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Là-bas

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Auteur : Jean-Jacques Goldman
Compositeur : Jean-Jacques Goldman
Editée par : J.R.G. / N.E.F. Marc Lumbroso

Version originale
Année : 1987
Interprétée par : Jean-Jacques Goldman et Sirima
Distribuée par : C.B.S.

Remarques :
Retrouvez l'histoire de Sirima sur Sirima : Une partie d'elle.

 

Reprises O trouver ce titre Retour au menu

Année Interprète Support Référence Pochette
1987 Jean-Jacques Goldman et Sirima 2 LP Entre gris clair et gris foncé ; EPC 460 404 1987_album_egcegf_300.jpg non disponible.
1987 Jean-Jacques Goldman et Sirima 2 LP Entre gris clair et gris foncé (Canada) GFC 90 763
1987 Jean-Jacques Goldman et Sirima 2 K7 Entre gris clair et gris foncé ; EPC 460 404-4 1987_album_egcegf_300.jpg non disponible.
1987 Jean-Jacques Goldman et Sirima CD Entre gris clair et gris foncé ; EPC 460 404-2 1987_album_egcegf_300.jpg non disponible.
1987 Jean-Jacques Goldman et Sirima CD Entre gris clair et gris foncé (Canada) CGK 907 63
1987 Jean-Jacques Goldman et Sirima 45 T EPC 651 228-7
1987 Jean-Jacques Goldman et Sirima Maxi 45 T EPC 651 228-6
1987 Jean-Jacques Goldman et Sirima 45 T (Angleterre) EPC 651 228-7
1987 Jean-Jacques Goldman et Sirima Maxi 45 T (Angleterre) EPC 651 228-6 non disponible.
1987 Jean-Jacques Goldman et Sirima K7 2 titres (Angleterre) EPC 651 228-2 non disponible.
1988 Jean-Jacques Goldman et Sirima 45 T (Canada) 15-3029 non disponible.
1989 Jean-Jacques Goldman et Sirima CD Entre gris clair et gris foncé (Japon) 25-8P-5280
1989 Jean-Jacques Goldman et Sirima CD hors commerce Entre gris clair et gris foncé (Japon) 647275
1990 Jean-Jacques Goldman et Sirima CD 3 titres (Angleterre) EPC 656 515-5
1991 Jean-Jacques Goldman et Sirima Intégrale CD4 COL 469 217-2
1992 Jean-Jacques Goldman LP Tour souvenir (Corée) Sony CPL-1249
1992 Jean-Jacques Goldman K7 Sur scène COL 472 787-4
1992 Jean-Jacques Goldman CD Sur scène COL 472 787-2
1996 Jean-Jacques Goldman et Sirima 2 K7 Singulier COL 485 080-4
1996 Jean-Jacques Goldman et Sirima 2 CD Singulier COL 485 080-2
1998 Jean-Jacques Goldman 2 CD Quand la musique est bonne / Entre gris clair et gris foncé ; COL 492 848 2 1998_coffret_deux_albums_300.jpg non disponible.
1999 Jean-Jacques Goldman K7 En passant Tournée 1998 COL 494 829-4
1999 Jean-Jacques Goldman CD En passant Tournée 1998 COL 494 829-2
2000 Fredericks - Goldman - Jones 8 CD Intégrale 1990-2000 CD2 COL 498 836-2
2000 Jean-Jacques Goldman 8 CD Intégrale 1990-2000 CD6 COL 498 836-2
2000 Jean-Jacques Goldman 2 CD Entre gris clair et gris foncé ; EPC 460 404-9 1987_album_egcegf_300.jpg non disponible.


Adaptations trangres Reprises Retour au menu

Année Interprète Support Référence Pochette
1990 Jean-Félix Lalanne livre de partitions + K7 HD002
1994 Jean-Jacques Goldman et Céline Dion K7 Les Enfoirés au Grand Rex WEA 4509-98296-4
1994 Jean-Jacques Goldman et Céline Dion CD Les Enfoirés au Grand Rex WEA 4509-98296-2
1996 Jean-Jacques Goldman et Céline Dion K7 Les Enfoirés : La compil' WEA 063013 9784
1996 Jean-Jacques Goldman et Céline Dion CD Les Enfoirés : La compil' WEA 063013 9782
1996 Michel Delpech et ? CD Les plus belles chansons françaises 1987 Editions Atlas FRA CD 026
1998 Murray Head et Lio CD Hommage Editions Atlas 6227 303
1998 Corey Hart et Julie Masse CD Jade (Canada) Columbia / Sony Music ck 80387
25 juin 1999 Nourith Le grand hit, M6 non disponible.
2000 Renaud Hantson et Nourith CD Solidays BMG 74321767612
2000 Michel Leclerc (piano) CD Recueil Spécial Piano n° 7 CD Hit Diffusion HD/CD 26
15 avril 2000 Hélène Ségara et Bruno Pelletier Tapis Rouge à Notre Dame de Paris, France 2 non disponible.
2000 Leah'r et Difanga CD L'hip-hopée BlackDoor Record 7243525362-7
2002 Florent Pagny et Natasha St Pier CD 2 586 604-2
2002 Florent Pagny et Natasha St Pier CD De l'amour le mieux (Canada) ???
2002 Florent Pagny et Natasha St Pier CD De l'amour le mieux (France) COL 5062422
27 dcembre 2002 Daniel Lévi et Cécilia Carra Tubes d'un jour, tubes de toujours, TF1 non disponible.
2003 Philippe Heuvelinne et Marc Rouvé ; livre + cd "Jean-Jacques Goldman : Voyage en guitare" Hit Diffusion HD/CD 42 2003_voyage_en_guitare_300.jpg non disponible.
2004 Vicky et Elkhaly CD "Prise 2 Son" EMI/CAPITOL 724386638526
2004 Vicky et Elkhaly CD 2 Titres EMI/CAPITOL 724386186706 non disponible.
2004 Vicky et Elkhaly CD "Super Party Hits" EMI 724387546226
2004 Humana CD "La chorale" ULM 982 408-0
2007 Opium du Peuple CD "Sex Drugs and Variété" DISCOGRAPH / SKUNK DISKAK & ENRAGE PRODUCTION ENR041
2007 Grégory Lemarchal et les 500 choristes CD "La voix d'un ange" MERCURY/UNIVERSAL/TF1 980 095 4

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Année Titre Langue Interprète Auteur de l'adaptation Pochette
1994 Ik sta néerlandais Erik Mesie et Nadieh Karin Meis non disponible.

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Les chansons sont souvent plus belles... Paroles Retour au menu

Là-bas
Tout est neuf et tout est sauvage
Libre continent sans grillage
Ici, nos rêves sont étroits
C'est pour ça que j'irai là-bas

Là-bas
Faut du coeur et faut du courage
Mais tout est possible à mon âge
Si tu as la force et la foi
L'or est à portée de tes doigts
C'est pour ça que j'irai là-bas

N'y va pas
Y'a des tempêtes et des naufrages
Le feu, les diables et les mirages
Je te sais si fragile parfois
Reste au creux de moi

On a tant d'amour à faire
Tant de bonheur à venir
Je te veux mari et père
Et toi, tu rêves de partir

Ici, tout est joué d'avance
Et l'on n'y peut rien changer
Tout dépend de ta naissance
Et moi je ne suis pas bien né

Là-bas
Loin de nos vies, de nos villages
J'oublierai ta voix, ton visage
J'ai beau te serrer dans mes bras
Tu m'échappes déjà, là-bas

J'aurai ma chance, j'aurai mes droits
N'y va pas
Et la fierté qu'ici je n'ai pas
Là-bas
Tout ce que tu mérites est à toi
N'y va pas
Ici, les autres imposent leur loi
Là-bas
Je te perdrai peut-être là-bas
N'y va pas
Mais je me perds si je reste là
Là-bas
La vie ne m'a pas laissé le choix
N'y va pas
Toi et moi, ce sera là-bas ou pas
Là-bas
Tout est neuf et tout est sauvage
N'y va pas
Libre continent sans grillage
Là-bas
Beau comme on n'imagine pas
N'y va pas
Ici, même nos rêves sont étroits
Là-bas
C'est pour ça que j'irai là-bas
N'y va pas
On ne m'a pas laissé le choix
Là-bas
Je me perds si je reste là
N'y va pas
C'est pour ça que j'irai là-bas

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Jean-Jacques Goldman : La chanson était faite, prête à être enregistrée, et j'avais dans l'idée de l'interpréter en duo avec une voix féminine. Mais je ne parvenais pas à trouver la chanteuse qui conviendrait. Pourtant j'ai écouté des tas de disques, de cassettes, de maquettes mais toujours sans résultat. Apprenant cela, l'un de mes amis musiciens m'a parlé de Sirima, une jeune Sri-Lankaise qu'il avait rencontrée quelques temps plus tôt alors qu'elle chantait dans le métro. Il avait été complètement ébloui par sa voix, au point d'aller lui proposer de monter un groupe ensemble. J'ai écouté cette cassette et moi aussi, j'ai été séduit. Elle possédait exactement ce que je recherchais : beaucoup de feeling et la même facilité de chanter doucement, à susurrer qu'à exploser avec une vraie puissance vocale. C'est rare. Certains ont la puissance mais ne savent pas chanter dans un murmure ou le contraire. Sirima est douée pour tout. J'étais pourtant encore inquiet car elle chantait en anglais et j'avais peur qu'elle ait un accent trop prononcé, mais lorsque nous nous sommes rencontrés et qu'elle s'est mise devant le micro, j'ai su immédiatement qu'elle était la personne que je cherchais. J'étais emballé et prêt à rentrer en studio. Elle, en revanche, a demandé à écouter la chanson d'abord. Elle a réfléchi avant de donner son accord. Et j'ai beaucoup aimé ça. Sirima est quelqu'un d'entier qui sait ce qu'elle veut. Aujourd'hui, je sais qu'elle est contactée par plusieurs maisons de disques qui veulent lui faire faire un disque et qui, par conséquent, peuvent ainsi lui ouvrir les portes de la célébrité. Maintenant, c'est à elle de jouer mais je ne suis pas certain qu'elle ait envie de sortir de l'anonymat à tout prix.

Jean-Jacques Goldman : "Sirima m'a séduit par sa voix douce et puissante à la fois"
OK ! Magazine n° 620, novembre 1987


Graffiti : "Là-bas", un duo avec une chanteuse, Sirima, inconnue au box office de la variété. Alors, où et comment l'as-tu dénichée ?

Jean-Jacques Goldman : J'étais à la recherche de la voix féminine de ce duo donc j'ai écouté un certain nombre de cassettes de choristes jusqu'au jour où l'on m'a apporté celle de Sirima et elle avait exactement le type de voix qu'il me fallait, c'est-à-dire une voix pleine de feeling en chantant doucement et quand même avec du coffre pour être capable d'exploser à certains moments.

Graffiti : Who's that girl ? Qui est cette fille ?

Jean-Jacques Goldman : Elle chantait dans le métro et elle se produit aussi en cabaret.

Graffiti : "Là-bas", c'est l'histoire d'une femme...

Jean-Jacques Goldman : ...Qui veut simplement que son homme reste avec elle. Elle avait fait des plans de mari, de père et du fait de vieillir ensemble. Mais lui, il a envie d'une autre vie, et il a préféré partir. Dans le clip, on a terminé de manière assez pessimiste, dans la mesure où il se rend compte qu'il a quitté une prison pour une autre.

Graffiti : Serions-nous des insatisfaits chroniques ?

Jean-Jacques Goldman : Je crois bien.

Graffiti, 1987


Jean-Jacques Goldman  : Il y a des chansons qui viennent très rapidement, du style "Nuit" par exemple, ou "Comme toi". Bon, ça c'est des chansons qui viennent en deux heures et sur lesquelles il y a quinze jours / trois semaines de travail ensuite, qui sont les arrangements, bon, la tonalité définitive, le tempo, etc... Mais finalement, quand on entend le premier jet, la première maquette et la chanson à la fin, ce n'est pas énormément différent, c'est plus propre. Et puis, il y a les chansons qui demandent un boulot fou, des chansons genre "Là-bas", genre "Je marche seul", en général des chansons rapides, où là, c'est un enfer, ou alors "Leidenstadt" par exemple, qui restent longtemps de côté : ou je ne trouve pas le refrain, ou alors j'en trouve un qui est nul, ou la tonalité n'est jamais la bonne, ou le tempo n'est jamais bien, faut remixer, faut ré-enregistrer, enfin voilà : les chansons à problèmes...

Europe 2, 10 mars 1991


Xavier de Moulins Beaufort : Là-bas ?

Jean-Jacques Goldman : On ne sait pas comment c'est. Seule certitude : on ne sera pas tout seul, car beaucoup y sont allés avant nous. Alors, pas de panique."

Jean-Jacques, le fataliste
Faim de siècle n° 24, février 1996


Jean-Jacques Goldman : C'est mon saxophoniste qui l'a vue dans le métro et ensuite, je suis allé la voir. Donc, je l'ai vue, moi, effectivement, dans le métro.

RMC, 15 mai 1995


Jean-Jacques Goldman : La chanson était finie. Je cherchais la femme qui allait me répondre dans cette chanson. J'ai demandé à tous mes amis, autour de moi, dans les maisons de disques, de me faire écouter des voix de chanteuses. J'ai écouté des centaines de disques, des centaines de cassettes. Un jour, Pinpin [NDJM: son saxophoniste de l'époque] est arrivé avec une cassette, en disant, j'ai un copain qui s'appelle Philippe Delettrez, qui est saxophoniste aussi, qui travaille avec une fille, qui actuellement chante dans le métro, qui s'appelle Sirima. J'ai écouté la voix, c'était tout à fait le genre de voix que je cherchais. Je l'ai essayée comme j'ai essayé d'autres. Un jour, je l'ai rencontrée près du Châtelet parce que c'était là qu'elle officiait dans le métro. On est allés dans un bistrot, et je me suis rendu compte tout de suite que non seulement c'était la voix, mais que c'était aussi le personnage. On a fait un essai en studio, qui s'est révélé concluant, et on a pris rendez-vous pour la séance.

Génération Laser
RTL, 18 novembre 1991


Christophe Nicolas : Allez, on va terminer ce week-end spécial Jean-Jacques Goldman avec "On ira". Toujours cette envie de partir qu'on retrouve dans plusieurs chansons de vous, Jean-Jacques. Un jour, vous allez le faire. Qu'est-ce qu'on va devenir, nous ? [rires].

Jean-Jacques Goldman : Je vous emmène. [rires]

Christophe Nicolas : Eh bah dis donc ! Là-bas, où tout est neuf, tout est sauvage. c'est vrai que "On ira" on la compare un peu à "Là-bas", hein ? Je suis pas le premier à le faire. Sauf que, là, vous ne partez pas tout seul, en fait. est-ce que c'est une sorte de suite ? Est-ce que c'est une petite cousine de "Là-bas" ? Dans le thème abordé.

Jean-Jacques Goldman : Je pense que plus qu'une chanson sur la personne que j'emmène, c'est une apologie des routes. Le fait de dire que le plus important n'est pas la destination. C'était valable aussi dans "Puisque tu pars". Sur pas mal de chansons, c'est le fait de se dire que "peu importe d'où on vient et où on va". Même si on en garde des traces et la mémoire, mais le plus important c'est finalement la route pour aller d'un endroit à l'autre.

Christophe Nicolas : Je pensais à ce petit clin d'oeil à "Là-bas" parce que vous reprenez la phrase "Même si tout est joué d'avance". Evidemment, c'est volontaire. Mais il y a des phrases fétiches ou des mots fétiches, comme ça, qu'on retrouve dans certaines de vos chansons ?

Jean-Jacques Goldman : Certainement. J'ai pas fait une étude de texte très précise.

Christophe Nicolas : Là, c'est fait exprès ?

Jean-Jacques Goldman : Oui. C'est une référence à cette envie de partir. Et, puisque tout est joué d'avance, à forcer un peu le destin, quoi.

Week-end Jean-Jacques Goldman
Nostalgie, 26-27 septembre 1997


Jean-Luc Cambier : Sur "Là-bas", le public chante la partie du duo à l'origine réservé à Sirima, tragiquement disparue. Là aussi, le pari semble réel.

Jean-Jacques Goldman : Il n'y avait pas de doute mais je savais qu'il fallait d'abord donner au public la conscience d'être ensemble, il fallait les faire répéter. L'idée de la première partie est née de cette nécessité. D'abord, on était parti sur un karaoké géant mais sans animateur. Je voulais que les gens commencent à chanter ensemble de manière naturelle. On a tout envisagé et fait des essais. On s'est rendu compte qu'on pouvait entrer en communication avec des petits dessins bien mieux qu'avec un karaoké qui n'allait pas au public. On a fait évoluer le concept de manière pragmatique et on a conçu le spectacle. (Un caméraman capte depuis la scène des images de la salle mises en musique et rendues amusantes par des bulles-commentaires, parfois incitatives à chanter ou à bouger).

Quand la chanson est bonne
Télé Moustique n° 3807, 16-22 janvier 1999


Voici sans doute l'histoire la plus tragique. Celle d'un destin brisé, qui s'avérait prometteur et brillant. Et, cette histoire, pourtant, commence comme un véritable conte de fées, puisque c'est celle d'une frêle jeune fille venue de son Sri Lanka natal qui jouait de la guitare dans les couloirs du métro parisien et qui, du jour au lendemain, s'est retrouvée au sommet des hit-parades. C'est l'histoire de Sirima...

Fin 1986. En quête de voix et de visages nouveaux pour ses prochains spectacles, le producteur Philippe Delettrez court d'un bout à l'autre de Paris. Et ceux qui résident dans la capitale savent que le moyen le plus rapide pour s'y déplacer n'est certes pas le véhicule individuel. En Parisien efficace et responsable, Delettrez se déplace par les voies souterraines du métropolitain. Et c'est dans l'immense hall de la station Châtelet-les-Halles que l'attention de Philippe est attirée par une voix, celle d'une toute jeune fille qui interprète les tubes du moment, s'accompagnant elle-même à la guitare électrique, branchée sur un ampli qu'elle trimbale d'une rame à l'autre grâce à un chariot de supermarché. Le producteur s'arrête, écoute, "déguste" et engage la conversation, proposant à Sirima une petite participation dans son prochain spectacle. Sirima, bien sûr, n'a pas de carte de visite à remettre au producteur ; elle griffonne son adresse sur un bout de papier et ciao. Elle vit avec Kahatra Sasorith, un guitariste qu'elle a connu dans un bar chinois, et qui vient de lui faire un bébé ; "Sirima" ne signifie-t-il pas, en effet, "Douce maman" en cinghalais ?

Après les habituelles répétitions vient le jour des représentations. Pour la première fois, Sirima chante comme une pro, c'est-à-dire devant un vrai public ; un public qui s'est déplacé, et non pas un public qui se déplace. Ce n'est plus la même chose. Pourtant, elle s'en sort admirablement. On lui propose même des engagements fort sérieux... qu'elle refuse, préférant retourner dans le métro !

Pourtant, le destin s'apprête à frapper à sa porte une nouvelle fois. Delettrez vient d'apprendre que Jean-Jacques Goldman, qui n'a pas encore rencontré Carole Fredericks, recherchait une voix féminine pour enregistrer un duo. Il est immédiatement séduit par la cassette de Sirima, et là, c'est le miracle : "Là-bas" se retrouve à la première [sic] place du Top 50 pour de nombreuses semaines.

Pour Goldman, c'est normal. Pour Sirima, c'est foudroyant. Malgré d'alléchantes invitations à signer avec une grande maison de disques, elle choisit, une fois encore, de rester libre. Elle reprend son caddie et redevient underground. Avec le temps, néanmoins, elle ne résiste pas au rêve puissant, à l'attraction magique du studio d'enregistrement.

Avec une détermination (frisant parfois le culot) qu'on ne trouve peut-être que chez les artistes débutants, Sirima n'hésite pas à exiger, à refuser, à discuter, à pinailler ! Les sonorités qu'elle veut, elle les aura. Quitte à convoquer l'orchestre de l'Opéra de Paris pour refaire ce que l'Opéra symphonique d'Europe n'a, à son avis, pas correctement exécuté.

Et le grand jour, enfin, arrive. Le public va pouvoir découvrir "A Part Of Me". La chanson "Un peu de moi" mérite bien son titre : Sirima s'y livre à coeur ouvert. Une chanson pour son jeune fils, Kym, une chanson pour son compagnon puisque Kahatra tient la guitare par-ci, par-là...

Au moment où son premier 33 tours est mis en place chez les disquaires (le 17 novembre 1989), elle songe déjà au suivant : ses idoles, Claude Nougaro et Charles Aznavour, sont pressenties pour lui écrire certains textes...

Le beau rêve, néanmoins, s'achève en cauchemar : le 7 décembre, Kahatra s'empare d'un couteau de cuisine et tue Sirima dans leur petite chambre sous les toits. Il ne pouvait pas supporter l'idée qu'elle puisse l'abandonner pour suivre une carrière artistique en solo. Il utilisa un moyen radical pour qu'elle ne puisse jamais appartenir à personne d'autre. Le petit Kym perd au même instant sa mère et son père, qui se constitue prisonnier.

Le mensuel "Paroles et Musique" rend un vibrant hommage à l'étoile disparue dans ses numéros 25 ("Du métro au tombeau... La brève histoire de "Maman douce"") et 26 ("Elle s'est retirée, un peu forcée... Mais le monde et sa violence la méritaient-elle ?").

CBS, sa maison de disques, est dans l'embarras, et prend une position à la fois pudique et respectueuse : "Nous avons douté, nous avons hésité. Entre le silence et l'oubli ou la poursuite d'un travail qui était l'une des raisons de vivre de Sirima [...] La mort d'un artiste n'est pas un argument publicitaire. Mais nous n'avons pas le droit de faire taire le talent, parce que la vocation d'une oeuvre est d'exister par-delà la mort de l'artiste. Nous avons signé Sirima, nous croyions en Sirima. Nous croyons toujours en elle".

François Jouffa et Daniel Lesueur
Extrait de "Secrets de chansons" (éd. Hors Collection), mars 2000


Alain Pilot : Il y a une internaute - je suis allé sur des sites non- officiels de Jean-Jacques Goldman sur lesquels de nombreuses questions sont posées - qui demandait "Où cest Là-bas?" et "Où cest On ira" ?

Jean-Jacques Goldman : "On ira", "Ya que les routes qui sont belles", donc peu importe, cest dit dans la chanson, "Les destinations se ressemblent". Lhistoire de "Là-bas", cest une histoire bien spécifique que moi je voyais au Mexique, entre cet homme qui veut absolument passer la frontière, et cette femme qui dit que finalement, lessentiel est là...

La bande passante
Radio France Internationale, 15 mars 2002


Eric Saya : Certains membres de notre communauté ont interprété "Là-bas" comme une transposition du rêve de terre promise. Je voulais savoir ce que tu penses de cette interprétation.

Jean-Jacques Goldman : Ça l'est tout à fait, mais avec terre promise entre guillemets. Ça peut être Israël, mais ce sont les Etats-Unis pour les Mexicains, c'est la France pour un Marocain ou un Tchadien. En fait, ce n'est pas tellement une chanson sur l'exil, c'est une chanson sur les hommes et les femmes. Je donne effectivement sans m'en rendre compte, un rôle à la femme plutôt attentiste, et plutôt un rôle de personne qui se contente de l'essentiel. J'aime bien cette phrase, "elle se contente de l'essentiel", c'est-à-dire qu'il soit mari, qu'il soit père, qu'ils vieillissent ensemble, qu'ils meurent, qu'ils fassent des enfants. Lui rêve d'avoir des droits, de pouvoir travailler, et même à d'autres horizons, d'autres combats. C'est plutôt une peinture d'un "caractère masculin", entre guillemets bien sûr, il ne faut pas trop généraliser, et d'un caractère féminin, plutôt qu'une chanson sur l'exil.

Sans limites
Radio Kol Hachalom, 22 juin 2002


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Puisqu'on parle d'hommages à des défunts, j'ai vraiment trouvé poignant celui que Jean-Jacques a fait à Sirima en reprenant seul en public la chanson Là-bas. Les sonorités mélancoliques de son piano et la petite flamme qui s'élevait dans les airs ont donné à la chanson une dimension toute particulière. La chanson sonnait vraiment comme une prière qui lui était adressée. Par contre, j'ai vraiment trouvé navrant les énergumènes (mais sans doute ignoraient-ils le décès de Sirima) qui n'ont rien trouvé de mieux que de siffler durant les silences laissés sur les parties jadis chantées par Sirima. De vrais silences auraient encore rendu cet hommage plus poignant.

Stéphane Zibi
Là-Bas, 18 janvier 1996



D'ailleurs pendant le concert de cette tournée, il était seul au synthé et tous les musiciens étaient dans le noir, donc absents de la scène. Au début, en s'asseyant sur son siège, il alluma une bougie et commença la musique. Le plafond, par les jeux de lumière, ressemblait au ciel dans la nuit. On touchait un peu tous l'éternité par ce moment. Un des plus beaux moments de ses concerts et croyez-moi, j'en ai vus, des concerts de JJG !

Stéphane Zibi
Là-Bas, 18 janvier 1996



A propos de la version live de "Là-bas" (album "Sur scène") : avez-vous remarqué que la partie (normalement chantée par Sirima) interprétée au piano par JJG sans aucune parole dure exactement une minute ?? Une minute de silence... C'est symbolique, non ?...

Julien Coen
Là-Bas, 21 janvier 1996



Pour ma part la chanson "Là-bas" raconte l'histoire d'une personne qui est née à la campagne ou une région tout aussi déserte et qui veut partir vers une grande ville, car il sent que son destin est "là-bas". Mais dans cette "campagne" il y a l'être quil aime, qui essaie de le retenir, et qui ne comprend pas très bien la raison de son départ. C'est une chanson qui parle de séparation de deux personnes qui s'aiment car l'une d'entre elles "sent" son destin ailleurs. Elle est d'ailleurs très bien représentée par le clip.

Sandrine
Là-Bas, 30 août 1996



Je ne sais pas si c'est parce que je suis une émigrée moi-même, mais pour moi la chanson et le clip de Là-bas représentent un gars venu d'un pays ou d'une région pauvre et qui n'a pas d'espoir économiquement et socialement parlant. Il a décidé que le seul moyen de se créer un avenir est de s'envoler vers un pays industrialisé où il pense avoir plus de chance de réussir et d'être respecté. Il me semble que sa femme préfère rester pauvre et socialement inférieure dans sa propre culture plutôt que de tenter l'aventure risquée de l'émigration. Je crois que je rejoins donc Jean-Michel dans mon interprétation.

Yvonne Williams
Là-Bas, 30 août 1996



... Comme d'habitude non ? ;-D

Je suis d'accord avec les propos d'Yvonne, sauf pour le fait que la femme préfère rester dans son pays. Parfois, et même souvent, seul l'homme peut partir, afin de travailler, et la femme est obligée de rester derrière. Les regroupements familiaux légaux sont relativement rares à part en France. D'ailleurs, le clip est assez clair à ce propos. Le camion dans lequel JJG monte à la fin du clip est typique de ceux utilisés par les "passeurs" (légaux ou illégaux) pour exporter la main d'oeuvre étrangère vers un pays qui a besoin de mains.

Le clip sous-entend donc que cette histoire se passe de nos jours (ou disons après 1945, à voir la tête du camion), mais l'interprétation de Jean-François (le Français qui veut tenter sa chance en Nouvelle-France) est également juste, si l'on fait abstraction du clip. En ce cas, pourquoi la femme ne partirait pas avec l'homme ? Parce qu'elle a peur ("le feu, les diables et les mirages").

Jean-Michel Fontaine
Là-Bas, 30 août 1996



Quelle merveilleuse chanson ! La chanson a tout son charme dans les voix de Jean-Jacques Goldman et de Sirima (je suis sous le charme) sans oublier aussi le texte et le solo de batterie à la fin qui nous laissent un point de suspension dans l'histoire...

Heureusement qu'on a découvert Sirima car il n'y a qu'elle qui peut la chanter avec sa voix si cristalline, si pure ; Céline Dion s'était essayée aux Restos du Coeur, eh bien c'est raté, elle n'a pas la même intonation que Sirima. Sirima a marqué Goldman car dans la chanson "Frères", quand il la chante en concert, ça donne "j'ai une photo d'une femme et le goût de Ceylan" et non "j'ai une photo de ma femme et le goût de ses larmes", Ceylan étant les origines de Sirima. "Là-bas", un des plus beaux duos de la chanson française.

Jean-Michel Royer
Là-Bas, 11 mai 1999



Lorsque "Là-bas" est apparu, sur l'album "Entre gris clair et gris foncé" puis en single, les fans de JJG découvrirent une nouvelle artiste pleine de charme et de talent : Sirima, alors âgée de vingt ans. Sa voix particulière envoûta Jean-Jacques et tous ses groupies rapidement, au point que "Là-bas" est devenu une des chansons les plus appréciées dans l'uvre de Goldman. Décidément, les duos rapportent gros : après "Je te donne" avec Michael Jones, "Là-bas" avec Sirima est un immense succès. La jeune Ceylanaise allait peut-être suivre les traces du Gallois...

"Là-bas" est une chanson superbe et triste, on pourrait la rapprocher des chansons du style "Confidentiel" ou "Puisque tu pars". Ce pourrait être la suite de "Si tu m'emmènes", où le chanteur supplie son compagnon de l'emmener avec lui. "Là-bas" évoque le fait que les deux personnes doivent se séparer pour leur bien. Dans le clip, l'idée est bien montrée : en prenant pour thème la fuite des Mexicains vers les Etats-Unis dans le but de trouver une vie meilleure et plus riche, Bernard Schmidt a trouvé l'exemple idéal pour illustrer la chanson. C'est un départ fatal où "on ne peut rien y changer", même s'il faut quitter sa famille, ses amis, sa ville, son ancienne vie quoi, et tout recommencer.

Dans le clip, Jean-Jacques joue le rôle du mari qui doit absolument partir (aux States ?) pour trouver du travail, donc gagner de l'argent et donner du pain à sa petite famille. Il est résolument optimiste à l'idée de partir là où "tout est neuf et tout est sauvage, libre continent sans grillage" et veut de toute façon partir de sa ville "ici nos rêves sont étroits", persuadé qu'il a trouvé l'Eldorado, "l'or est à portée de tes doigts". Sirima, quant à elle, joue la femme désespérée de voir son mari partir "loin de nos vies, de nos villages". Contrairement à son bien-aimé, elle n'est pas dupe et se méfie de ce pays soi-disant paradisiaque : "y'a des tempêtes et des naufrages, le feu, les diables et les mirages".

Elle veut à tout prix le voir "mari et père", c'est-à-dire fonder une famille. Elle a peur qu'il l'oublie quand il sera dans "son" Eldorado", et essaie de le persuader de rester en répondant "n'y va pas" à ses "là-bas", en vain malheureusement si on en croit le clip (Jean-Jacques, à la fin, monte dans le camion qui le conduira de l'autre côté de la frontière avec d'autres clandestins ) et la fin de la chanson (Sirima répète "n'y va pas" plusieurs fois, mais on dirait que les mots se perdent dans l'air). De plus, le solo de batterie de la fin laisse clairement présager une fin dure, c'est-à-dire le départ du mari. Et "Puisque tu pars" peut suivre...

Bien sûr, le départ d'un clandestin aux States n'est qu'un exemple. Il peut y avoir des tas de situations similaires : un ingénieur de Toulouse qui se voit proposer un poste à Leningrad, un étudiant de Genève à qui on propose des études à l'université d'Oxford, un footballeur de Nantes à qui on propose un transfert en Espagne... A chaque fois, la personne peut partir vers une destination lointaine (et tout recommencer s'il le faut), mais là-bas rien n'est joué, et tout ne peut être qu'illusion.

Plus qu'une chanson, "Là-bas" est un véritable chef d'uvre. C'est une chanson qui donne le frisson, tant pour la musique (surtout la magnifique intro) que pour la voix majestueuse de Sirima. Vu le succès de la chanson, on aurait même pu facilement voir la naissance du groupe "Sirima Goldman Jones", qui aurait fait un malheur aussi. Mais voilà : Sirima, victime de son succès, a été assassinée par son mari jaloux peu de temps après...

Dès lors, les versions live de "Là-bas" sont émouvantes. Déjà, Sirima n'avait chanté "Là-bas" en live que peu de fois, et Jean-Jacques décida de ne pas mettre la chanson sur l'album "Traces". Le live de "Sur scène", lui, est très marquant : après une intro qui rappelle le solo de saxo de "Petite fille" (et qui donne la chair de poule), le couplet normalement chanté par Sirima est joué par un piano électrique et dure exactement une minute. Une minute de silence en mémoire de la chanteuse disparue. Et pour la version de la tournée "En passant", les paroles chantées par Sirima se sont transformées en un karaoké géant, cent mille fois mieux que ceux de la "Fureur" de TF1 (et encore, je pèse mes mots, c'est incomparable aux niaiseries que Arthur passe). Finalement, Jean-Jacques a toujours pris le soin de ne pas faire chanter quelqu'un à la place de Sirima, même si Carole Fredericks aurait pu le faire en 1991. Après tout, les fans pourraient voir cela comme une sorte de trahison, de voir quelqu'un d'autre remplacer cette voix magique et envoûtante qu'avait Sirima.

Et en fait, c'est Sirima qui est partie "là-bas" avant Jean-Jacques...

Benjamin Broucke
En passant, 27 juillet 1999



Juste quelques précisions sur l'interprétation de "Là-bas" de Benjamin Broucke. Je pense que le thème général de la chanson est le dilemme entre l'amour "tout court" et l'amour de soi. Thème que l'on retrouve souvent chez JJG. La question est : Etes vous capable de tout abandonner, amis, carrière, juste par amour, ou favoriserez-vous votre bien-être ? Je crois que pour JJG la réponse est claire, du moins dans ses chansons. Pour le moment il ne me vient à l'esprit que "qui pourrait m'en citer un seul qui lui ait donné plus de liberté ?", "mais d'une âme trop simple pour comprendre un peu que l'on puisse désirer mieux que d'être heureux".

Je pense que cela va au-delà de l'aspect financier, "ici même nos rêves sont étroits".

Pour finir je pense, mais je me trompe peut-être, que JJG ne s'est mis qu'une fois dans la peau de celui qui reste, dans "Puisque tu pars".

Cathy Salvat
En passant, 25 septembre 1999



 

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