des guerres qui sont saintes
Que la raison d'état efface les cris, les plaintes
C'est pas sorcier, fais des bébés

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Graffiti : "Fais des bébés", une chanson nataliste ? Alors Michel Debré - Jean-Jacques Goldman, même combat ?

Jean-Jacques Goldman : Attention, j'en parle d'un point de vue totalement égoïste, et je ne dis à aucun moment que c'est pour le bien de la collectivité.

Graffiti : Il y a une phrase que j'ai adorée, c'est "plus d'eau chaude au moment de prendre son bain". Il y a malgré tous des messages dans l'air, ne nous invites-tu pas à ne plus être obscurci par un confort too much douillet ?

Jean-Jacques Goldman : J'avais déjà dit dans une précédente chanson "Petite fille de novembre" qu'il n'y avait pas de suicide au Sahel. A l'époque, j'avais trouvé ça terrifiant d'écrire ça mais c'est vrai, quoi. "Fais des bébés", c'est un peu la continuité, en fait, on s'est dit que l'enfer arrive mais bon, autant trouver des raisons, même si ce n'est pas conscient, d'essayer de vivre pour quelqu'un d'autre. Je crois que ça facilite les problèmes de spleen et de stress, tu ne te poses plus la question de savoir si tu vas réussir à dormir, tu dors parce qu'il ne te reste plus que cinq minutes. (Rires)."

Graffiti : Devenons des mammifères ?

Jean-Jacques Goldman : Disons que c'est une façon de se décérébraliser rapidement.

Graffiti : Est-ce une rock'n rolleuse attitude de faire des bébés ?

Jean-Jacques Goldman : Une fois de plus, je te répèterai que je ne suis pas un spécialiste de rock'n roll.

Graffiti : "Fais des bébés", un slogan digne de la nouvelle philosophie ?

Jean-Jacques Goldman : C'est surtout une chanson sans prétention et qui se veut drôle.

Graffiti, 1987


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Ma femme devant accoucher dans la semaine, j'ai eu envie de m'essayer à un essai (!) sur "Fais des bébés !".

La natalité dans notre pays ne doit son léger frémissement actuel qu'à l'approche de l'an 2000 et à la volonté de certains parents de faire coïncider la naissance de leur enfant avec le 01/01/00. En temps normal, nos concitoyens se font plutôt tirer l'oreille pour se lancer dans la grande aventure de la maternité. Dans ce contexte, il est intéressant d'analyser la façon dont JJG, père de famille récidiviste, aborde la question de la perpétuation de l'espèce humaine. Folie, devoir, inconscience, acte égoïste ou généreux... On peut qualifier le choix de faire un bébé de différentes façons, selon sa philosophie, son milieu, son origine, ou simplement son humeur. Jean-Jacques résume l'ensemble de ces aspects dans le titre de sa chanson, en ne retenant qu'un impératif surprenant en la circonstance : Fais des bébés !

A l'aube de notre analyse, il convient de préciser que celle-ci, au même titre que la chanson considérée, oscillera de façon quasi permanente entre vérité profonde et dérision. En résumé, nous irons de "si tu sais pas quoi faire, fais des bébés" à "fais des bébés pour sauver l'humanité, Acide-amer, sans point d'repère, cassé, KO, bout du rouleau"...

La nature saccadée des premières paroles et la vitesse vertigineuse de la diction semblent indiquer que la situation est critique, que l'urgence est réelle et la catastrophe prochaine. Immédiatement, alors que l'auditeur n'a pas encore le temps de se familiariser avec le décor, il est assailli. La vie décrite dans le premier couplet est celle d'un(e) citadin(e) pressé'e) (pléonasme) étriqué(e) dans une vie dont il / elle ne maîtrise pas le défilement. En quelques mots, l'auteur dépeint avec une précision étonnante la situation d'un individu qui ne contrôle plus rien des événements qui l'entourent.

Stéphane Dumond
"En passant", 29 septembre 1999



Pour compléter l'analyse de Stéphane, je crois que par cette chanson, Jean-Jacques veut dire qu'au vu des problèmes de la société et de ses propres problèmes personnels : "Acide amer, sans point d'repère, cassé, KO, bout du rouleau", si l'on s'attardait plus à aimer, à "faire des bébés", le monde fonctionnerait mieux ! C'est peut-être une vision naïve (ou une interprétation naïve de ma part), que je partage cependant.

Yann Quéré
"En passant", 29 septembre 1999



La partie la plus marquante de la chanson est selon moi la dernière, qui énonce des principes de bon sens mais qu'il est bon d'avoir en permanence à l'esprit.

Je passe rapidement sur le couplet concernant la nécessité de redevenir mammifère. D'aucuns ont chanté "Donne... un sens à ta vie", ce qui illustre assez bien la question métaphysique de notre utilité sur terre. N'oublions pas que l'introduction de l'album "Entre gris clair et gris foncé" ("A quoi tu sers") pose précisément une question à laquelle "Fais des bébés" tente d'apporter une réponse.
Ça fera peut-être des cadavres pour leurs saletés de bombes, mais aussi des cerveaux pour ne pas qu'elles tombent.
(Fais des bébés)
Voilà, tout est dit. Un élan pacifiste comme on en trouve parfois dans l'oeuvre de Goldman ("Frères", "Tout petit monde", "Né en 17"), mais aussi un paradoxe goldmanien classique.

La première partie de cette proposition est un constat brutal de la violence de notre espèce, dont le chanteur s'exclut subitement ("leurs" saletés de bombes), pour mieux la juger.

La seconde partie de la phrase est un vibrant appel à l'intelligence contre la barbarie, que l'on peut rapprocher de la lutte qui oppose l'instruction à l'ignorance dans une chanson comme "Envole-moi". La teneur des propos, et l'espoir que constitue le pari de la vie, rendent cet appel des plus émouvants. Quoi, tout n'est donc pas perdu ? Renaud a tort lorsqu'il décrit JJG, dans "Ma chanson leur a pas plu 2", en train de convaincre un esquimau qu'il faut aimer son bâton... Notre JJG sait prendre position, mais il ne le fait qu'avec parcimonie, comme pour donner plus de poids à ses arguments.
Tu leur diras jamais qu'y a des guerres qui sont saintes.
(Fais des bébés)
Cela ne s'applique bien évidemment pas seulement à la religion, preuve en est la suite : "que la raison d'État efface les cris, les plaintes". Etonnant ce rejet de toute justification de la violence, quand on sait que papa JJG a mené une guerre que l'on peut qualifier de "sainte" face aux Allemands au sein des FTP-MOI. Il s'agit avant tout de préserver nos enfants de tout sentiment pouvant légitimer la violence. Les cris, les plaintes sont des choses que l'on ne doit jamais négliger. Une fois encore, c'est l'humain qui prévaut.

C'est la conclusion logique de la chanson. A ceux qui pensaient que le titre n'était qu'anecdotique, voire ironique, le chanteur adresse un démenti frappant par sa gravité. On est loin des feux rouges, de la bouillie qui ne coule pas, de l'eau chaude manquante ou des commentaires d'amis attentionnés.

"Fais des bébés" est construite selon un crescendo qui va de la futilité la plus totale (je ne sais plus quoi faire alors je fais un bébé) à la gravité profonde des deux dernières affirmations (les bombes, les cris, les plaintes, les cadavres). Faire un enfant n'est pas un acte à prendre à la légère, même si les vicissitudes de la vie moderne ont transformé la maternité (et la paternité s'ensuit) en une péripétie supplémentaire, intercalant "lolo" entre "métro, boulot et dodo". En élevant ainsi le débat à la fin de sa chanson, JJG en fait un appel humaniste, au sens premier du terme. Le rythme choisi a certainement pour but d'illustrer le manque de temps des parents obligés de courir toute la journée (je sais de quoi je parle). Mais ne faut-il pas y voir également l'illustration de l'urgence qu'il y a donner la vie pour ne pas sombrer dans l'égoïsme le plus total face à l'humanité toute entière ?

Certes, les problèmes auxquels on est confrontés avec un bébé sont de même niveau que ceux rencontrés avant : un feu qui passe au rouge au moment où on arrive est aussi agaçant que le demi-degré de trop du biberon qui sort du micro-ondes.

Mais tout est différent dès lors que notre préoccupation majeure n'est plus notre petite personne mais celle du bébé. Faire des bébés, c'est relativiser, c'est admettre que l'on n'est pas le centre du monde.

Stéphane Dumond
"En passant", 14 octobre 1999



 

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