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Quand tu danses

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Auteur : Jean-Jacques Goldman
Compositeur : Jean-Jacques Goldman
Editée par : Editions J.R.G.

Version originale
Année : 1997
Interprétée par : Jean-Jacques Goldman
Distribuée par : Columbia / Sony Music

 

Reprises O trouver ce titre Retour au menu

Année Interprète Support Référence Pochette
1997 Jean-Jacques Goldman K7 En passant COL 488 791-4
1997 Jean-Jacques Goldman CD En passant COL 488 791-2
1998 Jean-Jacques Goldman CD 2 titres COL 665 555-1
1998 Jean-Jacques Goldman CD En passant (Canada) CK91184 non disponible.
1999 Jean-Jacques Goldman K7 En passant Tournée 1998 COL 494 829-4
1999 Jean-Jacques Goldman CD En passant Tournée 1998 COL 494 829-2
2000 Jean-Jacques Goldman 8 CD Intégrale 1990-2000 CD5 COL 498 836-2
2000 Jean-Jacques Goldman 8 CD Intégrale 1990-2000 CD6 COL 498 836-2


Adaptations trangres Reprises Retour au menu

Année Interprète Support Référence Pochette
1999 Maxime Le Forestier CD "Sol en Si : Chacun peut y mettre un peu du sien WEA 3984 28974-2 non disponible.
2000 Michel Leclerc (piano) CD Recueil Spécial Piano n° 7 CD Hit Diffusion HD/CD 26

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J'ai fait la liste de ce qu'on ne sera plus
Quand tu danses, quand tu danses
Mais que deviennent les amoureux perdus
Quand tu danses, y songes-tu ?
Quand tu danses, y songes-tu ?

Amis non, ni amants, étrangers non plus
Quand tu danses, quand tu danses
Mais quel après, après s'être appartenus ?
Quand tu danses, y songes-tu ?
Quand tu danses, y songes-tu ?

Je crois bien que j'aurais besoin de te voir
Quand tu danses, quand tu danses
Sans te parler, ni déranger, mais te voir
Quand tu danses, y songes-tu ?
Quand tu danses, y songes-tu ?

Et toutes les peines, toutes, contre une seule de nos minutes

Mais n'être plus rien après tant, c'est pas juste
Quand tu danses, y songes-tu ?
Quand tu danses, y songes-tu ?

Et j'ai fait la liste de ce qu'on ne sera plus

Mais que deviennent les amours éperdues ?
Quand tu danses, y songes-tu ?
Quand tu danses, y songes-tu ?

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"J'ai fait la liste de ce qu'on ne sera plus. Mais que deviennent les amoureux perdus Quand tu danses y songes-tu ? (bis) Amis non, ni amants, étrangers non plus. Mais quel après, après s'être appartenus ?"

Artist News : Est-ce un constat amer et définitif sur l'usure de l'amour ou reste-t-il un espoir ?

Jean-Jacques Goldman : "Non, je ne crois pas que ce soit le thème de cette chanson. Il s'agit en fait de la question : "quel type de relation possible entre deux êtres lorsque l'amour est parti : amis ? ennemis ? étrangers ?" (Et dans ce cas particulier, on comprend que celui qui pose les questions aime encore). Comment répondre à votre question ? Il me semble que ça dépend plus de l'exigence amoureuse de chacun que de la relation elle-même. Il y a des couples qui "s'aiment toujours" parce qu'ils se contentent de très peu ! Je crois que la véritable question est : "Est-il souhaitable d'être dans un état de passion sur un très long terme? "

Entretien avec Sony Music
Propos recueillis par Vincent Blaviel, Eric Ferrua et Philippe Bonnin
(c) Sony Music France août 1997


Gaël : Dans la chanson "Quand tu danses", la phrase "J'ai fait la liste de ce qu'on ne sera plus" est très belle.

Jean-Jacques Goldman : On sait ce qu'on ne sera plus, on ne sait pas trop ce que l'on va être et pourtant, on va être. On va être dans le même monde, les mêmes rues et parfois, on aura les mêmes amis, les mêmes enfants. C'est une vraie question. Je connais beaucoup de gens qui se coltinent avec ce problème. Cela se fait comme ça, d'un jour à l'autre et on ne sait pas exactement quel est le statut de l'autre. L'autre que l'on a aimé.

Gaël : Quelle est la meilleure façon de guérir d'un chagrin d'amour ?

Jean-Jacques Goldman : Je pense qu'on ne guérit pas et tant mieux. Ou alors, on guérit avec beaucoup de temps.

Gaël : Et le statut de l'autre que l'on a aimé, c'est aussi avec le temps qu'il se trouve ?

Jean-Jacques Goldman : Oui. Il ne se fait jamais en y pensant. Il se fait petit à petit, dans les faits. On trouve une espèce d'équilibre, de pacte de non-agression, de non- souffrance. Mais il n'y a pas un moment où l'on se dit: "C'est mon frère, ma soeur, ma belle-soeur, mon collègue de bureau, un étranger, mon ennemi...!". On ne sait pas qui c'est. "C'est mon ex." En tous cas, étant donné le rythme actuel des histoires d'amour, je crois qu'on doit réfléchir à cette question. Dans cette chanson, "Quand tu danses", il n'y a que des points d'interrogation. Une phrase que je connais dit: "Restons bons amis !". (il rit) Je ne sais pas si c'est possible quand on a fait l'amour avec quelqu'un. Moi, je ne connais pas le ventre de mes bons amis.

Gaël : Mais certains amoureux désunis se remettent ensemble.

Jean-Jacques Goldman : Oui, mais dans la majorité des cas, ils se séparent et divorcent. Et ceux-là, il faut bien qu'ils se trouvent un statut. Peut-on rayer quelqu'un, quelques années de sa vie ? Autant avoir de la tendresse pour elle, pour ces années. C'est bien quand on peut encore. Quand il n'y a pas eu de trahison.

Gaël : Peut-on surmonter certaines trahisons ?

Jean-Jacques Goldman : Je crois que l'on peut surmonter beaucoup de choses, mais pas la trahison. Pas l'impression qu'il y a eu un malentendu. Que l'une des personnes vivait une histoire et l'autre en vivait une tout à fait différente. Quand on s'en rend compte, c'est triste. C'est comme si on n'avait pas vécu la bonne histoire, comme si on s'était trompé.

Gaël : Parce qu'on n'a pas assez parlé ?

Jean-Jacques Goldman : Ou parce qu'on n'a pas voulu comprendre. Ceux à qui c'est arrivé, ce sont eux que cela arrangeait de vivre cette histoire et ils n'ont pas su assez bien décrypter ce que voulait l'autre.

Jean-Jacques Goldman, flâneur sur la Terre
Gaël, 24 septembre 1997


Christophe Nicolas : Et parmi les thèmes chantés, la séparation, la fin de l'amour et, dans une chanson, qu'on va écouter, qui s'appelle "Quand tu danses", vous dites qu'on ne peut pas rester amis : "Amants non, amis non plus", enfin, quelque chose comme ça, vous le faites très bien, on va l'entendre. Vous êtes sûr qu'on ne peut pas rester amis après une séparation ?

Jean-Jacques Goldman : Mais la chanson dit pas. Elle dit pas ça.

Christophe Nicolas : Elle dit "amis non".

Jean-Jacques Goldman : Ah oui, "amis non, ni amants".

Christophe Nicolas : Ouais ?!

Jean-Jacques Goldman : Non, je pense pas qu'on puisse être vraiment amis avec quelqu'un dont on a touché la peau pendant des années, avec qui on a vécu des choses tellement intimes. Ça ne veut pas dire qu'on devient ennemis, non plus. Mais il y a certainement un statut à chercher et, je pense, c'est une question pour tout le monde.

Christophe Nicolas : Ouais. Mais on le trouve pas. Et Dieu sait si il y a beaucoup de monde dans cette situation-là. Quel est-il, à votre avis ? Il y a pas de solution, on ne sait pas ?

Jean-Jacques Goldman : Bah, j'en sais rien. C'est une chanson où il y a à peu près 20 points d'interrogations.

Christophe Nicolas : Voilà. C'est pour ça que... on laisse l'auditeur libre de trouver quelque chose.

Jean-Jacques Goldman : On essaye tous, dans nos problèmes, de trouver... En général, cette relation, elle s'équilibre, comme ça, peu à peu, avec le temps,... même parfois avec un reste de séduction, un reste de...

Christophe Nicolas : De jalousie aussi ?

Jean-Jacques Goldman : D'amertume, ouais. Ou parfois, une tendresse infinie. Tout dépend aussi du destin de chacun. Mais c'est, effectivement, un problème qu'on part... que beaucoup de personnes partagent.

Nostalgie, 26-27 septembre 1997


Yann Arribar : "Quand tu danses", moi je me demande si c'est pas ma préférée, très belle chanson d'amour, mais que deviennent les amours éperdues, c'est on peut quelquefois regarder dans le rétro et se demander ce que ça a pu devenir, ce qu'ont pu devenir les personnes qu'on a pu aimer.

Jean-Jacques Goldman : Et puis surtout ce qu'on a pu devenir avec eux parce que c'est... c'était extrêmement étrange de passer de tout c'est-à-dire quelqu'un qui est votre tout à rien. Donc il faut essayer de trouver un statut qui n'existe pas, qui n'est ni celui d'ami évidemment parce que là, la phrase "restons bons amis" c'est de l'esprit quand on a partagé la peau de quelqu'un, donc qu'est-ce qu'on peut trouver comme statut c'est extrêmement délicat, c'est extrêmement fragile, extrêmement douloureux et je pense que beaucoup de gens se posent cette question.

Yann Arribar : Et vous croyez vraiment quand une histoire d'amour est finie qu'elle est irrémédiablement finie, terminée ?

Jean-Jacques Goldman : Moi je crois pas. Je crois qu'une histoire d'amour dure toujours, toujours, sauf si on a l'impression qu'on s'est trompés mais il peut y avoir des aléas qui font que... que la vie ne soit pas possible mais c'est tellement rare d'aimer quelqu'un et d'être aimé par quelqu'un, enfin un amour partagé qu'à mon avis ça reste pour toujours.

R.F.M., le 28 septembre 1997


Gilbert Jouin : Dans "Quand tu danses", vous êtes un contemplatif amoureux mais résigné au pire. Pourquoi ce rôle passif ?

Jean-Jacques Goldman : Je me demande tout le temps ce que l'on va devenir après une histoire d'amour. Redevenir "rien après tant", ce n'est pas juste.

Jean-Jacques Goldman sait enfin dire "je t'aime"
Télé Magazine n° 2189, 24 octobre 1997


Liliane Roudière : Plus que de la nostalgie, votre album "En passant" m'évoque la mélancolie et la définition qu'en donnait Freud : "la perte s'est bien produite, mais on ne parvient pas à savoir avec précision ce qui a été perdu". Puis, dans la chanson "Quand tu danses", arrive cette phrase terrible : "J'ai fait la liste de ce que l'on ne sera plus". Que ne serez-vous plus ?

Jean-Jacques Goldman : "Quand tu danses" est une histoire très claire entre un homme et une femme. Bien sûr, pour écrire cette chanson, il faut avoir vécu ces histoires. On ne peut pas écrire cela à 20 ans. A 20 ans, on ne fait pas la liste de ce qu'on va être : on a juste l'impression de vivre une histoire qui ne finira jamais. On n'écrit pas les mêmes choses à 20 ans qu'à 46 ans. C'est une question qu'on se pose après, au cours de son existence. Se demander : une fois que l'amour est parti, qu'est-ce qu'on devient ? Après avoir été tout, est-ce qu'on devient rien ? Quand on a touché la peau de quelqu'un, est-ce qu'on devient un ennemi ? C'est dommage. Quel est le statut des gens qui se quittent ?

Portrait
Solo n°2, novembre-décembre 1997


"J'ai fait la liste de ce qu'on ne sera plus (...) mais que deviennent les amoureux perdus ? /Quand tu danses, y songes-tu ?"

Jean-Jacques Goldman : A l'instant du bonheur je ne pense pas forcément au moment où il cessera. Mais je pense ensuite, quand il s'est enfui. J'ai un peu de recul et je me rends compte qu'il y a plusieurs problèmes : le problème de l'amour, le problème de la fuite de l'amour mais également de l'après-amour. Quelle relation instaurer avec quelqu'un qu'on a touché, à qui on a fait l'amour ? Est-ce que "après" c'est rien ? Comment ce serait possible ça ? Est-ce comme un ami ? Tout le monde s'est posé ce genre de questions.

J'aurais pu rester dans mon magasin de sport et être heureux
Télé Moustique 3771, 06 mai 1998
Propos recueillis par Jean-Luc Cambier


Paul Ferrette : Que peux-tu me dire sur cette chanson à l'ambiance très "aérienne" ?

Jean-Jacques Goldman : Je l'ai enregistrée très vite, avec une guitare Gibson (que j'utilise pour tout ce qui est acoustique) dans un style folk-song, c'est-à-dire une histoire racontée avec une guitare. L'histoire, c'est la question que se pose le personnage : Que devient-on, après avoir aimé quelqu'un, lorsqu'on se sépare ? Quel est le "statut" ? C'est toujours ambigu, particulier : plus "amants", pas "étrangers", pas "amis" non plus. Quoi ? Ici, l'histoire ne finit pas de la même manière pour chacun des partenaires. On comprend que pour lui, l'histoire n'est pas tout à fait finie, alors qu'elle danse, vit, tout simplement.

Livre de partitions de "En passant"
Hit Diffusion, juin 1998


Paul Ferrette : Ici, j'ai l'impression que vous avez recherché encore plus de dépouillement ?

Erick Benzi : C'est ma chanson préférée. Que dire ? Tout était là : le texte, la mélodie. Superbes. Toute notre attention a porté sur la manière de la chanter. Enregistrée comme les autres, à l'aube, pour avoir cette distance, un ton détaché, presque froid. Nous avons fait 3 ou 4 prises de voix, très près du micro. Et systématiquement, nous avons coupé tout ce qui était trop... pathétique. Nous voulions cette opposition entre le texte qui est lourd de sens et, cette voix qui dit presque froidement les choses. Nous tenions à éviter tout accent dramatique. Juste une petite nappe de synthétiseur derrière, suffisante pour ne pas polluer une ambiance guitare (arpège et voix).

Paul Ferrette : Cela évoque une fragilité extrême. Un rien pourrait rompre le charme et tout le monde retient son souffle.

Erick Benzi : C'était le matin. Nous étions tous les deux dans le studio. Peu de lumière, le calme. Toujours cette atmosphère intimiste. Il aurait été impossible d'imaginer une telle ambiance dans l'effervescence, le bruit. La réussite de cette chanson tient à son équilibre. Equilibre entre le texte et les silences qui lui servent de ponctuation. Des silences dont la densité est essentielle pour souligner le sens du texte. Une nappe très aérienne afin de ne pas détourner l'attention du texte. Un équilibre complexe. Une alchimie rare à trouver.

Paul Ferrette : Et l'on passe d'arrangements très sophistiqués à des passages extrêmement dépouillés comme voix et guitare acoustique. Avec toujours, à l'arrivée, cette émotion, ce frisson intérieur.

Erick Benzi : C'est une alternance très étudiée. Quand c'est nécessaire, il ne faut pas de demi-mesure mais pour l'intimiste, pourquoi rajouter de l'inutile ? Je ne me sens jamais frustré d'en faire peu. Seul le final compte et l'émotion qui en reste.

Livre de partitions de "En passant"
Hit Diffusion, juin 1998


Jean-Luc Cambier : Pendant "Quand tu danses", il y a toujours trois mecs qui se sentent obligés de siffler pour combattre l'émotion. Comment réagis-tu ?

Jean-Jacques Goldman : Je les entends mais je pense que trois abrutis, c'est très peu et 7 997 silencieux, ça me ravit. Je n'ai jamais de salle hostile mais je ne me mets pas en danger. J'ai refusé de faire les Eurockéennes (Festival rock). Au tout début, une fois, j'avais fait une Grande Ecole et, comme à l'époque, j'étais très "boys band", il y a eu beaucoup de quolibets. J'ai dû me battre avec la salle.

Quand la chanson est bonne
Télé Moustique n° 3807, 16-22 janvier 1999


Raphaël Toledano : Quel part d'autobiographie se retrouve dans vos chansons, Jean-Jacques ?

Jean-Jacques Goldman : Moi, je vis assez peu de choses. Oui. Enfin... [JJG est troublé par la question].

Raphaël Toledano : Par exemple, dans l'album précédent, beaucoup de chansons parlaient de séparation : "Quand tu danses", "Les murailles".

Jean-Jacques Goldman : Oui, mais franchement, ces chansons ont été écrites de façon tout à fait indépendantes de ce que je vivais ou de ce que j'ai vécu avant. J'ai une vie normale mais je suis beaucoup plus un observateur. A la limite, je parle assez peu de ce qui m'arrive et je suis beaucoup plus touché par un livre ou par un fait divers ou par quelque chose qui arrive à un proche. J'ai l'impression d'être beaucoup plus journaliste dans ma démarche que psychanalyste.

Rencontre avec Jean-Jacques Goldman
L'Arche n° 535, septembre 2002


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Je trouve la chanson splendide, grandiose.

Je pense qu'elle colle vraiment avec un sentiment bizarre d'un amour de quarantaine.

Je m'explique : quand j'entends ce titre, je m'imagine à 40-50 ans. Je trouve qu'à cet âge-là, une femme qui danse pour son homme accomplit un acte charnel, comme les prémisses à une relation sexuelle.

Je compare presque ça, à un strip-tease, très intime.

"Quand tu danses" est une phrase très forte, puisqu'elle englobe un grand nombre de nuances et de subtilités qui font qu'à mon avis, c'est sans doute un "code intime" entre lui et son (ex-?) femme.

Le fait qu'elle soit répétée ne doit pas être compris dans un sens purement "écrit".

Je veux dire que la répétition est belle parce qu'elle colle à une mélodie qui, elle, est changeante... la mélodie se "dandine". Je pense.

De plus, les accords de guitare utilisés sont les préférés de JJG. Je pense qu'il a écrit cette chanson par réel plaisir. Sans besoin de créer quelque chose de musicalement nouveau. Je la trouve belle.


Gaëtan Namouric
Là-Bas, 30 septembre 1997



Comparaison entre "Quand tu danses", "Tu t'en iras" et "Petite fille".

Quand tu danses : Bon, le verbe "danser" que Gaëtan avait déjà rapproché du fait qu'une danse peut avoir différentes significations. C'est très vrai. Une femme qui vit sa vie de tous les jours et qui va de droite et de gauche peut être vue comme "une danse". Et puis il y a surtout la signification beaucoup plus sensuelle de la comparaison avec le fait que la femme a un autre amant. Tout simplement. D'ailleurs, en disant ça, je me rends compte que "Le ballet" c'est exactement ça !!! :-) Encore une chanson qui parle de la danse de manière détournée...

Dans "Tu t'en iras", comme vous pouvez vous en douter, ça traite du départ de la femme que l'homme aime toujours (rapport avec "Quand tu danses" aussi, nan ?! :-) ). Et, à un moment, la phrase est : "Un ridicule pas de danse" pour parler de ce départ ! Je ne sais pas pour vous, mais pour moi, c'est la même idée que "Quand tu danses". C'est quelque chose qui échappe au mec : la danse est vue comme quelque chose de typiquement féminin (ce qui est faux, je sais, mais bon...), quelque chose d'incontrôlable, de non-palpable... un registre inconnu ou presque ! Un des mystères féminins que les hommes ne comprennent pas, en quelque sorte...

Dans "Petite fille", il évoque aussi la danse : "Entre un rêve et deux pas de danse". Mais là, c'est la danse d'une enfant. C'est différent. Je rapprocherais plus cette "danse" à celle de "Rat des villes". "Rat des villes" n'étant pas une chanson de JJG mais de Gaëtan Namouric.


Géraldine Gauthier
Là-Bas, 11 décembre 1997



"Quand tu danses"

Plus simplement, Géraldine, je dirais que quelqu'un qui dit "Quand tu danses", fatalement, il ne danse pas lui-même donc, implicitement, elle danse avec un autre, si l'on suppose que la danse est quelque chose qui se fait à deux. La danse est typiquement la situation où tout commence, souvent, mais là : tout finit.

Je pense que ce n'est même pas la peine d'aller chercher si loin l'explication de l'utilisation du mot danse. Il est utilisé au sens propre, ou quasiment. J'imagine le personnage de "Quand tu danses" en train de regarder une fille / femme qui danse avec un autre, alors même que c'est ou c'était sa femme. Essayez de vous mettre à la place de cet homme quelques secondes et imaginez son mal-être.

"Petite fille"

C'est peut-être pas si loin que ça, c'est pas forcément la danse d'une enfant, mais celle d'une jeune fille qui offre sa "danse" un peu à la légère à n'importe qui, comme on pourrait offrir sa virginité. Bon, là, je vais un peu loin, j'arrête avant de sombrer dans le moralisateur sexuel...


Mérôme
Là-Bas, 11 décembre 1997



En entendant cette chanson qui est pour moi la plus belle avec "En passant", je "vois" en effet un homme qui imagine sa femme dansant dans un pub, un bar, mais elle danse seule, insouciante, un peu ailleurs, dans ses rêveries, à moitié consciente, un peu saoule.

Et il est évident qu'elle ne ressent pas la douleur que ressent son ex à cause de cette séparation, elle ne souffre pas, elle n'y pense pas, elle est totalement ailleurs, étrangère à tout ça, comme si ça ne la concernait pas.

C'est peut-être un peu dur, comme interprétation, mais c'est ce que je ressens, et c'est comme ça que je comprends la question : "quand tu danses, y songes-tu ?" totalement identique à : "pourquoi je saigne, et pas toi ?".


E. T.
Là-Bas, 11 décembre 1997



Un inconnu a crit :

Hier soir, j'écoutais la radio en bossant un peu et ils ont passé "quand tu danses". Vous croyez que c'est pour ce clip qu'ils avaient besoin de personnes de 70-80 ans ?
Note préliminaire : tu bossais un peu, ce que je trouve charmant...

Ces personnes âgées illustreront probablement la passion morte, muée en appréciation tendre, mais monotone, morne avec le temps. Une vie de couple un peu forcée, prise comme un fait difficilement réfutable, dans l'oubli de lentrain du début.

Je suis, dans ma jeunesse fougueuse, poussé à rajouter que je refuse cette idée éphémère de la passion. J'essaierai à jamais, pour ma maigre part, d'être un amant entier. L'écrivain Alexandre Jardin, dans "Le Zèbre", conte les généreux efforts d'un homme qui, voyant sa vie de couple s'enliser dans les habitudes anesthésiantes, se débat pour ne pas devenir un mari. Son avant-dernière oeuvre, "L'île des Gauchers", essaie, plus loin encore, de définir le mari par rapport à l'amant (beaucoup de clins dil sont faits à la Nouvelle-Calédonie, qu'il a visitée en 1993, et où j'ai pu le rencontrer).

J'imagine que l'un regardera l'autre muettement, ressassera les clichés-souvenirs de leur ancienne complicité. Ce texte de Jean-Jacques est, à mes yeux juvéniles et inexpérimentés, plein soit de réalisme, soit de pessimisme et de résignation, car je ne dissocie pas le réalisme de la résignation. Il ne me semble de plénitude et de satisfaction que dans la poursuite effrontée et assurée de nos désirs les plus grotesques, aux yeux de la masse bien trop sérieuse pour se risquer à rêver. Quand tu danses, penses-y et nous l'écarterons, cette foutue fatalité.
Daniel a crit :

Il dit en réalité : "Mais que deviennent les amours éperdues", ce qui te permet de continuer à interpréter la chanson à ta manière...
A mon souvenir, il fait suivre "amoureux perdus" d'"amours éperdues". A croire, si cela n'est pas qu'un jeu de consonances adoptées pour leur beauté, que Jean-Jacques ne voit l'amour absolu que comme un coup de vent. Je crois en fait qu'il n'est pas si formel. Quant aux jumeaux, j'avoue ne rien comprendre.


Florian Cossa
Là-Bas, 20 janvier 1998



Présence des jumeaux : quand on s'aime, on finit par se ressembler. Quand l'amour "meurt", on reste (au départ au moins, le même) d'où la continuité dans la ressemblance sauf que les deux êtres sont séparés. C'est sur ce paradoxe que se construit la chanson. On ne peut effacer un amour parce qu'il nous a marqués et nous marquera toujours. D'après JJG, un même amour ne meurt jamais... ??


Xavier Bourdon
Là-Bas, 20 janvier 1998



Vous n'y êtes pas du tout. A mon avis, "Quand tu danses" parle de subjectivité.

En effet JJG veut dire que quand "tu" danses, alors "tu" deviens beau, très beau, tous tes défauts sont effacés et on tombe en admiration. C'est ce que JJG voulait dire quand il déclarait : "La musique a fini par me rendre beau, alors qu'objectivement je ne le suis pas". Voilà le vrai sens de cette magnifique chanson.

Greg Revel
Là-Bas, 20 janvier 1998



Plusieurs d'entre vous ont dit avoir été, heureusement, surpris de la présence du "Rapt" sur la tournée. Moi, c'est la présence de "Quand tu danses" qui m'a étonnée. Je la trouvais si intime voire intimiste, un peu comme "Tu manques", que je ne pensais pas la retrouver sur scène.

Je vous parlerai avant tout de l'émotion que j'ai ressentie à chaque fois que je l'ai entendue en concert.

Voilà un homme seul sur scène, devant nous, qui se livre sans oser nous regarder. Car, pendant toute la chanson, il garde les yeux clos, baisse la tête vers sa guitare, comme perdu dans ses pensées, ses souvenirs. Et puis, nous, en face, qui au début ne comprenons pas et commençons à l'accompagner... et, petit à petit, c'est le silence, nos voix se taisent pour le laisser, lui, chanter tout doucement comme s'il n'y avait personne en face. Il y a alors comme un malaise qui s'installe et on se sent un peu comme des voyeurs. On se demande comment il a la force de la jouer chaque soir alors qu'elle semble si personnelle.

Attaquons-nous aux paroles maintenant, car cette émotion n'est pas née seulement d'une attitude. Elle doit bien être liée aux mots aussi. Alors, je vais vous la décortiquer à ma façon

Tout d'abord, je ne la considère pas comme une chanson - constat mais plutôt comme une chanson - interrogation, c'est fou le nombre de questions qu'il pose en si peu de temps :
Mais que deviennent les amoureux perdus ?
Y songes-tu ? (10 x )
Mais quel après, après s'être appartenu ?
Mais que deviennent les amours éperdues ?
(Quand tu danses)
Ce qui me frappe aussi, c'est le contraste entre le titre de la chanson qui est aussi son leitmotiv, "Quand tu danses" qui évoque plutôt le plaisir, la gaîté, la légèreté... et le thème finalement abordé : il n'y a plus de nous, il n'y a plus que le doute.

Et ces "quand tu danses" qui reviennent sans arrêt, tous les vers ou tous les deux vers interrompant à chaque fois ce dont il parle comme si, à chaque fois, ses pensées revenaient à cette image. A chaque fois qu'il essaie de se tourner vers autre chose, tout le ramène à eux.

C'est un homme qui a perdu tout ce à quoi il croyait, tous ses repères et cherche à quoi se raccrocher. A ses souvenirs peut-être : "et toutes ces peines, toutes contre une seule de nos minutes", mais même cela ne suffit pas à combler le vide : "mais n'être plus rien".

Et puis, le sublime jeu de mot qui commence et termine la chanson, si typiquement goldmanien, un peu comme dans "A quoi tu sers". On passe des "amours éperdues" du début d'une histoire aux "amoureux perdus". Deux bouts de phrases si semblables au "son" mais qui marquent deux époques totalement différentes.

Valérie Augey
En passant, 4 octobre 1999



Merci à Valérie pour son très beau témoignage au sujet de "Quand tu danses" !

Je la rejoins tout à fait dans son interprétation. Chaque phrase a son poids dans ce titre, même la mise en scène de la chanson est très dure. D'un côté un homme murmurant, chuchotant ses doutes, ses souffrances ou ses questions, de l'autre cette femme qui danse, insouciante, tellement loin des préoccupations de celui avec lequel elle partageait pourtant tout, il n'y a pas si longtemps. Au passage, je trouve que c'est le génie de l'album "En passant". Rien n'est laissé au hasard, les textes d'apparence simple sont en fait archi-travaillés. Mais inutile d'essayer de convaincre avec cet argument le détracteur de JJG. Cette subtilité ne se découvre qu'après un nombre d'écoutes important !

Julien Schroeter
En passant, 6 octobre 1999



Je partage également les interprétations de "Quand tu danses" de Valérie et Julien mais je voulais juste rajouter qu'il y a deux vers que je trouve particulièrement beaux et tellement vrais : "amis non, ni amants, étrangers non plus.... Mais quel après, après s'être appartenus ?". C'est vrai, comment qualifier la relation avec quelqu'un qui n'est plus votre amant/e, qui n'en est pas pour autant votre ami/e mais que pourtant vous connaissez si bien ?!

Cet "après" est très dur à vivre surtout pour celui/celle qui vient d'être quitté/e et c'est sans doute ce qui rend sa "guérison" encore plus longue et douloureuse. Je dois dire que les premières fois où j'ai écouté cette chanson, je n'avais pas fait attention à ses paroles en détail mais ensuite quand j'ai perçu leur justesse, je me suis dit qu'encore une fois, JJ avait écrit quelque chose que j'avais souvent pensé (pas aussi clairement ni aussi poétiquement je vous rassure !!! ) et "Quand tu danses" est venue s'ajouter à la liste (déjà longue) des chansons que j'ai fait "miennes", celles qui me touchent le plus. Merci Jean-Jacques !!!!

Manuella Nselel
En passant, 6 octobre 1999



 




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