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Vos messages personnels
(Chérie FM, 4 décembre 2001)

Vos messages personnels
Chérie FM, 4 décembre 2001
Diane
Retranscription de Jjim et Monique Hudlot

Diane : Il y a un passant qui s’est arrêté, qui a décidé de mettre de la chaleur dans votre cœur, de vous faire danser ; son nouvel album s’intitule "Chansons pour les pieds", c’est le nouvel album de Jean- Jacques Goldman. Bonsoir Jean-Jacques Goldman, comment ça va ?

Jean-Jacques Goldman : Ça va et vous ?

Diane : On ne t’a pas déchiré les vêtements et tout ça, j’ai vu qu’il y avait des fans en bas de l’immeuble…

Jean-Jacques Goldman : Non, c’était assez tranquille.

Diane : Alors sans plus attendre puisque les minutes sont précieuses, je vous propose d’intervenir avec le premier auditeur, votre fan, il s’appelle Frédéric, il a 22 ans il appelle de Creille.

Frédéric [très ému] : Bonsoir Diane, bonsoir Jean-Jacques… alors je tiens à vous dire de suite que je suis très impressionné, en plus c’est moi qui ouvre le bal, alors là… parce que pour moi Jean-Jacques c’est le… moi je suis un "Goldman maniac" et Jean-Jacques c’est le plus grand des chanteurs donc de lui parler ce soir ça me fait tout drôle…

Jean-Jacques Goldman : J’en rougis d’avance.

Frédéric : Pourquoi est-il si discret, par rapport à d’autres qui sont plus devant, qui ont moins de talent et qui font beaucoup de bruit ?

Jean-Jacques Goldman : Sur quel plan ?

Frédéric : Sur le plan médiatique.

Jean-Jacques Goldman : Ça me cause pas mal d’inimitiés mais je n’aime pas trop être devant. J’essaie plus de communiquer sur mon travail, c’est pour ça que je viens en radio pour parler de mon album, ou je reçois la presse avant un concert, mais c’est vrai que je n’invite pas les journalistes chez moi ou je ne leur présente pas ma famille ou des choses comme ça… Bon, je comprends que ça les énerve mais bon ça sera comme ça, voilà.

Frédéric : Et pourquoi il n’y a pas beaucoup de concerts, moi j’aimerais bien vous voir… et je sais qu’il y a pas de tournées en vue par exemple.

Jean-Jacques Goldman : Si si, il y a une tournée en vue, et je trouve que tu es dur parce que quand je fais une tournée, je suis un de ceux qui font le plus de dates… Ça va commencer en mars, un petit peu Outre Mer et je serai ici entre avril et août.

Frédéric : OK ! Merci. Je pourrais avoir une photo dédicacée ?

Jean-Jacques Goldman : Bah oui, mais il faut que j’aie ton adresse et on va s’arranger… mais les photos ne sont pas terribles hein !!! [rire]

Diane : Alors Jean-Jacques Goldman, vous avez dit un jour "j’écrirai une chanson qui s’appellera simplement "Ensemble", vous saurez où et quand elle est née". Alors quand est ce qu’elle est née ?

Jean-Jacques Goldman : C’était sur scène à Alès, je chantais avec "Les fous chantants", 1 000 choristes, et j’étais très ému par cette expérience et tout à coup ça m’est venu et je l’ai dit sur scène, voilà.

Diane : Exact ! Je vous propose de l’écouter, cette chanson…

[extrait de "Ensemble"]

Diane : Alors sur cette chanson il y a les voix de Maxime Le Forestier, Gérald de Palmans, Michael Jones… Jean-Jacques Goldman : Gildas Arzel.

Diane : Pourquoi ?

Jean-Jacques Goldman : Parce que ce sont mes amis et parce qu’ils ont des bonnes voix de canon, c’est-à-dire des voix qui s’enchevêtrent, qui ont chacune sa personnalité, mais par contre quand elles sont ensemble, elles ne font qu’une à la fin.

Diane : D’où l’émotion de cette chanson en fait.

Jean-Jacques Goldman : Je sais que c’est une chanson un peu bizarre qui peut dérouter donc je sais que pour les radios c’est difficile et tout ça mais bon…

Diane : Vous avez eu beaucoup de critiques pour cette chanson ou pour l’album en général ou pas ?

Jean-Jacques Goldman : Sur cette chanson je sais qu’elle déroute pas mal, parce qu’il n’y a pas que moi qui chante et on ne m’entend pas beaucoup et on n’est pas habitué à entendre un canon, avec des chœurs à la fin, c’est un peu bizarre… mais bon il faut le temps de s’y habituer. Donc je le comprends mais moi ça m’amuse.

Diane : Alors en regardant le DVD "Chronique d’un album" que l’on offrira au cours de l’heure, ça retrace comment s’est déroulé l’enregistrement de l’album…

Jean-Jacques Goldman : Quelques titres seulement, 5, 6 titres, oui.

Diane : …J’ai donc vu Jackie Locks qui dirige, qui est le chef des chœurs de la chorale avec qui vous avez enregistré, et j’ai trouvé qu’il y avait une certaine magie, une certaine force qui se passait entre lui, entre vous et ses chanteurs.

Jean-Jacques Goldman : Entre lui et ses chanteurs c’est très impressionnant, mais comme un chef d’orchestre, ou un coach de foot, tout à coup il y a une espèce de… il y a un passé entre eux, il y a une espèce de connexion qui est intime, qui vient de leur travail , de leur passé et il sait exactement quoi leur demander, eux ils sont très à l’écoute, c’est très impressionnant !

Diane : Une belle leçon de chant, enfin c’est ce que j’ai ressenti. "Attention", "le grain", "c’est un mot qui est très important, Ensemble", "allez-y lâchez-vous, mais pas trop quand même…". J’ai trouvé ça très intense !

Jean-Jacques Goldman : C’est une vraie direction, c’est-à-dire que c’est comme si chacun était d’accord pour être un instrument et lui s’en sert comme d’un instrument ; il y a en même temps cette soumission qui est très impressionnante et lui qui utilise cet instrument fait de 500 voix.

Diane : Est-ce que vous avez été tenté de les diriger, ces voix ?

Jean-Jacques Goldman : Non, pas du tout, non…

Diane : Dans un instant on va écouter la chanson "Tournent les violons". C’est un très beau voyage dans le temps tout en musique, c’est aussi une histoire que chacun de nous peut vivre ou a vécu ou vit : celle de retenir au fond du cœur un regard, un sourire, une phrase comme dans la vôtre "tu es bien jolie…". Ce trouble nourrit des fantasmes ou encore l’espoir. Est-ce qu’on peut appeler ça un acte manqué : l’amour, la passion ?

Jean-Jacques Goldman : Il s’agit là d’un malentendu, de deux personnes qui sont côte à côte et qui ne vivent pas du tout la même chose : une va vivre ces cinq secondes d’une façon infinie, elle va s’en souvenir toute son existence, et lui va l’oublier dans les dix secondes, voilà. C’est le malentendu ultime.

Diane : Quels sont les personnes et les instruments clés de cette chanson ?

Jean-Jacques Goldman : C’est ce beau lieutenant qui dit à ces jeunes femmes qu’elles sont jolies, et cette servante qui l’entend comme s’il ne l’avait dit que pour elle.

Diane : Tournent les violons ? C’est ce qu’on écoute ?

Jean-Jacques Goldman : Voilà, les violons tournent.

[extrait : "Tournent les violons"]

Laurence : Bonsoir Diane, bonsoir Jean-Jacques. Ecoutez, je suis très heureuse de pouvoir vous parler car c’est vraiment un rêve qui se réalise enfin pour moi. Ma question concerne votre prochaine tournée. Sur scène allez-vous être entouré de vos musiciens habituels ou si vous allez faire appel aux autres, par exemple pour les morceaux celtiques ou encore à une chorale comme avec les fous chantants… Parce que votre album est vraiment différent de d’habitude, il y a beaucoup de styles musicaux qu’on n’a pas l’habitude d’entendre. Je me souviens que le concert avec les chœurs de l’ex armée rouge était exceptionnel… et je voulais savoir comment vous allez organiser vos concerts ?

Jean-Jacques Goldman : Bon merci pour les compliments déjà, et une fois que je me suis remis, alors… ce sera les mêmes musiciens que sur la tournée précédente, parce qu’il y a des liens musicaux évidemment mais aussi des liens affectifs. On a commencé les répétitions déjà, à dépatouiller des morceaux, mais il y a un problème, c’est les parties de violons. Alors moi, j’ai commencé à retravailler le violon, si je réussis à les faire, on ne prendra pas de musiciens en plus. Si vraiment je rame trop parce qu’il y a des parties qui sont trop difficiles, peut-être qu’on prendra un violoniste en plus. Et pour les chœurs, je crois que je ferai appel – s’il y a des gens dans la salle - à ceux qui sont là.

Laurence : Moi, je serai là, en tout cas. Jean-Jacques Goldman : Ça fera une personne qui fera les chœurs… donc répétez !!!

Laurence : On va s’entraîner [rire].

Jean-Jacques Goldman : Et il y aura probablement d’autres intervenants, mais je n’en dis pas plus parce que ce n’est pas marrant si je dis tout avant. Il y aura d’autres choses qui se passeront sûrement mais sur le plan musical, a priori, ça sera nous six et vous.

Laurence : Ça nous promet un vrai moment de bonheur et j’ai vraiment hâte !

Jean-Jacques Goldman : En tout cas on y travaille déjà depuis un mois, et on va essayer de faire ça sérieusement.

Laurence : Merci beaucoup pour votre réponse, merci à toute l’équipe de Chérie FM…

Diane : Alors votre tournée commence par les Antilles / Guyane ou la Réunion ?

Jean-Jacques Goldman : La Réunion, ça commence toujours par la Réunion. Diane : Pourquoi la Réunion ?

Jean-Jacques Goldman : C’est une tradition chez nous. Avec mes musiciens, ça fait au moins 15 ou 20 ans qu’on commence par La Réunion. C’est un public qui est le même qu’ici, qui est nombreux. On peut faire une dizaine de concerts là-bas sans forcément le cinéma, les intervenants, les chœurs etc… Donc ça nous permet de nous mettre en place - sans que ce soit du tout injurieux pour eux.

Diane : Ce sont des concerts plus intimes ?

Jean-Jacques Goldman : Ce sont des concerts plus petits, dans des salles plus petites et où on se met vraiment en place dans de très bonnes conditions et devant un public qui est averti. On sait déjà comment vont réagir les gens ici.

Diane : Et les Antilles / Guyane, alors ?

Jean-Jacques Goldman : Ça, on le fait en général à la fin.

Diane : Pourquoi ?

Jean-Jacques Goldman : Parce qu’on part en vacances. La tournée est terminée et donc on va toujours en Guyane, Guadeloupe et Martinique. Diane : Et donc ce serait pour quand La Réunion ?

Jean-Jacques Goldman : La Réunion sera pour la mi-mars à peu près et comme ça on revient en avril, et voilà.

Diane : On ira, on ira vous voir, on ira vous applaudir. On écoute une des chansons que beaucoup d’auditeurs aiment sur Chérie FM : "On ira".

[extrait "On ira"]

Diane : Nous avons Michael avec nous. Il a 27 ans, il appelle de Paris. Bonsoir Michael. Michael : Bonsoir Diane, bonsoir Jean-Jacques. Je suis très heureux de pouvoir te parler… Bravo pour l’album déjà : un vrai album pour les pieds. J’ai une question sur cet album, une question un peu technique. Pourquoi n'y a-t-il pas de vrai batteur ni de vrai bassiste ?

Jean-Jacques Goldman : Parce que je déteste les batteurs et les bassistes [rire]. Ça y est, je viens de me mettre la moitié des musiciens à dos !!! Non, non, c’est pas ça… Ecoute, tu joues un peu ?

Michael : Oui.

Jean-Jacques Goldman : Bon, je ne parle pas des bassistes, c’est un peu à part. Je crois que si j’étais vraiment instrumentiste professionnel - si je n’avais pas chanté - , je pense que je serais bassiste parce que c’est vraiment un instrument que je ressens. Et maintenant qu’il y a les synthés, ça me permet vraiment de pouvoir jouer, ou de pouvoir faire jouer ou de pouvoir corriger les parties de façon un petit peu plus précises que si je les faisais jouer par un bassiste. En particulier, je préfère les basses vraiment très simples - on ne va pas être trop technique - , mais c’est pour cela que quand il y a une basse fretless, je demande à un bassiste de le faire parce que ça, personne ne peut le changer, mais par contre, pour une basse où il y a juste des rondes et une présence, je préfère quelque chose de plus systématique, quitte à ce que ce soit des machines qui le fassent.

Ensuite, pour ce qui est des batteurs, j’ai passé 10 ans de ma vie à recaler des batteurs et à simplifier leur reprise. Tout le monde n’a pas des batteurs bien évidents, donc je pense qu’il faut prendre des batteurs qui programment des machines, ce qui me permet de les corriger extrêmement facilement. Ce n’est pas la peine de demander à des batteurs de jouer en place avec des caisses claires qui sont toujours à la même vélocité alors qu’on peut le faire avec des machines, tu comprends. Il faut faire comprendre aux gens - sans être trop technique - que ce n’est jamais les machines qui jouent. Ce sont toujours des gens qui jouent sur les machines. Seulement, le fait qu’elles soient imprimées dans les machines, ça nous permet, nous, de les corriger de façon beaucoup plus simple.

Michael : Même pour une chanson comme "The Quo’s in town tonite" ?

Jean-Jacques Goldman : Ça franchement, c’est une honte, c’est une tache dont je ne me relèverai jamais [rire].

Michael : J’enregistre… je te remercie.

Jean-Jacques Goldman : Et je m’excuse auprès des batteurs et des bassistes.

Diane : Bonsoir…

Christine : Je vais poser ma question. Elle est toute simple : Quel métier auriez vous aimez faire si vous n’aviez pas été chanteur ?

Jean-Jacques Goldman : Ce qui me plaît, je ne sais pas si j’aurais fait ça comme métier mais - c’est un peu difficile, je suis assez fasciné, j’ai fait un peu de sociologie quand j’étais étudiant…

Christine : Oui, ça se ressent dans vos chansons de toute façon. L’étude des gens.

Jean-Jacques Goldman : Peut être, oui, mais l’ethnologie, c’est quelque chose qui me fascine : j’adore regarder des reportages, pour essayer de trouver le dénominateur commun humain. C’est vrai que c’est aussi assez présent dans pas mal de mes chansons comme "Tout petit monde" ou des choses comme ça.

Christine : Oui, ça se ressent beaucoup, l’étude des gens, l’étude de la société en fait. Vous l’étudiez beaucoup. Jean-Jacques Goldman : Il y a ça, oui, qui peut être en fait une quête de soi, de ce qu’on a à nous et de ce qu’on a à notre condition . Mais bon, je ne sais pas si c’est un très bon métier ?

Christine : Il n’y a pas de bons ou mauvais métiers, il ne faut pas parler comme ça, quand on est passionné.

Diane : Et l’éducation, être professeur ?

Jean-Jacques Goldman : Ah, non, je n’ai pas du tout ce talent là ! J’ai une estime immense pour les profs - mes amis sont presque tous profs ou enseignants - et j’ai une estime folle pour cette patience, pour cette envie de communiquer… mais je ne l’ai pas.

Diane : C’est ce qu’on constate dans votre livre que vous avez écrit avec Alain Etchegoyen, la discussion sur l’autorité, les règles qu’ont les professeurs… enfin l’éducation que pourraient donner les professeurs. Jean-Jacques Goldman : Oui. C’est la transmission. C’est la clé de tout.

Diane : Ça vous va, Christine ?

Christine : Très bien. Jean-Jacques Goldman, continuez de nous faire rêver le plus longtemps possible, parce que je trouve que dans la société actuelle, on a beaucoup besoin de gens comme vous. Jean-Jacques Goldman : C’est très gentil et très lourd à assumer, mais j’essaierai.

Christine : Vous assumez plein de choses… Au revoir et merci.

Diane : Dans votre album "Chansons pour les pieds", est-ce que vous avez eu des difficultés à jongler avec les musiciens et les différents instruments, à diriger tout ce petit monde ?

Jean-Jacques Goldman : Oh, ça se dirige tout seul, c’est même le contraire, c’est-à-dire que par exemple, j’ai fait ce zouk lent-là, "Je voudrais vous revoir", puis à la fin, comme je suis un peu bizarre, j’entends des cornemuses, et bien là, je prends mon téléphone, j’ai un copain qui est chef du monde des cornemuses, il s’appelle Bruno Le Rouzic, je l’appelle à Lorient et je lui dis : "Voilà j’ai besoin d’un bagad et tout ça, il me dit : "Envoie-moi la maquette", et lui il se charge de tout, c’est-à-dire de l’endroit, de la sélection, de l’écriture particulière des partitions… du fait de la répartition des tâches etc…

Diane : C’est quoi un bagad ?

Jean-Jacques Goldman : C’est un ensemble de cornemuses et puis de percussions particulières. Ce sont des ensembles traditionnels de Bretagne, ou peut-être d’ailleurs. Diane : Sur le site CherieFM.fr, certains internautes se posent la question : pourquoi vous n’avez pas rendu hommage à Carole Fredericks ?

Jean-Jacques Goldman : Carole nous a quittés au mois de juin, et pour moi les chansons étaient presque terminées. On était en fin d’enregistrement, alors ce n’est pas une excuse mais juste une explication. L’hommage, je pense qu’on lui a rendu entre nous et personnellement, je ne pense pas qu’il fallait que ça transparaisse dans cet album, ou dans un autre album d’ailleurs. Les choses viennent naturellement. Il y a eu le cas d’un ami très proche qui a disparu lors de la dernière tournée auquel j’ai rendu hommage, parce qu’il était sur cette tournée ou parce qu’il avait commencé. Là, Carole n’a pas participé à cet album… mais on aura l’occasion de lui rendre hommage d’une autre façon. C’est sûr que je ne peux pas reprendre la route sans y penser, par exemple.

Diane : Je vous propose d’écouter "Puisque tu pars" et on se retrouve dans quelques instants.

[Puisque tu pars]

Diane : Il y a Audrey de Toulouse, bonsoir Audrey, ça va ?

Audrey : Oui, je suis très émue de parler à la radio à Jean-Jacques et je voulais savoir donc : il y a quelques années Jean-Jacques, je crois que vous avez essayé de composer une comédie musicale et il en était seulement resté la chanson de Céline Dion "Sur le même bateau".

Jean-Jacques Goldman : C’est ça, oui.

Audrey : En fait il y a des rumeurs sur internet, à la radio, comme quoi vous seriez en train d’écrire une comédie musicale. Info ou intox ?

Jean-Jacques Goldman : C’est une intox. Pour de vrai hein, j’ai essayé effectivement à deux reprises, d’abord quand j’ai fait l'album "Rouge". Je le voyais comme une comédie musicale et puis bon j’ai échoué. J’ai échoué dans le sens où j’essaie d’écrire le scénario parce que je ne trouve pas ça intéressant de reprendre une chanson existante, puisque c’est la même chose ensuite que de faire un album. On fait des chansons, quoi. Et j’essayais d’écrire une histoire, mais je me suis rendu compte que j’en étais incapable. J’ai recommencé ensuite avec "Sur le même bateau" et je n’ai gardé que la chanson de fin et j’ai laissé tombé définitivement l’écriture d’un scénario.

Audrey : D’accord, merci.

[Diane propose maintenant d’avoir le DVD "Chronique d’un album", dans lequel on pourra voir Jean-Jacques Goldman et la réalisation d’un album, et où on peut également le voir en pantoufles]

Diane : Jean-Jacques, Chronique d’un album, pourquoi ?

Jean-Jacques Goldman : De plus en plus, les petites caméras permettent de saisir des moments d’enregistrement que j’aimerais bien revoir. Par exemple, sur mes premiers albums, mais qui n’existent pas . Donc on met ça de côté puis à la fin on a fait un petit montage de façon à faire un reportage sur cet enregistrement. Ce n’est absolument pas original parce que tout le monde fait ça un peu… Voilà, nous ça nous fait des cartes postales et des souvenirs et on peut également en faire profiter quelques-uns.

Diane: Et pourquoi que quelques chansons et pas toutes ?

Jean-Jacques Goldman : Parce qu’il n’était pas là tout le temps et parce qu’il n’y avait pas de matière sur toutes les chansons. On a pris celles qui étaient un peu différentes, c’est-à-dire lorsqu’on va enregistrer des chœurs à Alès , lorsqu’on va enregistrer des cornemuses à Lorient, lorsqu’on va enregistrer des instruments médiévaux… mais pour les autres c’est Erick et moi à côté d’une guitare et d’un clavier.

Diane : De vraies tranches de vies en tout cas dans ce DVD. Il y a Patrick, bonsoir Patrick.

Patrick : Bonsoir Diane, bonsoir Jean-Jacques. Je ne suis pas très original, mais je suis très heureux de vous entendre et très chanceux parce que j’imagine que vous avez eu beaucoup de messages.

Jean-Jacques Goldman : Non, il n’y en avait que quatre en fait.

Patrick : Quand j’ai entendu votre album, je me suis dis, "Goldman il a dû passer ses dernières vacances en Irlande parce qu’il a été fortement imprégné par la musique celtique". C’est assez génial, ça sera un peu difficile à reproduire sur scène non ?

Jean-Jacques Goldman : Oui, je l’ai dit à un auditeur précédent : je suis en train de retravailler le violon et Christophe Nègre le saxophoniste est en train de se mettre vraiment à toutes les flûtes, dans tous les tons possibles, donc on essaie d’y travailler .

Patrick : Oui… en fait le Goldman que j’aime bien, c’est le Goldman sur scène, je trouve ça assez génial ! J’avais deux questions, si je peux me permettre, je vais aller très vite. Au début, vous avez enregistré à peu près trois albums tout en conservant votre magasin de sport.

Jean-Jacques Goldman : Deux albums.

Patrick : Et donc vous avez dû vous résoudre à faire de la scène et donc abandonner le magasin avec votre frère… Est ce que ça n’a pas été un choix trop difficile, une aventure un peu risquée ?

Jean-Jacques Goldman : Ça ne l’était plus disons, puisqu’à ce moment là j’avais déjà fait "Il suffira d’un signe" ensuite il y a eu "Quand la musique est bonne" et ensuite j’étais encore sur "Comme toi" et là ça me prenait de plus en plus de temps, il fallait donc que je fasse un choix, mais il n’y avait plus beaucoup de risque. Je sentais que j’étais parti pour quelques années quand même et que le jeu en valait la chandelle. Ce n’était pas bâti sur des prétentions ou des affabulations mais sur une réalité, c’est-à-dire un vrai contact qui commençait avec un vrai public.

Patrick : Ce qui m’a fait plaisir tout à l’heure, c’est que vous avez dit que vous aimez bien les professeurs, puisque moi je suis universitaire et passionné de musique. Je sais que vous vous avez une notoriété qui vous autorise un certain pouvoir que vous utilisez à bon escient puisque vous avez des causes très nobles : vous participez à la tournée des Enfoirés pour les Restos du cœur ou les concerts pour Toulouse etc… et la question que j’avais laissée sur le site de Chérie FM c’est : Je suis musicien, j’aime bien composer, si j’avais la possibilité de vous faire passer une K7, est-ce que vous l’écouteriez et est-ce que vous seriez prêt à me donner votre avis de compositeur, parce que Jean-Jacques Goldman ce n’est pas seulement un chanteur mais c’est aussi un compositeur pour plein de gens comme Khaled, Yannick Noah…

Jean-Jacques Goldman : Dans la théorie, non. J’en reçois environ 10 par jour ce qui fait - si mon calcul est bon - 70 par semaine, 140 tous les 15 jours et si je calcule encore bien ça fait 280 tous les mois, bref ça fait 3 000 K7 ou 3 000 CD par an, donc ce n’est pas possible. Et en plus il y a toujours un de mes musiciens, mon voisin, un choriste… ou quelqu’un de ma famille, donc j’en ai deux ou trois ou cinq par semaine où je dois donner un avis et que je ne peux pas refuser - ça me fait plaisir - mais dans les faits, quand je reçois quelque chose par courrier, maintenant je le renvoie en m’excusant et en disant que ce n’est pas mon travail, que je n’ai pas le temps et qu’il y a des maisons de disques et d’édition pour ça. J’en suis désolé mais vous comprenez que ce n’est matériellement pas possible. Patrick : Oui, oui… de toute façon je suis décidé à aller jusqu’au bout donc je pense que j’enverrai au site d’Universal et de Sony.

Jean-Jacques Goldman : C’est la bonne filière en tout cas puisque moi je ne suis pas producteur ou éditeur de disques.

Patrick : Mais comme j’aime bien ce que vous faites…

Jean-Jacques Goldman : Mais je le comprends… mais malheureusement je les renvoie avec un papier expliquant que je n’ai matériellement pas le temps de tout écouter et de tout juger si jugement il y a. Patrick : J’apprécie votre sincérité.

Jean-Jacques Goldman : Et bien merci. Et bonne chance pour la suite.

Diane : On va passer à une autre question, cette fois ci c’est Maxime. Bonsoir Maxime, allez-y pour votre question.

Maxime : Bonsoir… tout d’abord félicitations pour l’album que j’ai trouvé… [coupure de téléphone]

Diane : Ah, Maxime est parti. Jean-Jacques Goldman : C’est parce qu’il me félicitait que vous avez coupé… Diane : Maxime ?

Maxime : Oui, donc félicitations pour l’album.

Jean-Jacques Goldman : Là encore, une deuxième fois, c’est encore meilleur !

Maxime : Et aussi un bonsoir à passer de la part d’Hélène, Charlotte, Rosalie et Émilie. J’espère que je n’en ai pas oublié sinon demain…

Jean-Jacques Goldman : Sacré Maxime !

Maxime : Ma question était : Après 20 ans de succès, on pourrait se demander si vous n’avez pas envie de prendre du recul ou peut-être une retraite, ou au contraire est-ce que vous gardez la même motivation qu’au début de votre carrière et qu’on peut encore s’attendre à d’autres albums et d’autres tournées après celui-ci ?

Jean-Jacques Goldman : Bonne question. Du recul, je le prends, tu remarques qu’au début je faisais un album tous les ans, après je l’ai fait tous les deux, trois ans et maintenant c’est tous les quatre, cinq ans. La motivation je l’ai mais moins, effectivement, puisque j’ai déjà fait 200 chansons, donc je vais me perdre dans des canons ou dans des zouks avec des cornemuses pour avoir encore envie. Je me sens un peu à la retraite, mais comme un retraité qui aime bien la musique, alors de temps en temps j’ai une idée, je la note et puis quand il y en a suffisamment, il y en a une dizaine et bien je fais un album, voilà et j’espère que ça durera le plus longtemps possible.

Maxime : D’accord, ça me rassure. Diane : Merci Maxime pour votre appel… Jean Jacques Goldman, je vous remercie beaucoup d’être venu, dans quelques instants on écoutera "La vie c’est mieux quand on est amoureux". Message personnel où les auditeurs parlent d’amour et d’amitié. Si vous aviez un message d’amour ou encore d’amitié à transmettre à vos fans, ce serait quoi ?

Jean-Jacques Goldman : Je les remercie… là en général il n’y a que des gens qui me remercient, mais je voudrais qu’ils sachent à quel point ce qu’ils me font vivre est précieux pour moi, d’autant plus que ce n’était pas ma nature au départ, d’être devant, d’être sur une scène et ils m’ont tellement montré de marques d’affection, de confiance et d’estime que j’ai vécu et que je continue à vivre une aventure d’autant plus précieuse qu’elle est inattendue. Moi, au début j’étais bien dans la fosse des orchestres à regarder mes chanteurs préférés ou alors en train de faire du bal mais si possible derrière le chanteur. Tout à coup par un concours de circonstances je me suis retrouvé devant, assez tard, vers 31, 32 ans, avec beaucoup de peur, beaucoup d’appréhension, et voilà je les remercie d’avoir rendu cette chose improbable concrète.

Diane : Merci beaucoup Jean Jacques Goldman de votre présence. Voici "La vie c’est mieux quand on est amoureux".

[extrait "La vie c'est bien mieux quand on est amoureux"]


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