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Aimer JJG ou Jean-Jacques dans nos vies

A propos du fanatisme dont on pourrait nous affubler, je ne suis pas trop d'accord. Pour ma part, j'ai essayé de prendre du recul par rapport à ma vision de JJG. Pas facile de grandir en gardant toujours une "passion" intacte.

Donc depuis plusieurs années j'ai essayé de décoller l'image de "Jean-Jacquette Goldmanette" que l'on m'avait collée. Je cachais purement et simplement le fait que j'écoutais cela. Non pas par honte, pas du tout, mais pour pouvoir exister par moi même. Cela me semble absolument indispensable.

Cependant cette liste me paraît intéressante. Je ne trouve pas que le fait d'écouter JJG soit réducteur. Par exemple, quand dans ses chansons, il parle de "Jules et Jim", de "Jeux interdits" qui sont des classiques du cinéma français, alors j'ai envie d'en savoir un peu plus et je me débrouille pour les regarder, chose que je n'aurais peut-être jamais fait autrement. Donc j'enrichis mes connaissances et mon horizon. De même, JJG a fait beaucoup de reprises qui peuvent nous amener à nous tourner vers ces autres personnes.

Dans les émissions auxquelles il participe (Fréquenstar, Les enfants du rock (oui, ça date!) ou autre), on apprend des choses qui le touchent, donc on apprend à le connaître. Et ceci permet parfois de mieux comprendre ses chansons et par la même de mieux les apprécier. Ex:" A nos actes manques" dont le rythme est inspiré de ses concerts en Afrique, de la manières qu'ont eu les gens de vivre sa musique...

Les discussions sur ses chansons ou sur autre chose d'ailleurs le concernant sont plutôt intéressantes. Cela n'empêche pas non plus de rêver à une relation un peu plus privilégiée avec JJ, sans pour autant avoir un comportement hystérique !

Danièle Méchain

Là-Bas , 9 février 1996


Je m'présente, je m'appelle Sidonie et je suis en première année d'une école d'ingénieurs à Nancy (dans l'est de la France). Je vous épargnerai la promotion de cette ville magnifique (je l'adore même si cette année on se croirait en Sibérie...)

En fait mon intérêt (je ne vais pas utiliser le mot "passion", vous me prendriez pour une fan!!! :) ) pour Jean-Jacques a commencé dès mon plus jeune âge lorsque je me dandinais sur "Quand la musique donne... " Ensuite, je l'ai suivi avec plus ou moins de fidélité (ah cette jeunesse !) mais je me suis toujours retournée vers lui, comme si ses paroles comblaient un espace dans mon coeur...

J'avoue que je ne suis pas aussi calée que vous sur ses chansons, sur son histoire musicale (c'est pour cela que j'ai hésité à vous écrire ). En fait, il m'arrive parfois d'écouter pendant des heures une même chanson, et de me satisfaire de cette exclusivité : c'est arrivé avec "Frères", je ne sais pas ce que vous ressentez à son écoute, mais les premières fois j'étais obligée de m'asseoir, son intensité est trop forte (en particulier l'intro de guitare). Ensuite, je la laisse tomber pendant des mois...jusqu'à la prochaine fois.

Je suis allée le voir une fois, à Metz ; c'était fantastique (je ne vous apprends rien de nouveau)... C'était la première tournée de FGJ et le concert était si homogène (je veux dire par la que rien n'etait laisse au hasard, je crois me souvenir de "diapos" diffusées sur les murs) que c'était le bonheur total.

Sidonie

Là-Bas , 15 février 1996


Salut a tous! Je m'inquiète un peu d'écrire parce que je pense que je suis probablement la seule personne sur la liste qui n'est pas francophone. Je vous demande de m'excuser des erreurs que sans doute je ferai, mais il faut franchement dire que je me passionne pour le français depuis que j'avais 12 ans (il y a très longtemps !). Je suis américaine, j'enseigne le français au secondaire (quand il y a assez d'élèves inscrits...sinon j'enseigne l'espagnol à contrecoeur) et j'adore toute la musique francophone (pas seulement française). J'emploie la musique pour montrer "la langue en action" dans mes classes, et les paroles des chansons sont les sources des leçons de vocabulaire et de grammaire. Pour cela, je ne regarde pas seulement le chanteur ou la chanteuse mais toujours le contenu d'une chanson quand je l'entends.

J'adore JJG, sa voix se plie à toute émotion . Je pense que les sentiments qu'il exprime dans Entre gris clair et gris foncé sont pleins de vie et d'esprit. Quant à FGJ, il y en a encore des sujets importants, et j'aime bien le mélange des voix. A mon avis, les qualités distinctes des voix de Carole Fredericks et de Michael Jones rehaussent ceux de Goldman. J'étais étonnée quand on a critiqué l'accent de Fredericks - elle en a, c'est vrai, mais comme je dis toujours à mes élèves, c'est très rare de trouver quelqu'un qui chante, parle, ou n'importe quoi dans une langue seconde, sans accent ! L'album D'eux avec Céline Dion se paire deux de mes artistes préférés, et je pense qu'elle chante ses paroles avec la même passion avec laquelle il les a écrites. L'album me rappelle celui de Céline qui s'appelle Dion chante Plamondon, un autre où elle chante avec coeur les paroles d'un autre homme du grand talent.

C'est JJ que je préfère sur la côte française de la musique - mais j'aime aussi Cabrel. Des vieux chanteurs, je préfère Brel (vous pensez que c'est parce qu'il était "mon premier" ? chanteur de français, bien sûr !) et Aznavour. Et mes élèves ont même "fait la connaissance" des Négresses Vertes, Niagara, Bashung, Les Rita Mitsouko, MC Solaar et Noir Désir (mais je ne les écoute pas pendant des heures comme JJG, FC et JB).

Sur la côte québécoise il y a une grande liste des artistes qui sont excellents. Je préfère Richard Seguin, Michel Rivard, et Eric Lapointe comme chanteurs - Céline Dion, Francine Raymond, et Marjo comme chanteuses. Mais j'avais de la chance en '94 d'assister au Festival d'été (musique) dans la ville de Québec et c'était extra ! Malheureusement, à ma connaissance JJ n'a pas encore offert aucun concert aux E.U.- c'est vrai ?

Pour vous ennuyer un peu plus - j'habite à Huntington, Long Island, pas loin de la ville de New York (à peu près de 50 miles). Je cherche toujours à faire des contacts au Québec et en France - je voudrais bien trouver une "école-jumelle" pour échanger toutes sortes de choses - des lettres, des vidéos, etc. Si quelqu'un s'intéressait à cela (ou connaît quelqu'un d'autre qui le trouverait intéressant), n'hésitez pas à me contacter (même si ce n'est pas le but de cette liste, pardon !).

Madeline Turan

Là-Bas , 24 février 1996


La place de JJG dans mon coeur? Il en occupe une grande, mais je trouve impossible de la quantifier. J'aime écouter beaucoup d'autres artistes, mais aucun autre artiste ne me "parle" autant. J'ai mes périodes Goldman où je n'écoute que lui et j'ai mes périodes pas Goldman où j'ai besoin de lui "échapper". Dans l'ensemble, c'est quand même sa voix qui tapisse ma vie. Elle m'aide à célébrer les moments heureux et à me consoler lors des coups durs. C'est comme une voix "amie" avec qui j'aime vieillir.

Yvonne Williams

Là-Bas , 26 février 1996


Ceux qui ont lu mes messages auront compris combien j'aime et j'admire ce que fait Jean-Jacques. Maintenant, je ne peux pas dire pour autant que je l'écoute à 80 %, car je possède environ 700 CD très divers que j'aime aussi entendre de temps à autre... (parmi lesquels on trouve Cabrel (quelle surprise!), les Cure, Daho, Chris de Burgh, Dire Straits, Mylène Farmer, Stephan Eicher, Herbert Grönemeyer, Annie Lennox, George Michael, REM, Chris Rea (que j'écoute en ce moment précis), Sanson (une découverte tardive (93) mais vitale), Tanita Tikaram, U2, plus quelques CD "techno" (fabuleux Leftfield) ainsi que 150 musiques de film).

Evidemment, on peut parler de jjg comme son auteur / chanteur préféré sans pour autant l'écouter 23 heures par jour. En fait, la précision qui suit devrait suffire à vous faire comprendre à quel point je tiens a ce qu'il fait: lorsque je pars de chez moi (trajet en train d'une ou plusieurs heures, voyage d'une ou plusieurs semaines, etc.), j'ai l'habitude d'emporter un lecteur CD portable ainsi que quelques disques (entre 3 et 10). Quel que soit le voyage et sa durée, je fais toujours attention à emporter au moins un album de jjg !

Je ne sais pas comment l'expliquer, mais c'est probablement le seul chanteur vers lequel je peux me tourner lorsque tous les autres ont fini par me lasser. Pour un long voyage (par exemple à l'étranger), c'est également pour moi un point de repère, une sorte d'attache qui me fait sentir un peu chez moi. Ecouter jjg lors d'un voyage est quelque chose qui peut me faire du bien, une façon de m'évader à l'intérieur de mon évasion en quelque sorte.

Voilà. C'était peut-être pas très clair, c'est toujours plus difficile de dire pourquoi on aime quelque chose plutôt que de dire pourquoi on ne l'aime pas...

Cédric Bourquard

Là-Bas , 26 février 1996


J'ai beaucoup aimé savoir que de jeunes Américains apprennent le français grâce aux chansons de JJG. Pour moi, JJG est plus qu'un grand auteur-compositeur-chanteur, c'est un des plus grands poètes moderne; et côté musique, ça va vous faire rire mais je le compare souvent à Mozart !!

Jean-Claude Lévy

Là-Bas , 27 février 1996


Et voilà : je m'appelle Aldo Bazan, je suis 33 (34 en June), je vive en Rome et je suis un frère augustinien. J'ai écouté pour la première fois JJG en 1986 avec la bande de "Positif" et j'ai trouvé bonne musique et des très beaux paroles. l'année suivan je trouvais un " promotional " disque de "Non homologué" ici en Rome and j'ai été bien surpris par toutes les chanson; quand en 1989 je suis allé to Londres pour étudier anglais, j'ai trouvé des CD de JJG et, à peux à peux, je l'ai achetés tous. Maintenant je manque le cd de "Rouge" (j'ai les cd jusqu'à "Sur scène").

Pourquoi toute cette histoire? Parce que ici en Italie personne connaît JJG et il est presque impossibile d'acheter des CD pressées en France. Aussi, quand j'ai été en Paris pour étudier quelche chose de français, en 1991, le professeur a fait nous écouter des chanson... mais seulement de Brel, Arletty... je le trouvais un peu étonnant que dans Action Française ne considèrent pas JJG. (Ici en Italie nous avons des chanteurs +- comme JJG and leurs paroles sont déjà dans des livres pour l'école. JJG il n'est pas "quelche chose pour les jeunes filles" seulement).

J'aime écouter non seulement JJG mais aussi des autres artists, italiens, anglais, africains... j'aime beaucoup la musique.

Aldo Bazan

Là-Bas , 22 mars 1996


(Une nuit de juillet 1986 Ile d'Orléans, en banlieue de Québec.)

Au sortir d'un spectacle de Crescendo (cette jeune troupe de chanteurs - danseurs), je me cale sur un siège d'autobus, absorbé par un paysage que je ne vois même pas, un walk-man soudé aux oreilles. Une cassette empruntée, alors, mais depuis je dirais, solidement homologuée...

Mon histoire commence sur une plage... La seconde de la face B !

"Je te donne toutes mes différences...".

Et puis retour à la plage, toujours... Une fois puis deux, puis dix, puis ... Toujours la même chanson...

"Tous ces défauts qui sont autant de chances...".

Et pourquoi celle-là me direz-vous ?

Evidemment, la radio avait consolidé mon attachement à la chanson (je ne connaissais pas ou alors si peu le chanteur à ce moment...) mais la véritable raison est encore plus simple.

Ce titre figurait au répertoire de la troupe Crescendo (il y figure toujours d'ailleurs...) et moi, en aspirant-soliste que j'étais, je rêvais de l'interpréter à mon tour ! Mon solo à moi ... dans la mesure où il s'agit d'un duo ! Enfin...

Et je me revois encore. Cet autobus bondé. Cette nuit de presque pluie. Toujours cette même chanson : la seconde de la face B.

"'Mes plus belles chances : mes différences...".

Encore et toujours jusqu'à ce que...

L'inévitable.

L'envisageable.

Je "recule" la cassette un peu trop loin... Face B quand tu nous tiens... Première plage. Puis je laisse défiler (quelques fois, c'est bien de connaître les autres chansons d'un album, vous ne trouvez pas ?).

Silence. ... ... Accords.

Et quatre mots qui allaient changer ma vie...

"Graver l'écorce / Jusqu'à saigner..."

Je crois bien que c'est à ce moment précis que j'ai su...

Pour le chanteur, pour l'homme aussi. Pour la musique surtout.

J'ai réalisé ce qu'on pouvait faire avec quelques mots, quelques notes...

J'avais bien à l'époque quelques chansons en tiroir mais je crois que ce soir-là, "mentalement" si je puis dire j'ai adopté un rôle que je tiens depuis lors... Celui d'un auteur-compositeur.

Voilà pour moi.

Je vous souhaite mille parcours de ce genre... filant vers la vieille capitale ! 8)

Richard Charest

Là-Bas, 16 mai 1996

[Note de Jean-Michel : Richard a depuis sorti un album qui s'est classé parmi les cinq meilleures ventes au Québec... En plus de sa (trop) petite page officielle chez BMG Québec, on peut également trouver une critique de son album Blues occidental sur les ondes de Net Radio. En 1999, c'est la consécration : il remplace Patrick Fiori dans "Notre Dame de Paris".] 


"D'eux" est le premier disque chanté par Céline Dion que j'ai acheté. C'était si bon que j'ai écouté ses autres albums, "Unison", "Dion chante Plamondon", "The Colour of My Love", etc. Mais "D'eux" était le meilleur. C'est pourquoi j'ai pensé que JJG devait être excellent compositeur, producteur et chanteur. (Il aussi chanté dans ce disque, tu sais.)

Quand j'allais à l'Alliance française pour apprendre le français, j'ai trouvé un article sur lui dans le livre de classe. A ce moment j'ai su que JJG était très célèbre musicien.

J'aime "entre gris clair et gris foncé" le plus. J'aime aussi d'autre chansons, bien sûr. Je trouve sa voix formidable.

Aya Naemura

Là-Bas , 11 septembre 1996


Je ne peux pas dire que j'ai une connaissance encyclopédique de Jean-Jacques Goldman ; ce qui m'intéresse avant tout, c'est sa musique et ses paroles; c'est le seul à mon avis à écrire des chansons aussi fines et précises mais paradoxalement ouvertes; on comprend ce qu'il veut dire, on devine parfois ses motivations (rarement dans mon cas) mais on sait qu'on peut toujours y projeter sa propre vie et que les chansons vont nous apporter quelque chose. C'est pour ca qu'il m'a été difficile de choisir 5 chansons intimes, pour moi elles le sont presque toutes, mais elles évoluent avec moi. La plupart restent intimes mais leur sens "personnel" change. Certaines, comme "Là-bas" ou "Il changeait la vie" ont gardé pour moi la même signification personnelle mais d'autres comme "Il y a" ou la majeure partie des chansons de D'eux ont évolué avec moi.

David Le Huan Cua

Là-Bas , 6 novembre 1996


J'ai une anecdote assez spéciale - pour moi en tout cas... Mais comme je l'ai dit, cela ne concerne que moi et quelques amis, Goldman n'est qu'un "vecteur" si l'on peut dire... J'ai suivi dans mon cursus, entre autres, un BTS audiovisuel à Toulouse. J'y ai appris le métier de cadreur ("caméraman"), de monteur, et approché la discipline qui m'occupe à temps plein aujourd'hui, l'infographie.

Dans les locaux audiovisuels, les étudiants disposaient d'un studio d'enregistrement son quasi professionnel, équipé du dernier cri de la technologie. Nous autres, étudiants en option Image, n'avions pas accès à cette salle, où nous aurions pu tout casser juste en regardant les machines (c'est du moins ce que laissaient entendre les formateurs !). De mon côté, je rongeais mon frein, possédant un petit studio personnel, certes situé à des années-lumières de celui des Arènes (le lycée dans lequel le BTS avait ses locaux), mais où je passais pas mal de soirées. Et devinez ce que je jouais la plupart du temps ? Gagné, JJG...

Et puis un beau jour, j'ai fini par avoir l'occasion de rentrer dans ce studio, accompagné par un copain et une copine de l'option "son". Ce fut pour moi un premier choc : je jouais depuis plusieurs années déjà de la batterie et des claviers, mais tout seul, dans mon coin, et je n'étais pas habitué à voir tant d'appareils, dont je connaissais certes la fonction (et le prix !), mais que je n'avais jamais approché "en vrai" ! Nous discutions donc tous les trois, et je leur expliquais que je jouais un peu de musique, etc... Bien sûr, rien à voir avec ces deux-là qui étaient soit au conservatoire depuis 10 ans, soit surdoués musicaux. Et puis une question : "Tu joues quel genre de musique, Jérôme ?" Hem... J'avoue (oui, j'avoue !) avoir hésité un instant : ben oui, face à deux musiciens et (presque) ingénieurs du son, pas facile de dire que l'on aime un auteur qui reste qualifié par beaucoup comme un "chanteur à minettes"... Mais bon : je me suis lancé, et leur ai dit. Eux deux se sont regardés, puis m'ont souri. "Ça c'est marrant, on adore nous aussi ! !".

Et je dois dire que le climat a de suite changé dans la petite salle : nous avons commencé à délirer sur JJG, puis sur nous, dans le style "Ben tiens, on est trois, comme FGJ, on pourrait essayer quelque chose non ?". Résultat : une des nuits les plus magiques de mon existence... Imaginez : Nous étions tous les trois seuls dans le studio, avec une guitare, un synthé et une vieille batterie qui traînait dans un coin, réunis par la même passion pour la musique de JJG. Nous avons repris "Il y a" à trois voix, sans même savoir si nous allions chanter juste ou pas ! Surtout moi, en fait, qui n'avais fait que chantonner dans mon coin depuis toujours. Pierre a commencé à jouer la guitare, puis j'ai enchaîné sur le clavier. Enfin, nous avons ajouté les voix. Pierre, qui possédait un joli brin de voix, a placé son texte le premier, en une prise. En réécoutant ça, on a commencé à se sentir assez surpris : Ça "sonnait" déjà, comme ça, sans rien d'autre qu'un peu de guitare et de piano. Audrey a suivi, pour la troisième voix. Des la première prise, on s'est regardés Pierre et moi tellement ça nous a fait bizarre. Il régnait une ambiance presque, j'allais dire, mystique, mais je crois que ça définit assez bien l'état d'esprit.

Elle a recommencé une seconde fois, car elle n'était pas très contente d'elle-même. Pratiquement parfait. Puis vint mon tour. Inutile de préciser que je n'en menais pas large, debout dans la cabine de prise de son devant un micro qui valait à lui tout seul plus cher que tout l'équipement que je possédais à l'époque... Mais il fallait bien se lancer ; j'ai fini par lever mon pouce, et ils ont lancé le magnéto. La musique dans le casque a commencé, et... dire que tout fut parfait à la première prise serait mentir : complètement pas habitué du tout, avec un trac monstrueux, je confesse que c'était pas génial. Je devais chanter la tierce de l'accord, c'est à dire non pas la mélodie même de la chanson, mais la deuxième voix, coincée entre la mélodie principale et celle, haut perchée, de la "quinte" (troisième voix). Et même si je savais d'instinct la hauteur des notes, j'ai fait des erreurs : je n'ai jamais fait de solfège de ma vie... Pierre et Audrey ont été géniaux, ils sont venus me voir pour me conseiller, me disant : "tiens, là tu devrais faire un sol plutôt, tu vois, genre "Loin de Touuuuut, loin de ........" et ça passera génial...", etc. Je me suis senti en confiance, et sans mentir la deuxième prise fut la bonne. Ma voix s'est placée toute seule, et c'est vraiment un truc incroyable de ne plus connaître sa propre voix, de la sentir se poser d'elle-même sur les notes...

Mais le plus amusant, c'était les têtes de Pierre et Audrey derrière la vitre, penchés sur la console de mixage : ils étaient stupéfaits ! Non pas par ma performance, faut pas exagérer, mais par le tout : l'harmonie qui ressortait de la chanson nous donnait des frissons... Quand j'ai eu terminé, ils m'ont accueilli avec des cris (Putain ! C'est génial ! D'enfer !....). Nous avons légèrement égalisé les voix, mis un peu de réverbération, puis j'ai joué une partie de batterie légère sur la fin du morceau... Et déjà cinq heures du matin... Le résultat était vraiment ressemblant à l'original, avec un feeling toutefois différent... Bref, bien au-delà des nos espérances... Pierre a fait une copie sur K7 numérique, car nous n'avions pas de cassette sur nous... Et voilà le plus triste de l'histoire : je n'ai pas pu récupérer de copie de cette bande !! De par des emplois du temps différents, et l'occupation du studio qui suivit, nous n'avons pas pu faire de copies. Nous étions désolés à chaque fois que nous nous voyions, mais... Rien. Nous avons essayé d'organiser une autre fois une séance de ce genre, mais jamais les conditions ne se présentèrent...

Car vinrent les examens, puis les vacances, et nous nous sommes perdus de vue. Aujourd'hui donc, ne me reste que ce souvenir de ma seule et unique séance de studio en tant que chanteur... Et un léger pincement au coeur quand par hasard je rentre dans ces sanctuaires que sont les studios d'enregistrement. Ou bien quand j'écoute "il y a" version Goldman...

J'invite ceux qui ont ce genre de souvenirs un peu "spéciaux" à les soumettre. en fait, quand j'ai écrit ce texte, c'est en pensant un peu au genre de choses que j'aimerais trouver ici... Au risque de faire sauter des disques durs...

Jérôme Debève

Là-Bas, 16 janvier 1997


Je vous ai rejoint pour partager des clins d'oeil. Mêmes références, même complicité, mêmes silences aussi peut-être. Mêmes couleurs et mêmes teintes. Aussi différents que l'on soit, et c'est tant mieux, je crois pourtant qu'un petit rien, une sorte de feeling ineffable - voyez comme il m'est difficile d'en parler ! - nous anime, nous aide à vivre, colore un peu nos matins gris et nos hivers, rendent nos blues plus beaux, plus nobles, plus rouges, nous murmure que vivre c'est vraiment chouette. Philosophie, mélodie, poème… autant de mots pour exprimer tout ce que c'est. Vous le savez, les chansons de Goldman ne sont pas ses chansons. Elles lui échappent, elles s'envolent pour résonner en nous, pour nous chuchoter un message de vie, d'espoir. Un message de déchirement d'exaltation et de dépassement qui t'amène un peu plus loin.

Ce sont nos chansons et tant pis pour les droits d'auteur. Tant pis aussi si on les taxe de commercial. Ils n'ont rien compris. Chacun ressent à sa façon, chacun recompose les textes et les façonne. Chacun aussi se souvient d'autre chose, et vibre autrement. Mais je me rends compte que je ne me suis pas encore présente. Peut-être vous ai-je déjà ouvert ici une petite fenêtre sur mon âme.

Je m'appelle Raphaël, j'ai 21 ans, je suis en première année dans une école d'ingénieur TELECOM, l'I.N.T située à Evry, mais je suis originaire de Strasbourg.

A part ca, j'ai un frangin âgé de 15 ans, il s'appelle Aurelien. Mon "cv" ne serait vraiment pas complet si je ne vous disais pas que je suis juif et que je le vis comme une richesse et une identité très forte.

Je vous ai dit pourquoi j'étais enchanté d'avoir trouvé Là-Bas. Permettez-moi seulement de vous dire maintenant mon inquiétude : en deux mots, surtout ne pas idolâtrer. Comme vous, j'admire profondément JJG. Comme vous, j'écoute et ne me lasse d'écouter ses paroles, de respirer sa musique. Mais aimer n'est pas aduler. Et c'est parce que je me sens parfois poussé dans ce sens là que je m'écris, que je vous écris cela. Ce n'est pas un discours bienséant verbeux ou je ne sais quoi, la différence est fondamentale, fondatrice. Adorer, c'est se castrer, se sentir perpétuellement frustré de n'être pas Goldman. Admirer au contraire peut constituer un tremplin créateur : les chansons de Goldman font bouger quelque chose en nous. A nous de devenir acteurs ! Tâchons de "domestiquer" ces sentiments (je sais, l'image est choquante…) parce qu'ils révèlent en nous un talent. Peut-être un jour serons-nous en mesure de traduire alors en mots nos émotions. Peut-être pourrons-nous à notre tour émouvoir. Nous ne serons jamais Goldman, mais peut-être saurons nous mieux être nous-mêmes, et c'est mieux. En bref, chers nouveaux compagnons je vous invite plus à la création - nous en sommes capables, j'en suis convaincu ! - qu'à la contemplation stérile et frustrante. Peut-être alors seulement arriverons-nous là-bas.

Voilà pour ce soir. J'espère que le dialogue va pouvoir commencer. Il suffira d'un signe...

Raphaël BENOILID

Là-Bas, 28 janvier 1997


J'ai lu vos messages a propos de fan / pas fan. Comme la plupart des gens de Là-Bas je pense, j'ai dû souvent expliquer à des gens (amis, famille, connaissances...) en quoi je ne me sentais pas fan.

Fan vient, a priori, de fanatique, et quand on est fanatique, c'est d'une personne ou d'un mouvement. Peut-on être fanatique d'une musique ? Oui, sans doute, si on écoute que ça. Mais là...

Pour les vrais fans, il y a une notion de "culte de la personnalité", ce qui est impossible pour nous : comment s'identifier à quelqu'un qui a l'âge de notre père ? J'ai pourtant rencontré des fans de JJG, des filles (désolé mesdemoiselles et mesdames !). C'est le genre de personne qui vont voir JJG (et pas FGJ, quelle horreur, alors qu'il est si bien tout seul !) en concert et si à la fin du concert on leur fait choisir soit le live intégral en double CD, soit le T-shirt qu'il portait sur scène et dans lequel il a transpiré, elles choisissent le T-shirt, beaucoup plus proche et unique. Voilà. Y'en a pas des masses, y'en a.

Ça me fait penser à ces collectionneurs qui vont acheter (cher) les 2 45 tours de "Encore un matin" sous prétexte que sur une pochette le titre est écrit en jaune et qu'il est écrit en orange sur l'autre pressage. Véridique ! Quel intérêt quand c'est la même version que sur le CD en support inrayable ?

D'un autre côté, je comprends la personne attachée à un programme dédicacé non pas pour le support en tant que tel mais pour l'émotion de la rencontre dont le programme conserve la trace. C'est l'évocation qui est importante, pas le fait de savoir s'il y a écrit "Bisou" ou "Bisous".

Voilà mes explications, déjà bien rôdées, qui ont peut-être un peu vieilli...

Moi, JJG m'a touché depuis 1987 avec tout ce qu'il fait, c'est un univers qui me plait et m'apporte des moments de bonheur. Le jour où il fera quelque chose qui ne me touche pas, ce sera sans doute la fin de ce lien exhaustif pour le moment. C'est pas encore arrivé, alors ...

Pierre Froget

Là-Bas, 2 décembre 1997


Je m'appelle Xavier et j'ai 26 ans. Je suis en troisième année de thèse en physique-chimie du solide à NANTES. Je connais JJG depuis "Quand la musique est bonne" mais mon premier album fut "Non homologué". C'est ensuite uniquement que j'ai découvert les premiers albums. Mais la révélation pour moi ne fut que l'album précédent qui reste pour moi la reference, c'est-à-dire "Entre gris clair et gris foncé". C'est avec cet album que je suis allé chercher plus loin dans les chansons de JJG et particulièrement au niveau des textes. L'attachement que je lui porte correspond globalement à la découverte plus générale des mots, de leur signification et de leur poésie et ceci même pour d'autres auteurs compositeurs de la chanson française. Avant cet album, je dirais que je m'intéressais plus à la musique en général et également plus à la musique anglo-saxonne. Depuis, je connais par coeur ou presque tous ses albums et achète systématiquement toutes ses productions en tant qu'auteur-compositeur.

Pour moi, il représente LA référence de la chanson française, le meilleur compromis entre la musique et les textes et ce qui se fait de mieux de manière générale. Même s'il n'est pas un grand interprète en tant que tel, les imperfections de sa voix (et sa justesse notamment) font qu'il en est très touchant. En fait, je trouve qu'il a le talent de savoir mettre énormément d'émotion dans sa voix de manière à ce qu'elle colle parfaitement aux textes et à la musique. De plus, c'est un très bon musicien. Et donc s'il ne devait en rester qu'un dans la chanson francaise comme disait Francis Cabrel dans l'interview de Chorus (numéro 9 je crois), ce serait JJG.

Au niveau des concerts, je n'ai assisté qu'à un seul de ses concerts, le dernier en date : Rouge. Génial mais beaucoup trop court.

Sinon, j'ai assisté au dernier concert de Gildas Arzel à Nantes, qui est un excellent musicien et un interprète assez exceptionnel (notamment sur scène car il a un charisme et une présence assez impressionnante) mais il reste pour l'instant un peu en deça (par rapport à JJG notamment) encore au niveau de la qualité des chansons mais à mon avis il a une énorme marge de progression. Je conseille à tous ceux qui ne le connaitraient pas encore de le découvrir. J'ai pour ma part le premier et le dernier album car j'ai appris récemment sur la liste qu'il en existait un deuxième. (...)Pour revenir au concert, celui-ci était vraiment super mais bizarrement la salle n'était pas pleine, mais l'ambiance fut fabuleuse. Ça a été aussi l'occasion de découvrir JJG à la basse car je ne savais pas qu'il en jouait et je pense que c'était ses débuts car Gildas le regardait plutôt de manière amusée quand JJG se concentrait pour essayer de ne pas faire de couacs... Sur scène, c'était plutôt ambiance cirque avec JJG en jongleur notamment : inoubliable...

Xavier Bourdon

Là-Bas, 6 décembre 1997


Je m'appelle Anne, j'habite un peu nulle part (mais actuellement dans la region lilloise), j'ai 32 ans et je suis également labasienne. J'ai découvert JJG dès ses débuts, via, tout simplement, le hit-parade, c'était l'époque de "Sister Jane" et les débuts de la radio FM... :-)

Je suis coordinatrice de missions humanitaires dans des zones de conflits actifs, métier qui m'a trimballée un peu partout sur la planète, de la Bosnie au Congo en passant, entre autres (mais c'était ma mission la plus longue et la plus marquante) par l'Afghanistan.

C'est un mode de vie assez particulier qui exige un certain nombre de sacrifices et qui nous rend des satisfactions et une richesse d'expérience... au centuple.

En posant ma candidature pour la première fois pour un départ en mission, j'étais morte de peur et je me demandais ce qui me poussait à tout plaquer, comme ça. Je n'étais pas au chômage, je n'étais pas SDF et je n'étais pas seule dans la vie. Donc... ? Et là, je ne trouve pas de meilleure explication ou plutôt de meilleurs mots pour m'exprimer que les paroles d'une très vieille chanson de JJG, "Pas l'indifférence". Je sais que cette chanson, écoutée et réécoutée jusqu'à un point d'usure pas encore atteint, a été déterminante dans cette décision :

"Je donnerais dix années pour un regard
Des châteaux des palais pour un quai de gare
Un morceau d'aventure contre tous les conforts
Un tas de certitudes pour désirer encore
Echangerais années mortes pour une peu de vie
Chercherais clé de porte pour toute folie
Je prends tous les tickets pour tous les voyages
Aller n'importe où mais changer de paysage
Effacer ces heures absentes et tout repeindre en couleurs
Toutes ces ames qui mentent et qui sourient comme on pleure"

Il m'est difficile d'exprimer à quel point, pour moi, ces mots sont vrais, exacts, universels et intemporels. Cette motivation, toujours intacte, s'exprime toujours de la même façon... Sincèrement, je ne sais pas si j'aurais trouvé l'énergie de "sauter le pas" sans le "magnétisme" de ces vers...

Si je devais un jour avoir l'occasion de parler à JJG (ce que je ne cherche pas parce que je ne suis pas "fan" au sens premier du terme) je le remercierais d'avoir écrit ça... très sincèrement... je me demande s'il comprendrait...

Et puis il y a eu la réaction de la famille, pas forcément ravie de me voir aller faire le zouave sur des lignes de front, en les quittant, eux, en meme temps qu'un boulot très correct sur le plan de la rémunération et de la reconnaissance sociale... Et là encore, ils ont été supers en fin de compte. Une émotion, dans une vie qui n'est plus faite que de dé parts, qui me fait toujours et encore pleurer quand j'entends les paroles de JJG :

"Puisque c'est ailleurs, qu'ira mieux battre ton coeur, et puisque nous t'aimons trop pour te retenir...
Que les vents te mènent, ou d'autres âmes plus belles, sauront t'aimer mieux que nous puisque l'on ne peut t'aimer plus...
Puisque tu pars..."

Et ce que j'ai sacrifié dans l'histoire... c'est encore JJG qui l'exprime le mieux :

"Il y a des images qui collent au bout de tes doigts et ton coeur qui bat
Et loin de tout, loin de moi, c'est là que tu te sens chez toi
De là que tu pars, où tu reviens chaque fois et où tout finira"

Ça non, je ne l'ai pas, je ne l'ai plus, je ne l'aurai probablement jamais... ça fait plus mal qu'on ne croit mais tant pis, c'est un choix... quand on préfère "un tas de certitudes pour désirer encore..."

Ça ne remplace pas, mais je peux dire que...

"J'ai laissé des bouts de moi au creux de chaque endroit
Un peu de chair à chaque empreinte de mes pas
Des visages et des voix qui ne me quittent pas
Autant de coups au coeur et qui tuent chaque fois
Une ville que la nuit rend imaginaire
Une route qu'on prend comme on reprend de l'air
Et les papillons retournent brûler leurs ailes
Pour toucher la lumière
Pour énerver l'hiver
Pour un peu d'éphémère"

et ça, ça remplace tout, ou presque...

Anne Billaz

"En passant", la liste, le 7 octobre 1999


Pour ceux et celles d'entre vous qui ne me connaissent pas encore, je m'appelle Maryline et je vis en Bretagne dans les Côtes d'Armor, à St.-Brieuc. Je fais également partie de la liste de discussion de Là-Bas depuis environ un an, maintenant.

JJG est un élément incontournable dans ma vie. Il y a toujours un texte, une phrase et une chanson, une musique, qui correspond à mon état d'esprit du moment. Je penses que JJG à travers ces textes, m'a permis de comprendre certaines choses, il m'a fait également ouvrir les yeux sur ces certains points, en me faisant m'interroger ?

Comme je n'aime pas rester sans réponses, et que je suis quelqu'un d'assez curieux, je me suis vu lire des articles, des bouquins en cherchant ce qu'il avait voulu bien dire. C'est ainsi que j'ai dévoré dernièrement la trilogie des Fourmis de Bernard Werber, pour trouver le rapport avec "Bonne idée". Je ne l'ai pas vraiment trouvé, mais j'ai adoré ces bouquins qui traînaient chez moi, et que j'avais eu la flemme de lire.

Même si je n'ai pas toujours la réponse à mes interrogations, je suis riche d'autres choses, de plus de connaissances. En fait, il berce de sa musique, mon existence, il y a les chansons mélancoliques, celles qui me raconte mon histoire (Natacha), les désinvoltes qui me font oublier mes coups de blues (P'tit blues peinard, 1,2,3), les sérieuses qui me plongent dans un état de méditations intenses, les langoureuses. Enfin bref, vous m'avez compris.

Les gens, qui me connaissent sont étonnés quand ils arrivent chez moi, et que les musiques de JJG ne sont pas en bruit de fond.

Maryline Prévost

"En passant", la liste, le 10 octobre 1999


Bonjour chers passants,

Ayant connu Goldman au début des années 90, alors que je n'étais qu'un tout jeune adolescent, j'avoue qu'il eut une très grande influence sur moi. Même si je n'ai jamais acheté de disques de Johnny Winter, d'Aretha Franklin ou de livres de Frédéric Dard, les allusions de JJG, en interview aussi, ont souvent excité ma curiosité.

L'anecdote sur "inexorablement" me frappe, je crois que c'est la plus grande influence qu'à eu JJG sur moi ; les mots. Il y a un nombre de mots assez importants que j'ai connu grâce à JJG. Là, c'est clair, pas question de ne pas comprendre un mot utilisé dans l'une de ses chansons. Quelques exemples donc...

et j'en passe. Je pense qu'encore aujourd'hui, à 22 ans, il y a encore certains de ces mots que je ne connaitrais pas sans JJG (exutoire, lieux communs...)

Ça peut paraître un peu dérisoire comme influence, mais quand on a 14 ans et qu'on est plongé dans le Larousse pour trouver le sens d'un mot... Je vous promets qu'à cet âge, c'était plutôt rare... A 16 ans, je devais comprendre environ un mot sur deux de "Madame Bovary", j'ai jamais ouvert mon Petit Robert...

Voili, voilou... Quoi qu'il en soit, la question de l'influence de JJG sur ses auditeurs, au sens plus large que celui proposé par Jean-Michel, reste un sujet complexe, au même titre que d'autres influences d'ailleurs. Enfin, ce n'est pas le lieu pour débattre de tout ça....

Julien Schroeter

"En passant", la liste, le 10 octobre 1999


J'ai décidé de mettre main à la pâte (ou plutôt main sur le clavier) et de raconter mon épopée incroyable à travers la musique. Bon, trêve de procédés de style (je suis nul pour ça!), je vais raconter comment Jean-Jacques Goldman, JJG pour les intimes, est rentré dans ma vie et est devenu membre de ma famille...

Tout a commencé lorsque j'avais sept ans (en 1989). Un jour frileux de janvier, je vais vers mon école. Au moment de traverser la rue sur le passage protégé qui me répare du trottoir à la cour de récré, une voiture fonce sur moi, bilan: quatre mois dans le plâtre, cinq ans de rééducation pour la jambe, j'en passe et des meilleures... Vous allez me dire que cela n'a rien à voir avec JJG. Eh bien si, indirectement. Car à partir des années qui suivirent, j'eus droit au surnom de "Ben le Boiteux", et je fus mis de côté par les camarades de classe. Tous cons, de toute façon. Résultat: pendant que les autres faisaient des fêtes d'anniversaire en dansant sur le rap, qui apparaissait peu à peu, moi je restais cloîtré chez moi. Et un jour, alors qu'il pleuvait et que je m'ennuyais, je fouille dans les disques de ma mère: c'est ainsi que j'ai découvert France Gall, Michel Berger et Francis Cabrel. Michel Berger surtout, car il m'a ensuite accompagné jusqu'au collège.

Là-bas, re-belote avec le Boiteux, car un con de ma classe de CM2 était arrivé dans mon collège. Pendant que les mecs jouaient au foot, moi je m'ennuyais toujours. Et puis j'ai décidé de rejoindre la chorale du collège, avec une charmante et géniale professeur de chant. Un midi (car c'était le midi, la chorale) de Mai, la prof nous propose une liste de chansons à chanter pour le spectacle de fin d'année. Une des chansons était "Puisque tu pars". J'ai chanté le jour de la fête le second couplet, sans trop comprendre la chanson à l'époque.

Puis retour à Michel Berger, et à sa chanson "Le paradis blanc"...

Arrive alors la troisième. Nous sommes fin Avril 1997. Le professeur de musique nous propose de chanter une chanson, afin d'avoir une note de chante. Moi, j'ai pris "Le paradis blanc" (et j'ai eu 19/20). Ma voisine de classe, Aurélie, avait elle pris une chanson intitulée "La vie par procuration". Après avoir chanté, elle range le CD, et comme je suis curieux, je lui demande de me passer deux secondes le disque. Mes yeux se fixèrent sur "10. Puisque tu pars". Sans savoir pourquoi, je lui demande de me prêter le disque. Après mon repas du midi à la maison, je vais vers la chaîne hi-fi, et j'insère le CD 2 de "Singulier". Je mets la plage 10, et j'écoute: au début, on entend des bruits vagues. Non, ça ne peut être cette chanson. Mais lorsque la chanson débute (avec le clavier), je reste figé, mon sang est glacé, et j'écoute la chanson. Lors du final de guitare, je verse une larme: c'est la première fois que ça m'arrivait, de pleurer pour une chanson. Je pense que cela a permis de commencer à adorer JJG. Pour la petite anecdote, cet après-midi là je suis arrivé en retard au lycée, et le soir même "Singulier" était le premier CD que j'achetais!

Mais le déclic ne se fit vraiment qu'en Septembre 1997. Le 13, pour être précis. Ce jour-là, je reçois une lettre d'Anne-Catherine, la fille la plus sympa que je connaisse. Elle m'apprend une nouvelle tragique: Dominique quitte Nantes, et part à Séville. J'ai la confirmation une minute plus tard au téléphone: il est parti sept ans en Andalousie. Qui est Dominique? A quoi bon le savoir précisément. En bref, il s'agissait d'un type plus vieux que moi de onze ans et que je considérais comme un frère parce qu'il m'avait sauvé la vie une fois, et que nous étions restés en contact un bout de temps; mais il eut un accident et devint partiellement amnésique, et depuis il ne se souvient plus du tout de moi. Son départ à Séville me rendit insomniaque pendant quinze jours. Ce soir-là, j'ai écouté "Puisque tu pars" dans le noir, et pour la première fois j'ai compris le sens des paroles... Après, comme je ne dormais pas j'ai pris un CD de ma mère, et j'ai découvert "La corrida", de Francis Cabrel... N'en pouvant plus, j'ai mis la radio, et là c'est "Tu manques", que j'ai découvert... L'album "Fredericks Goldman Jones" sera acheté le lendemain.

Depuis, Dominique est revenu en France, à Paris. Il ne se souvient toujours pas de moi, et a épousé une jolie mais (censuré) femme, enfin plutôt pin-up type mannequin à Télé Shopping mais en plus conne. Je l'ai aperçu une fois en Février 99, et un copain va essayer de manigancer une rencontre le mois prochain. Pour ma part, j'ai désormais tous les CD de Jean-Jacques Goldman (ceux de Taï Phong, je les aurai probablement à Noël!), et j'ai commencé une collection de tout ce qui se rapporte à Goldman: articles, bouquins, 33 Tours, 45 Tours, CD 2 titres, programmes de tournée, tickets et articles de concert... Pour les CD 2 titres, c'est plus pour la pochette et les possibles versions instrumentales. Quant aux vinyles, c'est aussi pour les pochettes, mais surtout parce que j'adore le bruit que fait le disque dans la platine, la qualité pas parfaite qui donne un charme particulier à l'écoute. Si, si, écoutez une chanson de JJG sur le CD puis sur le 45 Tours ou le 33 Tours, il y a une petite différence qui fait son charme...

Je suis aussi devenu ambassadeur de Jean-Jacques Goldman à l'étranger: j'ai fait découvrir JJG à la moitié de mon lycée (où désormais on me surnomme "JJG junior"!), à un Allemand (qui a plus ou moins aimé), à un Anglais qui apprend le français (qui a aimé, sans malheureusement comprendre toutes les paroles), à une Australienne (qui a beaucoup aimé "Puisque tu pars" et "Là-bas"), à une Malgache (qui ne m'a toujours pas répondu!) et à une Américaine (désormais, la chorale principale de Chicago chante du Goldman!!!). Et loin d'être incollable pour certaines chansons, je suis considéré par certains comme le plus fervent fan de JJG du Nord de la France...

Quant à savoir si j'ai rencontré JJG, hélas c'est non, mais bon, "J'irai au bout de mes rêves"! Je l'ai vu à disons trente mètres à Lille le 06 Octobre, et je pense qu'il m'a remarqué puisque j'étais le seul grand cigare à chanter, danser et applaudir au fond des tribunes...

Pour ceux qui seraient inquiets, je rassure: j'écoute toujours Michel Berger et Francis Cabrel (France Gall un peu moins). Mais bon, sur mes 100 chansons préférées, il y a "Le paradis blanc", "La corrida"... et 98 chansons de Jean-Jacques Goldman, "Puisque tu pars" et "Tu manques" en tête! A partir de là, à vous de voir si je suis censé être fan (je préfère néanmoins "très fervent admirateur") ou simple admirateur. En tout cas, mes parents ont tranché: vu mon compte en banque, ils disent que je suis "Dingue"! Et mes profs sont du même avis : je suis le premier élève qui ait parlé de Jean-Jacques Goldman dans un DS d'anglais...

Benjamin Broucke

19 Octobre 1999

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