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Quand la musique est bonne
(RTL, 05 juillet 2003 )

Quand la musique est bonne
RTL, 05 juillet 2003
Anthony Martin
Retranscription de Christine Artus

Anthony Martin : Quand la musique est bonne, on en parle sur RTL, avec ceux et celles qui font les chansons d'aujourd'hui, les auteurs, compositeurs, interprtes. Ils viendront nous raconter les petites histoires caches derrire leurs plus grands succs. Alors, pour entamer cette srie d'entretiens, il fallait mes cts l'homme en or de la chanson franaise. Si vous me dites "Envole-moi, loin de cette fatalit qui colle ma peau, envole-moi, remplis ma tte d'autres horizons d'autres mots", je vous rponds : Bonjour Jean-Jacques Goldman.

Jean-Jacques Goldman : Bonjour !

Anthony Martin : Merci d'tre avec nous. Vos chansons sont runies dans un double album enregistr en public qui s'appelle "Un tour ensemble". Il est sorti dbut juin, cet album. C'est en fait la trace de la grande tourne que vous avez effectue l'anne dernire, 125 dates devant plus de 800 000 personnes !

Jean-Jacques Goldman : Les albums live, ce sont des petits souvenirs. Ce sont des souvenirs d'un moment et puis des versions un peu diffrentes.

Anthony Martin : Alors Jean-Jacques, vous tes n en 1951. Et comme on parle chansons dans cette mission, cette anne-l sur les ondes, on entendait Henri Salvador. [Extrait de "Une chanson douce"] Vous vous souvenez ?

Jean-Jacques Goldman : Oui, oui, effectivement ma maman me chantait a... Enfin, non, elle ne me le chantait pas, mais je me souviens trs bien de cette chanson, oui !

Anthony Martin : On coutait aussi Juliette Grco. [Extrait de "Les feuilles mortes"]. Voil, "Les feuilles mortes"...

Jean-Jacques Goldman : Moi, je connaissais surtout la version d'Yves Montand, plus tard...

Anthony Martin : Et puis toujours en 1951, la radio jouait Luis Mariano... [Extrait de "Mexico"] a aussi vous le chantiez ?

Jean-Jacques Goldman : a a t immortalis sur un de mes concerts par Jacky Mascarel, mon clavier, qui chante a parfaitement et qui faisait a tous les soirs avec un grand grand succs ! [rires]

Anthony Martin : Quelle est la chanson qui a marqu votre enfance, votre jeunesse ?

Jean-Jacques Goldman : Je dirais, c'tait les premires chansons, des chansons scout, voil... des chansons d'Hugues Aufray, des chansons de Grame Alright, voil des choses comme a...

Anthony Martin : Que vous chantiez autour du feu, tous ensemble...

Jean-Jacques Goldman : Voil, et puis les chansons scout elles-mmes, dont une qui s'appelait "Ensemble"...

Anthony Martin : C'est comme a que vous avez eu l'ide de composer ce titre ?

Jean-Jacques Goldman : Oui, oui, bien sr. Et en plus une partie de la chanson pouvait tre chante en canon, et j'adorais ces canons. Vent frais, vent du matin etc. Donc a, a vient directement de ces chansons du scoutisme.

[Extrait de "Ensemble", live 2002]

Anthony Martin : Alors une autre de vos particularits Jean-Jacques, c'est que l'on connat vos chansons...

[Extraits de "Encore un matin", "J'irai au bout de mes rves", "On ira", "N en 17 Leidenstadt", "Nuit", "Puisque tu pars"]

Anthony Martin : Voil Jean-Jacques, on aurait pu en rajouter quelques autres tubes, ils sont tous extraits d'"Un tour ensemble", le double live qui est dans les bacs. Est-il vrai que vous avez toujours un petit carnet sur vous, sur lequel vous notez vos rflexions ou alors des choses que vous lisez dans la presse, ou des humeurs ?

Jean-Jacques Goldman : D'un ct je note ce que je dois faire, parce que je n'ai aucune mmoire. L par exemple, tout l'heure on a parl des disques de Dionysos et de Bnabar, bon moi si je ne marque pas sur mon carnet "acheter le disque de Dionysos et de Bnabar", j'oublierai !. Par exemple, je devais repartir Marseille lundi soir, la place ce sera mercredi soir. Je vais changer l'horaire, donc a il faut que je le marque aussi, sinon j'oublie de tlphoner. Donc j'oublie toutes ces choses-l, un peu "terre--terre" on va dire...

Anthony Martin : Oui, c'est la liste des courses, quoi !

Jean-Jacques Goldman : Oui, c'est la liste des courses... Et puis il y a les coups de fil, les gens qui m'ont tlphon et que je dois absolument rappeler. Et de l'autre ct, il y a des rflexions, des ides, des choses un peu plus cratives, voil.

Anthony Martin : Ce sont des choses qui vous viennent comme a, au fil de la journe ?

Jean-Jacques Goldman : Sur une lecture, sur un reportage la tlvision, sur une rencontre, sur une discussion, ou simplement en rflchissant, voil.

Anthony Martin : Et il faut que vous ayez amass beaucoup de renseignements sur un mme thme pour vous lancer dans l'criture d'une chanson, ou une phrase suffit ?

Jean-Jacques Goldman : Non, non, il me faut beaucoup... Il faut que j'aie en gnral 2-3 pages de notes, d'ides, de faon pouvoir en extraire une vingtaine de lignes.

Anthony Martin : Et comme a vous gardez des thmes parfois pendant plusieurs annes, et puis a ressurgit...

Jean-Jacques Goldman : Tout fait, oui.

Anthony Martin : Alors par exemple le thme "Envole-moi", parce que c'est la chanson qu'on va couter maintenant, extraite de l'album "Un tour ensemble", comment c'est parti ? Le texte, l'ide vous est venue comment ?

Jean-Jacques Goldman : L'ide, c'est de se dire qu'en fait la phrase cl de cette chanson c'est "et s'il le faut j'emploierai des moyens lgaux". C'est--dire qu'il n'y a pas de fatalit l'inculture et la misre des cits, et que finalement la faon de s'en sortir c'est l'cole ! Donc c'est l'histoire d'un gamin qui demande un peu d'aide... L, je ne sais pas qui, peut-tre un prof, peut-tre un ami, peut-tre un livre, ou peut-tre quelqu'un qu'il ne connat pas ! Mais il a envie de sortir de cette fatalit et il va s'en sortir de cette faon, " coup de livres je franchirai tous ces murs". Voil c'est ce thme-l.

Anthony Martin : Plutt optimiste donc ?

Jean-Jacques Goldman : Oui, dans le sens o c'est ce que j'ai vcu, c'est--dire que j'ai vu mes parents qui se sont instruits tous seuls et qui sont arrivs s'en sortir. Et puis qui ont fait des enfants qui, grce l'cole laque rpublicaine obligatoire et gratuite, sont arrivs s'intgrer la socit franaise.

[Extrait de "Envole-moi", live 2002]

Anthony Martin : Voil, a dmnage, extrait de l'album live "Un tour ensemble". Pour tre bonne, vous dites qu'une chanson doit tre un polarod assez exact, assez juste, de notre poque.

Jean-Jacques Goldman : Je ne sais pas si je dis qu'elle est bonne pour tre exacte, je constate que c'est a. Je trouve qu'une chanson comme par exemple "Banlieue rouge", "Foule sentimentale", ou un petit peu avant "San Francisco" de Maxime, ou un petit peu avant encore "Que serais-je sans toi ?", ou "Que la montagne est belle" par exemple, ces chansons montrent tout fait l'tat d'esprit, mme avec le son, l'arrangement, la faon de chanter d'une poque, de faon assez prcise.

Anthony Martin : Et c'est quelque chose qu'on ressent trs bien dans les titres de vos chansons. Si je prends "La vie par procuration", "Je te donne", "Peurs" ou mme "Elle a fait un bb toute seule" par exemple, c'est presque des titres d'articles de journaux...

Jean-Jacques Goldman : Oui... Bon, ils ont t pas mal repris aussi, "J'irai au bout de mes rves", et tout a... [rires] Mais oui, je pense qu'on est un peu des chroniqueurs, et puis des bons diagnostiqueurs de ce qui se passe, on prend un peu l'air du temps.

Anthony Martin : D'ailleurs votre premier 45 tours solo s'appelait "C'est pas grave papa", je crois.

Jean-Jacques Goldman : Oui, a parlait du chmage. Je crois qu'il y avait 200 000 chmeurs en France l'poque...

Anthony Martin : Et dj, vous aviez mis le doigt sur ce fait de socit...

Jean-Jacques Goldman : Oui, sur cette espce de drame, de drame intime, qui est celui tout coup de se sentir sans travail.

Anthony Martin : On va couter un autre extrait de votre album live "Un tour ensemble". La chanson s'appelle "Veiller tard", 1982, sur votre deuxime album studio qui devait s'appeler "Minoritaire", c'est a ?

Jean-Jacques Goldman : Oui, le premier devait s'appeler "Dmod", et le deuxime "Minoritaire"...

Anthony Martin : Et la maison de disques n'a jamais accept !

Jean-Jacques Goldman : Non, ils trouvaient que c'tait trop ngatif !

Anthony Martin : C'est vrai que c'tait un peu ngatif quand mme, appeler un premier album "Dmod" c'est os!

Jean-Jacques Goldman : Oui... J'ai appel le troisime "Positif", comme a ils taient contents ! [rires]

Anthony Martin : On coute la chanson "Veiller tard".

[Extrait de "Veiller tard", live 2002]

Anthony Martin : Extrait de l'album "Un tour ensemble", double album en public enregistr lors de la tourne 2002. Alors autant lorsqu'on coute "Envole-moi", on se prend a en pleine figure, mais quand on coute "Veiller tard", moi je la prends en plein cur, cette chanson ! On imagine que vous l'avez crite un soir de blues, il faisait nuit, a c'est pass comment ?

Jean-Jacques Goldman : Oui c'est a, il suffit d'tre seul un jour et puis tout coup de regarder par la fentre et de voir les autres lumires allumes... Quand on voit les grands ensembles, c'est super impressionnant. Quand il est 3-4 heures du matin, il y en a 4, et l'on se dit que les 4 qui sont l ressentent tout fait la mme chose ! Mais ce qu'il y a de particulier sur cette chanson, c'est que c'est la chanson qui a t choisie par les gens qui m'apprciaient. C'est-- dire qu' cette poque l... Je me rappelle plus, c'est sur le deuxime album ?

Anthony Martin : Oui, en 1982.

Jean-Jacques Goldman : Oui, donc il y avait dj eu "Il suffira d'un signe", il y avait "Comme toi", il y avait "Quand la musique est bonne", il y avait "Encore un matin", enfin des trucs comme a. Et les gens, quand ils m'crivaient, il y avait 9 lettres sur 10 qui taient sur "Veiller tard". C'est--dire que c'est une chanson qui n'est jamais sortie en 45 tours, enfin qui n'est jamais sortie en radio, et qui a tout de suite t adopte et ressentie plus que les autres par les gens qui m'aimaient bien.

Anthony Martin : Certainement parce qu' l'poque vous aviez encore l'image du chanteur pour ados, certains vous qualifiait mme encore l'poque de chanteur phmre ! Et l, avec des chansons comme a, ouf, a vous asseyait quand mme, a donnait du poids votre style...

Jean-Jacques Goldman : Pas de la part des gens qui me prjugeaient. En fait ce sont les gens qui m'avaient adopt au dpart qui trouvaient du poids, ventuellement dans ces chansons, mais comme ils en avaient trouv dans d'autres chansons, mme du premier album ! Comme "Une autre histoire" ou "A l'envers"... enfin qui n'ont jamais t dupes du ct chanteur minettes, parce qu'ils coutaient profondment des disques qu'ils avaient achets. [rires] Donc effectivement ils taient plus concerns ! a les a simplement conforts dans leur attachement. Quant aux autres je pense qu'ils ne les coutaient pas, ces chansons- l ! [rires]

Anthony Martin : Les paroles de "Veiller tard" sont fortes, on le disait. "Ces choses au fond de nous qui nous font veiller tard", quelles sont ces choses au fond de vous qui vous font veiller tard encore aujourd'hui ?

Jean-Jacques Goldman : Plein de choses ! Des angoisses qu'on ne comprend pas, des espces de coup de blues alors que la journe a t magnifique, des espces de tristesse alors qu'on vient de gagner quelque chose... Bon, je pense que a n'a rien d'original ! C'est juste, tout coup, ces petites phases de gris qui font partie de notre condition, et qu'on ne peut pas expliquer sans tre spcialement triste, mais il y a toujours un petit peu... Je me rappelle de ce film de Truffaut o il y a une petite fille qui pleure, et puis il lui dit : "Tu es triste ?" - "Oui". - "Mais au fond de ta tristesse il n'y a pas un tout petit peu de plaisir ?" Et elle, en larmes, elle dit "Si !" [rires] Voil c'est a, c'est notre nature humaine !

Anthony Martin : Vous avez intitul une chanson "Nuit", qu'on retrouve aussi sur l'album en public. Vous composez plutt la nuit, plutt le jour, il n'y a pas de rgles ?

Jean-Jacques Goldman : Il y a quelques annes, je composais surtout la nuit. Mais je pense que c'est plus pour une raison de calme, parce que j'avais des enfants en bas ge, je travaillais beaucoup dans la journe, j'avais beaucoup faire, et donc il y a tout coup, entre 22 heures et 3 heures du matin, 5 heures qui vous appartiennent, et qui n'appartiennent qu' vous... C'est plus cause de a. Bon maintenant que je suis plus tranquille, que les enfants sont grands, et que j'ai moins de choses obligatoires, a peut tre toute la journe.

Anthony Martin : Vous avez des manies durant les phases d'criture ? Des petits rituels, des objets ou bien certaines couleurs bannir... Je ne sais pas, je dis n'importe quoi !

Jean-Jacques Goldman : Lorsque c'est prt - a veut dire qu'il y a une espce de maturation globale des musiques, des textes, des ides qui fait que je vais commencer faire un album - j'achte un cahier ! [rires] Donc je vais chez un libraire, j'achte un cahier de 200 pages tout fait scolaire, et je commence dcouper, comme un rpertoire, d'un ct et de l'autre de faon ce qu'il y ait une quinzaine d'encoches. Et sur chaque encoche, qui fait chacune deux ou trois pages, vous voyez ce que je veux dire ? Comme un rpertoire...

Anthony Martin : Ah parfaitement ! Trs scolaire...

Jean-Jacques Goldman : Sur chaque encoche, je marque un nom, d'un style de chansons, et qui va ensuite avoir un titre. Elle n'a pas encore de titre. Alors a peut tre par exemple une chanson qui s'appelle "Clapton", parce que pour moi elle voque le style de guitare de Clapton, a peut tre une chanson qui s'appelle "Rapide", qui s'appelle "Status Quo", parce qu'elle va parler de a... Et puis il y en a plein, je ne sais pas encore de quoi elle vont parler, voil.

Anthony Martin : C'est trs scolaire comme approche !

Jean-Jacques Goldman : Oui, mais partir de ce moment-l je sais que je vais travailler sur mon album.

Anthony Martin : Et aprs vous ouvrez donc votre petit carnet o vous avez not des ides de thmes...

Jean-Jacques Goldman : Voil. Et je remplis par thme. Alors j'ai des petits bouts de papier partout : par terre [rires], dans la table de nuit, sur le petit carnet... Et l, par thme, je remplis les pages jusqu' avoir la matire suffisante pour commencer l'criture du texte.

Anthony Martin : Vous pouvez crire plusieurs chansons par jour ?

Jean-Jacques Goldman : Non, non, je ne suis pas un besogneux ! [rires]

Anthony Martin : Oui, mais pourtant on a l'impression que vous crivez beaucoup de chansons, y compris pour les autres, pour vous ?

Jean-Jacques Goldman : Oui, mais quand vous faites le compte a doit faire une dizaine de chansons par an, maximum.

Anthony Martin : Quelle est la chanson qui, lorsqu'elle passe la radio, lorsque vous l'entendez, vous fait taper du poing sur la table en vous disant : "Zut, pourquoi je l'ai pas faite celle-ci, c'est incroyable !" La chanson qui vous rend fou de jalousie ?

Jean-Jacques Goldman : Mike Oldfield ! [Il tape du poing sur la table] Oh, celle-ci je cours aprs depuis un temps fou !! "Moonlignt shadow".

Anthony Martin : C'est celle-ci que vous voulez couter ?

Jean-Jacques Goldman : Oui, c'est celle-ci. Elle me troue celle-l !

Anthony Martin : Bon coutons-l ensemble alors !

[Extrait de "Moonlignt Shadow", de Mike Oldfield]

Anthony Martin : Voil la chanson qui rend Jean-Jacques Goldman fou de jalousie !

Jean-Jacques Goldman : Et de plaisir !

Anthony Martin : Et de plaisir, c'est a. Est-ce qu'une bonne chanson est une vidence ?

Jean-Jacques Goldman : Les chansons des autres, je crois que c'est une vidence. Je ne me vois pas avoir aim une chanson avec le temps. En gnral, c'est tout de suite qu'elle me saute la gorge, et puis plus je l'coute plus je l'aime.

Anthony Martin : On a cout "Envole-moi" en dbut d'mission par exemple. Quand vous bouclez une chanson comme a, vous savez que cette chanson va s'envoler, qu'elle va devenir un tube ?

Jean-Jacques Goldman : Oui, l'poque je savais. Je le sentais, oui j'tais sr.

Anthony Martin : "Je marche seul" aussi ?

Jean-Jacques Goldman : Alors pour "Je marche seul", je n'avais aucun doute ! [rires]

Anthony Martin : C'est formidable d'avoir cette assurance-l !

Jean-Jacques Goldman : Oui, j'avais une connivence absolue avec le public, je sentais... Mais bon il y a toujours une poque de grce comme a, qui ne dure jamais trs longtemps, qui dure une dizaine d'annes, o l'on sent qu'on est en phase avec les mdias aussi, avec notre public, avec l'air du temps. "On est dans le vent" comme on disait avant, c'est a.

Anthony Martin : Vous avez senti que cette connivence vous a chapp un moment ?

Jean-Jacques Goldman : Oui, oui...

Anthony Martin : A quel moment ?

Jean-Jacques Goldman : Aprs "Gris clair, gris fonc", mais bon parce que moi-mme j'coutais moins la radio, j'tais moins sur le coup, moins passionn.

Anthony Martin : Et l c'est quoi, c'est panique bord ?

Jean-Jacques Goldman : Non, non... [rires] Mais c'tait tard ! J'avais dj fait 10 ans ! Je savais que j'allais rester, que j'avais un public qui allait me rester fidle. Il n'y avait pas de panique du tout.

Anthony Martin : Et les chansons que vous faites aujourd'hui, vous avez la mme prvision ?

Jean-Jacques Goldman : Non, non, plus du tout. a m'chappe ! Je sais que quand je fais une chanson qui me plat et donc qui va plaire aux gens qui me sont fidles, a je le sais, qui vont tre touchs par a, mais je ne sais pas du tout, et d'ailleurs juste titre, si a va plaire aux mdias ou pas. D'ailleurs, il y a des chansons qui passent compltement ct, qui n'accrochent pas du tout aux radios ! Mais c'est normal ! Avant je cohabitais avec Sardou, avec Johnny, avec les gens de cette poque, avec Renaud, avec Francis. Maintenant quand on est en radio, on cohabite avec Kyo, Carla Bruni, avec des rappeurs, c'est trs difficile de faire partie d'une vraie famille !

Anthony Martin : L'offre est tellement dmultiplie !

Jean-Jacques Goldman : Il y a de a, et puis le fait que j'aie 52 ans bientt a dcale aussi pas mal !

Anthony Martin : On va se quitter sur les projets de Jean-Jacques Goldman. On parle pour la fin de l't d'un nouvel album de Cline Dion, en franais.

Jean-Jacques Goldman : Oui a sera pour la rentre maintenant, parce que je crois qu'il faut laisser le temps de dfendre son album anglais actuellement. Et quand a sera un peu tranquille, on sortira un album mais qui est dj prt.

Anthony Martin : Je crois savoir que vous tiez Las Vegas, en mai, pour travailler avec elle. Tout s'est bien pass ?

Jean-Jacques Goldman : Oui, super, elle fait 3 chansons par jour en 2 heures ! C'est 20 minutes par titre, et au bout de la troisime prise je lui dis d'arrter parce que j'ai dj trop de choses ! [rires] C'est--dire qu'avec elle il n'y a que des problmes artistiques, il n'y a pas de problme techniques ! Il n'y a pas de notes fausses, il n'y a pas de choses en dehors du temps. Dj a c'est rgl. Donc on n'a que des propositions de sa part, et elle fait des propositions trs musicales et trs musiciennes. Enfin, c'est un phnomne !

Anthony Martin : Vous avez un autre projet plus personnel en tte, des choses qui vous excitent, que vous n'avez pas encore faites ?

Jean-Jacques Goldman : L, je vais partir en Espagne visiter un petit peu, aprs je vais partir faire du ski en plein t, voil des choses trs dsagrables comme vous voyez !

Anthony Martin : Eh bien, merci d'tre pass par chez nous en tout cas ! Bel t Jean-Jacques Goldman !

Jean-Jacques Goldman : Eh bien merci, bon t vous ! Et que la musique soit bonne...

Anthony Martin : Merci Jean-Jacques !


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