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Portrait

Depuis plus de dix ans maintenant, Jean-Jacques Goldman est le seul chanteur français dont les ventes d'albums dépassent à coup sûr le million d'exemplaires. Il rejoint ainsi le club très fermé des Français "millionnaires en disques vendus" avec Alain Souchon, Laurent Voulzy, Patrick Bruel ou Francis Cabrel. Goldman, au delà de sa position d'interprète, a même réussi à s'imposer comme le plus talentueux auteur / compositeur / réalisateur artistique francophone, avec deux albums pour Johnny Hallyday, un album pour Céline Dion, et quelques compositions pour Florent Pagny, Philippe Lavil ou Marc Lavoine.

Les trois millions d'exemplaires de "D'eux", écrit pour Céline Dion, vendus en France, et les deux millions vendus à l'étranger, sont là pour témoigner de ce succès jamais démenti. A lui seul, "D'eux" a vendu plus d'albums dans les pays non francophones que tous les autres albums français depuis la création du vinyle. Dans un pays où la réussite suscite la jalousie et stigmatise le mépris dans les hautes sphères médiatiques soi-disant branchées, c'est tout juste si un Patrice Delbourg ou un Thierry Séchan osent s'attaquer à la lisse et imperturbable surface de Jean-Jacques Goldman.

D'autres s'aventurent à commander des pizzas sur les Champs-Elysées ou à fréquenter d'éphémères et futiles vedettes aux Bains-Douches ou au Palladium. Goldman, lui, le fils d'immigrés juifs, d'origine polonaise par son père et allemande par sa mère, protège jalousement sa vie de famille, et a gardé la modestie de ceux qui savent que tout peut s'arrêter du jour au lendemain. N'a-t-il pas galèré pendant cinq longues années avant de pouvoir connaître le succès avec ses chansons écrites en français ? Succès d'ailleurs presque fortuit puisque c'est parce qu'il ne trouvait pas d'interprète pour ses compositions qu'il se décida à les chanter lui-même.

Les thèmes abordés dans ses chansons, sa timidité quasi maladive, son engagement vers des causes justes, sont autant de raisons qui ont fait de lui le "grand frère idéal", malgré lui sans doute, de cette génération que l'on appelle dédaigneusement "génération Sida", "génération techno" ou "génération chômeurs"... Génération Goldman ?

De ses premières vocalises dans une chorale catholique, les "Red Mountain Gospellers" - il a, un jour, malicieusement remarqué que Jésus et lui étaient les deux seuls Juifs présents dans l'église - à ses quatre années passées au sein du groupe franco-vietnamien Taï Phong, Goldman s'est toujours naturellement fait un chantre du multiculturalisme et de la tolérance. Ses duos, plus tard, avec son compère gallois Michael Jones (Je te donne, 1985) et la défunte Sri-Lankaise Sirima (Là-bas, 1987) préfigurent la naissance du trio Fredericks / Goldman / Jones.

A une époque où l'intolérance gagne du terrain et l'extrême droite des électeurs supplémentaires, année après année, il est rassurant de constater que l'un des groupes préférés des jeunes Français est composé d'une Américaine noire, d'un Français juif, et d'un Gallois dont 50 % du sang est normand ; ne se permettent-ils pas de plus le luxe de chanter avec les Choeurs de l'ex-Armée Rouge pour l'un de leurs titres les plus brillants et les plus originaux ? Les alarmistes et les prédicateurs de tout poil devraient peut-être mieux tendre l'oreille lorsque dix mille personnes reprennent en choeur "je te donne, tout ce que je vaux, ce que je suis, mes dons, mes défauts, mes plus belles chances, mes différences"...

Malgré son effacement apparent, Jean-Jacques Goldman sait se faire entendre lorsqu'il a quelque chose à dire. De son interview de Michel Rocard en 1988 pour Le Nouvel Observateur à son combat pour la création d'une chaîne musicale francophone et à sa participation à "SOS Ethiopie", dont il a demandé à Renaud de modifier un couplet, Goldman sait qu'il trouvera un écho favorable dans les médias.

Pourtant, là encore, il n'en abuse pas. S'il a immédiatement répondu à l'appel de Coluche qui lui a demandé d'écrire une chanson pour les Restos du Coeur - le titre a été écrit et composé en une nuit - Goldman s'est montré beaucoup plus prudent quant à son engagement, et rappelle, encore et toujours, qu'il n'est pas normal que des artistes se substituent aux défaillances des pouvoirs publics, mais puisque ces derniers ne sont pas là, il faut bien que quelqu'un aide les plus démunis à leur place. "Aujourd'hui, on n'a plus le droit, ni d'avoir faim, ni d'avoir froid"...

Deux ans après la disparition de Coluche, Goldman a organisé une "Tournée d'enfoirés" qui a réuni, en 1989, Eddy Mitchell, Michel Sardou, Johnny Hallyday, Véronique Sanson et Jean-Jacques Goldman puis, d'année en année, de plus en plus d'artistes jusqu'à devenir une institution, dix ans plus tard. Combien de temps encore devront durer les Restos du Coeur avant que les politiques n'assument leurs responsabilités ?

Jean-Michel Fontaine

15 mars 1996
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