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Sache que je

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Auteur : Jean-Jacques Goldman
Compositeur : Jean-Jacques Goldman
Editée par : Editions J.R.G.

Version originale
Année : 1997
Interprétée par : Jean-Jacques Goldman
Distribuée par : Columbia / Sony Music

 

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Année Interprète Support Référence Pochette
1997 Jean-Jacques Goldman K7 En passant COL 488791-4
1997 Jean-Jacques Goldman CD En passant COL 488791-2
1997 Jean-Jacques Goldman CD 2 titres COL 664921-1
1997 Jean-Jacques Goldman CD 2 titres promo SAMPCS 4532
1997 Jean-Jacques Goldman Maxi 45 T hors commerce SAMP MS 4547 non disponible.
1998 Jean-Jacques Goldman CD En passant (Canada) CK91184 non disponible.
1999 Jean-Jacques Goldman K7 En passant Tournée 1998 COL 494 829-4
1999 Jean-Jacques Goldman CD En passant Tournée 1998 COL 494 829-2
2000 Jean-Jacques Goldman 8 CD Intégrale 1990-2000 CD5 COL 498 836-2
2000 Jean-Jacques Goldman 8 CD Intégrale 1990-2000 CD6 COL 498 836-2


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Les chansons sont souvent plus belles... Paroles Retour au menu

Il y a des ombres dans "je t'aime"
Pas que de l'amour, pas que ça
Des traces de temps qui traînent
Y'a du contrat dans ces mots-là

Tu dis "l'amour a son langage"
Et moi "les mots ne servent à rien"
S'il te faut des phrases en otage
Comme un sceau sur un parchemin

Alors sache que je
Sache-le
Sache que je

Il y a mourir dans "je t'aime"
Il y a "je ne vois plus que toi"
Mourir au monde, à ses poèmes
Ne plus lire que ses rimes à soi

Un malhonnête stratagème
Ces trois mots-là n'affirment pas
Il y a une question dans "je t'aime"
Qui demande "et m'aimes-tu, toi ?"

Alors sache que je
Sache-le
Sache que je

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Jean-Jacques Goldman : Vous savez, le "Je t'aime" est une chose extrêmement particulière parce que quand on ajoute quelque chose, ça dénature totalement le sens. alors : Je t'aime bien, Je t'aime beaucoup, Je t'aime profondément,... C'est des choses qu'on peut dire. Mais "Je t'aime" comme ça,... Ça, c'est un mot terrible.

Interviewer : Vous le murmurez ?

Jean-Jacques Goldman : Même pas ! non.

Déjeuner de gala à Astaffort
Nostalgie, 23 mai 1995


Jean-Jacques Goldman [qui lit son petit carnet] : Y'a d'la trahison dans "je t'aime", y'a du contrat dans ces mots-la.

Sorj Chalandon : Ça veut dire quoi ?

Jean-Jacques Goldman : Ça veut dire que je trouve quand on dit "je t'aime", parce que, je me suis posé la question pourquoi j'ai jamais écrit une chanson où on dit "je t'aime". Et je trouve que "je t'aime" est un mensonge par essence parce que, dans ces mots-là, il y a, que tu le veuilles ou pas, une connotation de temps. Tu vois ? Tu dis "je t'aime", un peu implicitement ça veut dire "je t'aimerai toujours". Tu vois ? Et voilà. Je me suis posé la question pourquoi je ne le disais jamais.

[extrait de "C'est pas d'l'amour" en concert]

Jean-Jacques Goldman : Mais qu'on soit contre ou qu'on soit pour...

Carole Fredericks et Michael Jones : En tout cas, c'est pas d'l'amour.

Jean-Jacques Goldman : Pourtant ça ressemble à la Toscane.

Carole Fredericks et Michael Jones : En tout cas, c'est pas d'l'amour.

Jean-Jacques Goldman : "Je t'aime" est un mot, dès que tu rajoutes quelque chose, ça le diminue. Par exemple...

Sorj Chalandon : "Je t'aime beaucoup".

Jean-Jacques Goldman : "Je t'aime beaucoup" c'est rien ! Tu comprends ? "Je t'aime bien" c'est pire !

[Second extrait de "C'est pas d'l'amour" en concert]

Jean-Jacques Goldman : C'est un peu comme ces musiques qu'on entend sans écouter...

Carole Fredericks et Michael Jones : En tout cas, c'est pas d'l'amour.

Jean-Jacques Goldman : Qu'est-ce que c'est ?

Carole Fredericks et Michael Jones : En tout cas, c'est pas d'l'amour.

Jean-Jacques Goldman : Ça a bien un nom pourtant ?

Carole Fredericks et Michael Jones : En tout cas, c'est pas d'l'amour.

Jean-Jacques Goldman : Pour les femmes, c'est très clair parce qu'elles disent : Il m'a dit "Je t'aime".

- Tu m'aimes ou tu m'aimes pas ?

- Je t'aime.

- Ah bon ! [il claque des doigts] Donc, ça y est !

Sorj Chalandon : C'est fait.

Jean-Jacques Goldman : Voila, c'est fait ! Bon, maintenant, qu'est-ce qu'on fait ?

[Troisième extrait de "C'est pas d'l'amour"]

Carole Fredericks et Michael Jones : En tout cas, c'est pas d'l'amour.

Jean-Jacques Goldman : C'est mal ou c'est bien ?

Carole Fredericks et Michael Jones : En tout cas, c'est pas d'l'amour.

Jean-Jacques Goldman : C'est plus d'l'amour.

Jean-Jacques Goldman [en plein délire] : Voilà, voilà. Tu peux dire "Je t'aime". Ooouuuh... Je t'aime, là ! (rires) ou alors là ! Ooouuuh !... (rires) Et puis, peut-être un quart d'heure après, elle te dit : "Tu m'aimes ?" Tu la regardes, tu dis : "Quoi ?!" (rires). [Quatrième extrait de "C'est pas d'l'amour"]

Jean-Jacques Goldman : C'est plus d'l'amour. Ouh, ouh, ouh...

Tours et Détours, 1995


"Il y a des ombres dans je t'aime / Y'a du contrat dans ces mots-là. / Tu dis l'amour a son langage, / Et moi les mots ne servent à rien. / S'il te faut des phrases en otage, / Comme un sceau sur un parchemin, / Alors sache que je."

"On ne ment qu'avec des mots, / Des phrases qu'on nous fait apprendre. / Mieux vaut de beaucoup se fier aux apparences."

Artist News : Tout au long de l'album, ce qui nous a marqué, ce sont les textes. Et premières chansons, premier paradoxe. Ces mots qui sont ton "arme" principale, tu sembles dénoncer leur caractère illusoire, tout au moins t'en méfier. Goldman et les mots, c'est "je t'aime moi non plus" ?

Jean-Jacques Goldman : "Les mots peuvent être des habits personnels comme des uniformes. Pleins de toi ou de vide de toi, des mots d'"autres". C'est la gamine qui, cet été, a dit "je t'aime" de toute son âme ou Michael Jackson "I love you" comme chaque soir à 21 h 18. Je me méfie des mots vides sans personne derrière. Mais on apprend à les détecter. Et les autres, ceux qui sont pleins de nécessité, de vérité, de moelle, sont délicieux.

Entretien avec Sony Music
Propos recueillis par Vincent Blaviel, Eric Ferrua et Philippe Bonnin
(c) Sony Music France août 1997


Joëlle Lehrer : Préférez-vous écrire une chanson comme "Sache que je" plutôt que de dire "Je t'aime" à la femme de votre vie ?

Jean-Jacques Goldman : "Sache que je" lui explique pourquoi je ne lui dis pas "Je t'aime" et que cela n'empêche pas... C'est une réponse au fait que je n'ai dit "Je t'aime" dans aucune de mes chansons. Beaucoup de gens me demandent pourquoi je ne fais pas ou peu de chansons d'amour. Il est souvent question de fin d'amour, d'amour fini (rires) mais cela veut dire qu'il y en a eu. J'ai un peu de mal à écrire "You are the sunshine of my life".

Joëlle Lehrer : Vous n'êtes pas un expansif ?

Jean-Jacques Goldman : Je trouve que ces mots sont tellement dévoyés. Michael Jackson qui dit [il prend la voix de M.J.] : "I love you!" ou Carl Lewis qui dit la même chose. Moi, je ne peux pas le dire. Je ne pense pas la même chose qu'eux. C'est comme s'ils s'étaient accaparés ces mots et les avaient vidés de leur sens.

Joëlle Lehrer : Dans cette chanson, vous semblez un peu méfiant, un peu parano en amour.

Jean-Jacques Goldman : J'admets. Je ne suis pas un peu méfiant, je suis très méfiant.

Le Soir Illustré, le 24 septembre 1997


Gilles Médioni : Parlez-nous de "Sache que je".

Jean-Jacques Goldman : J'ai répondu à une question : 'pourquoi ne dites-vous jamais "Je t'aime" dans vos chansons ?'

Gilles Médioni : Pourquoi ?

Jean-Jacques Goldman : Pas par manque d'amour, non. Parce qu'il y a du contrat dans ces trois mots là, une question aussi.

Gilles Médioni : Vous écrivez qu'"on ne ment qu'avec des mots".

Jean-Jacques Goldman : Les mots peuvent être la plus belle des réalités ou le pire des masques. Rocard dit : "Les faits sont têtus". Lorsque Kouchner lance aux infirmières : "Je ressens vos revendications dans mon coeur", c'est quoi ? Lorsque Michael Jackson répète "I love you, I love you", l'expression devient vide. J'ai du mal à dire "Je t'aime", dans la vie et dans mes disques.

Goldman, un homme juste
L'Express, 25 septembre 1997


Bertrand Dicale : Sache que je, le premier titre de votre album à passer à la radio, est une chanson plutôt désenchantée, assez dubitative quant à l'amour.

Jean-Jacques Goldman : Je ne suis pas d'accord. Le refrain est une déclaration d'amour. Simplement, il explique pourquoi il ne va pas dire : Je t'aime. C'est une chanson sur la forme mais pas sur le fond. Il ne dit pas qu'il y a mourir dans le fait d'aimer, mais qu'il y a mourir dans "je t'aime", qu'il y a du temps qui traîne dans je t'aime. Ce n'est pas douter de l'amour.

Un entretien avec le chanteur et auteur-compositeur français le plus prospère
Jean-Jacques Goldman : "Forcément je tourne en rond"
Le Figaro, 29 septembre 1997


Fabrice Guillermet : Intimiste et plus personnel. Vous arrivez enfin à chanter "je t'aime" ?

Jean-Jacques Goldman : Non, dans "Sache que je", je tente plutôt d'expliquer pourquoi je ne parviens pas à le dire !

Jean-Jacques Goldman : "le bonheur est obscène"
Télé 7 Jours, 7 octobre 1997


Hervé Beaudis : Cette chanson représente toute la difficulté qu'on peut avoir à dire "je t'aime" à quelqu'un. C'est j'imagine ce qui se produit pour toi ?

Jean-Jacques Goldman : C'est une réponse à des questions qu'on me posait. On me disait, "pourquoi y a jamais 'je t'aime' dans tes chansons ?" par exemple. Certains extrapolaient, et me demandaient "est-ce que tu le dis dans la vie ?". C'était une question, et puis même une discussion, parfois, avec des musiciens ou des amis. "Est-ce que toi tu dis 'je t'aime' ?" "Oui, moi je l'ai dit une fois", etc. Je suppose que vous avez le même genre de conversations. J'ai donc essayé de réfléchir, pourquoi j'avais tellement de mal à le dire.

Wit FM, 23 octobre 1997


Gilbert Jouin : Le premier titre de l'album, "Sache que je", est une chanson d'amour. Pourquoi est-elle si grave ?

Jean-Jacques Goldman : On m'a souvent demandé pourquoi je n'écrivais pas ou peu de chansons d'amour et pourquoi je répugnais à dire "je t'aime"... Ce n'est pas facile de dire "je t'aime". Le sentiment est presque trop sacré pour ces trois mots. C'est trop lié aux conséquences que l'on y met, que l'on en attend. Il y a une notion de temps dans "je t'aime" qui sous-entend le mot "toujours". C'est un peu effrayant.

Jean-Jacques Goldman sait enfin dire "je t'aime"
Télé Magazine n° 2189, 24 octobre 1997


Hans-Maarten Post : Votre nouveau CD "En passant" commence avec la phrase "Il y a des ombres dans je t'aime". Cela peut presque être seulement une chanson de quelqu'un qui a déjà vécu et déjà écrit des chansons. Quelqu'un qui compose sa première chanson n'écrit pas : "Il y a des ombres dans je t'aime".

Jean-Jacques Goldman : Oui, un jeune groupe britannique qui en est à son premier CD écrira "I hate you" ou "I just wanna make love to you". (rires) Je comprends ce que tu veux dire. Quelque part c'est juste. Les thèmes sur lesquels j'écris ne sont pas les mêmes à 45 ans qu'à 25. Surtout dans mon cas : chacun de mes CD est une photo des trois années qui ont précédé. Si 10 thèmes se trouvent dans un de mes CD, ce sont aussi les 10 thèmes qui ont dominés ma vie durant cette période. "Sache que je", la chanson d'où tu tires cela, est aussi surtout une réponse aux critiques qui disent que je n'écris pas assez de chansons d'amour. Si il y a déjà quelque chose de surprenant dans ce que j'écris, c'est qu'il n'y a pas de chansons d'amour dans mes CD. On m'a déjà souvent demandé pourquoi il y a si peu de "Je t'aime" dans ma vie. Cette chanson est un peu une réponse. Une tentative d'expliquer pourquoi je reste distant de "Je t'aime".

Jean-Jacques Goldman : La boucle est bouclée
Het Nieuwsblad (Belgique), 10 décembre 1997


"Il y a des ombres dans "je t'aime" / Pas que de l'amour, pas que ça".

Jean-Jacques Goldman : C'est la chanson d'un chanteur qui ne veut pas chanter "je t'aime". Je suis "remarquable" par mon très petit nombre de chansons d'amour écrites. On m'a souvent demandé pourquoi cette phrase-là, "je t'aime", me gêne. C'est ma réponse.

J'aurais pu rester dans mon magasin de sport et être heureux
Télé Moustique 3771, 06 mai 1998


Isabelle Giordano : "Sache que je", la célèbre chanson, est-ce qu'on peut savoir à qui elle s'adresse ?

Jean-Jacques Goldman : Mais elle s'adresse pas à quelqu'un, ah oui, si, elle s'adresse à quelqu'un, oui.. Je sais pas, j'ai pas réfléchi à ça ! Elle s'adresse aux personnes à qui je suis susceptible de le dire. Donc je préviens d'avance que je ne le dirai pas. Mais en fait, le thème de la chanson, c'est pas vraiment ça, le thème c'est : est-ce qu'on peut dire qu'on est amoureux de quelqu'un avec les mots "je t'aime". C'est ça la question. A mon avis, non, parce que les mots sont plus... Je crois que si je disais ça, ça ferait éclater de rire. Mais donc le sentiment est là, les mots sont plus là pour le dire. Je dirais donc "sache que je", mais je sais pas à qui!

Le Journal des Spectacles
Europe 1, 19 juin 1998


Paul Ferrette : Quand on écoute "Sache que je..." le réflexe nous vient naturellement de terminer la phrase à ta place : Sache que je t'aime ! Pas pour toi ?

Jean-Jacques Goldman : Je suis sûrement un des chanteurs qui a écrit le moins de chansons d'amour et jamais le mot "je t'aime". On m'a demandé pourquoi ?. Je ne le savais pas. J'en parlais déjà dans un reportage effectué sur la tournée de "Rouge" en remarquant que c'est une expression où l'on ne peut pas rajouter d'adjectif. "Je t'aime beaucoup" est beaucoup moins fort que "je t'aime" tout seul. Finalement, tout le thème était déjà là. "Sache que je" veut exprimer des sentiments mais sans cette expression peut-être trop galvaudée. Quand quelqu'un te dit "je t'aime", ce n'est pas aussi simple. Ce n'est pas forcément qu'il vous aime. Le mot est dangereux. D'autant plus dangereux que ce sentiment est si important.

Paul Ferrette : En remplaçant "je t'aime"par "j'existe", "je suis à tes côtés", on exprime autre chose, une autre vérité. Comment réagirais-tu à ce détournement de sens ?

Jean-Jacques Goldman : Il ne me dérange pas du tout, je le trouve même très intéressant. Une fois terminée, la chanson ne m'appartient plus. Celui qui j'écouter la joue, la chante, se l'approprie. Beaucoup de mes chansons, comme "Puisque tu pars", "Confidentiel" ont été comprises dans des sens extrêmement différents. En écrivant mes chansons, je ne me préoccupe pas du tout de ce phénomène. J'essaie d'exprimer, le mieux possible, ce que je ressens. Je lance des propositions et ceux qui les écoutent en font ce qu'ils veulent. Moi, j'ai commencé par aimer des chansons anglaises. Je prenais deux mots et je me faisais tout un scénario, qui neuf fois sur dix n'avait rien à voir avec l'histoire originale ! Mais peu importe : les chansons sont des propositions et chacun y prend ce dont il a envie.

Paul Ferrette : Et jusqu'où peut aller cette dérive ?

Jean-Jacques Goldman : Elle n'a pas de limites. Ce n'est pas grave. Encore une fois, la' chanson appartient à celui qui l'entend. Moi, "Foxy Lady" de Jimmy Hendrix, je ne sais pas du tout de quoi elle parle, mais ma version est bonne, puisque c'est ma version.

Livre de partitions de "En passant"
Hit Diffusion, juin 1998


Jean-Jacques Goldman : Et même si l'on n'écrit pas de chansons d'amour où l'on dit "je t'aime", peut-être que toutes les chansons parlent d'Amour. Forcément.

Livre de partitions de "En passant"
Hit Diffusion, juin 1998


Erick Benzi : J'avais terminé l'arrangement, on avait tout "chécké" avec Jean-Jacques, et puis je sais pas, une mauvaise "manip" informatique avec mon assistant ,et on a tout effacé, tout perdu !... il a fallu tout refaire.

Paul Ferrette : Erick Benzi, la question qui s'impose à moi concerne la façon dont a travaillé le tandem Goldman / Benzi pour cet album.

Erick Benzi : Comme d'habitude, Jean-Jacques me remet ses maquettes et à partir de là, je travaille seul. Il y a déjà beaucoup de choses dessus, l'ambiance générale notamment. C'est plutôt à un travail de mise en forme que je me livre. Ensuite, nous nous retrouvons. Les yeux fermés, il écoute et c'est alors que nous travaillons : ici la guitare rentre trop tôt ; attention la musique couvre la voix, etc... Ainsi, par touches successives, on ajuste. Mais Jean-Jacques n'est pas derrière moi lorsque je travaille. Il me laisse aller au bout de mes idées, quitte à en proposer d'autres et à les retirer par la suite. Etant seul j'ai beaucoup de temps pour travailler, les nappes de synthétiseur enfin tout l'habillage. J'y attache une grande importance. Maintenant je connais bien Jean-Jacques, je sais très rapidement où il veut en venir. Bien sûr, il est primordial de coller à la mélodie. Sur certaines chansons, je prends parfois le risque de présenter des choses différentes, voire nouvelles. La première fois que j'ai travaillé avec lui, c'était pour le premier album "Fredericks, Goldman, Jones". Il m'avait demandé, ainsi qu'à d'autres, d'arranger deux chansons. Mes arrangements lui ont plu car j'avais apporté quelque chose de nouveau tout en gardant la personnalité de l'auteur : c'est de cette symbiose que naît le feeling entre un arrangeur et un auteur- compositeur.

Livre de partitions de "En passant"
Hit Diffusion, juin 1998


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Ça faisait longtemps que cette idée me trottinait dans la tête. Elle était encore "floue", les contours trop vagues. J'attendais de trouver ce que je ressentais exactement. Pourquoi cette chanson "dérangeante" me plaît tant ? Pourquoi est-ce que j'aime l'écouter ? Il a fallu que je fasse le lien, subitement, avec une autre chanson. Pas une chanson de JJG. Non. Une chanson de Gaëtan Namouric.

Depuis le début, j'étais viscéralement "contre" ce que JJ exprimait dans cette chanson. Je ne comprenais pas qu'on puisse s'abstenir de dire "je t'aime" à quelqu'un qu'on aime. Réaction stupide à mon sens. Je pensais comme Yvonne : "C'est un gamin !" :-)

Et puis, j'ai écouté, ré-écouté, etc... cette chanson. Il y a aussi du temps qui a passé et des choses qu'on vit... Et là, on se rend mieux compte de certaines choses.

Déjà, comme je l'avais dit dans ma première explication, cette chanson a une validité. Cette validité est exceptionnelle à mon sens, mais elle existe. Ces gens qui disent "je t'aime" à tout bout de champ sans même savoir ce qu'il y a comme connotations derrière. Par exemple, quand on est au collège ou au lycée, "ça fait bien. Certains mecs pensent que les filles vont accepter "d'aller plus loin" et, d'ailleurs, ça marche assez souvent, malheureusement. Il y a aussi l'exemple que JJ a donné dans une interview : Michael Jackson qui dit "I love you" tous les soirs à la même heure. Il n'est pas le seul. J'ai entendu Céline Dion le dire aussi et il y en a d'autres. Bref, toutes ces fois où c'est "pour de faux". Faut y faire très gaffe. Faut pas se laisser faire. "Ces trois mots là" se réfèrent à plein d'autres choses. C'est sérieux. On ne joue pas avec. Je pense que c'est ça qui est essentiellement dit dans cette chanson.

Cette impression de "question dans 'je t'aime'" n'est valide, à mon avis, que si on n'est pas entièrement sincère quand on le dit : c'est-à-dire quand on n'exprime pas un sentiment que l'on ressent mais quand on veut essayer de "prouver" quelque chose du genre "Tu vois, moi je t'aime. Et toi ? Tu m'aimes aussi ? T'en es capable aussi ?". Ou alors, si quand on l'entend, on ressent cette demande de "réponse identique", c'est parce que, soi-même, on n'est pas à l'aise. On ne ressent pas les mêmes sentiments et on culpabilise en quelque sorte... Alors on se dit "Mince, je ne vais pas lui dire aussi. Je peux pas. Ça ne serait pas vrai." Certain(e)s se "forcent" à le sortir aussi en "réponse" parce qu'ils se disent "ça y ressemble, c'est proche". Je ne jette la pierre à personne, mais je crois pas que ce soit une "solution".

Bon, c'est pas mal grâce aux interviews de Goldman à la sortie de l'album que j'ai compris le sens de cette chanson (comme quoi, ça n'a pas que du mal d'être au courant de tout ! ;-) ). En fait, comme je l'ai dit au début, je place "Sache que je" au même rang de "Plantez vos croix" de Gaëtan Namouric (désolée Gaëtan, mais t'es le premier exemple que j'ai trouvé ! :-) ).

"Plantez vos croix" parle des excès des religions mais n'est pas contre la religion. Ça exprime le point de vue des abus, des intolérances. Bref, de ce qui va "trop loin" et qui déborde totalement du cadre de départ jusqu'à en arriver à du "hors-sujet" total voire de la contradiction absolue. Au premier abord, cette chanson peut "choquer", déranger, mais quand on la regarde de plus près, elle est tellement réaliste ! Le "je ne crois pas en Dieu" n'est pas fait pour parler de Dieu dans le sens "pur et vrai" de chaque religion, à la base. Il est fait pour dire "Je ne crois pas en votre Dieu", celui que vous prenez comme prétexte de vos guerres, de vos vengeances, de vos immondices, etc. Mais "je veux bien croire en Dieu si Dieu est celui qui est à la base de "notre" religion (peu importe quelle religion), celui qui est "tolérance et amour"". Voilà ce que je pense de "Plantez vos croix". C'est une chanson qui parle d'un point de vue mais qui n'est pas à généraliser sur le thème de toutes les religions.

Pour "Sache que je", je la rapproche de "Plantez vos croix" car c'est, pour moi, le même principe. Ce n'est pas une chanson (je pense !) sur le "je t'aime" dans tous les cas. Je pense que c'est juste une chanson pour dire "attention ! ces trois mots-là sont importants. Faites attention à ce qu'ils impliquent aussi bien pour celui qui les dit que pour celui qui les entend". Dans ce sens-là, il a raison de chanter cette chanson. Ça a probablement ouvert les yeux à bon nombre de gens. Je pense surtout à la "nouvelle génération" de "fidèles de JJG". A ces adolescents qui découvrent JJ avec autant d'émerveillement que j'ai pu en avoir. Lire chaque phrase et s'en imprégner. Faire attention à tout ce qui est dit et y réfléchir. C'est comme ça que j'écoutais JJ en seconde ou en première. Il y avait les paroles recopiées sur des chemises en cartons, des pages de cahiers... Et tant d'importance accordée à chaque mot, chaque pensée. Ça m'a fait découvrir beaucoup de choses et regarder le monde sous un angle différent. J'ai appris des choses ou je me suis intéressée à des sujets auxquels je n'aurais jamais eu l'idée de m'intéresser avant.

Bref, "Sache que je" est, pour moi, un prétexte à s'intéresser à la valeur de "ces trois mots-là" et de nous rappeler qu'ils sont "forts" et pas à dire n'importe quand. C'est tout. Je ne pense pas qu'il faille prendre cette chanson comme "la chanson qui est vraie et qui dit "tout" sur ces trois mots". Elle exprime un côté des choses uniquement. L'autre côté appartient à la magie, il est impossible, je pense, à mettre en chanson pour être réellement compris... D'ailleurs, JJ lui-même, a dit dans une de ses interviews (sorry, j'ai pas la référence sous les yeux) que si ces trois mots-là étaient dits avec sincérité, là, ils étaient très beaux et très doux à entendre. Il ne se voile donc pas la face. Je dirais qu'il a fait "le sale boulot" en disant "faites gaffe" quitte à se recevoir des critiques aiguisées à ce sujet.

JJ aura eu le mérite de nous faire réfléchir à ça. Maintenant qu'on est "avertis", on a réfléchi à ce que ces trois mots induisent s'ils ne sont pas dits sincèrement. Alors on fera plus attention si ce n'était pas déjà le cas...

C'est à vous de voir si vous pensez comme moi ou non (si vous avez réussi à suivre mes pensées "brouillons" ! :-) ). En tout cas, j'arrive à écouter "Sache que je" maintenant en me disant que ce n'est pas un "premier degré". Même si je me plante peut-être... ;-)

Géraldine Gauthier
Là-Bas, 22 octobre 1997



Je suis tout à fait d'accord avec tout ce que tu as dit, Jean-Jacques nous amène à réfléchir sur des sujets où tellement de gens sont persuadés qu'il n'y a rien à dire.

Les "bien sûr que j'aurais été résistant" de "Né en 17" et là, les "je t'aime". Je pense que ces trois mots ont une valeur presque sacrée, qu'on ne doit surtout pas les lâcher à tout bout de champ.

Je me rappelle une interview où Jean-Jacques expliquait qu'il n'aimait pas dire "je t'aime", parce que ça n'était pour lui que "je t'aime maintenant". Et ça n'avait pas toujours la valeur qu'on veut lui accorder. Bref, il y a des gens qui disent ça, presque comme une banalité. Il a repris son idée dans une chanson maintenant.

Sur la chanson, il y a deux choses que je veux dire. Je suis d'accord avec lui sur le fait qu'il peut y avoir des tas de choses fausses dans "je t'aime", notamment le "m'aimes-tu toi ?". Je pensais au début qu'il aurait dû garder un paragraphe pour parler des vrais "je t'aime", ceux qui parlent de l'âme mais ce n'est pas nécessaire en fait. J'avais oublié le principal. "Sache que je" est une chanson d'amour, une belle, et ces trois mots "Sache que .... je" sont ceux qu'il emploie pour parler de son amour.

Il y a en fait une opposition fondamentale entre le refrain et les paroles de la chanson qu'il ne faut pas oublier.

Juste un dernier mot. "Je t'aime" est pour moi un "je t'aime maintenant" mais peut-on dire "et à jamais" ? La foi en l'amour éternel, c'est peut-être ce qui mène au mariage, mais je n'ai pas encore rencontré ma moitié, et ces mots gardent le caractère du présent. On change tellement, tellement vite, qui peut dire que notre amour durera toujours ?

Philippe Frémy
Là-Bas, 23 octobre 1997



Allez, je me lance aussi sur "Sache que je", après les aveux de Géraldine. Et en fait, ça sera pas trop long car je suis tout à fait (presque) d'accord avec Géraldine ! :-)

Je ne pense pas que JJ n'ait jamais dit "je t'aime". Pour moi, il ne le dit pas dans "Sache que... je" parce que (cf. "Tours et Détours") son sentiment ne "restera" sans doute pas toujours, alors que la chanson, elle, restera. Il n'a pas envie qu'il y ait un "je t'aime" dans une de ses chansons qu'il n'éprouve pas (ou plus). Cela ne veut pas dire qu'il ne dit pas "je t'aime" à la personne concernée.
Géraldine Gauthier a crit :

Cette impression de "question dans 'je t'aime'" n'est valide, à mon avis, que si on n'est pas entièrement sincère quand on le dit (c'est-à-dire quand on n'exprime pas un sentiment que l'on ressent mais quand on veut essayer de "prouver" quelque chose du genre "Tu vois, moi je t'aime. Et toi ? Tu m'aimes aussi ? T'en es capable aussi ?"). Ou alors, si quand on l'entend on ressent cette demande de "réponse identique", c'est parce que, soi-même, on n'est pas à l'aise. On ne ressent pas les mêmes sentiments et on culpabilise en quelque sorte... Alors on se dit "Mince, je ne vais pas lui dire aussi. Je peux pas. Ça ne serait pas vrai." Certain(e)s se "forcent" à le sortir aussi en "réponse" parce qu'ils se disent "ça y ressemble, c'est proche". Je ne jette la pierre à personne, mais je crois pas que ce soit une "solution".
Je ne le vois pas comme ça. Il y a des moments où on a plus besoin d'amour qu'à d'autres. Il y a des moments où on a besoin de l'entendre. Ça ne veut pas dire qu'on n'est pas sûr du sentiment que l'autre éprouve pour soi. Et là on dit "je t'aime", en espérant un retour, qu'on n'aura peut-être pas, pas parce que l'autre ne nous aime pas, mais parce qu'il... comment dire... parce qu'il ne le "sent" pas. C'est vrai que notre "je t'aime" n'aura peut-être pas été très fort, très sincère.

Mais de toutes façons, dans une relation où les deux personnes s'aiment, il y a forcément des "je t'aime" plus ou moins forts, selon la situation.

Tout ça pour vous dire que j'aime beaucoup cette chanson, même si je ne l'écoute plus beaucoup (overdose radio :-) ), et je la trouve très mature justement (désolé Yvonne :-) ).

Olivier Barthès
Là-Bas, 23 octobre 1997



Philippe Frémy a crit :

Je pense que ces trois mots ont une valeur presque sacrée, qu'on ne doit surtout pas les lâcher à tout bout de champ.
Arrêtez de vous prendre la tête avec le sacré et l'absolu. L'acte parfait est parfaitement insupportable, destructeur et contraire au principe même de la vie.

Dites je t'aime, si vous pensez aimer... N'attendez pas... S'il n'y a pas de "je t'aime" en retour, allez voir au fond de vous-même la qualité de votre sentiment... Forcez le destin... La personne que vous avez en face de vous n'est pas un absolu. Aux âges que vous avez, rien n'est définitif, tout peut changer, tout reste à découvrir. Et surtout soyez capable de mourir, à chaque instant, de ce que vous étiez précédemment.
Il y a mourir dans Je t'aime
(Sache que je)
Eh oui !! Mais c'est justement le chemin de la vie, de l'amour qui vit, qui féconde la personne. Si vous êtes incapables de mourir à ce que vous étiez, vous serez tout autant incapables d'être libres, auteurs de vos propres vies.
Philippe Frémy a crit :

Il peut y avoir des tas de choses fausses dans "je t'aime", notamment le "m'aimes-tu toi ?".
Bien sûr qu'il y a "m'aimes-tu toi" dans je t'aime. Celui qui dit, je m'accomplis tout seul, est un pauvre ignorant et a perdu d'avance. Aucune chance, pas le moindre petit bout d'espoir d'y arriver tout seul, rien... nada... Quand on dit "je t'aime", ce n'est pas la fin du monde, c'est le début d'un monde pour lequel il faut se battre avec et contre soi, avec et contre l'autre.

En hébreu le mot amour s'écrit AHBH et peut se lire comme : l'éternelle évolution de deux vies dans un seul contenant. Le A est le symbole de la discontinuité, de ce qui change perpétuellement, c'est le principe vie-mort-vie-mort. Le H est le symbole du souffle, du flux de la vie, c'est ce que nous appelons la vie. Le B est le symbole du contenant, de ce qui a des parois pour protéger. Le A est souvent associé à l'être masculin et le B à l'être féminin donc en hébreu le mot amour peut se lire aussi : une vie masculine à côté d'une vie féminine (ce qui explique la mauvaise traduction : la femme tirée de la côte d'Adam, non c'est la féminité qui se révèle à côté d'Adam).
Philippe Frémy a crit :

Juste un dernier mot. "Je t'aime" est pour moi un "je t'aime maintenant" mais peut-on dire "et à jamais" ? La foi en l'amour éternel, c'est peut-être ce qui mène au mariage, mais je n'ai pas encore rencontré ma moitié, et ces mots gardent le caractère du présent. On change tellement, tellement vite, qui peut dire que notre amour durera toujours ?
Toi et ton autre toi, seuls, doivent le dire et le vivre. Ne cherche surtout pas l'absolu, car c'est la mort, cherche la vie, découvre-toi devant la femme de ta vie, choisis-la telle qu'elle se découvre à toi aussi, que vous construisiez une vie qui vous appartienne, dont vous soyez les auteurs. Cette vie est à créer, elle n'a pas de modèle, elle vous appartient en propre... Le toujours est dans le maintenant...

Jean-Claude Levy
Là-Bas, 23 octobre 1997



J'aimerais réagir sur le propos de Géraldine concernant la chanson "Sache que je".

Tout d'abord, bravo, car ses pensées sont très bien fondées.

A la première écoute de cette chanson, j'avais pensé que JJG s'excusait auprès de sa femme car pour lui les trois mots en question avaient une signification autre que celle exprimée par les autres gens. Dans l'interview qui est sur la cassette vidéo de la tournée du "New Morning au Zénith", JJG explique que pour lui, lorsque l'on dit "je t'aime" à une personne, on attend une réponse en retour (par exemple : moi aussi... ). C'est vrai que lorsque l'on le dit à la personne que l'on aime, on aime bien qu'elle nous réponde (attention ceci est un sentiment dégoïsme).

Après de multiples écoutes, j'ai remarqué que ce n'était plus les mots qu'il incrimine mais la façon de le dire, ou les gens qui le disent ; ceci est beaucoup plus en effet comme Géraldine l'écrit, il met en garde les ados (ou les autres personnes) qui le disent à tort et à travers, par exemple, pour amener l'autre personne "dans son lit". Je pense que cette question est beaucoup plus grave car elle en amène une autre qui fait un peu peur : "Est-ce que l'amour existe vraiment ???" (je pense que oui, sinon je ne sais pas ce que je vis).

A part ça, cette chanson est très expressive, la musique très profonde de par son mélange de couleur violons (type musique orientale) et percussion (type musique afro-américaine) que par la voix "grave" de JJG.

Sébastien Ferrand
Là-Bas, 24 octobre 1997



Jean-Claude Lévy a crit :

Arrêtez de vous prendre la tête avec le sacré et l'absolu. L'acte parfait est parfaitement insupportable, destructeur et contraire au principe même de la vie.
Encore une fois, merci Jean-Claude de savoir mettre en mots autant de vérités et de sagesse. Chacune des idées exprimées dans ce message mériterait d'être discutée en long et en large. Mais j'ai bien peur que, pour beaucoup de gens, ces vérités ne peuvent être apprises qu'à travers le vécu. J'ai pour ma part l'impression d'avoir une conversation avec des personnes qui regardent de gauche à droite, alors que je regarde de droite à gauche. J'interprète ce texte avec des yeux qui ont l'âge de ceux de Goldman, pas des yeux qui n'ont pas encore de rides autour d'eux.

La vision de JJG sur l'amour ne semble pas lui avoir réussi. Mais si vous insistez que cette chanson signifie qu'on ne dit pas "je t'aime" à tort et à travers, ben tant mieux ! Il vaut mieux que vous l'interprétiez comme ça que comme une justification à l'infidélité et à l'égoïsme. Au moins, vous tournez un négatif en un positif.

Yvonne Williams
Là-Bas, 25 octobre 1997



Ce week-end, je n'étais pas chez moi, et en revenant, j'ai encore trouvé dans mes mails des sujets sur "Sache que je". Prenant ma "plume", je me suis décidé à donner mon point de vue.

Bon, alors commençons par le début de la chanson et réalisons une analyse au premier degré du texte. Là c'est clair, le texte est "explicite", JJG se prononce contre un "amour-habitude" : "Il y a je ne vois plus que toi"... Il se prononce également contre l'expression "je t'aime", symbole à son avis de cet "amour-habitude" avec un déni de sentiments...

Poussons maintenant l'analyse un petit peu plus loin, voyons ce qui est écrit entre les lignes. JJG paraît avoir été la victime de cet amour devenu une habitude, sa chanson serait un témoignage. Ce qui me fait dire ça, c'est le sentiment de vécu, ce réalisme qui se dégage de ce texte. Aussi, c'est la photo dans le livret qui m'a éclairée : on y voit un homme seul regardant une salle de concert située de l'autre côté de la rue.

Troublant...

Pour mieux comprendre le point de vue de JJG et donner un autre éclairage sur ce thème, j'ai écrit une citation tirée d'un ouvrage d'André Gide : "La symphonie pastorale". Pour moi, cet ouvrage éclaire ce thème de l'amour... Je ferais également un rapprochement avec "Sache que je".
André Gide, "La symphonie pastorale" a crit :

Tes sentiments, dis-tu, n'ont rien de répréhensibles ; moi je les dis coupables car ils sont prématurés
J'ai mis cette citation, car elle parle de l'amour naissant, celui qui se rapproche plus de la passion qu'autre chose. Cet amour est celui qui peut se dire "prématuré" (là je copie Gide), celui où l'on ne sait pas encore si c'est de l'Amour (le "A" majuscule est volontaire) pour la personne ou de l'amour-tendresse (autrement dit, une très grande amitié). En effet la passion est un des états les plus ambigus puisque l'on ne peut dire quel sentiment on éprouve réellement pour la personne. Ce sentiment se révélera plus tard et c'est justement là qu'on se rend compte de la vérité !! Et parfois, après beaucoup de temps passé ensemble, il se crée des liens que l'on ne peut qualifier d'amour, mais desquels on peut dire qu'ils imposent un certain respect mutuel qui "oblige" (là je ne trouve pas le mot juste) à ne pas se séparer. JJG pense que ce sont ces personnes qui disent "Est-ce que tu m'aimes ?", sorte de manière de transformer cette "amitié" en un semblant d'amour.

Bien entendu, tous ces commentaires, c'est mon avis, qui n'est pas définitif, je l'ai juste donné pour apporter un éclairage supplémentaire sur ce débat autour de l'amour, sur toutes ces questions que JJG nous fait nous poser, sur, finalement, notre propre conception de la relation sentimentale du couple.

Guillaume Lebert
Là-Bas, 2 novembre 1997



 

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