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Alès - 27 juillet 2001

Récit par Jean-Marie Damas :

Souvenir d'un choriste après la journée de répétition d'"Ensemble" du vendredi 27 juillet 2001.

C'est comme si ton maître d'école était arrivé un matin en classe en peignoir, la serviette de toilette autour du cou, du savon à barbe résiduel dans les trous de nez… Notre maître en chanson est apparu là, penaud, sans tambour ni trompette au plus petit coin de la scène, en short et tee-shirt noir, en tennis, la casquette à la main… comme un ange noir, d'autant moins déchu qu'il révélait ainsi, sans démagogie, son humanité : comment être autrement accoutré, en vacances, à Alès, dans la fournaise du cratère-théâtre où allait avoir lieu l'événement ? Deux mots pour dire qu'il se retirait en haut de la salle, près de la régie, avec ses "petits camarades" placés sous la férule d'Erick Benzi… pour que nous incarnions cet "Ensemble" qui l'avait inspiré il y a un an.

Premier moment de surprise passé, sans pouvoir rien faire, sans arme photographique, puis l'honneur d'écouter "Ensemble" ensemble… première audition d'un futur chef d'œuvre qui s'acheva sous une éruption d'applaudissements, nous les 420 debout saluant l'artiste blotti dans son fauteuil de spectateur.

Dans la chanson, il est question d'un mur géant que nous avons d'autant mieux franchi que nous étions ensemble… renvoi au souvenir du stade Pibarot le 4 août 2000 ou (et) métaphore à la J.J.G à la limite de la philosophie et de la poésie ?

Puis a commencé le travail technique : un par un les six pupitres se succédèrent sur la scène pour répéter leur contribution au final de la chanson, un canon à quatre voix, celles de Jean-Jacques, Michael Jones, Gérald de Palmas et Maxime Le Forestier.

Occasion pour nous de renouer avec une des coqueluches chefs de chœur des Fous chantants : Jacky Locks, le maître de cérémonie, en contact permanent avec les créateurs - Jean-Jacques et Benzi - via un écouteur rocambolesque, mi démiurge loufoque, mi dieu de la musique chorale.

Et ainsi, de répétitions en répétitions, chaque pupitre affine sa partition : s'il est une discipline que sert plus particulièrement le travail de répétition, c'est bien le chant choral… et, ce qui paraît le plus souvent fastidieux au professionnel prenait pour nous ce jour-là une extraordinaire dimension épique : être associé à la création d'une chanson, d'une chanson de Goldman, en plus… Et nous ne sentions plus la chaleur envahir nos visages où dégoulinait la sueur… inlassablement, docilement, nous accomplissions notre travail fourni fait d'aller-retour entre notre fauteuil et la scène pour enregistrer, seuls, à deux pupitres, à l'ensemble, puis encore par pupitre, durant des heures et des heures… nos chœurs mêlés au canon à quatre voix de la chanson… Et à la faveur des déplacements de pupitres, voir nos confrères repartir vers le hauts de la salle à l'assaut de ce petit homme lové dans son fauteuil et qui ne demandait rien à personne… et derrière leur cage en verre, comme dans un aquarium, les techniciens aux manettes, devant des centaines d'écrans, voyants, boutons, compteurs, le casque sur la tête, en liaison directe avec le maître des chœurs - le fameux Jacky - qui lui aussi portait le casque, mais quel casque ! une machinerie hérissée de fils qu'il s'acharnait à entortiller pour l'un de ces numéros d'humour dont il a le secret : c'est Charlot dans Les temps modernes qui manque d'être broyé par une machine du siècle.

Et puis, de guerre lasse, ou alors parce que le produit fini avait atteint la perfection, ou parce que Jean-Jacques, dans l'aquarium, assis à même le sol n'avait plus rien à lire dans Le Midi libre du jour… cela s'est arrêté.

Congratulations Jacky, Jean-Jacques…

La presse presse notre star de sacrifier à la photo de famille sur la scène.

Paroles de remerciements, applaudissements, cohues de choristes photographes et chasseurs d'autographe… jusqu'au moment où pour calmer le jeu, Goldman reprend le micro : "On compte jusqu'à 10 pour la photo et on se casse !"

Ce qui fut fait ! Mais quant à se casser ? ! Il descend de scène poursuivi par la nuée du jour… il signe tout ce qu'on lui tend à signer sous les éclairs des flashs… quelques mots par-ci par-là tout en se frayant un chemin vers l'aquarium refuge.

Enfin, les choristes satisfaits désertent le théâtre, fuient le "cratère" où tout le jour a bouillonné l'incandescence d'"Ensemble"… Ne restent que quelques allumés qui ne redoutent plus la lumière de la vedette… et peu à peu, on le sent plus près ; des dialogues s'amorcent d'abord décousus, puis d plus en plus vrais : il est question du site Internet, du prochain album, de la prochaine tournée : on a le sentiment d'être associé à quelques secrets - mais on se doute que Jean-Jacques ne révélera rien de ce qui ne doit pas être public !

Et cette diatribe à l'encontre des "cons" qui ont fait courir le bruit qu'il arrêterait après cet album : "je n'en sais rien moi-même"…

Le ton est sincère, ironique, amusé, direct…

Si Jean-Jacques a pu accepter cette incursion dans son pré carré, c'est qu'il s'est senti redevable envers nous de cette journée de travail que nous lui avons consacrée à 420…

Jusqu'à ce que nous nous décidions à quitter les lieux, avec des images plein nos boîtes… et parce qu'il y aurait tant de choses à lui dire, en échange de ce qu'il nous dit depuis presque 20 ans dans ses chansons.

Mais justement, outre que nous ne sommes pas vraiment du même monde, nous n'avons pas le même langage : "Reviens-moi, de tes voyages reviens-moi… j'ai besoin de nos chemins qui se croisent… ensemble, Ensemble".

Et il nous avait donné rendez-vous à samedi, "ceux qui étaient là apprendront aux autres".

Vu le travail important pour l'ensemble du spectacle, ce fut deux ou trois moments de répétitions avant le samedi attendu.

Alors que nous apprenions l'absence de Gilbert Bécaud, hospitalisé, Jean-Jacques s'approchait de la scène entouré d'une nuée de journalistes suréquipés.

Une demi-heure pour mettre au point l'orchestration de l'introduction à "Ensemble"avec les musiciens et Jean-Jacques apparut : guitare, tenue d'été comme au cratère.

A ses côtés, Michael Jones.

Conversations entre chefs de chœur, d'orchestre, compositeur, arrangeurs, techniciens… et nous, perchés dans nos gradins tentant d'y voir quelque chose à cet enchevêtrement de techniques survolé d'un mât télescopique, terminé par une mécanique chercheuse. On voyait bien qu'il se passait quelques chose d'important… "la pêche au gros"insinuaient certains choristes délicats… en suspectant l'extraordinaire caméra de TF1.
Et puis ce fut la vraie première… la première fois que Jean-Jacques chantait en public cette chanson maintenant déjà fétiche pour nous. Salve d'applaudissements : les invités, gagnants des concours radiophoniques organisés pour l'événement n'étaient pas déçus de leur voyage… ils avaient pris place aux premiers rangs de l'"orchestre"sur la pelouse et, appareils photo et caméras autour du cou, ils avaient supportés les répétitions du chœur avant l'arrivée de leur star, de la nôtre.

Jean-Jacques, casquette enfoncée dur les yeux, la tête tournée vers l'aquarium de campagne au fond du stade où régnait Erick Benzi lui-même, fit retentir cette voix sublime où les nuances se mêlaient à la sensibilité et à la poésie. Jones, Damien et Cyril lui donnaient la réplique dans ce canon déjà familier : "Je ne me souviens que d'un mur immense et nous l'avons franchi ensemble".

Trois fois nous avons remis notre ouvrage sur l'établi… et les fans s'enhardissaient à approcher leurs objectifs de Jean-Jacques : la copine en premier plan, sous la scène, avec le chanteur au-dessus. Et enfin, l'équilibre était trouvé entre les solistes, le chœurs, la musique et la bande-son préenregistrée… Benzi accepta la prestation, le ton avait été trouvé… toujours entravé par de dizaines d'objectifs, il nous a remerciés et encouragés pour le soir, avant de disparaître dans le trou noir sous les gradins.

Les boîtes à souvenir étaient pleines à nouveau.

Le concert. Le présentateur arrive. Il l'avait promis l'an dernier : "Un jour j'écrirai une chanson qui s'appellera Ensemble, vous saurez exactement où et comment elle est née". Il a tenu sa promesse. "Mesdames, messieurs, voici Monsieur Jean-Jacques Goldman !"

Le stade exulte. Nous, mille, en noir de pied en cap, avec notre écharpe jaune, à pleins poumons : "Ensemble ! Ensemble !"

A la fin : tonnerres d'applaudissements. Une autre ! Une autre !

Non ! Mission accomplie, Jean-Jacques disparaît pour nous laisser à notre ouvrage. Rendre hommage à Gilbert Bécaud cet autre grand monsieur de ma chanson absent, malheureux, soumis aux affres de la vie.

Notre prestation fut un succès… Dans Le Midi libre du dimanche, nous apprenions que l'histoire d' "Ensemble" à Alès donnerait lieu à un reportage sur TF1 le soir, ce qui fut fait. Nous y étions parmi des milliers ! Vite ! Jean-Jacques, ce CD que nous attendons et ton prochain Zénith.

Jean-Marie DAMAS

07 août 2001
Tous droits réservés


"Un jour j'écrirai une chanson qui s'appellera simplement "Ensemble", ça j'en suis sûr, et vous saurez précisément quand et où elle est née" avait annoncé Jean-Jacques Goldman à l'issue du spectacle de la Semaine Chantante d'Alès le 04 août 2000.

On pouvait bien se douter qu'il allait tenir parole, mais dans ces conditions là… Moi qui le suis depuis 20 ans, aurai-je pu un instant imaginer qu'un jour je ferai partie des chœurs d'une chanson de Jean-Jacques Goldman ? Même si j'y repense très souvent, je crois que je n'arrive pas encore à réaliser la chance que j'ai eue d'y participer. Cela restera à tout jamais gravé dans mes souvenirs les plus merveilleux…

"Chose promise, chose due" dit-on, Jean-Jacques a donc écrit la chanson "Ensemble". Elle figurera dans son prochain album et 'cerise sur le gâteau', afin de remercier encore un peu plus les organisateurs de la Semaine Chantante d'Alès, rebaptisée "Les Fous Chantants d'Alès en Cévennes", ainsi que les mille choristes qui lui ont rendu hommage l'année précédente, il leur a proposé d'enregistrer les chœurs de la fin de la chanson.

J'ai donc pu faire partie des 450 choristes qui ont enregistré le vendredi 27 juillet au Théâtre du Cratère à Alès les chœurs de la future chanson de Goldman et je dois dire que cela a été une formidable expérience…

Vendredi 27 juillet, Théâtre du Cratère. Enregistrement de 'Ensemble'.
Après s'être inscrits, de bon matin, à notre arrivée à Alès, auprès des organisateurs des 'Fous Chantants' nous nous sommes dirigés vers le Théâtre d'Alès. Nous sommes entrés par l'entrée des artistes et nous sommes donc arrivés dans le théâtre par l'arrière de la scène. J'étais un peu inquiet, allais-je être à la hauteur, comment cela allait-il se passer ?

Arrivé sur le plateau, j'ai eu la surprise d'entendre la voix de Jean-Jacques… Il ne devait nous rejoindre que dans l'après-midi… Mais non, c'était la chanson qui était diffusée sur scène. Dès les premières notes, elle a fait mouche dans ma tête… (comme tous les autres choristes, j'avais reçu la partition des chœurs de la chanson écrits par Erick Benzi avec la partie de notre pupitre chantée sur un CD d'apprentissage mais nous ne connaissions ni les paroles ni l'air de la chanson) une bonne surprise en avant première.

Nous nous sommes installés dans le théâtre en attendant le début de la répétition.

Tout à coup, quelle ne fut pas ma deuxième surprise, celle de voir arriver Jean-Jacques : short, t-shirt, casquette. Après un petit bonjour bien amical, il nous a souhaité bon courage et est monté vers la régie du théâtre. Comme je l'ai dit, il ne devait venir nous voir que l'après-midi mais quand il a su que les répétitions commençaient le matin, il a tenu à y assister aussi dès le matin… Savez-vous qu'il est arrivé en vélo… tout simplement.

Erick Benzi était déjà dans la régie du théâtre pour superviser l'enregistrement.

Nous sommes montés sur scène, pupitre par pupitre, afin de régler les micros, de positionner les choristes sur scène et de répéter les chœurs avec le chef de chœur Jacky Locks.

La matinée s'est vue ponctuée par quelques interventions d'Erick Benzi ou de Jean-Jacques pour changer une prononciation ou un rythme.

Nous sommes ensuite tous montés sur scène pour refaire les chœurs afin de bien intégrer l'ensemble avant de nous quitter pour le déjeuner, la reprise étant fixée à 15h00.

Nous sommes retournés au Fort Vauban pour prendre notre repas. En remontant les escaliers pour sortir du théâtre j'ai croisé Michael Jones auquel j'ai dit simplement bonjour, par surprise de le trouver là. Jean-Jacques Goldman, Michael Jones et Erick Benzi sont venus manger au Fort en compagnie des chefs de chœur de la semaine.
La reprise s'est faite dans la chaleur de plus en plus étouffante du théâtre. Nous devions enregistrer les chœurs tous ensembles, puis pupitre par pupitre. Jean-Jacques est resté durant tous les enregistrements dans la régie blaguant avec Jacky Locks entre chaque prise. "L'homme est l'avenir de la femme" a-t-il déclaré après que les femmes aient interprété superbement leur partie. On a pu aussi le voir faire de grands signes à travers la vitre pour montrer que c'était bien et même faire une ola avec les techniciens.

Au retour de chaque pupitre dans la salle, les choristes partaient à l'assaut de Jean-Jacques assis à côté de la régie pour lui faire signer des autographes et prendre des photos.

A l'issue des enregistrements individuels nous avons tous repris les chœurs. Jean-Jacques s'est rapproché de la scène pour nous écouter, assis sur les marches dans l'allée du théâtre, puis est monté sur scène. Il nous a déclarés "On ne peut pas dire que j'aie été étonné… J'avais écouté un peu l'année dernière, et cela a été tout à fait au niveau de mes espérances… Et maintenant faut faire plus… De toute façon moi, plus j'en fais, plus j'e eux en faire ! ". Il nous a à nouveau remerciés : réconfortant les 'basses' auxquels on avait fait reprendre plusieurs fois leur partie lors de l'enregistrement par pupitre en leur disant que c'était la voix la plus difficile et félicitant les femmes d'être toujours aussi bonnes (il a seulement oublié les ténors dont je fais partie…). Il a ensuite remercié tout particulièrement notre chef de chœur Jacky Locks, nous racontant une conversation de la veille qu'il avait eue avec lui, concernant le sport qu'avait pu pratiquer Jacky auparavant, qu'il en avait douté un moment (rires…) mais qu'en l'ayant regardé faire toute la journée il n'en doutait plus. Il a ensuite ajouté "Par contre, je voudrais revenir sur une petite chose, on ne peut pas l'entendre (la chanson)… mais j'espère de tout cœur qu'on pourra l'entendre convenablement en tout cas le 04 au soir. Je sais qu'on sera le double. J'ai confiance. Le 04, il y aura une personne parmi vous qui portera le groupe ! "

Il a alors demandé aux photographes de bien vouloir prendre une photo du groupe avec lui pour immortaliser l'instant. Au bout d'un moment, ceux-ci ne prenant que des photos en gros plan, Jacky Locks a pris la parole pour leur expliquer qu'ils avaient pris assez de photos de près et qu'il serait bien qu'ils en fassent de l'ensemble et ne voyant rien venir, Jean-Jacques a dit en se retournant vers nous : "Bon, on compte jusqu'à 10, on fait un grand sourire et on se casse…", ce qu'on a mis à exécution.

Pendant que les choristes quittaient peu à peu le théâtre, certains sont restés pour faire signer des dédicaces à Jean-Jacques, le remercier, lui parler un peu… Il a annoncé à un choriste qui lui posait la question que son album sortirait en novembre et qu'un premier titre sortirait en octobre mais qu'il n'était pas certain que ce soit "Ensemble". Il a fait preuve d'une patience exemplaire durant la journée, mais cela fait partie de sa vie et il consacre volontiers du temps à ses fans pour leur signer des autographes. "Merci Bruno" a été la dédicace de la partition d'un choriste qui l'avait remercié de nous avoir permis d'enregistrer cette chanson…

Jean-Jacques est revenu le lendemain à Alès pour assister au concert de Gérald De Palmas, incognito, dans la foule.

Yves Paille

28 septembre 2001

Tous droits réservés

Jean-Jacques signant des autographes aux choristes des "Fous chantants".
Jean-Jacques et Michael félicitant les choristes pendant les répétitions.
Jean-Jacques signant un autographe à Yves Paille (auteur du récit ci-dessus).

Suite du récit le 4 août 2001.

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