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Journée spéciale Fredericks Goldman Jones
(O'FM, 29 décembre 1993)

Journée spéciale Fredericks Goldman Jones
O'FM, 29 décembre 1993
Nom de l'animateur non précisé
Retranscription de Anne Meunier et de Christine Artus

Animateur : Bonjour Jean-Jacques Goldman.

Jean-Jacques Goldman : Bonjour.

Animateur : Bonjour Michael Jones.

Michael Jones : Bonjour.

Animateur : Et je termine par la dame, mais ce n'est pas parce que je l'aime moins. Bonjour Carole Fredericks.

Carole Fredericks : Bonjour.

Animateur : C'est la journée spéciale Fredericks Goldman Jones sur O'FM. On est très heureux de vous accueillir. Malgré cette heure, c'est vrai, il est tôt. Je suis désolé, il est 6h45. Vous avez l'habitude de vous lever tôt là tous les trois ? A qui dois-je parler ? Parce qu'il y en a peut-être deux qui ne sont pas matinaux.

Carole Fredericks : Ce n'est surtout pas moi qui suis matinale.

Animateur : On oublie, on vous laisse dormir Carole.

[Rires]

Animateur : Vous n'aimez pas vous lever tôt ?

Carole Fredericks : Non.

Animateur : On va expliquer ce qui se passe quand même parce qu'à chaque fois que vous bougez la tête, on entend vos boucles d'oreille.

Carole Fredericks : Oui.

Animateur : Alors on va expliquer.

Carole Fredericks : Ça me réveille un peu.

[Rires]

Animateur : Ça vous réveille. Jean-Jacques, le matin ?

Jean-Jacques Goldman : Le seul matinal, c'est Michael.

Animateur : Ah bon ! C'est vrai qu'il a l'air réveillé ce matin, vous avez l'air en forme.

Michael Jones : J'ai la chance d'habiter dans le Sud et c'est un endroit où il faut profiter des journées. Donc, quand je suis en bas, quand je suis chez moi, je me lève assez tôt pour profiter de tout.

Animateur : C'est-à-dire, vous profitez de quoi ?

Michael Jones : Du soleil déjà, c'est pas mal.

Animateur : Vous habitez où dans le Sud, on peut le dire ?

Michael Jones : A côté d'Aix-en-Provence.

Animateur : Ah oui ! Belle région, quand même. Jean-Jacques le matin, vous, ce n'est pas la peine d'en parler.

Jean-Jacques Goldman : J'aime autant pas. Je me couche le matin.

Animateur : Vous vous couchez le matin. C'est la nuit, vous. Qu'est-ce que vous faites la nuit ? Vous écrivez ?

Jean-Jacques Goldman : Je suis tranquille.

Animateur : Vous profitez de vos nuits aussi ?

Jean-Jacques Goldman : Oui, j'écris, je travaille, je bouquine…

Animateur : Et lorsque vous êtes en tournée tous les trois, je suppose qu'il y a des matins que vous passez ensemble quand même ?

Jean-Jacques Goldman : Non, on a une chambre chacun dans les hôtels.

[Rires]

Animateur : Ah bon, alors les rumeurs sont fausses ! Vous réveillez Carole tous les trois. Excusez-moi, vous avez l'air endormie, Carole.

Jean-Jacques Goldman : Il ne faut jamais réveiller Carole sous peine de mort.

Carole Fredericks : Je suis très gentille, mais le matin je suis méchante.

Animateur : Vous ne m'en voulez pas quand même ?

Carole Fredericks : Je suis un dragon, je crache le feu. Non, pas pour les interviews, je suis un peu plus sage.

Animateur : Michael, vous êtes arrivés tout à l'heure en disant qu'il y avait des émissions où il fallait aller le matin. Ça ne vous dérange pas quand même ?

Michael Jones : Moi, ça ne me dérange pas, moi, personnellement.

Animateur : Bon, c'est votre journée spéciale en tout cas sur O'FM. Vous êtes là ce matin, mais je vous rassure, vous allez rester là jusqu'à ce soir. Donc, vous allez avoir le temps de vous réveiller. On va vous retrouver dans toutes les émissions. Et tout de suite sur O'FM, pour bien vous réveiller, on va entendre les Chœurs de l'ex-Armée Rouge que vous avez été rejoindre pour votre album et puis vous trois ensuite pour cette chanson. Premier extrait de l'album "Rouge", ça s'appelle "Rouge" justement. Merci Carole en tout cas d'être là ce matin. Merci Michael et merci Jean-Jacques de passer la journée avec nous sur O'FM.

[Rouge]

Animateur : C'est la journée spéciale Goldman Fredericks Jones sur O'FM. Merci à tous les trois d'être là, de bon matin. Même si vous êtes arrivés maintenant depuis plus d'une heure, ce qui a permis à Carole de se réveiller un peu plus, quand même.

Carole Fredericks : Oui.

Animateur : Ça va mieux ?

Carole Fredericks : Oui, ça va beaucoup mieux.

Animateur : A chaque fois, elle me lance des regards du genre "C'est à cause de toi que je me suis levée tôt ce matin".

Carole Fredericks : Non, pas du tout.

Animateur : Alors, à l'instant il y avait les programmes de la télévision sur O'FM et dans une de vos chansons "On n'a pas changé", c'est la deuxième chanson de l'album, vous parlez un petit peu de la télévision. Vous dites notamment que notre monde s'est audimatisé. Vous dites également que tout ce qui passe à la télévision devient vérité. Une petite attaque sur la télé qui passe bien. Jean-Jacques ?

Jean-Jacques Goldman : Ce n'est pas une attaque, c'est un constat, qu'on peut regretter, que je regrette, mais c'est vrai, on existe ou on meurt avec la télé. On a l'impression que rien ne peut exister, que cela soit sur le plan artistique, ou même des fois sur le plan des idées, sur le plan des œuvres. Je m'en rends compte avec des trucs comme les Restos du cœur et tout ça. La télé fait vivre et mourir un peu tout.

Animateur : Et ce qui vous gène là-dedans justement, c'est qu'elle prend justement de plus en plus de poids, c'est-à-dire qu'elle décide de ce qui doit vivre et de ce qui doit mourir.

Jean-Jacques Goldman : Elle décide, mais c'est juste un instrument, donc, c'est à nous d'essayer de l'utiliser. Mais c'est vrai que ça fait bizarre de savoir que si les gens qui s'occupent de la Bosnie savent l'utiliser, il va y avoir une mobilisation des gens sur la Bosnie et si les gens qui s'occupent de la Somalie ou du Cambodge à un moment n'ont plus les feux de l'actualité, les gens vont s'en désintéresser. Mais c'est comme ça, c'est un fait, il faut en tenir compte.

Animateur : En règle générale, tous les trois vous regardez beaucoup la télévision ? Carole ?

Carole Fredericks : Non, je regarde le soir, très tard. J'ai le câble, je regarde le soir. J'aime beaucoup Planète.

Animateur : Michael, la télé ?

Michael Jones : Moi, c'est pareil, je n'ai pas le câble, j'ai le satellite et j'ai quelques paraboles sur le toit. Moi, ce que j'aime bien, c'est zapper entre les journaux télévisés.

Animateur : Ah bon !

Michael Jones : Mais pas zapper entre TF1 et Antenne 2. Mais entre CNN, Skynews et TF1 par exemple.

Animateur : Ah oui, parce que pour vous, c'est plus simple, pour les langues, c'est moins difficile…

Michael Jones : C'est drôle parce qu'ils parlent des même sujets et ce n'est pas du tout la même chose.

Animateur : Le traitement de l'information selon les pays ?

Michael Jones : Ah oui ! Ils traitent l'information par rapport aux gens qui écoutent. C'est fou ça !

Animateur : Alors, Jean-Jacques, vous devez faire avec Michael et avec Carole de la promotion pour les albums et je crois que vous n'aimez pas trop aller à la télévision pour les promotions et essayer de chanter en live comme on essaye de vous le demander.

Jean-Jacques Goldman : Oui, je trouve que la télévision est un instrument un peu plastique et je trouve que c'est fait pour des prestations artistiques plastiques, c'est-à-dire que je ne crois pas qu'il faille aller chanter en live à la télé à partir du moment où l'on n'a pas de garantie de son, ou très peu. Un concert, par exemple, qui est retransmis à la télé, pour moi, c'est une hérésie. Il n'y a jamais l'ambiance qu'il y a à un concert. Ce n'est pas fait pour, c'est comme voir un film à la télé.

Animateur : Il y a toujours l'écran qui est là avec l'image.

Jean-Jacques Goldman : Oui, la petitesse, c'est un instrument, un média vraiment à part la télé et, à mon avis, qui n'est pas très compatible avec ce qu'on fait. Mais je me trompe peut-être.

Animateur : Carole, Michael, Jean-Jacques, je vous propose d'écouter cette chanson justement dans laquelle vous parlez un petit peu de télévision, mais bien sûr d'autres sujets, surtout d'autres sujets dirais-je "On n'a pas changé". Jean-Jacques Goldman, Carole Fredericks et Michael Jones passent toute cette journée avec nous sur O'FM. C'est normal, c'est leur journée spéciale.

[On n'a pas changé]

Animateur : Jean-Jacques Goldman, tout va bien ?

Jean-Jacques Goldman : Tout va bien.

Animateur : C'est votre journée spéciale sur O'FM, vous êtes arrivés tôt, vous restez tout au long de la journée, vous êtes venu avec Carole Fredericks et Michael Jones. Ça ne me surprend pas vraiment. Bonjour à tous les deux et à tous les trois, pour l'album "Rouge" qui vient de sortir. Alors généralement, à cette heure là, je demande à l'artiste qui est là pour la journée spéciale de choisir un morceau qui n'est pas forcément de son album. Mais là, comme vous êtes là tous les trois, je suis devenu un petit peu plus vicieux et je me suis dit que j'allais vous demander à chacun quelle est la chanson de cet album que vous avez envie d'entendre maintenant. On commence par qui ? On commence par Carole.

Carole Fredericks : "Des vôtres".

Animateur : "Des vôtres". C'est sorti tout de suite, vous n'avez pas hésité.

Carole Fredericks : Oui.

Animateur : Pourquoi ?

Carole Fredericks : Parce que pour le moment c'est "Des vôtres" qui me fait vibrer le plus et je la passe 7 à 8 fois par jour à fond la caisse. Mais ça peut changer.

Animateur : Ça peut changer ?

Carole Fredericks : Ah oui, mais pour le moment, c'est "Des vôtres".

Animateur : Michael ?

Michael Jones : Moi, c'est "Frères".

Animateur : "Frères", c'est pas loin. Les chansons "Des vôtres", "Frères", ce sont des chansons qui se rapprochent. La réponse est également parce que vous l'écoutez à fond la caisse comme a dit Carole.

Michael Jones : Oui, j'aime bien écouter "Frères" à fond la caisse. J'écoute tout à fond la caisse.

Animateur : Tout l'album. Jean-Jacques ? La chanson ?

Jean-Jacques Goldman : Moi, c'est "Des vôtres" en ce moment aussi.

Animateur : 2 à 1. Je suis désolé Michael.

Michael Jones : Non, mais je n'ai pas dit "Des vôtres" parce que Carole l'avait déjà dit, je ne voulais pas faire pareil.

[Rires]

Animateur : Alors, comment ça se passe ? Il y a des chansons comme ça que vous préférez. Est-ce que ce sont des chansons que vous allez mettre en avant, parce que c'est "Rouge" qui est sorti quand même. Et lorsque je vous demande quelle est la chanson que vous aimeriez faire écouter, vous me répondez "Des vôtres".

Jean-Jacques Goldman : Oui, justement, parce qu'on ne l'entend pas souvent.

Animateur : Il y a des chansons comme ça qui passent inaperçues finalement dans les albums parce qu'elles ne sont pas jouées sur les radios. Vous regrettez ensuite ?

Jean-Jacques Goldman : Elles ne passent pas inaperçues. Au bout d'un certain temps, on se rend compte que pour les gens qui nous suivent et qui sont les gens les plus importants, pour ceux qui nous suivent vraiment, qui vont au concert et tout ça, il n'y a plus de différence entre les chansons qui sont sorties en radio et celles qui ne sont pas sorties. Et souvent, celles qu'ils aiment bien, ça va être des chansons comme "Veiller tard", des chansons comme "Tu manques", comme "Famille", etc… qui ne sont pas forcément des chansons qui sont sorties en single.

Animateur : Qui ne sont pas sorties, c'est vrai, qui étaient également sur les deuxièmes plages des CD. Parce qu'il y a les mini-CD, c'est pratique aussi. "Des vôtres", pour vous, c'est pour la même raison que Carole et Michael, vous l'écoutez à fond ? Ou c'est parce qu'elle vous rappelle quelque chose ?

Jean-Jacques Goldman : Là, on a sorti l'album il n'y a pas longtemps, donc, on l'a fini il n'y a pas tellement longtemps, et ce n'est pas ce qu'on appelle un single potentiel et en ce moment, on n'écoute plus de façon fonctionnelle les chansons en se disant, bon, maintenant, qu'est-ce qu'on donne à la radio. Et donc, celle-ci, on l'écoute un petit peu moins et moi, c'est vrai que je trouve qu'il se passe quelque chose dans cette chanson.

Animateur : Qu'est-ce qui se passe, Carole, dans cette chanson ? Vous qui l'écoutez à fond.

Carole Fredericks : Déjà, c'est les paroles, la musique, c'est un mélange de funk et rock à mort. [Rire] J'adore.

Animateur : Michael, d'accord avec ça ou il y a encore une autre raison ?

[Michael réfléchit et hésite avant de répondre]

Jean-Jacques Goldman : Longue réflexion.

Michael Jones : On entend bien la guitare.

Animateur : Ce sont les vôtres, tant mieux. Bon, on va écouter "Des vôtres" tout de suite sur O'FM. puisque vous avez l'air d'accord. Extrait de l'album "Rouge" donc. Et Jean-Jacques Goldman, Carole Fredericks et Michael Jones passent toute cette journée avec vous et avec nous sur O'FM. Ça nous fait vraiment très plaisir, vous allez les retrouver dans toutes les émissions. Merci en tout cas d'être venus très tôt ce matin.

[Des vôtres]

Animateur : Vous avez fait une tournée avec Johnny, Sanson, Mitchell et Sardou. L'an dernier, c'était ce très beau concert consacré à Starmania. Cette année, pour 94, qu'est-ce que vous préparez ?

Jean-Jacques Goldman et Michael Jones : Il y a eu l'Opéra aussi !

Animateur : Oui, l'Opéra.

Jean-Jacques Goldman : Là, on prépare une émission sur février qui soit un peu différente, c'est-à-dire pas fondée sur la variété. Il y aura de la variété bien sûr, mais aussi une émission qui soit plutôt basée sur toutes les opérations locales qui ont lieu et qui sont des opérations absolument magnifiques au profit des Restos du Cœur.

Animateur : J'imagine tous les trois que vous êtes extrêmement sollicités pour des opérations humanitaires et par diverses associations, comment faire pour hiérarchiser ce qui est très important et ce qui l'est un tout petit peu moins ? Est-ce que vous arrivez parfois à donner des priorités ? Carole ? Michael ? Jean-Jacques ?

Michael Jones : Moi, je fais surtout des choses qui me touchent. J'ai fait un truc pour les enfants handicapés il n'y a pas très longtemps parce que mon voisin a un enfant handicapé. Les Restos du Cœur, je m'en occupe un petit peu aussi dans mon petit village parce qu'ils ont besoin d'aide de temps en temps. Mais je ne fais pas plus que la chef d'antenne du village parce qu'elle se démène vraiment. Je donne seulement un petit coup de main.

Animateur : Et vous Carole ?

Carole Fredericks : J'ai l'impression que je ne fais pas assez. J'aimerais faire mieux, c'est tout. Je suis sûre que je ne fais pas assez. Mais comme tout le monde, je me dis oui, je le ferai demain. Mais quand les gens me demandent, je dis oui. Mais toute seule, je pense que je ne fais pas assez.

Animateur : Jean-Jacques, je sais que vous recevez des dizaines de demandes par jour. Vous avez quelqu'un qui répond à chaque fois ?

Jean-Jacques : J'ai un polycopié, je ne peux malheureusement pas répondre à toutes les sollicitations dont je fais l'objet. "Recevez mes encouragements pour votre action…", c'est atroce, mais c'est comme ça, au moins, ils méritent une réponse et puis il y en a une sur cent qui dit "ce mec là est formidable" et il y en a 99 sur 100 qui disent "ce type là est un salaud". Qu'est-ce que vous voulez que j'y fasse ?

Animateur : On va écouter justement un extrait de ce concert des Enfoirés. Une chanson que vous chantez avec Vanessa, Jean-Jacques, "Les uns contre les autres".

[Les uns contres les autres]

Animateur : "Les uns contres les autres", Jean-Jacques et Vanessa. Et vous étiez là vous aussi, Carole ?

Carole Fredericks : J'étais dans le public.

Animateur : Spectatrice ?

Carole Fredericks : Et j'avais mal. C'était super, vraiment super le spectacle !

Animateur : Quel souvenir gardez-vous de cette soirée Jean-Jacques ? Le plus difficile, c'est de l'organiser bien sûr, après, une fois que c'est fini, vous vous dites "Ouf, c'était bien" ?

Jean-Jacques Goldman : J'ai du mal à profiter des moments parce que j'ai l'impression que tout est sur mes épaules. Je pense chaque fois à une panne possible. Je me rappelle, il y avait Bohringer qui était là et qui au dernier moment n'est pas venu parce que le spectacle commençait trop tard. A chaque fois, il y a eu énormément de problèmes. Balasko qui jouait au théâtre, ils ont du faire du remplissage pendant 2 minutes, elle est arrivée au dernier moment. Bref, je n'arrive pas vraiment à jouir du moment et ce n'est que bien après que je me dis que finalement c'était bien. Et ce que je sais, c'est que tous les artistes qui ont participé à ça en gardent un souvenir vraiment extraordinaire et c'est ce qui est l'essentiel.

Michael Jones : Bohringer, moi, j'ai assisté à son départ, il était navré, et il fallait qu'il parte parce qu'il jouait.

Jean-Jacques Goldman : Ce sont des choses qui sont très lourdes.

Animateur : C'est difficile à gérer tout ça ?

Jean-Jacques Goldman : Oui.

Animateur : Mais après quel bonheur, quel plaisir !

Jean-Jacques Goldman : Oui, et même pendant, tous ont vraiment un souvenir ému. Ils en parlent encore.

Animateur : On m'a surtout parlé de ce qui a suivi le concert au Zénith. C'est la soirée qui a eu lieu au Banana Café, il paraît que là vous avez eu droit à des bœufs.

Jean-Jacques Goldman : Oui, tout le monde s'est déchaîné.

Animateur : Je sais que Patrick Bruel s'en souvient très bien.

Jean-Jacques Goldman : Tout le monde s'en souvient.

Animateur : Vous parliez tout à l'heure des lettres que vous envoyez, les polycopiés que vous envoyez aux gens qui vous sollicitent. Mais dans le métier, je crois que j'ai rarement rencontré de personnes qui ne vous aiment pas.

Jean-Jacques Goldman : Moi, j'en connais. [Rire]

Animateur : Vous en connaissez ?

Jean-Jacques Goldman : Ça tombe bien parce que je ne les aime pas non plus.

Animateur : Est-ce qu'ils sont nombreux sur cette liste, votre liste rouge ?

Jean-Jacques Goldman : Ça va, mais vous savez, je ne rencontre pas trop de gens du métier et puis on a tellement des manifestations d'amour. Ça paraît bidon, mais je ne vois pas d'autres mots pour parler de ça. Des lettres, des petits mots, des fois un petit message sur le répondeur, comme ça, de gens anonymes, on ne sait même pas comment ils ont eu notre numéro, et qui nous disent des mots doux, que tout ça paraît bien secondaire par rapport à ces manifestations là.

Animateur : Est-ce que vous êtes très sensible à tous les hommages que l'on peut vous rendre à travers des lettres, des appels, des fleurs… Carole ?

Carole Fredericks : Très sensible. Ça veut dire, est-ce que j'apprécie ça ? J'apprécie mais souvent j'ai l'impression que ce n'est pas moi et je trouve que c'est bien parce que si je prends tout ça vraiment pour moi, je crois que je perdrais ma tête. Et c'est éphémère tout ça, c'est comme le parfum, tout le monde sent Carole aujourd'hui mais peut être demain, ce sera Beverly ou je ne sais pas. C'est bien, c'est flatteur, mais j'essaye de ne pas le prendre pour parole d'évangile.

Animateur : Vous avez l'impression de vous dédoubler ? C'est-à-dire, il y a l'artiste sur scène et après il y a la femme dans la vie.

Carole Fredericks : Il y a plein d'aspects de Carole. Je dis toujours que quand je monte sur scène, il y a quelque chose, un autre aspect de Carole qui est là. Et quand je descends, je suis Carole qui marche comme ça. Mais sur scène, j'ai une énergie, c'est drôle. Mais, c'est un autre aspect, parfois les gens confondent parce qu'ils sont impressionnés par cette Carole. Mais Carole sur scène, ce n'est pas la même Carole qui…

Jean-Jacques Goldman : Qui est dans sa cuisine !

Carole Fredericks : Qui est dans sa cuisine, oui.

Animateur : Est-ce qu'elle fait de la cuisine, Michael et Jean-Jacques ?

Jean-Jacques Goldman : Oui, très bien.

Animateur : Vous avez une spécialité, un plat américain ?

Carole Fredericks : Des plats américains, non-américains. Le poulet pané, épicé. Des barbecues… mais je fais des pâtes à tomber par terre !

Animateur : C'est vrai. Des pâtes à quoi ?

Carole Fredericks : Avec des merguez, des lardons.

Animateur : Oh !

Carole Fredericks : Mais arrête…

Animateur : Je n'aime pas tout ça !

Carole Fredericks : Mais tant pis !

Michael Jones : Oui, tant pis !

Animateur : On va laisser goûter les autres évidemment.

Michael Jones : It's perfect !

Carole Fredericks : L'ail frais, l'oignon, c'est bon, la crème fraîche…

Jean-Jacques Goldman : Ça tombe bien, il n'était pas invité.

Carole Fredericks : Exactement !

Animateur : Bien, on va maintenant offrir cet album pour lequel vous êtes venus toute la journée aujourd'hui. Donc, l'album "Rouge" avec, on le rappelle, le livre que vous avez écrit, Jean-Jacques, avec Sorj Chalandon et Lorenzo Mattotti pour les illustrations. Donc, tout ça est réuni dans un très beau coffret métallique. Ce sont des coffrets numérotés, oui, non ?

Jean-Jacques Goldman : En ce qui concerne le disque, tous les disques ont cette pochette là. Il n'existe pas de disque sans la pochette métallique.

Animateur : Oui, mais le coffret avec le bouquin ?

Jean-Jacques Goldman : Non, c'est le même disque qui est dans le bouquin.

Animateur : Non, mais bien sûr.

Jean-Jacques Goldman : Donc ce sont des bouquins qui ne sont pas numérotés.

Animateur : D'accord. Bien, on va l'offrir et puisque vous êtes trois et qu'on a un coffret à offrir, on va dire que le trentième appel gagnera le coffret. Vous êtes d'accord ?

Jean-Jacques Goldman : Oui, tout à fait !

Animateur : Aller c'est parti pour gagner l'album "Rouge" de Jean-Jacques Goldman, Carole Fredericks et Michael Jones.

Animateur : Alors, aujourd'hui nous sommes le mercredi 29 décembre, on approche de cette fin d'année 1993. Est-ce que vous êtes très bilan tous les trois ? Est-ce que vous faites le point en vous disant "Tiens cette année j'ai trop fait de ceci, j'ai pas assez fait de cela". Est-ce que vous aimez ça ou est-ce qu'au contraire vous regardez droit devant vous ? Michael ?

Michael Jones : Moi, bilan, non pas du tout. Non, je me demande plutôt, qu'est-ce que je vais faire. Je suis passionné d'histoire pourtant, mais pas la mienne. Non, ce n'est vraiment pas quelque chose qui me passionne.

Animateur : Carole ?

Carole Fredericks : Non, je suis plus intéressée par l'avenir que par l'année qui est passée.

Animateur : Vous n'avez pas de regret ? Vous n'avez pas de remords ?

Carole Fredericks : J'ai un petit, mais c'est privé.

Animateur : Oui. Et vous Jean-Jacques ?

Jean-Jacques Goldman : Non, moi non plus, je ne fais pas beaucoup de bilans ou alors je les fais sur cinq ans ou dix ans, des choses comme ça. Mais comme ça, faire un bilan de l'année, non.

Animateur : Vous n'êtes pas très passéiste. Est-ce qu'il y a des événements qui vous ont marqué cette année dans l'actualité ? On a le choix entre la paix, les changements politiques, les affaires en France, il y a eu plein de choses.

Jean-Jacques Goldman : Oui, les réactions aux affaires, c'est intéressant de voir comment tout se passe, les élections en Italie.

Animateur : Vous avez suivi le feuilleton Tapie par exemple ?

Jean-Jacques Goldman : Un petit peu.

Animateur : De près, de loin ?

Jean-Jacques Goldman : Oui, j'ai été très intéressé par ça.

Animateur : Vous ne voulez pas en parler davantage ?

Jean-Jacques Goldman : Non, c'est intéressant de voir comment la société française peut réagir en face d'un escroc.

Animateur : D'accord.

Jean-Jacques Goldman : Apparemment, elle l'expulse. C'est bien.

Animateur : Il y a une chanson qui s'appelle "On n'a pas changé" qui est sur l'album, dans laquelle vous dites "J'ai un président pathétique, cynique et démodé".

Jean-Jacques Goldman : Oui.

Animateur : Vous parlez de François Mitterrand ?

Jean-Jacques Goldman : Oui. Vous ne le trouvez pas pathétique ?

Animateur : Non, moi je n'ai pas d'avis à donner.

Jean-Jacques Goldman : C'est pas "démodé", c'est "boursouflé" je crois, le terme exact.

Animateur : Ça veut dire vivement qu'on en change.

Jean-Jacques Goldman : Non, mais il fait pitié cet homme là. Ça doit être tragique à son âge de se rendre compte qu'on n'a pas été à la hauteur des espoirs qui étaient en lui. Ça doit être très difficile à vivre, mais peut-être qu'il s'en fout.

Animateur : Pour vous, les deux septennats, c'est un échec.

Jean-Jacques Goldman : Je crois pour tout le monde, personne ne dit le contraire, même pas… enfin qui peut dire ça ?

Animateur : Bon, puisque c'est l'avenir qui vous intéresse, quels sont les souhaits que vous avez à formuler pour l'année 1994 ? Carole ?

Carole Fredericks : J'espère qu'elle va bien se passer, je sais que je vais m'éclater autant parce que je m'éclate tout le temps.

Animateur : C'est à partir de quand la tournée ?

Carole Fredericks : Mai, juin.

Animateur : Plus vos désirs personnels dont on ne parlera pas ce matin.

Carole Fredericks : Non.

Animateur : Et vous Michael ?

Michael Jones : J'espère seulement que l'année prochaine sera un peu moins morose que celle qui vient de passer et que les gens vont pouvoir s'amuser la tête haute et vivre beaucoup mieux. Je pense qu'il faut espérer que la récession est en voie de disparition pour que tout le monde puisse vivre comme ils ont envie de vivre ou dans la mesure du possible et qu'ils soient heureux.

Animateur : Enfin, le mot de la fin Jean-Jacques ?

Jean-Jacques Goldman : Il y en a tellement, je ne sais pas, un truc comme le vaccin anti-sida par exemple, parce que j'ai une fille qui a 18 ans et ça ne doit pas être marrant d'avoir 18 ans maintenant. Et puis que les gens commencent à voir les choses pas de façon sectaire, mais en allant vers des solutions plus simplement honnêtes et puis réalistes.

Carole Fredericks : Positives aussi !

Jean-Jacques Goldman : Oui.

Carole Fredericks : Parce que les gens sont trop négatifs.

Animateur : Bien, en tous les cas, on a été très content de vous avoir dans cette émission et puis on sait que vous passez la journée sur O'FM. Je vous souhaite une bonne fin d'année. Vous savez ce qu'on dit dans le midi ? Vous habitez dans le midi Michael ?

Michael Jones : Oui.

Animateur : Vous savez ce qu'on dit ?

Michael Jones : Non, vas-y.

Animateur : Comme on ne doit pas souhaiter bonne année avant le premier janvier, on dit "Je vous souhaite un bon bout d'an".

Michael Jones : Ah oui !

Animateur : Un bout d'an.

Jean-Jacques Goldman : C'est mignon ça.

Animateur : Alors, je vous souhaite ça.

Jean-Jacques Goldman : On vous le souhaite aussi.

Animateur : Et puis, j'espère vous revoir bientôt. Moi, je vous retrouve demain matin à partir de 10h00 et demain à votre place j'accueillerai Antoine.

Michael Jones : Et bien voilà.

Jean-Jacques Goldman : Bienvenu au marin.

Animateur : Dans un instant, vous allez retrouver Annie Cavarillan. Je vous souhaite de passer une très belle journée avec Jean-Jacques, Carole, Michael et les autres, bien sûr, sur O'FM, à demain.

Annie Cavarillan : Ça va, tout se passe bien ?

Ensemble : Oui.

Annie Cavarillan : La journée spéciale sur O'FM. Alors, on va tout savoir de vous, en tout cas on va essayer un petit peu de mieux vous cerner. On va commencer par Jean-Jacques Goldman. Vous êtes né où et quand ?

Jean-Jacques Goldman : Alors, je suis né à Paris XIXème arrondissement en 1951.

Annie Cavarillan : Et le jour ?

Jean-Jacques Goldman : Le 11 octobre.

Annie Cavarillan : Ce qui vous fait quel signe ?

Jean-Jacques Goldman : Balance.

Annie Cavarillan : C'est important pour vous ?

Jean-Jacques Goldman : Non.

Annie Cavarillan : Pas du tout. Carole Fredericks ?

Carole Fredericks : Oui.

Annie Cavarillan : Vous êtes née où et quand ?

Carole Fredericks : Je suis née…

Annie Cavarillan : Elle ne veut pas dire son âge.

Carole Fredericks : A Springfield, Massachusetts, le 5 juin.

Jean-Jacques Goldman : D'une année …

Michael Jones : D'une certaine année !

Carole Fredericks : D'une année et je suis Gémeaux, deuxième signe de l'air, non, premier signe de l'air.

Michael Jones : Moi, je suis né le 28 janvier 1952 à Welshpool aux Pays de Galles et je suis "Aquarius", Verseau si vous voulez, ascendant Balance.

Annie Cavarillan : Très bien.

Jean-Jacques Goldman : Et Dragon.

Carole Fredericks : Moi, je suis Dragon aussi et ascendant Scorpion.

Annie Cavarillan : Voilà peut-être ce qui vous réunit. Alors à l'époque de vos naissances respectives, on va essayer d'apprendre à vous connaître et à connaître le milieu dans lequel vous êtes nés. Jean-Jacques Goldman, la profession de vos parents ?

Jean-Jacques Goldman : Mon père est arrivé en France à l'âge de 15 ans, il a commencé à être mineur, puis poseur de rail. Après il a travaillé dans des trucs de cuir et ensuite il a fini dans un magasin de sport.

Annie Cavarillan : Et votre maman ne travaillait pas ?

Jean-Jacques Goldman : Si, ma mère a été jardinière d'enfant, on disait à cette époque-là, elle travaillait avec les tout petits et ensuite elle a travaillé avec mon père dans la boutique.

Annie Cavarillan : Et vous étiez plusieurs dans la famille, des frères, des sœurs ?

Jean-Jacques Goldman : Oui, nous étions quatre, trois garçons et une fille.

Annie Cavarillan : Et vous aviez quel numéro ?

Jean-Jacques Goldman : J'étais le numéro trois.

Annie Cavarillan : Pourquoi vous réfléchissez, c'est si dur ? Carole Fredericks, la profession des parents ?

Carole Fredericks : Maman était chanteuse et papa était parolier et pianiste, mais ils ont tout abandonné pour élever leurs gosses à Springfield, on est né là-bas, sauf mon grand frère qui est né à Harlem à New York. Donc, après, elle était institutrice et professeur d'anglais et papa travaillait dans une usine chimique là-bas.

Annie Cavarillan : Et vous vous étiez quel numéro dans la famille ?

Carole Fredericks : Je suis la septième de neuf enfants.

Annie Cavarillan : Oh ! Michael Jones ?

Michael Jones : Moi, mon père, c'est un peu comme le père de Jean- Jacques, il a un peu tout fait. Il a commencé par être militaire de carrière, après il a fait laveur de vitre, je crois…

Jean-Jacques Goldman : Il y a une progression.

Michael Jones : Oui, il y a une progression. Non, il a été coach de golf, il apprenait le golf, il a été menuisier, il a été entrepreneur de bâtiment. Il a fait plein de choses et ma mère, elle n'a rien fait, elle s'est contentée de nous élever.

Carole Fredericks : C'est un boulot.

Michael Jones : Si, à la fin, elle a cherché un boulot parce qu'elle s'emmerdait quand on est partis.

Annie Cavarillan : Evidemment.

Michael Jones : Elle a été bosser dans une entreprise.

Annie Cavarillan : Combien d'enfants dans la famille ?

Michael Jones : Trois.

Annie Cavarillan : Et vous ?

Michael Jones : Number one.

Annie Cavarillan : Number one ! Jean-Jacques Goldman, quel genre d'enfant étiez-vous ? Turbulent ? Sage ?

Jean-Jacques Goldman : Sage, très sage.

Annie Cavarillan : Enquiquinant ? Non. Enfant modèle ?

Jean-Jacques Goldman : Non, parce que j'étais même un peu trop sage et assez solitaire et assez énervant, je suppose, pour des parents.

Michael Jones : Tu n'as pas changé.

[Rire]

Annie Cavarillan : Vous règlerez ça après entre vous. Carole Fredericks ? Petite fille modèle ?

Carole Fredericks : J'étais "pareil", je riais tout le temps, exactement comme maintenant. Rien n'a changé, non je pense que j'étais une enfant, j'étais petite fille quoi. J'adorais jouer. Ma mère m'a dit que j'étais bien.

Michael Jones : Moi, je devais être quelconque, je ne sais pas, rien d'extraordinaire, j'ai commencé à différer des autres le jour où j'ai commencé à faire de la musique, c'est tout. Mais sinon, j'ai joué au foot avec les mêmes copains, je faisais les mêmes conneries avec les autres, voilà.

Annie Cavarillan : Justement, à propos de l'école, Michael Jones, ça se passait comment ?

Michael Jones : Très bien.

Annie Cavarillan : Bon élève ?

Michael Jones : Jusqu'au Bac dans les moyens et brillant au Bac, je ne sais pas pourquoi, je n'ai jamais compris pourquoi.

Annie Cavarillan : Vous avez eu de la veine.

Michael Jones : Non, parce que ça s'est poursuivi par la suite. Je crois que j'étais tombé sur des profs qui étaient intelligents et qui savaient rendre les sujets intéressants. Tout d'un coup ! Voilà.

Annie Cavarillan : Carole Fredericks ?

Carole Fredericks : J'étais pas mal comme élève parce que ma mère était institutrice.

Jean-Jacques Goldman : T'es toujours pas mal maintenant.

Carole Fredericks : Merci, chéri. C'était obligé, j'étais obligée, mais vers l'âge de 17 ans, j'ai commencé à dérailler un peu.

Annie Cavarillan : A cause des garçons ?

Carole Fredericks : Non, parce que mes parents étaient très stricts.

Jean-Jacques Goldman : A cause des filles !

Carole Fredericks : Surtout pas à cause des filles, arrête… N'importe quoi.

Annie Cavarillan : Faites attention parce qu'il va vous faire une réputation terrible.

Carole Fredericks : Non, pas lui.

Annie Cavarillan : Faut le surveiller.

Carole Fredericks : Non, parce que j'ai commencé à poser plein de questions et c'était le second mouvement hippie, baba cool et tout ça et voilà, je me suis posée des questions. Je suis allée à la fac pendant peut-être un an et demi et après je suis partie.

Annie Cavarillan : Jean-Jacques Goldman ? L'école ?

Jean-Jacques Goldman : J'étais un élève moyen.

Annie Cavarillan : Ça ne vous passionnait pas ?

Jean-Jacques Goldman : Non.

Annie Cavarillan : Question sur O'FM pour gagner le mini compact-disc "Rouge". Quelle est la chanson qui a réuni ces trois personnes Jean- Jacques Goldman, Carole Fredericks et Michael Jones pour la première fois, trois propositions : réponse A, "Je te donne", réponse B : "A nos actes manqués", réponse C : "Américain". Vous jouez en appelant le standard jeu ou alors sur le minitel.

Annie Cavarillan : Carole Fredericks, Michael Jones, Jean-Jacques Goldman sur O'FM. On dit Michael [à l'anglaise] Jones ou Michael [à la française].

Michael Jones : Comme on veut.

Annie Cavarillan : Comme on veut, mais j'ai entendu Jean-Jacques tout à l'heure vous appeler Michael [à la française].

Michael Jones : Oui, mais on est en France donc si on a envie de le prononcer à la française, on a le droit.

Annie Cavarillan : Bon, alors je vais faire une fois l'un, une fois l'autre.

Michael Jones : Oui, pas de problème.

Annie Cavarillan : Ok, donc vous êtes nos invités, c'est une journée spéciale sur O'FM. On va continuer un peu votre histoire, votre aventure à tous les trois. Alors, un jour vos routes se sont croisées, vous en gardez quel souvenir ? Jean-Jacques Goldman par exemple ?

Jean-Jacques Goldman : Michael, je l'avais en fait rencontré au sein du groupe Taï Phong, où j'étais entre 75 et 78, 79. Au départ, il était guitariste, il était venu plus ou moins pour me remplacer sur scène et après parce qu'il se passe toujours des choses très bizarres dans les groupes, il était devenu bassiste du groupe. J'étais revenu pour faire l'album et donc, on s'est rencontré comme ça. Après, on ne s'est jamais trop perdus de vue. Et Carole, je l'avais vu accompagner d'autres chanteurs déjà. Je l'avais déjà remarquée et il y avait une chanson sur laquelle j'avais besoin de quelqu'un pour chanter un peu gospel et donc je l'ai appelée un jour pour lui demander si ça l'intéressait. Donc, c'était surtout d'abord de la scène.

Annie Cavarillan : Vous en gardez quel souvenir vous, Carole Fredericks ?

Carole Fredericks : De Jean-Jacques, mon premier souvenir de lui est qu'il était tellement naturel et moi j'étais en France depuis déjà quelques années. Je travaillais avec les autres gens qui étaient bien aussi, mais qui étaient assez distants des gens qui travaillent pour eux et là, c'était différent. Et la première impression de Michael, je me souviens, il faisait très chaud, on avait répété et j'avais une bouteille d'eau que j'avais emmenée de chez moi et qui était dans le frigo glacé et il me l'a piquée.

Michael Jones : Je n'ai aucun souvenir.

Carole Fredericks : Moi, oui.

Jean-Jacques Goldman : On règle nos comptes là.

Carole Fredericks : Je me suis dit, il faut faire gaffe.

Michael Jones : J'ai emprunté.

Carole Fredericks : Emprunté !

Annie Cavarillan : Vous l'avez rendue en tout cas. Michael Jones, c'est quelque chose qui vous a marqué cette rencontre avec Jean-Jacques Goldman ?

Michael Jones : La première rencontre avec Jean-Jacques, je m'en rappelle comme si c'était hier. Je me rappelle, c'était dans un salon qui était dans une grande maison et le salon était en contrebas avec des canapés et on était là, assis avec un magnétophone et on écoutait des chansons qu'on avait tous amenées, parce que c'était pour choisir le 45 tours suivant du groupe Taï Phong. Et tous les autres membres du groupe, je les connaissais parce que j'avais travaillé avec eux, mais Jean-Jacques, je ne l'avais jamais rencontré. Il était resté au sein du groupe en tant que chanteur-compositeur sur disque, mais il ne faisait pas de scène et c'est des choses qui arrivent. Ça a gazé tout de suite, voilà.

Annie Cavarillan : Jean-Jacques Goldman, on va le dire tout doucement, mais qu'est-ce qui vous énerve le plus chez Michael Jones ?

Michael Jones : Il y en a trop.

Annie Cavarillan : Vous, taisez-vous, droit de réponse tout à l'heure.

Jean-Jacques Goldman : Mais, ça ne m'énerve pas, parce que je le gère.

Annie Cavarillan : Mais il n'a pas un petit tic, un petit truc qui vraiment…

Jean-Jacques Goldman : Mais il en a énormément.

Annie Cavarillan : C'est ça, c'est dur à vivre.

Jean-Jacques Goldman : Il a beaucoup de défauts, mais qui sont des petits défauts, ce sont des défauts de forme, il n'a franchement pas de défaut de fond. Mais ça va, je le connais. Une des choses qui m'énerve, c'est qu'il me téléphone très souvent pour des choses absolument inutiles. Alors, je l'écoute et comme c'est un type qui n'a pas de problème personnel, je peux lui dire, "Michael, tu as exactement seize secondes pour terminer" et je commence, "seize, quinze, quatorze...", alors il a compris qu'il me gonfle. Et ça se passe toujours en se marrant, parce qu'il le sait lui-même.

Annie Cavarillan : Mais alors, Michael Jones, pourquoi lui téléphonez- vous tout le temps comme ça ?

Michael Jones : J'aime bien l'écouter.

Annie Cavarillan : En seize secondes, c'est du vite fait en tout cas.

Jean-Jacques Goldman : C'est sa maladie.

Michael Jones : Non, mais des fois, j'appelle et très souvent, ce qui se passe, c'est que j'ai tellement eu de mal à le joindre qu'une fois que je l'ai, j'ai oublié ce que je voulais lui dire.

Annie Cavarillan : Qu'est-ce qui vous insupporte le plus vous chez Jean- Jacques Goldman ?

Michael Jones : Pas grand chose. Si, il a souvent raison, ça m'énerve un peu. [Rire]

Annie Cavarillan : Effectivement

Michael Jones : Des fois, on a l'impression de parler à un mur parce qu'il est en train de lire le journal.

Jean-Jacques Goldman : C'est vrai, c'est énervant.

Michael Jones : Mais c'est tout.

Annie Cavarillan : Carole Fredericks, qu'est-ce qui vous séduit chez ces deux hommes ?

[Eclat de rire de Carole]

Michael Jones : Elle n'a pas le droit de le dire.

[Longue hésitation de Carole]

Annie Cavarillan : Allez-y, parlez, nous vous protégeons.

Carole Fredericks : Qu'est-ce que je pourrais…

Jean-Jacques Goldman : Ça ne vaut qu'un franc maintenant.

Carole Fredericks : L'honnêteté de Jean-Jacques, il est très honnête, il est très droit et j'adore son nez. Il me trouve bizarre, mais j'adore les nez. J'avais toujours quelque chose pour Ringo Starr, c'est pour ça, ça a commencé quand j'étais jeune. Chez Michael…

Annie Cavarillan : C'est son nez aussi ?

Carole Fredericks : Non, Michael, j'adore le fait qu'il puisse parler facilement avec n'importe qui, mais il est vraiment à l'aise et tout ça. Il rentre dans une pièce, il ne connaît personne et deux minutes plus tard, il est en train de parler et j'admire ça. Et on l'a surnommé Mac Gyver parce qu'il peut réparer n'importe quoi, c'est incroyable. Excuse- moi, je fais beaucoup de bruit.

[On entend le cliquetis des boucles d'oreille de Carole]

Annie Cavarillan : Ils sont en train de la mimer, je vous explique, Jean- Jacques Goldman et Michael Jones, dès qu'elle parle parce qu'elle fait des grands gestes avec les mains.

Carole Fredericks : Je vais arrêter.

Annie Cavarillan : Non, non.

Carole Fredericks : Non, mais c'est vrai, je trouve qu'il est chef bricoleur et là je trouve que c'est une qualité dans un homme qui est sublime.

Annie Cavarillan : Homme bon à marier ?

Carole Fredericks : Oui.

[A nos actes manqués]

Annie Cavarillan : "A nos actes manqués", Carole Fredericks, Michael Jones, Jean-Jacques Goldman sur O'FM, c'est leur journée aujourd'hui. Ils sont avec nous jusqu'à ce soir très tard et on en profite au maximum. Alors, j'aimerais bien savoir… Qu'est-ce qui se passe, ils se rapprochent tous de leur micro d'un seul coup, j'ai peur. Très bien, donc, ma petite question, j'aimerais savoir quel est votre meilleur souvenir à trois. Alors ça ne sera peut être pas le même.

Michael Jones : Entre nous trois ?

Annie Cavarillan : Oui, entre vous trois ? Ça suffira, allez-y Michael. Votre meilleur souvenir ?

Michael Jones : Carole en a déjà un.

Annie Cavarillan : Alors, allez-y Carole.

Carole Fredericks : Pour moi, c'était la première fois où on était sur scène comme Fredericks, Goldman, Jones, c'était à l'île de la Réunion, c'était émouvant, j'ai pleuré un peu.

Jean-Jacques Goldman : C'était où, au truc en plein air de Saint-Gilles ?

Carole Fredericks : Oui, et j'avais un copain qui était là et qui voulait être là et il pleurait aussi. C'était, pour moi, c'était fantastique.

Annie Cavarillan : Ça c'est votre meilleur souvenir ?

Carole Fredericks : Oui.

Annie Cavarillan : A vous trois, alors suivant ? Jean-Jacques Goldman ?

Jean-Jacques Goldman : Je ne sais pas, tu en as un toi ?

Michael Jones : J'en ai tellement, moi, je crois que le meilleur souvenir c'était dans un appartement que Jean-Jacques avait loué pour travailler et c'était la première fois qu'on a commencé à chanter les chansons de cet album là et ça sonnait tout de suite. Pour moi, il y avait les morceaux et dès le départ j'avais les poils qui se hérissaient, c'est un grand souvenir ça.

Carole Fredericks : C'est vrai.

Annie Cavarillan : Jean-Jacques Goldman, toujours rien ? Votre meilleur souvenir à trois.

Jean-Jacques Goldman : Ça ne va être que professionnel, c'est bizarre, il n'y a rien, mais moi, c'est lié à mes grands souvenirs de scène et mes grands souvenirs de scène, ils ont été là. Le concert, pas celui de Saint-Gilles, mais celui du stade couvert.

Michael Jones : De Saint-Denis.

Jean-Jacques Goldman : De Saint-Denis à la Réunion.

Carole Fredericks : Oui.

Jean-Jacques Goldman : Ça, j'ai un souvenir brûlant de celui là. Et l'autre, c'est celui de la Martinique. J'ai un souvenir de ce concert là, terrible.

Annie Cavarillan : C'est un métier à sensations fortes ? Et vous adorez, vu vos mines réjouies.

Michael Jones : C'est jouissif. Excuse-moi le terme, mais c'est vrai.

Annie Cavarillan : Vous avez l'air de très bien vous entendre tous les trois, est-ce que ça vous arrive de franchement vous engueuler ?

Jean-Jacques Goldman : Oui.

Carole Fredericks : Pas souvent.

Annie Cavarillan : Les sujets de discorde ?

Michael Jones : Jamais professionnels.

Jean-Jacques Goldman : On ne s'engueule pas, on se fait la gueule.

Michael Jones : Non, mais on peut, en parlant de n'importe quoi, ça peut être un truc qu'on a entendu à la radio ou une chanson que l'un aime et l'autre n'aime pas.

Jean-Jacques Goldman : Sur ce que c'est que d'être membre de la SACEM. Ça, c'est la dernière discussion en date.

Michael Jones : Pourquoi tu as une carte de séjour de dix ans et moi, j'en ai une de cinq ans.

Carole Fredericks : J'ai la mienne pour dix ans.

Michael Jones : Et bien voilà, tu vois.

Annie Cavarillan : Et dans ces cas là, vous ne vous parlez pas pendant plusieurs jours ?

Ensemble : Non.

Jean-Jacques Goldman : Mais au moins 2 minutes.

Michael Jones : Deux minutes, au moins, oui.

Annie Cavarillan : Ça ne va jamais plus loin ?

Carole Fredericks : Non.

Annie Cavarillan : Pensez-vous qu'un jour vos routes se sépareront ?

Jean-Jacques Goldman : Sur quel plan ?

Annie Cavarillan : Tous les trois, vous ne vous verrez plus, vous ne ferez plus de choses ensemble professionnellement.

Jean-Jacques Goldman : Professionnellement, c'est probable. Mais humainement, j'en doute.

Carole Fredericks : Humainement, je ne crois pas, j'espère que non, personnellement, je ne sais pas pour les deux autres.

Michael Jones : Un jour évidemment, oui, un jour il arrivera où on se séparera pour toujours parce qu'on ne sera plus là.

[Rire]

Annie Cavarillan : Oui d'accord, là vous allez chercher très loin.

Michael Jones : Pas si loin que ça.

Annie Cavarillan : Non, je ne pensais pas à ça. Mais d'accord.

Michael Jones : C'est la seule certitude qu'on a dans la vie.

Annie Cavarillan : Quand vous ne vous voyez pas pendant quelques jours, je suppose que ça arrive, est-ce que vous êtes en état de manque ? Alors, Michael Jones, on sait que oui, puisqu'il appelle Jean-Jacques Goldman tout le temps.

Jean-Jacques Goldman : Non, non, il y a des périodes entières où j'ai du mal à le joindre, parfois.

Michael Jones : Pareil.

Annie Cavarillan : Et vous êtes en état de manque dans ces cas là ?

Ensemble : Non.

Michael Jones : Non, je pense que l'on doit remplir le manque par autre chose.

Carole Fredericks : Non, mais c'est toujours bien quand on est ensemble mais ce n'est pas la fin du monde quand on n'est pas ensemble. Ce n'est pas ça.

Michael Jones : Il faut toujours faire le vide un petit peu de temps en temps.

Carole Fredericks : Oui.

Annie Cavarillan : Dans deux jours, le 31 décembre, alors comment ça va se passer pour vous ? Jean-Jacques Goldman, vous allez faire quoi, vous vous obligez à faire la fête toujours le 31 décembre ?

Jean-Jacques Goldman : Je m'oblige à ne pas la faire. C'est un jour particulier où je ne la fais pas, donc, ça sera sûrement comme tout le monde.

Michael Jones : Si, l'année dernière, on l'a fêté ensemble.

Jean-Jacques Goldman : Ah bon ! On était où ? A Méribel ?

Michael Jones : Oui.

Jean-Jacques Goldman : Oui, c'est genre dîner familial alors, bon, il se trouve que tu étais là, mais c'était un dîner, ce n'était pas…

Annie Cavarillan : Et vous, cette année, Michael Jones, qu'est-ce que vous avez prévu ?

Michael Jones : Ce sera dans le Sud avec des amis et mes filles et voilà.

Annie Cavarillan : Méga fête ?

Michael Jones : Non, un truc sympa entre amis, mais pas un gros truc.

Annie Cavarillan : Carole Fredericks, vous allez chanter pour fêter la nouvelle année ?

Carole Fredericks : Non.

Annie Cavarillan : Chez vous pour vos amis ?

Carole Fredericks : Peut-être.

Michael Jones : Dans la salle de bain !

Carole Fredericks : Oui.

Annie Cavarillan : Il paraît qu'elle chante tout le temps. Qu'est-ce vous allez faire ?

Carole Fredericks : Je serai avec des amis sûrement.

Annie Cavarillan : Et bien par avance, je vous souhaite une excellente année 1994.

Carole Fredericks : Merci.

Jean-Jacques Goldman : Nous vous la souhaitons aussi.

Annie Cavarillan : Merci beaucoup.

Michael Jones : Ça sera meilleur.

Annie Cavarillan : Quelle est la chanson qui vous a réunis tous les trois pour la première fois, la réponse, je vous écoute ?

Michael Jones : Il faut le dire maintenant ?

Annie Cavarillan : Oui, on peut.

Michael Jones : C'est Carole qui est la meilleure pour répondre.

Carole Fredericks : "Américain".

Annie Cavarillan : Et vous faisiez quoi là dessus ? Vous chantiez tous les trois, mais on n'annonçait pas Carole Fredericks, Michael Jones et Jean-Jacques Goldman.

Michael Jones : C'est-à-dire qu'on avait fait un spectacle au Zénith avec toute une chorale de New York et quand on est partis sur la route, ça faisait quelque chose d'un peu lourd à transporter partout en France, donc on cherchait quelqu'un pour remplacer cette chorale qui aurait un impact aussi fort, car elle ne peut pas remplacer vocalement une trentaine de personnes, mais par contre, au niveau impact, elle a fait plus que les remplacer.

Annie Cavarillan : Et c'est comme ça que Carole Fredericks a débarqué ?

Jean-Jacques Goldman : Voilà, et puis elle est restée.

Annie Cavarillan : Merci d'avoir été avec nous, on vous retrouve tout à l'heure évidemment, avec Isabelle Cerrire, au revoir.

Ensemble : Au revoir.

Isabelle Cerrire: Depuis ce matin, avec nous dans les studios d'O'FM, nous avons un trio infernal. Alors, on se souvient, je ne sais pas si vous vous en souvenez, du Clan des Sept, du Club des Cinq, des Quatre Mousquetaires, des Nuls qui se sont retrouvés trois par accident, des Inconnus qui à trois fonctionnent ma foi fort bien. Par contre, la surprise totale, ce fut votre trio quand même, Fredericks, Goldman, Jones. C'est vrai, vous vous êtes associés, on peut parler d'association. Ça a surpris tout le monde.

Michael Jones : Oui, c'est un peu une association de malfaiteurs.

Isabelle Cerrire : Le gang musical.

Jean-Jacques Goldman : On dit malfaitrice ?

Isabelle Cerrire : Avec Carole Fredericks, ça a apporté une voix féminine, c'était pas mal au milieu de deux voix hommes.

Jean-Jacques Goldman : C'est ce qu'il nous a semblé, oui.

Isabelle Cerrire : C'est ce qui vous différencie finalement des Inconnus, d'après ce que vous dites. C'est qu'il y a une femme au milieu, c'est ça.

Jean-Jacques Goldman : C'est vrai que dans les Inconnus aussi, mais je ne sais pas lequel.

Isabelle Cerrire : Alors, voilà, vous avez vu, ça fonctionne ma foi fort bien. Sur le plan musical, on ne connaît que les albums mais quand avez- vous décidé tous de travailler ensemble ? Ça c'est passé à quel moment ? Qui répond ? Ça, c'est dur quand il y a beaucoup de monde.

Carole Fredericks : Moi, j'ai commencé à travailler avec Jean-Jacques et Michael en 86, donc ça fait déjà longtemps. Michael, ça fait une quinzaine d'années. Oui ?

Michael Jones : C'est vieux.

Carole Fredericks : Bon, on était un peu en concubinage avec Jean-Jacques et il a juste régularisé les choses.

Jean-Jacques Goldman : Comment on dit "concubinage" en anglais, ça n'existe pas, ils sont tous mariés ?

Carole Fredericks : Non, concubinage, on dit, "concubine".

Jean-Jacques Goldman : Concubine ?

Isabelle Cerrire : Oui, c'est assez rare aux Etats-Unis, c'est vrai qu'on est plutôt puritains là-bas en règle générale.

Carole Fredericks : Il y en a beaucoup là-bas.

Isabelle Cerrire : Il y en a pas mal, c'est vrai. Donc c'était une liaison régularisée, mais elle s'est régularisée comment, c'est venu comment, est-ce que ça coulait de source pour vous ?

Jean-Jacques Goldman : En fait, ce qui s'est passé, c'est qu'on faisait de très longues tournées à cette époque là. On venait de passer un an et demi ensemble sur scène, quasiment, et Michael intervenait beaucoup, Carole intervenait de plus en plus. Au début, elle était venue juste pour une chanson et finalement elle faisait toute la fin du concert avec nous. Et quand j'ai commencé à recomposer pour l'album suivant, je me suis rendu compte que ce n'était que des duos et des trios, ce qui n'était pas nouveau puisque je venais de faire un duo avec Sirima et que j'avais fait un duo auparavant avec Michael et là, ce n'était que des duos et des trios vraiment composés et inspirés par la voix de Carole et Michael. Donc, la question s'est posée pour moi, qu'est-ce que je fais ? Est-ce que je dis c'est Jean-Jacques Goldman avec des amis ? Il me semblait que le plus simple pour que les gens ne soient pas déçus en achetant l'album, qu'ils sachent exactement ce qu'ils allaient y trouver, et donc c'était de dire, et bien voilà, c'est 3 personnes qui chantent ensemble.

Isabelle Cerrire : C'est vrai que Jean-Jacques Goldman et ses copains, ça fait pas très bien pour passer à la radio. Mais, Fredericks, Goldman, Jones, c'est long aussi quand même ?

Jean-Jacques Goldman : On a cherché une solution, on n'a probablement pas trouvé la meilleure, mais je n'ai pas trouvé mieux non plus, qu'est-ce que vous me proposez ?

Carole Fredericks : Mais, ça sonne bien. Ça sonne très bien.

Isabelle Cerrire : Il y a eu FGTH, après tout, pourquoi pas FJG ?

Jean-Jacques Goldman : On aurait pu s'appeler les bétals, un truc comme ça.

Carole Fredericks : Les rolling bijoux.

Isabelle Cerrire : Alors, là, vous avez été quand même beaucoup plus honnêtes que la plupart des gens parce qu'on sait que beaucoup de chanteurs ont un soutien énorme de la part de gens qui travaillent régulièrement sur leurs albums et qui sont régulièrement avec eux sur scène mais qui ne régularisent pas forcément la situation.

Jean-Jacques Goldman : Oui, mais c'est rare, ceux qui chantent, ceux qui prennent des gens qui chantent les chansons en duo et en trio autant que nous on le fait.

Isabelle Cerrire : Est-ce que ce n'est pas une manière aussi de vous rassurer ? Est-ce que ça vous a rassuré d'être plus ? C'est vrai, on dit que le nombre fait la force.

Jean-Jacques Goldman : Donc, il aurait fallu que je sois inquiet.

Isabelle Cerrire : Je ne sais pas, c'est une question que je vous pose.

Jean-Jacques Goldman : Je n'étais pas spécialement inquiet, mais j'étais plutôt inquiet d'être tout seul. Oui, c'est vrai, ce n'est pas tout à fait faux. Ça ne m'a jamais semblé très naturel d'être tout seul devant des gens, c'est pour ça que sur scène d'ailleurs, je m'entourais beaucoup, les musiciens étaient très présents.

Isabelle Cerrire : C'est une histoire de collaboration artistique, mais c'est aussi une histoire d'amitié je suppose, ça ne peut pas fonctionner autrement ?

Jean-Jacques Goldman : C'est difficile.

Isabelle Cerrire : Vous n'allez pas faire un jour comme les Rolling Stones, vous cracher dessus par journalistes interposés et continuer à aller sur scène ensemble, ce n'est pas possible, ça ne se conçoit pas avec vos caractères ?

Jean-Jacques Goldman : Non, je ne crois pas qu'on soit ensemble par intérêt.

Michael Jones : Moi, je crois que tous les groupes au départ sont d'abord amis. Ils ne sont pas ensemble par intérêt au départ. Il se trouve qu'avec le quotidien, au fil des années, comme n'importe quelle histoire d'amour ou de mariage, il y a des choses qui s'estompent, il y a des goûts qui se séparent et très souvent il y a ces problèmes là au sein des groupes. Comme les Beatles quand ils ont fait "Abbey Road", ils ne l'ont jamais joué ensemble parce qu'ils ne pouvaient plus se voir et qu'ils n'avaient plus envie de se voir et ils étaient obligés de faire cet album parce qu'il y avait un contrat et qu'avec la maison de disque, c'était devenu le business plutôt qu'autre chose, mais je pense que nous, ça ne nous arrivera pas.

Jean-Jacques Goldman : On pourrait d'ailleurs ne pas se comparer au Beatles, ça ne serait pas mal. Soyons modestes !

Michael Jones : Non, mais j'aurais pu dire les Rolling Stones ou autres.

Isabelle Cerrire : On a compris dans la situation.

Michael Jones : Voilà, c'est la situation.

Isabelle Cerrire : Il y a une fille, ce n'est pas possible, déjà, vous n'êtes pas quatre.

Jean-Jacques Goldman : C'est la fameuse phrase de trucs de comptoir, le mec qui est dans le café et qui dit "Moi, si j'avais été Prost, j'aurais signé chez Ferrari". [Rires]

Michael Jones : Non, mais, je pense que si nous, un jour, humainement, il y a des tensions, ou même musicalement si on n'a plus les mêmes goûts ou plus envie d'aller dans la même direction, on dira halte, c'est tout, on se séparera.

Isabelle Cerrire : Parfois, c'est plus de l'amour ou c'est pas de l'amour comme vous l'avez chanté, mais parfois vous chantez "Serre-moi", c'est ce qu'on va écouter, c'est sur le dernier album, le nouvel album, on préfère dire comme ça, le nouvel album de Fredericks, Goldman, Jones et c'est pour vous sur O'FM, ils sont là toute la journée.

[Serre-moi]

Isabelle Cerrire : Depuis, ce matin, ils sont avec nous sur O'FM. D'habitude nous avons un invité pour la journée, aujourd'hui pour le prix d'un, on en a trois.

Jean-Jacques Goldman : Non, non.

Isabelle Cerrire : Oh si, ça fait bien quand même.

Jean-Jacques Goldman : Oui, mais vous ne connaissez pas les prix encore. [Rire]

Isabelle Cerrire : Non, mais Fredericks, Goldman et Jones dans le même studio, ça fait bien quand même, ça vend beaucoup de disques, dites-moi.

Jean-Jacques Goldman : Je ne sais pas.

Isabelle Cerrire : Vous ne savez pas, non ?

Michael Jones : C'est un peu tôt.

Isabelle Cerrire : C'est un peu tôt, le dernier vient juste de sortir, mais pour le précédent, ça s'est bien passé quand même.

Jean-Jacques Goldman : Oui.

Isabelle Cerrire : Donc, ça veut dire que vous allez remettre ça encore une fois après. Puis encore après, puis toujours. Est-ce que vous concevez à un moment donné, on en a déjà parlé un peu plus tôt dans l'après-midi, est-ce que vous concevez à un moment donné, de vous séparer, même si tout va bien pour vous, de refaire des choses chacun de votre côté puis de revenir ensemble.

Michael Jones : Moi, je ne conçois jamais au-delà de l'aventure qu'on est en train de vivre.

Carole Fredericks : Exactement. On ne peut pas, parce que c'est bien. C'est beaucoup de travail, on est toujours ensemble, on n'a pas le temps d'y penser.

Michael Jones : Je pense que le métier qu'on fait, si on peut appeler ça un métier...

Jean-Jacques Goldman : C'est une profession de foi.

Michael Jones : Oui, c'est plutôt une profession de foi, mais je ne pense pas que c'est quelque chose qu'on peut voir venir à long terme. C'est quelque chose qu'il faut voir à court terme. Ce sont des étapes que l'on franchit et il ne faut pas dire, dans 10 ans, je vais faire ça, parce que dans 10 ans si ça se trouve, on n'intéressera personne.

Isabelle Cerrire : Par contre, on sait que dans un couple, pour que tout marche bien, il faut quand même prendre des vacances parfois séparées. Est-ce que vous êtes tous très actifs, vous avez tous travaillé sur beaucoup de choses chacun de votre côté, est-ce que vous avez envie de temps en temps comme ça de faire un projet avec quelqu'un d'autre ? Pour Carole Fredericks, d'aller chanter sur un disque.

Jean-Jacques Goldman : Ça arrive.

Carole Fredericks : Moi, je fais toujours des chœurs, je n'ai pas arrêté parce que je suis avec mes deux camarades que j'adore, mais je fais toujours les chœurs et il y a des gens qui ont plutôt peur de me demander de le faire, mais quand je peux le faire, je le fais.

Isabelle Cerrire : Et vous Michael Jones ?

Michael Jones : Pareil. J'adore jouer avec les gens. Je fais ça parce que j'aime ça, j'aime jouer, j'aime faire de la musique alors, quand j'ai l'occasion d'aller jouer avec des gens que j'aime, et bien, j'y vais.

Isabelle Cerrire : Et Jean-Jacques Goldman, s'intéresser à la carrière des autres, produire des disques, ça fait partie de l'air du temps aussi ?

Jean-Jacques Goldman : Ça fait partie des choses que je fais.

Isabelle Cerrire : Et sur scène, c'est quand la prochaine fois, parce qu'on a l'impression que la dernière tournée a été une tournée, une méga tournée géniale. Gigantesque, vous n'étiez pas trop fatigués à la fin.

Jean-Jacques Goldman : On s'arrêtait quand même de temps en temps.

Isabelle Cerrire : On avait l'impression que ça n'allait jamais s'arrêter parce qu'en fait, on vous a fait rajouter des dates partout parce qu'il n'y avait pas assez de places pour tout le monde. On avait l'impression que ça durait, ça durait, est-ce que pour la prochaine vous allez fixer des limites ?

Jean-Jacques Goldman : C'est surtout qu'on avait beaucoup voyagé. Cette fois ci, je ne sais pas, pour l'instant ce qui est prévu c'est avril, mai, juin, on verra après si on a envie d'aller plus.

Isabelle Cerrire : Alors, avec votre trio, vous faites quand même l'Europe avant l'Europe, avant qu'on réussisse à la faire et qu'on se tape sur la tête à grand coup de GATT. Vous faites ça très bien et même vous débordez les frontières puisque vous réussissez à vous entendre avec les Américains, ce qui n'est pas simple. Alors, est-ce que ça veut dire que pour l'exportation aussi ça peut jouer, parce que c'est vrai que l'on parle sans arrêt de cette musique française qui a parfois du mal à passer les frontières. Alors, Jean-Jacques Goldman, est-ce qu'en officialisant la liaison avec Carole Fredericks, on va commencer par la fille pour qu'il n'y ait pas de trouble, et Michael Jones, est-ce que vous avez pensé aussi peut-être à cette fameuse exportation de la musique française ?

Jean-Jacques Goldman : Je crois que l'exportation de la musique française, ça nous concerne assez peu. Ça concerne assez peu les chanteurs, l'exemple que je donne très souvent c'est un type qui naît au Pakistan actuellement et qui est un super modéliste, il n'a pas trop de pot, il vaut mieux naître à Paris pour faire de la haute couture que de naître au Pakistan. Nous, on est un peu dans ce cas là quand même. Pour l'instant le problème, c'est qu'il y a très peu de radios allemandes qui vont passer des chansons françaises, il y a très peu de radios espagnoles qui vont passer des chansons allemandes, il y a très peu de radios américaines qui vont passer des chansons tchécoslovaques. Là, il y a un problème de prééminence de la langue anglaise contre lequel on ne peut rien. On ne pense pas que, cite-moi un bidon qui marche. Celle qui avait les…

Carole Fredericks : Samantha Fox.

Isabelle Cerrire : Rien qu'aux gestes j'aurais dû comprendre de qui vous parliez.

Jean-Jacques Goldman : On ne peut pas penser que Samantha Fox soit nettement meilleure que Barbara ou qu'Alain Souchon et pourtant, elle a les moyens de faire quelque chose, ça prouve bien que le problème, ce n'est pas un problème de qualité, mais un problème de moments historiques où pour l'instant, il vaut mieux ne pas s'exprimer autrement qu'en anglais pour faire de l'international.

Isabelle Cerrire : Et bien écoutez, en tout cas on est bien contents que vous vous exprimiez en français. On va écouter encore un extrait de votre nouvel album sur O'FM et je pense que vous parlerez à nouveau d'Europe, dans un instant avec Thierry Baumann, puisqu'on vous retrouvera un peu plus tard sur l'antenne, merci à tous.

Ensemble : Merci

[Ne lui dis pas]

Thierry Baumann : "Euro-plaisance", avec non pas un invité, non pas deux invités, mais trois invités. Jean-Jacques Goldman, Bonjour.

Jean-Jacques Goldman : Bonjour.

Thierry Baumann : Michael Jones.

Michael Jones : Bonjour.

Thierry Baumann : Je sais, c'est fastidieux, je fais le tour, à chaque fois depuis ce matin, ils se succèdent dans les différentes émissions. Et enfin, Carole Fredericks. Bonjour Carole.

Carole Fredericks : Bonjour.

Thierry Baumann : Ça va, pour ce marathon, ça peut aller pour l'instant. Pas trop mal.

Ensemble : Oui.

Thierry Baumann : J'aimerais que l'on revienne un peu sur cette trilogie puisqu'il y a de ça trois ans, vous sortiez un premier album. Je ne me trompe pas, c'est bien ça, c'était il y a trois ans.

Michael Jones : A peu près.

Thierry Baumann : A peu près. Donc, l'album ne portait pas de nom puis trois ans plus tard vous sortez un deuxième album qui porte un nom cette fois-ci. Est-ce que tout cela était prémédité ou est-ce que c'est une suite logique, Jean-Jacques, Michael, Carole, qui veut répondre ?

Michael Jones : Non, le fait que le disque s'appelle "Rouge" est venu très tard. Je me rappelle qu'on était en train de regarder les pochettes et je crois que c'était devenu évidemment que cet album avait une couleur. Et c'est Jean-Jacques, au début qui a dit, je crois que cet album va s'appeler "Rouge". Et voilà.

Thierry Baumann : C'est parti comme ça.

Michael Jones : Mais ce n'était pas au début, je crois que même "Rouge", c'est la dernière chanson que l'on a enregistrée.

Thierry Baumann : Est-ce que vous Jean-Jacques, dès le départ en 1990, vous vous êtes dit, il y aura une deuxième partie, il y aura un deuxième album.

Jean-Jacques Goldman : Non, je crois que ce qui m'a donné envie de faire le groupe, c'était parce que les chansons étaient des duos et des trios. D'une certaine manière, ce n'est pas moi qui l'ai décidé, ce sont les chansons qui l'ont décidé, il aurait fallu que je fasse un effort pour me dire comment adapter ces chansons qui sont des duos et des trios avec une seule voix. Donc, c'est un effort que je n'avais pas envie de faire et que je n'avais aucune raison de faire et donc, de la même façon, l'aventure a continué simplement parce que les chansons qui venaient après, continuaient à être des duos et des trios. Donc, il n'y a vraiment aucune préméditation là-dedans, c'est simplement l'envie et puis ces chansons là qui viennent et qui décident.

Thierry Baumann : Et de toute façon, l'aventure à trois, elle a commencé déjà depuis bien des années. Puisque Michael, vous connaissez Jean- Jacques, depuis pas mal de temps. Carole est entrée en scène, c'était plus récent ?

Ensemble : 1986.

Thierry Baumann : 1986. Et déjà à l'époque, en concert, on vous voyait ensemble. C'était déjà les prémices d'une rencontre.

Michael Jones : Oui, la tournée 86, on a commencé sans Carole et quand Carole est montée sur scène, c'était un véritable événement, c'est ce qui redonnait une autre dimension au concert à partir de son entrée en scène.

Thierry Baumann : C'est sa générosité, je crois, Jean-Jacques, je vous avais aperçu lors d'une émission, c'est vrai que c'est l'élan de Carole qui vous a plu tout de suite.

Jean-Jacques Goldman : Disons que pour quelqu'un qui a des difficultés sur scène - disons que ce n'est pas l'endroit où je me sens vraiment le plus à l'aise et le plus maître de mon destin - c'est vrai que c'est impressionnant d'avoir à faire à quelqu'un comme Carole qui au contraire existe sur scène et qui se sublime sur scène. Il y en a d'autres, il y a des gens qui sont des gens de scène pour quelqu'un comme moi qui suis plutôt introverti, avoir à faire à quelqu'un comme ça, c'est un cadeau sur scène.

Thierry Baumann : C'est la même énergie qui vous rassemble et finalement vous avez quand même des personnalités qui sont assez différentes. Peut être qu'entre Michael et Jean-Jacques, il y a des points communs évidents.

Michael Jones : Non, on a des personnalités assez différentes. Mais je pense que les personnalités doivent être complémentaires et pas forcément se ressembler.

Carole Fredericks : Exactement.

Thierry Baumann : Alors, c'est vrai que vous êtes partis sur la route, vous avez fait beaucoup de concerts et pas seulement en Europe. Racontez- moi, un petit peu, vous êtes partis très loin.

Jean-Jacques Goldman : Déjà, la France, c'est grand. Ça c'est bien, il y a des bouts de France partout, il y a des bouts de France dans les Caraïbes, il y a des bouts de France dans le Pacifique, dans l'Océan Indien, donc, on a l'occasion d'aller jouer et on se retrouve vraiment comme dans un département français, c'est-à-dire que les gens réagissent exactement de la même façon.

Thierry Baumann : Ce n'était pas une demande, c'est vous qui avez décidé d'aller à la rencontre de votre public francophone.

Jean-Jacques Goldman : On savait qu'il y avait…

Thierry Baumann : C'est quand même du public français.

Jean-Jacques Goldman : Oui, ce sont toujours des organisateurs locaux qui pensent que c'est possible.

Thierry Baumann : Michael, je crois que vous avez un souvenir particulier d'un concert à Amsterdam, vous disiez ?

Michael Jones : Non, Amsterdam, c'est la seule télé que l'on a faite.

Thierry Baumann : Il y avait un concert et vous avez fait une télé ?

Michael Jones : Non, on y est allés pour promouvoir l'album précédent. C'était sympa, mais le grand souvenir, c'était Berlin.

Thierry Baumann : Berlin ?

Michael Jones : On a joué à Berlin et après je me suis baladé un petit peu. J'étais allé boire - car je suis un grand amateur de bière - j'étais allé boire une bière dans un bar que m'avait recommandé des Français et là, on a rencontré des Allemands et c'était avant que le mur ne s'effondre, et j'ai pu vivre ce moment où Berlin était encore la vitrine de l'Occident dans l'Est. Donc, je suis allé sur le mur au milieu de la nuit pour pouvoir regarder de l'autre côté, c'était marrant, je me suis beaucoup amusé.

Thierry Baumann : Et pour Jean-Jacques Goldman, c'était le Viêt-nam ?

Jean-Jacques Goldman : Au Viêt-nam, on a fait le premier concert depuis la fin de la guerre à Hanoi et donc c'était beaucoup plus qu'une rencontre avec nous, c'était une rencontre avec la musique, avec les lumières, avec une envie de ressembler au reste du monde. Sans faire de fausse modestie, notre musique était un prétexte. Alors, il y a eu un grand boulot qui a été fait par l'Alliance Française sur place d'abord, il y avait beaucoup d'étudiants, il y a un passé francophone évidemment, mais il y avait beaucoup d'étudiants qui avaient étudié les textes et qui connaissaient les chansons déjà. Mais, très vite, le concert a pris une autre ampleur, je crois qu'il y avait plus de 10 000 personnes. Dans ces gens là, ce qui était très touchant, c'est qu'ils ont commencé à se mettre torse nu, un peu comme dans les concerts de rock. Ils n'écoutaient même pas la musique, ils avaient une envie de ressembler aux autres, c'est-à-dire de sortir de ces années de guerre et enfin de devenir simplement des gens comme tout le monde qui n'étaient plus des combattants forcément, mais des gens en paix, pouvant danser, et ça c'était assez touchant. Le concert à Phnom Penh [Cambodge] aussi était assez touchant aussi parce que c'était aussi le premier concert.

Michael Jones : On a vécu un drame aussi, à Madagascar.

Jean-Jacques Goldman : Oui, il y a eu ça aussi.

Thierry Baumann : C'est-à-dire ?

Jean-Jacques Goldman : Madagascar, c'était un défaut d'organisation, là aussi c'était le premier concert.

Michael Jones : Depuis 25 ans.

Jean-Jacques Goldman : Depuis que le pays s'était refermé sur lui-même et interdisait tout ce qui pouvait venir de l'Occident et en particulier de la France. Et les Français, c'était l'ambassade qui organisait là-bas, ont sous-estimé le nombre.

Michael Jones : Ils se sont trompés d'un zéro.

Jean-Jacques Goldman : Ils ont sous-estimé l'appétit des gens de voir un concert et de ressembler aux autres pays et on s'est retrouvé dans une salle de 3 000 personnes et il y avait un zéro de plus dehors. Le problème, c'est qu'ils ont paniqué, ils ont appelé la police et comme la police est corrompue là-bas, les policiers ont laissé passer des gens contre des billets de banque, donc on s'est retrouvé à un moment avec 3 000 personnes dedans et 20 000 personnes dehors dont certains qui avaient le billet, donc on a attendu une demi-heure et puis à un moment on a commencé à jouer et là les gens qui étaient dehors avec les billets - bon ils n'étaient pas chers, je crois que c'était 10 ou 20 francs, mais c'était beaucoup pour eux - les gens sont devenus fous, parce qu'il y avait des gens qui avait économisé et qui ne pouvaient pas rentrer dans le concert. Donc, ça a été une émeute, ils ont commencé à balancer des pierres, à casser des carreaux.

Thierry Baumann : Vous avez eu très peur à ce moment là, vous vous sentiez un peu protégés ?

Michael Jones : Je n'ai pas vraiment eu peur, parce qu'on n'a pas eu le temps d'avoir peur.

Jean-Jacques Goldman : On ne s'est pas rendu compte, mais on est quand même partis au bout de trois quarts d'heure dans une ambulance de l'armée et ça tirait de tous les côtés autour.

Michael Jones : J'ai commencé à avoir peur quand on voyait les blessés qui étaient dans l'ambulance.

Jean-Jacques Goldman : Il y a eu une vraie émeute. Mais, on n'y était pour rien, c'était un défaut d'organisation.

Thierry Baumann : Tirez pas sur l'ambulance, c'était ça en fait, non.

Michael Jones : Mais en plus, comme on savait qu'il y avait des gens dehors, on avait mis de la sono dehors et ils ont pratiquement tout cassé autour de la salle et ils n'ont rien touché à nous et le lendemain, il y a eu une panne d'avion aussi, car on devait repartir le lendemain matin et l'avion était en panne, donc on est restés à Madagascar et on s'est baladé un petit peu. Et là, on avait un peu peur, on pensait qu'on allait se faire agresser et c'était le contraire, les gens venaient nous voir, "j'espère que vous reviendrez, que vous nous en voulez pas trop". Ils se sentaient vraiment coupables de ce qui s'était passé.

Jean-Jacques Goldman : Alors qu'ils n'y étaient pour rien.

Thierry Baumann : Et vous comptez y retourner, vous y êtes retournés ou pas ?

Jean-Jacques Goldman : On n'y est pas encore retournés, on attend que ça puisse se faire, c'est un peu dur ce qui se passe là-bas, il y a des problèmes ne serait-ce que d'électricité, de matériels, il faut tout amener. Donc, il faut attendre d'avoir des structures, et au moins, une organisation de base à peu près fiable.

Thierry Baumann : Et pour Carole Fredericks, quel est le meilleur souvenir pour vous, Carole ?

Carole Fredericks : C'était le concert à Bali parce que c'était dans un temple.

Thierry Baumann : Le cadre ?

Carole Fredericks : Le cadre était magnifique et en plus je me souviens que le matos n'était pas le même que celui qu'on utilise en France.

Jean-Jacques Goldman : Si, il y a 20 ans.

Carole Fredericks : C'était magique, il y avait le cadre autour mais c'était magique, je ne peux pas expliquer pourquoi, il y avait le ciel, les étoiles et ce temple qui était magnifique.

Jean-Jacques Goldman : Oui, c'était un temple en plein air.

Carole Fredericks : Oui, c'était magnifique et là, les gens étaient là et j'ai l'impression que c'était vraiment un échange de choses.

Thierry Baumann : En tout cas, je suppose que ces voyages vous ont pas mal enrichis, vous ont inspiré, vous, Jean-Jacques apparemment, dans l'album "Rouge", il y a une chanson qui nous interroge un peu, ce "Que disent les chansons du monde ?". On écoute ?

Jean-Jacques Goldman : Oui.

Thierry Baumann : Jean-Jacques Goldman, Michael Jones, Carole Fredericks sur O'FM, à tout de suite.

[Que disent les chansons du monde ?]

Thierry Baumann : Alors, cette chanson, elle vous a été inspirée, je suppose, par vos différents voyages, on a parlé un petit peu de vos meilleurs souvenirs à tous les trois lors de voyages, lors des concerts, lors de certaines télévisions, c'est vrai qu'après tout, la musique est complètement universelle et les mots seraient finalement les mêmes, même si on ne les comprend pas.

Jean-Jacques Goldman : Très souvent oui, d'abord, elle a une utilité, elle est présente dans toutes les cérémonies, les cérémonies de mariage, de naissance, de mort, au départ. Et puis, évidemment les fêtes, elles sont liées à l'alcool, elles sont liées à toutes autres sortes de substances d'oubli, partout et ça, c'est assez touchant de voir que son utilité est toujours la même, d'essayer d'oublier, de se sublimer, essayer de passer à autre chose avec des mots qui sont presque partout les mêmes quand on se les fait traduire.

Thierry Baumann : Moscou, les Chœurs de l'Armée Rouge, ça c'était un rêve pour vous, c'était une idée comme ça, vous vous êtes concertés, c'était une idée des trois ou c'était votre idée, Jean-Jacques ?

Jean-Jacques Goldman : Ça, c'était un fantasme à moi.

Thierry Baumann : Un fantasme pour vous, qui s'est concrétisé. J'ai vu simplement la petite photo qui est sur l'album et on voit derrière, ça à l'air très académique, ça fait une drôle d'impression, on vous voit tous les trois donc, au premier plan, et derrière les Chœurs de l'Armée Rouge tirés à quatre épingles. Quelle était la sensation au moment où vous avez enregistré ? D'abord Jean-Jacques.

Jean-Jacques Goldman : La sensation, d'abord, quand on a répété, était très académique, c'est-à-dire qu'on avait des gens qui étaient des professionnels, qui avaient des partitions, qui travaillaient, qui étaient les Chœurs de l'Armée Rouge et chacun avec des voix, puisqu'il y a une grande sélection qui est faite et ce sont les meilleurs qui sont à ce moment là, donc chacun était vraiment un grand professionnel. Je ne me rappelle plus combien ils étaient, 40 ou 50, mais chacun étant quelqu'un de lui-même impressionnant, puis, le lendemain, après les répétitions, on a commencé à se connaître un peu et là, il y a eu beaucoup de chaleur, beaucoup de détente, beaucoup de chaleur.

Thierry Baumann : Oui, c'est vrai qu'apparemment la photo est plutôt trompeuse. Michael, Carole, c'est pareil, vous avez ressenti le frisson, là ?

Michael Jones : Moi, c'est quand on est rentré dans la salle où ils répétaient, là, j'ai eu le frisson, car on les entendait chanter la chanson a capella.

Jean-Jacques Goldman : A capellaski, on dit là-bas. [Rires]

Michael Jones : Il y a un autre truc qui m'a marqué. Des chorales, j'en ai fait beaucoup quand j'étais petit au Pays de Galles, et c'était le chef d'orchestre, ça m'avait frappé, parce que partout dans le monde entier, ils sont pareils, ce sont des gens très énergétiques qui essayent de tenir, parce qu'il faut tenir une certaine discipline quand il y a 50 personnes. Même les Russes, malgré tout ce qu'on dit, quand il y en avait un qui pouvait déconner dans un coin ou raconter une blague.

Thierry Baumann : Oui.

Michael Jones : Bien sûr et je me rends compte que tous les chefs d'orchestre de chorale, c'est tous les mêmes.

Thierry Baumann : Et Carole, ça a été le frisson aussi, qu'est-ce que vous avez retenu de cette image ?

Carole Fredericks : C'était très émouvant. D'abord, je ne savais pas ce que je devais voir quand j'ai vu les Chœurs de l'Armée Rouge, quand j'étais en France ou aux Etats-Unis, j'ai pas vraiment prêté attention, mais quand vous êtes devant ces voix là qui chantent, c'est…

Thierry Baumann : On reste sans voix !

Carole Fredericks : Ah oui !

Michael Jones : J'ai une anecdote là-dessus par contre, parce que nous, on habite en France et c'est un truc qui pour nous est tout à fait normal : on s'était rendu compte qu'on n'aurait peut-être pas assez de temps en studio et on a dit, tiens, on va changer l'horaire, et on va essayer d'avancer. Alors le gars qui organisait tout, a avancé. Le seul problème, c'est qu'on est arrivé une heure plus tôt, mais il n'y avait pas de Chœur de l'Armée Rouge parce que tout le monde n'a pas le téléphone là-bas et ils n'ont pas pu les prévenir.

Thierry Baumann : D'ailleurs, du côté de l'Est quelquefois le même numéro de téléphone correspond à 10 abonnés. C'est un petit peu le cas dans les pays de l'Est. Est-ce que vous avez eu un peu le temps de vous balader, bien sûr à Moscou ?

Michael Jones : Ah oui !

Thierry Baumann : Quand même ! Jean-Jacques, est-ce que vous avez retenu quelque chose, quelque chose vous a frappé pendant cette petite visite ?

Jean-Jacques Goldman : Bien sur, on est arrivé là-bas avec des idées préconçues et qui étaient exactes - on lit tout ça dans les magazines - c'est-à-dire la pauvreté, c'est-à-dire beaucoup plus grave que ça maintenant, l'insécurité, la ville aux mains de la mafia, plus de présence de police, d'ordre public donc des lois de la jungle, c'est vraiment ça, on le savait, on a lu tout ça. Ce qui nous a frappé, ce n'est pas ça, je sais que c'est le plus frappant, mais c'est tous les petits accès, tous les petits signes de dignité, des petits signes de chaleur, de fierté.

Thierry Baumann : Un mélange de tout ça ?

Jean-Jacques Goldman : Voilà, qu'on n'a pas trouvé dans tous les autres pays où l'on est allé et qui sont des pays qui ont vraiment été laminés par le communisme. Là, on a trouvé, en particulier chez ces gens de l'Armée Rouge, chez des guides dans certains musées, des petits signes que je trouve très encourageants, de reste de dignité, de fierté, enfin, bon, ça je l'ai dit.

Thierry Baumann : Mais, est-ce que vous avez senti une tension. Apparemment, c'est ce qui pourrait traduire ?

Jean-Jacques Goldman : On est allés là-bas pendant les événements de la Maison Blanche et ce qui était dramatique, c'était de ne pas sentir de tension, c'est-à-dire qu'on est allés autour de la Maison Blanche, où là, la tension était, où il y avait des gens.

Thierry Baumann : Juste dans le périmètre en fait.

Jean-Jacques Goldman : Voilà, mais tout autour, on sent que c'est une population qui est laminée, une population qui n'a plus de ressort et qui est cassée.

Thierry Baumann : Et il y a un contraste avec la Bulgarie puisque là, vous avez enregistré avec les voix bulgares, vous êtes allés à Sofia ?

Jean-Jacques Goldman : Non, moi, je ne suis pas allé à Sofia.

Michael Jones : Non, on n'y est pas allés.

Jean-Jacques Goldman : C'est Erick et Andy Scott qui sont allés là-bas. Ils sont restés moins longtemps que nous à Moscou et ils l'ont ressenti de façon beaucoup plus positive et beaucoup moins négative que nous du moins sur le plan de l'organisation des choses de base, la sécurité, la pénurie, etc…

Thierry Baumann : Bon, on va revenir à notre réalité, on s'est éloignés, on est allés du côté de l'Est et la réalité d'un titre qui figure sur "Rouge" l'album de Fredericks, Goldman et Jones, ça s'appelle "Des vies" sur O'FM à tout de suite.

[Des vies]

Thierry Baumann : "Des vies", Fredericks, Goldman et Jones, c'est le trio magique qui nous accompagne ce soir, dans "Euro-plaisance", alors j'aimerais savoir, à propos de ce titre qui m'a paru un petit peu sarcastique, Jean-Jacques, "des vies programmées", c'est un constat d'échec, c'est un petit peu un signal d'alarme ?

Jean-Jacques Goldman : C'est un constat oui. Il n'y a qu'une chose qui peut redistribuer ça, enfin, qui était censée redistribuer ça, c'était l'école, laïque et obligatoire mais on se rend compte maintenant que c'est une institution qui ne fonctionne plus et, à mon avis, il vaut mieux aller au Lycée Charlemagne ou au Lycée Louis-le-Grand à Paris qu'au truc Maurice Torez à Saint-Denis, si on veut avoir des chances de s'en sortir.

Thierry Baumann : Enfin, c'est vrai que le texte est quand même assez ironique, c'est peut-être le plus ironique peut-être, non, le plus, enfin, le côté amusant des choses ?

Jean-Jacques Goldman : L'ironie, ce n'est pas mon fort, donc effectivement, ce n'est pas difficile de trouver où est l'ironie.

Thierry Baumann : C'est plutôt bien passé, "ça fera un avocat, peut être un notaire, il aimera les docksides, et Mark Knopfler", là fallait oser, je peux vous dire que je porte des docksides.

Jean-Jacques Goldman : Oui, ça ne m'étonne pas.

Thierry Baumann : Ah bravo ! D'accord, merci.

Jean-Jacques Goldman : Vous avez des chaussettes, en général, ils n'ont pas de chaussettes avec les docksides.

Thierry Baumann : C'est vrai ?

Jean-Jacques Goldman : Vous avez bien remarqué, non ?

Thierry Baumann : Je vous assure, moi, je porte des docksides, ça fait plaisir, on va leur faire de la pub, on va gagner des millions, merci.

Jean-Jacques Goldman : Vous êtes né où ?

Thierry Baumann : Du côté de Belleville-sur-Saône, je ne sais pas si ça vous dit quelque chose ?

Jean-Jacques Goldman : Et qu'est-ce que faisait votre père ?

Thierry Baumann : Vous êtes indiscret Jean-Jacques Goldman, mais je vais quand même vous le dire, il était dans la gendarmerie, ça peut aller.

Jean-Jacques Goldman : Dans la gendarmerie ? Oui, vous avez raison. Il faut porter des docksides.

Thierry Baumann : On peut porter des docksides. Il y a un profil type, continuez un petit peu plus, parce que je pense qu'il y a certains de nos auditeurs qui vont se reconnaître.

Jean-Jacques Goldman : Je pense que si vous aviez eu des problèmes, par exemple, à l'école ou des trucs comme ça, on vous aurait inscrit à des cours particuliers, maman aurait été derrière pour forcer. Si vous aviez voulu faire musicien ou chanteur, à mon avis, ça n'aurait pas été très bien vu. Mais même la radio, à mon avis, ça n'a pas été.

Thierry Baumann : Ah oui, c'est vrai.

Jean-Jacques Goldman : Il aurait préféré dans la banque ou un truc comme ça.

Thierry Baumann : Docteur Jean-Jacques.

Jean-Jacques Goldman : Non, mais c'est des questions que je pose.

Thierry Baumann : Vous avez raison !

Jean-Jacques Goldman : Ne dites pas à mon père que je travaille dans la radio, il me croit pieds nus dans un bordel.

Thierry Baumann : Exactement. C'est l'expression qui convient tout à fait en plus. Revenons un petit peu à cet album, c'était "Des vies" l'extrait qu'on vient d'entendre à l'instant et qui correspond apparemment au portrait type, moi-même en l'occurrence, Thierry Baumann.

Jean-Jacques Goldman : Il était condamné aux docksides.

Thierry Baumann : J'étais condamné aux docksides, mais, elles sont très confortables, on ne va pas en faire un plat.

Michael Jones : Il écoute Mark Knopfler aussi en plus.

Thierry Baumann : Non, non, ça ne marche pas à tous les coups quand même. Bon, j'ai une lettre, j'ai une lettre de Jean-Jacques Goldman qui date de juin 1991. Est-ce que ça vous dit quelque chose ?

Jean-Jacques Goldman : C'est le moment piège.

Thierry Baumann : Non, pas du tout, je vous assure. Et j'aimerais savoir si c'est bien de votre main, si c'est bien une lettre de vous. Je vous la tends, il la découvre. Alors qu'est-ce que c'est ?

Jean-Jacques Goldman : C'était une lettre qu'on avait écrit aux gens qui habitaient autour de La Cipale car on savait que l'organisation de ce concert en plein air posait des gros problèmes à la municipalité et aux gens.

Thierry Baumann : C'était le concert de l'hippodrome.

Jean-Jacques Goldman : De l'hippodrome de Vincennes. Et donc, on avait pris l'initiative d'écrire aux gens pour s'excuser d'avance, pour leur dire combien de temps ça allait durer, qu'il ne fallait pas qu'ils s'inquiètent et on les invitait, étant données les nuisances qu'on leur apportait, pendant une semaine je crois, on les invitait au spectacle voilà.

Thierry Baumann : C'est votre initiative, Jean-Jacques ?

Jean-Jacques Goldman : Oui, ça se fait à plusieurs, avec les organisateurs et tout ça, dès qu'on sait qu'il y a des problèmes, on essaye de les résoudre.

Thierry Baumann : Et cette lettre, elle est écrite de votre main ?

Jean-Jacques Goldman : Oui, complètement, enfin, il y a peut-être des polycopiés.

Thierry Baumann : Oui, mais je veux dire par-là, c'est bien votre écriture ?

Jean-Jacques Goldman : Tout à fait, oui.

Thierry Baumann : Alors, moi, je voulais vous remercier parce que moi, j'étais dans le voisinage.

Jean-Jacques Goldman : Ah bon !

Thierry Baumann : Je n'ai pas été gêné du tout par le concert, bien au contraire, donc je voulais vous remercier.

Jean-Jacques Goldman : C'est un quartier très docksides.

Carole Fredericks : Très docksides.

Thierry Baumann : D'accord. Jean-Jacques Goldman, Carole Fredericks, Michael Jones, merci beaucoup, on vous aime et puis vous revenez quand vous voulez à O'FM.

Ensemble : Merci, au revoir.


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