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Puisque tu pars

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Auteur : Jean-Jacques Goldman
Compositeur : Jean-Jacques Goldman
Editée par : J.R.G. / N.E.F. Marc Lumbroso

Version originale
Année : 1987
Interprétée par : Jean-Jacques Goldman
Distribuée par : C.B.S.

 

Reprises O trouver ce titre Retour au menu

Année Interprète Support Référence Pochette
1987 Jean-Jacques Goldman 2 LP Entre gris clair et gris foncé ; EPC 460 404 1987_album_egcegf_300.jpg non disponible.
1987 Jean-Jacques Goldman 2 LP Entre gris clair et gris foncé (Canada) GFC 90 763
1987 Jean-Jacques Goldman 2 K7 Entre gris clair et gris foncé ; EPC 460 404-4 1987_album_egcegf_300.jpg non disponible.
1987 Jean-Jacques Goldman CD Entre gris clair et gris foncé ; EPC 460 404-2 1987_album_egcegf_300.jpg non disponible.
1987 Jean-Jacques Goldman CD Entre gris clair et gris foncé (Canada) CGK 907 63
1988 Jean-Jacques Goldman 45 T EPC 651 697-7
1988 Jean-Jacques Goldman 45 T (deuxième pochette) EPC 651 697-7
1988 Jean-Jacques Goldman 45 T (Canada) 15-3074 non disponible.
1988 Jean-Jacques Goldman Maxi 45 T EPC 651 697-6 non disponible.
1988 Jean-Jacques Goldman CD 3 titres EPC 651 697-3
1988 Jean-Jacques Goldman CD 2 titres (Japon) 10-8P-3084 non disponible.
1989 Jean-Jacques Goldman CD Entre gris clair et gris foncé (Japon) 25-8P-5280
1989 Jean-Jacques Goldman CD hors commerce Entre gris clair et gris foncé (Japon) 647275
1989 Jean-Jacques Goldman CD promo 2 titres (Japon) Epic QY-SP-90047
1989 Jean-Jacques Goldman 2 LP Traces EPC 463 426-1
1989 Jean-Jacques Goldman K7 Traces EPC 463 426-4
1989 Jean-Jacques Goldman 2 CD Traces EPC 463 426-2
1991 Jean-Jacques Goldman Intégrale CD5 COL 469 217-2
1991 Jean-Jacques Goldman Intégrale CD6 COL 469 217-2
1995 Fredericks - Goldman - Jones 2 K7 Du New Morning au Zénith COL 480 308-4
1995 Fredericks - Goldman - Jones 2 CD Du New Morning au Zénith COL 480 308-2
1996 Jean-Jacques Goldman 2 K7 Singulier COL 485 080-4
1996 Jean-Jacques Goldman 2 CD Singulier COL 485 008-2
1998 Jean-Jacques Goldman 2 CD Quand la musique est bonne / Entre gris clair et gris foncé ; COL 492 848 2 1998_coffret_deux_albums_300.jpg non disponible.
2000 Fredericks - Goldman - Jones 8 CD Intégrale 1990-2000 CD4 COL 498 836-2
2000 Jean-Jacques Goldman 2 CD Entre gris clair et gris foncé ; EPC 460 404-9 1987_album_egcegf_300.jpg non disponible.
2003 Jean-Jacques Goldman et les Fous Chantants DVD Solidarités Inondations DVD SMV 201 952-9
2003 Jean-Jacques Goldman K7 Un tour ensemble COL 510 500-4
2003 Jean-Jacques Goldman CD Un tour ensemble COL 510 500-2


Adaptations trangres Reprises Retour au menu

Année Interprète Support Référence Pochette
1990 Jean-Félix Lalanne livre de partitions + K7 HD002
1996 Michel Leclerc (piano) CD Recueil Spécial Piano n° 1 CD Hit Diffusion HD/CD 05
2000 les Fous Chantants CD 1 000 choristes rendent hommage à Jean-Jacques Goldman 05082000
2002 Collège de l'Estérel CD Jusqu'au bout de nos rêves... -
2011 Lââm CD Au coeur des hommes Heben Music/Warner 83451226220

Je connais une reprise qui ne figure pas ici !

Paroles Adaptations trangres Retour au menu

Année Titre Langue Interprète Auteur de l'adaptation Pochette
1997 Let's talk about love anglais Céline Dion Bryan Adams / Elliott Kennedy
1999 Let's talk about love anglais Bryan Adams Bryan Adams / Elliott Kennedy
2003 Jà que te vais portugais Tony Carreira Tony Carreira

Je connais une adaptation qui ne figure pas ici !

Paroles Liens sponsoriss Retour au menu

Les chansons sont souvent plus belles... Paroles Retour au menu

Puisque l'ombre gagne
Puisqu'il n'est pas de montagne
Au-delà des vents, plus haute que les marches de l'oubli
Puisqu'il faut apprendre
A défaut de le comprendre
A rêver nos désirs et vivre des ainsi-soit-il
Et puisque tu penses
Comme une intime évidence
Que parfois même tout donner n'est pas forcément suffire
Puisque c'est ailleurs
Qu'ira mieux battre ton coeur
Et puisque nous t'aimons trop pour te retenir
Puisque tu pars

Que les vents te mènent où d'autres âmes plus belles
Sauront t'aimer mieux que nous puisque l'on ne peut t'aimer plus
Que la vie t'apprenne
Mais que tu restes le même
Si tu te trahissais, nous t'aurions tout à fait perdu
Garde cette chance
Que nous t'envions en silence
Cette force de penser que le plus beau reste à venir
Et loin de nos villes
Comme octobre l'est d'avril
Sache qu'ici reste de toi comme une empreinte indélébile

Sans drame, sans larmes
Pauvres et dérisoires armes
Parce qu'il est des douleurs qui ne pleurent qu'à l'intérieur
Puisque ta maison, aujourd'hui, c'est l'horizon
Dans ton exil, essaie d'apprendre à revenir
Mais pas trop tard

Dans ton histoire, garde en mémoire
Notre au revoir, puisque tu pars

J'aurais pu fermer, oublier toutes ces portes
Tout quitter sur un simple geste, mais tu ne l'as pas fait
J'aurais pu donner tant d'amour et tant de force
Mais tout ce que je pouvais, ça n'était pas encore assez
Pas assez, pas assez, pas assez...

Les chansons appartiennent  ceux qui les coutent Les chansons sont souvent plus belles... Retour au menu

Graffiti : "Puisque tu pars", un titre plus grave ?

Jean-Jacques Goldman : Pas vraiment, c'est une chanson sur le départ, sur la séparation et sur tout ce que cela implique. Moi, je trouve qu'elle se rapproche au niveau du texte de "Confidentiel".

Graffiti : Les souvenirs ne meurent pas et on ne coupe jamais complètement le cordon avec les êtres qu'on a aimés ?

Jean-Jacques Goldman : Je crois qu'à partir du moment où l'on s'est rencontrés, il reste obligatoirement des choses.

Graffiti, 1987


Jean-Jacques Goldman : Les gens se posent la question si elle s'adresse à quelqu'un en particulier, si elle parle de la mort, si... enfin 'les gens', certaines personnes. En fait, c'est une chanson... l'idée du thème m'est venue, à la fin des concerts, les gens chantaient. Ils chantaient : 'ce n'est qu'un au revoir...' je trouve cette chanson absolument épouvantablement laide et donc je me suis dit, il faudrait que je compose une chanson, plutôt que [Il chante] "ce n'est qu'un au revoir" [...] Et donc je me suis dit que j'allais faire une chanson sur le départ, mais pour montrer que le départ n'est pas forcément triste, mais qu'il y avait aussi des côtés positifs au fait de partir, le fait de se séparer.

C'est une chanson qui s'adresse peut-être à la mort comme un des aspects du départ, mais pas forcément, ça peut être aussi un enfant qui te quitte parce qu'il est adulte et tout ça. Même la mort, éventuellement, c'est aussi le départ vers... au moins un mystère, ou quelque chose d'autre. Donc, c'était simplement une chanson qui traite de ce phénomène du départ, de façon positive donc pas forcément triste, pas forcément comme un échec, quelle que soit cette séparation.

Europe 2, 28 février 1997


Christophe Nicolas : Allez, on va terminer ce week-end spécial Jean-Jacques Goldman avec "On ira". Toujours cette envie de partir qu'on retrouve dans plusieurs chansons de vous, Jean-Jacques. Un jour, vous allez le faire. Qu'est-ce qu'on va devenir, nous ? [rires].

Jean-Jacques Goldman : Je vous emmène. [rires]

Christophe Nicolas : Eh bah dis donc ! Là-bas, où tout est neuf, tout est sauvage. c'est vrai que "On ira" on la compare un peu à "Là-bas", hein ? Je suis pas le premier à le faire. Sauf que, là, vous ne partez pas tout seul, en fait. est-ce que c'est une sorte de suite ? Est-ce que c'est une petite cousine de "Là-bas" ? Dans le thème abordé.

Jean-Jacques Goldman : Je pense plus qu'une chanson sur la personne que j'emmène, c'est une apologie des routes. Le fait de dire que le plus important n'est pas la destination. C'était valable aussi dans "Puisque tu pars" ou, un peu partout. Enfin, sur pas mal de chansons c'est le fait de se dire que "peu importe d'où on vient et où on va". Même si on en garde des traces et la mémoire, mais le plus important c'est finalement la route pour aller d'un endroit à l'autre.

Christophe Nicolas : Je pensais à ce petit clin d'oeil à "Là-bas" parce que vous reprenez la phrase "Même si tout est joué d'avance". Evidemment, c'est volontaire. Mais il y a des phrases fétiches ou des mots fétiches, comme ça, qu'on retrouve dans certaines de vos chansons ?

Jean-Jacques Goldman : Certainement. J'ai pas fait une étude de texte très précise.

Christophe Nicolas : Là, c'est fait exprès ?

Jean-Jacques Goldman : Oui. C'est une référence à cette envie de partir. Et, puisque tout est joué d'avance, à forcer un peu le destin, quoi.

Week-end Jean-Jacques Goldman
Nostalgie, 26-27 septembre 1997


Carlos Sancho : Pour les solos, laisses-tu ton inspiration s'exprimer sur scène ou au contraire, choisis-tu la rigueur ?

Jean-Jacques Goldman : Pour certains titres comme "Nuit", je refais exactement le même solo, contrairement à ceux de "Puisque tu pars" ou de "Peur de rien blues", même si je ne me considère pas comme étant un improvisateur chevronné. Cela dit, d'un soir à l'autre les solos se ressemblent pas mal (rires).

Le retour au naturel
Guitarist n°96, novembre 1997


Géraldine Gauthier : Il y a un livre qui m'a marqué quand je l'ai lu, il n'y pas très longtemps, ça s'appelle "Le Prophète" de Kalhil Gibran.

Jean-Jacques Goldman : Oui, oui.

Géraldine Gauthier : Et en fait, le dernier chapitre me fait énormément penser à "Puisque tu pars"...

Jean-Jacques Goldman : Oui, oui, oui.

Géraldine Gauthier : C'est un fait exprès ? C'est pas une coïncidence ?

Jean-Jacques Goldman : Oui, oui, il y a beaucoup de choses du "Prophète" qui reviennent dans des phrases. En particulier sur sa conception de l'amour, en particulier sur l'histoire du...

Géraldine Gauthier : Les piliers d'un temple ?

Jean-Jacques Goldman : Voilà. Les piliers d'un temple qui doivent être suffisamment écartés pour que le toit tienne. Il y a d'autres choses que je ne trouve pas... ou je ne suis pas d'accord avec, mais... Et puis le fait de cet homme qui est venu, comme ça, et qui est questionné au port, je trouve ça vraiment... Je trouve que c'est un livre assez attachant, quoi.

Géraldine Gauthier : Donc, "Puisque tu pars", l'inspiration, c'est...

Jean-Jacques Goldman : Non. L'inspiration, au départ,... Enfin, la volonté, au départ, c'est que quand je quittais la scène, les gens chantaient "Ce n'est qu'un au revoir" que je trouve une chanson spécialement laide. Et donc, je me suis dit, ça serait bien qu'ils aient une chanson sur le départ et une chanson positive sur le départ. C'est-à-dire qui ne soit pas forcément triste mais qui puisse montrer tout ce qu'il y a de positif dans le fait de se séparer de quelqu'un, dans le fait que quelque chose d'autre commence, le fait d'en avoir tiré... de plus se réjouir d'avoir été ensemble que de se séparer. Enfin des choses comme ça. Donc c'était ça le déclenchement. Et ensuite, voilà. A partir de ce moment-là j'ai commencé à travailler sur cette notion du départ en lisant pas mal de trucs.

Radio Maguelonne, 26 avril 1998


Gilles Médioni : Que vous disent les gens qui vous croisent dans la rue ?

Jean-Jacques Goldman : Un mot d'une chanson. Ou ils me demandent une explication. Par exemple, pour qui avez-vous écrit "Puisque tu pars" ?

Gilles Médioni : Pour qui ?

Jean-Jacques Goldman : Mais pour eux ! A la fin de mes concerts, ils reprenaient "Ce n'est qu'un au revoir", une chanson que je trouve moche. Alors, j'ai réfléchi à un texte sur le départ à la fois triste et positif.

L'Express, le 20 décembre 2001
Une chanson est forcément populaire


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"Et puisque tu penses (...) que parfois même tout donner n'est pas forcément suffire / puisque c'est ailleurs qu'ira mieux battre ton cur" : ici, je lis que cette fameuse personne estime que le mode de vie, ou le type de relation entretenue avec le narrateur est contraire à ses idées, cen est même une "intime évidence". D'où la raison du départ. On retrouve d'ailleurs cette idée tout au long de la chanson : "J'aurais pu donner tant d'amour et tant de force, mais tout ce que je pouvais ça n'était pas encore assez".

D'ailleurs, ce départ n'est absolument pas irrévocable et brutal comme une mort l'est de toutes manières, puisque c'est justement l'amour pour cette personne et le respect de sa décision qui empêche le narrateur (et non pas JJG, gaffe aux identifications) de la retenir, "et puisque nous t'aimons trop pour te retenir", plus loin, nous acceptons aussi ton départ car "si tu te trahissais nous t'aurions tout à fait perdu".

"Que la vie t'apprenne, mais que tu restes le même". Encore un détail (à mon sens) évident en faveur d'un départ et non d'une disparition ; il est inconcevable de demander à un disparu, même très cher, d'apprendre de la vie, non ?

"Que les vents te mènent / ou d'autres âmes plus belles sauront t'aimer mieux que nous puisque l'on ne peut t'aimer plus", je crois que c'est ici que peut s'opérer la confusion : âme est à prendre dans le sens d'être et non de manière théologique. C'est une licence assez commune en littérature et en poésie.

"Dans ton exil essaie d'apprendre à revenir, mais pas trop tard". Ça me paraît un rien illusoire de la part de quelqu'un d'aussi réfléchi que le narrateur qui accepte ce départ et nous explique pourquoi tout au long de la chanson, d'espérer le retour d'une personne si celle-ci est décédée... De plus, la mort est tout sauf un exil (au passage, il est dit "dans ton exil", et non pas "dans cet exil" comme l'aurait justifié la notion de décès ). Relisez bien les paroles, et vous verrez qu'elles traitent d'un départ volontaire et non d'un fait inexorable.

Jérôme Debève
Là-Bas, 25 septembre 1996



En ce qui concerne "Puisque tu pars" je suis d'accord avec ceux (Oscar entre autres) qui disent que ce n'est pas une chanson destinée à quelqu'un qui n'est plus de ce monde. Pour moi, c'est surtout une chanson d'un parent à son fils ou sa fille, qui ressent un grand besoin de partir et les parents le laissent le faire, car il n'y a pas d'autre possibilité, s'ils le forcent à rester, ils le perdront certainement. Une chanson d'amour quoi, où l'amour est si grand que l'on laisse partir celui que l'on aime, même si ça fait très mal. Mais comme quelqu'un a dit : "à chacun ses interprétations" ! Parfois pourtant, c'est quand même bien de savoir ce qu'a pensé l'auteur, car par exemple avant d'entendre l'explication de "Juste après", cette chanson ne me disait rien.

Helena Fornander
Là-Bas, 30 septembre 1996



"Ma chanson frisson"

C'est la chanson "Puisque tu pars", mais de l'album Traces, le live quoi, juste à la fin, une fois qu'il ne reste que les instruments et les roulements de tambour.

Ecoutez bien ce passage, où d'abord ce sont des sons dits de "nappe", les strings pour les connaisseurs, dans lesquels se mêlent sans doute des sons de violons en solo. Ensuite, les roulements de tambour arrivent, puis pour couronner le tout, c'est une espèce de basse qui clôture.

En fond, on entend même une nana qui crie à s'en déchirer les cordes vocales (dans l'oreille droite il me semble, je me souviens du panoramique de la musique !).

Alors croyez-moi, ce passage, je le ressens, et ça me fait vraiment tout drôle. Peut-être que ça me rappelle inconsciemment le concert où tous les musiciens se retirent de la scène sur ce fond sonore, sur un au revoir de la main, sans parole, et sans retour.

Ça accroche.

(...)

C'est un auteur formidable qui sait trouver un style adapté pour chaque type de morceau. Et quand il décide de faire une musique triste, eh ben il y arrive super bien.

Ecoutez-moi ce passage à la fin de "Puisque tu pars" de l'album "Traces". Je suis sûr que vous n'y avez pas trop fait attention, ça doit vraiment faire "trembler", au moins !

Laurent Dussillols
Là-Bas, 21 février 1997



Je vais essayer d'expliquer "mon point de vue", mon impression sur cette chanson en entier. Voilà donc mon interprétation.

D'abord, le décor : Une personne qui part ; on ne sait pas s'il s'agit d'un homme ou d'une femme, mais j'imagine que c'est une femme. Une seconde personne (un homme) qui sadresse à celle qui sen va et il parle comme porte-parole d'un groupe de personnes (ami(e)s, famille mais, toujours selon moi, il ne fait pas partie de la famille de celle qui part).
Puisque l'ombre gagne
Puisqu'il n'est pas de montagne
Au-delà des vents, plus haute que les marches de l'oubli
Puisqu'il faut apprendre
À défaut de le comprendre
À rêver nos désirs et vivre des ainsi soit-il
Et puisque tu penses
Comme une intime évidence
Que parfois même tout donner n'est pas forcément suffire
Puisque c'est ailleurs
Qu'ira mieux battre ton cur
Et puisque nous t'aimons trop pour te retenir
Puisque tu pars
(Puisque tu pars)
Cette première partie est plutôt générique. Il parle au nom de tous les autres. On comprend qu'ils soient tristes pour son départ, mais on comprend aussi qu'ils sachent qu'elle va trouver une vie meilleure, et ils sont heureux pour elle.

Plus que le contenu, je veux vous faire remarquer le ton de JJG. Il est très calme, on y voit de la résignation. Elle part et ils n'y peuvent rien.

C'est un constat.
Que les vents te mènent où d'autres âmes plus belles
Sauront t'aimer mieux que nous puisque l'on ne peut t'aimer plus
Que la vie t'apprenne
Mais que tu restes le même
Si tu te trahissais, nous t'aurions tout à fait perdu
Garde cette chance
Que nous t'envions en silence
Cette force de penser que le plus beau reste à venir
Et loin de nos villes
Comme octobre l'est d'avril
Sache qu'ici reste de toi comme une empreinte indélébile
(Puisque tu pars)
Le ton monte. La résignation laisse un peu de place à un désespoir existant mais jusque là un peu caché. Mais il parle encore au nom de tout le monde. Ce sont des recommandations qu'il lui fait au nom de tous. Jadis on a beaucoup critiqué sur la liste le vers "comme octobre l'est d'avril" en disant que c'était banal et qu'il aurait pu trouver mieux pour faire la rime avec "villes". Je ne suis pas vraiment d'accord. Dans les moments forts (et une séparation est un moment fort), il arrive de dire des choses très banales, pour dédramatiser ou bien parce que l'on n'arrive pas à exprimer ce que l'on veut dire. Donc, en cette circonstance, un vers "banal" au milieu d'autres vers qui eux ne le sont pas est très approprié, je trouve.

Et puis, au fond, je ne le trouve pas du tout banal. Si vous y pensez, la distance entre octobre et avril est de six mois et c'est le maximum possible, vue la rotation des mois. Une distance entre mars et novembre, par exemple, est en effet de huit mois, mais la distance entre novembre et mars est de quatre mois. Au contraire la distance entre octobre et avril est de six mois ainsi que celle entre avril et octobre.

Or, prenons notre planète. Elle est ronde et cela implique que le point le plus éloigné se trouve toujours aux antipodes. Par exemple, aux antipodes de l'Italie il y a la Nouvelle-Zélande (il me semble). Et pour aller en Nouvelle-Zélande je dois parcourir la même distance, que j'aille vers l'occident ou vers l'orient.

Et donc, octobre est aux antipodes d'avril. Bien sûr, "elle" ne va pas nécessairement aux antipodes, mais celui qui chante a exactement cette impression et l'exprime avec le vers "comme octobre l'est d'avril". Pour lui, elle va tellement loin que c'est comme si elle allait aux antipodes, le point le plus éloigné possible. Donc, ce vers est très approprié pour décrire son état desprit.
Sans drame, sans larme
Pauvres et dérisoires armes
Parce qu'il est des douleurs qui ne pleurent qu'à l'intérieur
Puisque ta maison
Aujourd'hui, c'est l'horizon
Dans ton exil, essaie d'apprendre à revenir
Mais pas trop tard
(Puisque tu pars)
Le ton redescend. Et il explique pourquoi. "sans drame, sans larme, pauvres et dérisoires armes, parce qu'il est des douleurs qui ne pleurent qu'à l'intérieur", donc, pas la peine de crier ; elle part, c'est comme ça, on n'y peut rien, les drames et les larmes sont des armes dérisoires et pauvres qui ne peuvent pas servir à changer les choses ; le ton est donc en bas. Mais dans les deux dernières lignes, il prépare son coup de théâtre. Il dit "dans ton exil, essaie d'apprendre à revenir, mais pas trop tard". Toute la chanson se tient sur ce "mais pas trop tard" (toujours selon moi), passage qui est chanté sur des notes qui descendent et avec un désespoir infini, avec un fil de voix. C'est maintenant que la chanson change, c'est maintenant que nous découvrons comment les choses sont réellement.

A ce moment là, les ami(e)s (le chur) commencent à chanter.
Dans ton histoire
Garde en mémoire
Notre au revoir
Puisque tu pars
(Puisque tu pars)

Et la chanson pourrait se terminer ainsi, mais alors je la trouverais vraiment un peu banale. Au contraire nous découvrons maintenant la véritable essence de la chanson. Nous découvrons quil est amoureux d'elle et son désespoir atteint son apogée en ce même moment, il ne résiste plus, il ne peut plus parler au nom des autres (qui désormais parlent eux-mêmes avec le chur), il doit parler pour lui-même. Le calme et la résignation "collective" laissent la place à un désespoir "personnel". Il ne veut plus cacher son désespoir pour le départ de la femme qu'il aime et nous découvrons que c'est un amour qu'elle ne ressent pas pour lui. Le ton de lhomme est très haut maintenant, il crie presque.
J'aurais pu fermer
Oublier toutes ces portes
Tout quitter sur un simple geste
Mais tu ne l'as pas fait
(Puisque tu pars)

Il hurle seulement pour ne pas la laisser partir, il aurait pu fermer et oublier toutes les portes (et donc l'obliger à ne pas partir), ou bien il aurait pu partir avec elle, si elle l'avait voulu, mais elle ne veut pas.

Et encore.
J'aurais pu donner
Tant d'amour et tant de force
Mais tout ce que je pouvais
Ça n'était pas encore assez
Pas assez
Pas assez
Pas assez
Pas assez
(Puisque tu pars)
Il continue à hurler tout l'amour qu'il ressent et qu'il est prêt à donner, mais il se rend compte que tout ça n'est pas assez, parce qu'elle ne ressent pour lui que de l'amitié. Il répète "pas assez" à quatre reprises à la fin, pour se convaincre, pour se faire une raison, toujours avec des notes qui descendent, mais le ton est très haut maintenant. Puis il se tait, épuisé.

Encore une petite chose. Les deux premières parties (quand il dit "nous") ont un thème musical assez long et très étalé. Quand il dit "je", on a une amorce du même thème musical, mais il ne se déploie plus, il tourne en rond, comme toutes les obsessions de la vie qui tournent de la même façon. Et l'amour non échangé peut vraiment devenir une obsession !!!

Voilà. C'était mon interprétation. Ça vous plaît ?

Selon moi cette chanson est un des rares exemples où toutes les parties de la chanson sont parfaitement mélangées entre elles. Les paroles toutes seules ne peuvent pas (et ne savent pas) donner la force qu'elles donnent avec la musique, l'arrangement et l'interprétation. Et de même pour la musique toute seule.

La musique parle autant que les mots, et dit la même chose tout en les soulignant.

Manlio Fierro
Là-Bas, 1er février 1998



Puisque tu pars est une des chansons les plus connues de Jean-Jacques : 600 000 exemplaires du single vendus en 1988 et un somptueux clip en noir et blanc. Une des chansons les plus longues de JJG (7:29 quand même ! ), c'est aussi une des plus belles chansons jamais écrites dans l'Histoire de la Musique. Cependant, c'est aussi une chanson incomprise pour la plupart. Difficilement compréhensible car différentes interprétations sont possibles.

La plus commune est celle des éternels romantiques : pour eux, comme il y a le mot "amour" dans la chanson, il ne s'agit ni plus ni moins d'une chanson d'amour triste sur une séparation amoureuse. Possible... si toutes les chansons comportant le mot "amour" ne parlaient que d'amour pur et dur, ce qui n'est (heureusement) par le cas ; et puis, il n'y a aucune autre référence à l'amour dans la chanson. Donc, exit les amoureux transis.

D'autres pensent que "Puisque tu pars" parle de la mort de quelqu'un, et ce serait donc l'hommage qu'on lui adresse. Une sorte d'adieu avant le passage vers l'au-delà... Mais si c'était effectivement cela, "Dans ton exil essaie d'apprendre à revenir", ça voudrait dire quoi ? Goldman n'est pas bouddhiste, que je sache...

Reste donc une hypothèse : un au revoir à un proche, parent ou ami, qui s'en va loin, dans une contrée inconnue. Un adieu au semblant de définitif. Comme ces transferts de footballeurs : le matin ils jouent à Nantes, le soir ils se retrouvent à Séville... L'introduction de la chanson est longue, plus d'une minute. Au tout début, on entend des bruits vagues et un peu confus, et même une sorte de sirène de voiture de police : ce sont les bruits vagues de la grande ville. Puis, après un "Bye, bye..." (qui signifie ce que ça signifie), la musique commence. Les bruits s'entendent de moins en moins, puis disparaissent : le chanteur attire l'attention de la personne à qui il s'adresse et ignore tout le bruit autour d'eux. Le rythme de la chanson est d'ores et déjà soutenu : on dirait un rythme au pas militaire : la personne qui part s'en irait-elle à la guerre ? Après un duo de flûtes émouvant (on dirait un appel suppliant à quelqu'un de rester), la chanson commence vraiment.

La voix du chanteur tremble beaucoup, il est ému de chanter cet ultime adieu. Dans la première strophe, le mot "puisque" est repris sept fois : le chanteur insiste sur les causes du départ de la personne. Note importante : on ne sait pas s'il s'adresse à un homme ou à une femme, d'où une grande ambiguïté pour l'interprétation (ami ou amour ?). Que ce soit un homme ou une femme, la personne veut (ou est obligée de) découvrir d'autres villes, d'autres "horizons", et le chanteur la respecte trop pour la contredire ("nous t'aimons trop pour te retenir"). Suit alors un "Puisque tu pars" sorti de la bouche comme si c'était une ordure : le chanteur a des remords.

Arrive un petit solo de guitare électrique, qui joue ce qui sera le canon final. Pendant ce temps, les instruments jouent de plus en plus fort. La chanson monte alors subitement de cinq tons et la seconde strophe est chantée : cette fois-ci, ce ne sont plus les causes, mais les dernières recommandations qui sont exprimées : une sorte de "carpe diem", de "ne t'en fais pas pour nous"... Un ton tragique s'y dégage pourtant et c'est sans aucun doute un des moments les plus forts de la chanson. Durant ce moment, la chanson va aussi beaucoup plus fort qu'auparavant et des instruments ont même été ajoutés, toujours dans le but de rendre ce moment très important. Le pronom "nous" revient plusieurs fois : il peut désigner un groupe, une société. La personne part donc loin. Idée renforcée avec "Et loin de nos villes, comme octobre l'est d'avril" : on devine soit que la personne part au mois d'octobre ou d'avril, soit qu'elle ne part pas dans la ville d'à côté... Les deux, peut-être. Le chanteur conclut cette strophe en lâchant un terrible aveu : il avoue que même s'il part, il se souviendra toujours de lui : "sache qu'ici reste de toi comme une empreinte indélébile". Le message est donc clair : la personne peut partir si elle veut, mais ce sera dur, autant pour elle que pour le chanteur. Après l'empreinte indélébile, nous retrouvons le calme de la première strophe. La même mélodie, mais baissée de deux tons : cela exprime le changement de vitesse du message. Dans cette partie, en effet, le chanteur supplie son interlocuteur de s'en aller puisqu'il le faut, mais partir "sans drame, sans larme", et de revenir le plus vite possible, "mais pas trop tard".

Durant cette strophe, il y a un calme troublant lors de "parce qu'il est des douleurs qui ne pleurent... qu'à l'intérieur...", on a l'impression que le chanteur essuie sa première larme de tristesse car il sait que la fin est proche... Il y a même une ambiguïté à la fin de cette strophe, on sent que le chanteur a bel et bien des remords à laisser partir son ami (ou parent). C'est comme s'il disait : "pars, mais reviens..." Et après le même solo de guitare qu'au début, arrive le moment le plus poignant de la chanson, des churs s'élèvent du néant et chantent : "dans ton histoire, garde en mémoire, notre au revoir, puisque tu pars". On a l'impression que ce chur est formé de la famille et des amis de celui qui part, et qu'ils soient 2 ou 200 (ou pourquoi pas 200 000), ce canon a toujours un aspect aussi émouvant, et qui insiste sur le "Pars, mais reviens vite !".

On devine que le chanteur ne veut pas que le destinataire de la chanson parte. Il veut à tout prix l'émouvoir afin qu'il soit marqué, et qu'éventuellement il reste. A chaque reprise du canon, un instrument ou une voix est ajouté, la musique prend alors de plus en plus d'ampleur. La seconde voix donne un écho à la première : on a l'impression d'être entouré par des churs, qui résonnent dans une immense salle.

Quant à la dernière strophe, c'est l'apothéose. Chantée un octave plus haut que la strophe précédente, tous les instruments s'y déchaînent. On en déduit facilement que le départ est imminent. Le chanteur, avec ses dernières forces, explique avec l'énergie du désespoir qu'il a tout fait, tout essayé pour le (ou la) retenir, mais en vain. Tel est son destin...

Un des vers le plus étrange est "J'aurais pu fermer, oublier toutes ces portes" : que sont ces portes ? Des portes d'embarquement, peut-être, l'adieu se ferait donc à l'aéroport, ce qui n'est pas impossible car certains halls des grands aéroports ont un incroyable écho... La répétition constante de "pas assez" indique clairement, une fois de plus, que le chanteur essaye de retenir le destinataire de son message, mais en vain. Dans le faste du chur, ces deux mots déchirent le cur de celui qui part, tout cela n'était pas assez pour le retenir... La répétition de ces "pas assez" évoque une mélancolie que l'on peut ressentir, un certain malaise de partir (un début du mal de pays, alors que l'avion n'a pas encore décollé). Ce "malaise" continuera jusqu'à la fin de la chanson. Après le dernier "Pas assez" arrive le solo de guitare ; la guitare électrique, la basse et la batterie se déchaînent... Les sentiments se déchaînent aussi. On a à ce moment-là le cur serré, c'est comme si tous les instruments faisaient de leur mieux pour éviter ce départ tragique, ce destin assassin... Et au milieu de cette tempête de notes, toujours le "dans ton histoire, garde en mémoire, notre au revoir, puisque tu pars", tel une flamme éternelle qui brûle au fond de nos curs. Un ultime adieu grandiose. L'apothéose de "Puisque tu pars"... Cet au revoir, alors qu'on sait bien que, malgré toutes les prières du monde, tout est joué d'avance, tout est définitivement perdu...

Puis arrive le final de la chanson. Le dramatique dénouement. Le moment où le départ tant craint et tant redouté arrive (malheureusement) enfin. On entend un fond de tambour militaire : serait-ce donc un départ pour une guerre sanglante ? Pendant un court instant, on n'entend que le son meurtrier du tambour, les autres instruments se sont tus petit à petit. Ressort alors le synthé, puis la basse et un fond de cornemuse (ou d'instrument à vent). Enfin, des cordes résonnent, reprenant la première voix du chur. Avec la musique qui s'amenuise peu à peu, on ressent la tristesse du chanteur de voir son ami s'en aller, partir dans un pays inconnu, loin... si loin... Et, au fur et à mesure, on le voit partir. Partir vers l'avion qui l'attend pour décoller, et qui redresse fièrement son nez. Partir vers l'horizon. Partir pour ne jamais revenir... Puisque tu pars, c'est le départ vers l'oubli, ce départ définitif auquel on est soumis, et auquel on ne peut rien faire...

A qui est donc adressé "Puisque tu pars" ? Au père qui voit partir son fils vers la vie, loin de lui. A quelqu'un qui voit son meilleur ami déménager dans une autre ville. A un adolescent qui voit son frère et confident s'exiler de force dans un autre pays. Ou pourquoi pas à un public qui veut rendre hommage à son chanteur préféré le jour de son tout dernier concert... En tout cas, une seule chose est sûre, c'est que "Puisque tu pars" nous accompagnera à jamais dans ces départs tragiques et définitifs.

Benjamin Broucke
En passant, 31 mars 1999



À mes yeux, c'est la plus belle chanson de Jean Jacques Goldman, celle qui me touche au plus profond du coeur, celle dans laquelle j'ai placé tant de souvenirs. La dernière version du Live est de toute beauté, le côté intimiste du duo voix / guitare J'adore au-delà de tout... Qui partage l'amour que j'éprouve pour cette chanson ?

Arnaud G.
En passant, 13 septembre 2003



Je partage aussi l'amour pour cette chanson. J'y suis attachée pour de nombreuses raisons qui malheureusement ne sont pas les plus gaies. En fait, j'ai trois copains qui se sont tués dans des accidents de voiture à quelques années d'intervalle et cette chanson revenait chaque fois en clôture pour les enterrements. Une manière de dire au revoir à quelqu'un que l'on aime et qu'on n'a pas envie de voir partir. Voilà pourquoi cette chanson me touche.

Stéphanie Saint-Martin
En passant, 15 septembre 2003



J'ai aussi fait l'expérience d'entendre "Puisque tu pars" lors d'enterrements ou de crémations mais je dois dire que je suis très réservé J'ai l'impression que sept enterrements sur dix se font sur fond de "Puisque tu pars" et chaque fois que je l'entends dans ce contexte-là, je me sens dépouillé de quelque chose dans la mesure où j'ai découvert la chanson dans (heureusement) un autre contexte qui était celui de mon adolescence.

Ça fait un peu trop bateau de toujours associer ce morceau à la mort, vous ne trouvez pas ?

Luca Copetti
En passant, 15 septembre 2003



Luca Copetti a crit :

Ça fait un peu trop bateau de toujours associer ce morceau à la mort, vous ne trouvez pas ?
Clairement. il y a aussi le fait que la mort en elle-même se suffit terriblement, et que mettre une chanson par-dessus, je ne peux pas m'empêcher de penser que c'est vraiment surfait...

Aurélien Grosdidier
En passant, 15 septembre 2003



 

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