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Le plein de super
(Canal +, 1994)

Le plein de super
Canal +, 1994
Bruno Solo et Yvan Le Bolloc’h
Retranscription de Yann Le Quiniou

[Présentation de la biographie de Jean-Jacques Goldman et de sa carrière par Bruno Solo et Yvan Le Bolloc’h. La scène se déroule dans l’atelier de réparation d’une station service. Bruno Solo est déguisé en pompiste assez rustre]

Yvan Le Bolloc’h : Vous savez qu’on reçoit Jean-Jacques Goldman aujourd’hui.

Bruno Solo [Il parle avec un superbe accent très parisien] : Oh ! Jean-Jacques Goldman ! Ah, c’est marrant ! Parce que moi, autant je suis très "zizique" [sic], autant je ne suis pas très cheveux longs sur les épaules, cravates en cuir et camarguaises.

Yvan Le Bolloc’h : Oui, et bien vous connaissez mal Jean-Jacques Goldman alors.

Bruno Solo : Non, attention ! Ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit. Jean-Jacques Goldman, je le connais, il est né le 11 novembre [sic] 1951 à Paris.

Yvan Le Bolloc’h : Oui, exact.

Bruno Solo : Alors, après, une enfance relativement calme, il a un cursus typique : école, lycée et puis il termine par préparation "asséché" [sic]. [La retranscription est phonétiquement correcte]

Yvan Le Bolloc’h : On dit HEC je crois.

Bruno Solo : Oui, c’est ça. Et puis ensuite il a fait une "flaque" [sic] de sociologie. Alors là c’est pareil : autant je suis très "zizique" [sic], autant je ne suis pas très cheveux ras la nuque, cravates en soie et puis les mocassins avec les pompons.

Yvan Le Bolloc’h : Oui, ça j’avais remarqué !

Bruno Solo : C’est pas mon truc, non !

Yvan Le Bolloc’h : Et la musique alors dans tout ça ?

Bruno Solo : Et bien la musique c’est les petits groupes au lycée de droite à gauche. Et puis un jour il rencontre deux "viets" [sic] et là il fait Taï Phong.

Yvan Le Bolloc’h : Ah oui ?

Bruno Solo : Oui, Taï Phong. Et puis cinq ans ensemble, trois albums, un gros succès, "Sister Jane", et puis séparation en 1980.

[Bruno Solo donne un coup de marteau sur l’établi]

Bruno Solo : Ah, j’aime pas les cafards !

Yvan Le Bolloc’h : Et là, c’est le début de la carrière solo ?

Bruno Solo : Oui, c’est ça ! En 1980 il sort son premier album solo avec dedans "Il suffira d’un signe". Gros tube ! Mais c’est en 1982, surtout là, qu’il sort un deuxième album avec dedans "J’irai jusqu’au bout de mes rêves" [sic] et c’est un peu la chanson qui m’a donné l’envie d’aller jusqu’au bout du mien : devenir pompiste !

Yvan Le Bolloc’h : Et alors en 1984 il y a un coup de turbo, là.

Bruno Solo : Oui, ça c’est les années gold. Trois albums bourrés de tubes. Je ne vais pas vous raconter. En plus il fait un album pour Johnny Hallyday qui s’appelait "Gang". En 1989 il monte la tournée des Enfoirés avec tous ses potes. Et puis en 1991, pour l’album "Un, deux, trois, soleil" [sic] il retrouve Michael Jones et Carole Fredericks.

Yvan Le Bolloc’h : Et re-belote en 1993 avec "Rouge".

Bruno Solo : Voilà, c’est ça ! Alors moi, entre toi et moi, Goldman ça m’en touche une sans bouger l’autre.

[Apparition de Jean-Jacques Goldman qui baisse la vitre d’une magnifique Chevrolet, style pick-up, entièrement chromée]

Jean-Jacques Goldman : Yvan, il va falloir y aller ! On est en retard !

Yvan Le Bolloc’h : Oui, j’arrive, Jean-Jacques.

Bruno Solo : Eh, la vache ! Il est là lui ! Mais il fallait me le dire. Autant je suis très "zizique" [sic], autant je suis très lèche- cul quand il y a une vedette, moi.

Yvan Le Bolloc’h : Oui mais là c’est trop tard.

Bruno Solo [Il s’approche de Jean-Jacques Goldman dans la voiture] : Bonjour M. Goldman. J’écoute vos chansons du matin jusqu’au soir. Je connais tout, je vous adore. Eh ! Eh ! M. Goldman…

[La voiture démarre en trombe pendant que Bruno Solo chante "Au bout de mes rêves" en dansant]

Bruno Solo [A propos de Jean-Jacques Goldman] : Ouaih ! Je le connais, je l’ai vu ! J’ai failli lui serrer la pogne !

[Générique]

[On se retrouve à bord de la voiture, truffée de caméras, où la majeure partie de l’émission se déroule. Bruno Solo, redevenu Bruno Solo, conduit. Yvan Le Bolloc’h est à la place du passager et Jean- Jacques Goldman est sur la banquette arrière]

Bruno Solo : Oh ! M. Goldman !

Jean-Jacques Goldman : Ça va Bruno ?

Bruno Solo : Bonjour. [Il s’adresse à Yvan Le Bolloc’h] Tu ne m’avais pas dit !

Yvan Le Bolloc’h : Mais si, tu savais, enfin !

Bruno Solo : Non, je te jure !

Yvan Le Bolloc’h : Attends, tu l’as dit samedi dernier !

Bruno Solo : Ah bon, je ne m’en souvenais pas.

Yvan Le Bolloc’h : Salut M. Goldman.

Jean-Jacques Goldman : Bonjour.

Yvan Le Bolloc’h : Bienvenue dans "Le plein de super". Eh bien, vous avez été ado comme tout le monde et pour vous ça c’est passé ici, au lycée François Villon. C’est ça, je crois ?

Jean-Jacques Goldman : Une partie, oui.

Yvan Le Bolloc’h : Entre quelles années ?

Jean-Jacques Goldman : 66-69, seconde-terminale.

Yvan Le Bolloc’h : Alors, est-ce qu’il y avait déjà un style Goldman pour les études ?

Bruno Solo : Ecole buissonnière ?

Jean-Jacques Goldman : Objectivement, non, non. J’étais un élève très sage. Le souvenir principal, c’est quand même l’horloge grise au fond de la salle que je regardais toutes les cinq minutes.

Bruno Solo : Vous ne gardez pas de souvenir particulier de cet établissement ?

Jean-Jacques Goldman : Il y avait de la musique déjà.

Bruno Solo : De souvenir de joie ?

Jean-Jacques Goldman : Si, j’ai rencontré un type en seconde qui s’appelait Couselin et qui jouait du blues acoustique.

Bruno Solo [En clignant de l’œil à la caméra] : Salut Couselin !

Jean-Jacques Goldman : Big Bill Bronzie, Sony Boy et Williamson. Enfin, tout ce vieux blues. Il m’avait initié un peu à ça. Et puis il y avait un groupe dedans…

Bruno Solo : Ah, c’est pas rien ça quand même !

Jean-Jacques Goldman : …où on jouait du New Orleans, du Jazz, avec un pion qui jouait assez bien du piano.

Yvan Le Bolloc’h : A l’époque, vous aviez déjà un pied dans la musique par le biais du violon.

Jean-Jacques Goldman : Oui, oui.

Yvan Le Bolloc’h : Violon classique, c’est ça ?

Jean-Jacques Goldman : Voilà.

Yvan Le Bolloc’h : Ça, c’était une volonté de vos parents, j’imagine, non ?

Jean-Jacques Goldman : Oui, plus une volonté de mes parents. Quand on avait six ans, on nous mettait à la musique comme on nous mettait à l’école ou aux Eclaireurs de France, quoi !

Yvan Le Bolloc’h : Et alors, à l’époque vous habitiez Montrouge. Donc la banlieue, c’était…

Jean-Jacques Goldman [En faisant un signe de la main] : Là-bas.

Yvan Le Bolloc’h : …à quelques encablures d’ici.

Jean-Jacques Goldman : Oui, à vingt minutes, vingt, vingt-cinq minutes.

Yvan Le Bolloc’h : Et vous veniez comment ? En bus ?

Jean-Jacques Goldman : A pied.

Yvan Le Bolloc’h : A pied ! Et vous faisiez des rencontres parfois, non ?

Jean-Jacques Goldman : Oui, il y avait une rencontre qui était un peu atypique. Il m’arrivait de rencontrer des vaches. Parce qu’en 1966, à Malakoff, il y avait une laiterie et il y avait des vaches qui sortaient dans la rue.

Bruno Solo : Ah, mais vous êtes né il y a très, très longtemps alors !

Yvan Le Bolloc’h : Tu sais, ça remonte… ! Il n’y avait pas le chemin de fer encore !

[Jean-Jacques Goldman fredonne "Je vous parle d’un temps…"]

Jean-Jacques Goldman : Eh oui, il y avait des vaches dans la rue quand j’allais à l’école.

Yvan Le Bolloc’h : Et alors, moi je voudrais savoir comment s’est passée la transition entre le violon classique et Jimmy Hendrix ? Parce que là, il y a quand même un grand pas, quoi !

Jean-Jacques Goldman : C’était ça, c’était ce type que j’ai rencontré. Donc moi je commençais à gratter un peu de la guitare. Il m’a fait connaître ce blues traditionnel. C’était la grande époque du Rythm’n’blues. Stax et tout ça. Otis Redding. Tous les albums qui s'appelaient "remarquable", "formidable".

Bruno Solo : "Unbelievable".

Jean-Jacques Goldman : Avec Sam and Dave, Ester Philips. Des trucs comme ça. Et puis il y avait évidemment Aretha Franklin.

Yvan Le Bolloc’h : Alors, le déclic c’est plutôt "Hey Joe" de Jimmy ou Aretha Franklin ?

Jean-Jacques Goldman : Aretha Franklin, déjà, ça m’avait vraiment bouleversé. Enfin, bouleversé dans le sens où je me disais que ma vie allait aller dans ce sens là.

[En se dirigeant vers le New Morning, Yvan Le Bolloc’h présente les invités de l’émission]

[Au New Morning, Alain Souchon et Jean-Jacques Goldman interprètent "J’ai un problème", de Johnny Hallyday et Sylvie Vartan. Chanson qui parle de la déclaration d’amour mutuelle entre un homme et une femme. Pendant la chanson, Bruno Solo et Yvan Le Bolloc’h dansent ensemble et puis s’étreignent. Après la fin de la chanson, Yvan Le Bolloc’h fait la promo d’Alain Souchon]

Bruno Solo [en plaisantant] : Euh, vous avez mis un peu le malaise visiblement avec cette chanson. C’était volontaire ? Pourquoi ce choix ?

Yvan Le Bolloc’h [Complice] : Non, pas du tout ! Moi j’ai pas trouvé. J’ai trouvé que c’était un petit peu de tendresse.

Jean-Jacques Goldman : Malaise ? Tu veux dire…

Bruno Solo [en parlant de lui-même et d’Yvan Le Bolloc’h] : C’est-à- dire que nous deux on s’est un petit peu pris au jeu. Et puis euh…

Jean-Jacques Goldman : Non, mais vous deux c’est pas pareil. Il y a des bruits qui courent sur vous ! [Rires]

Bruno Solo : Bon, je crois qu’on va arrêter là. Alain, on te serre la pogne sans ambiguïté.

Alain Souchon : Salut les gars !

Jean-Jacques Goldman : Salut !

Alain Souchon : Salut Jean-Jacques !

Yvan Le Bolloc’h : Salut Alain, on te laisse avec tes contradictions.

[Ils remontent dans la Chevrolet qui bloque la rue, sous les coups de klaxon des automobilistes qui attendent]

Bruno Solo : Ça va, on s’en va !

Yvan Le Bolloc’h : Ah ! La pression des fans commence à se faire sentir. Et en parlant de fan, Jean-Jacques, en préparant cette émission, vous nous avez dit que votre première lettre de fan était partie il n’y a pas très longtemps, à 42 ans. C’est ça ?

Jean-Jacques Goldman : Oui, tout arrive ! Je n’ai jamais envoyé de lettre de fan et j’en ai envoyé une il y a quelque mois.

Yvan Le Bolloc’h : On peut savoir à qui elle était adressée ?

Jean-Jacques Goldman : Et bien, c’est à un homme qui s’appelle Jacques Glassman et qui a défrayé la chronique, comme on dit. Et dont l’attitude m’a vraiment impressionné.

Yvan Le Bolloc’h : Jacques Glassman, c’est un footballeur qui jouait à Valenciennes et qui a été le détonateur de la fameuse affaire OM- Valenciennes.

Jean-Jacques Goldman : Enfin, je pense que ce n’était pas son ambition. C’est juste un homme qui, un matin, n’a plus pu se regarder dans la glace.

Yvan Le Bolloc’h : Et cet homme-là, vous avez tenu à le rencontrer. Donc on s’est débrouillé pour le faire monter de Valenciennes à Paris et il devrait être dans le coin.

[La Chevrolet s’arrête à un passage piéton où attend Jacques Glassman. Celui-ci monte dans la voiture et s’installe à l’arrière à côté de Jean-Jacques Goldman]

Jean-Jacques Goldman : Eh bien, voilà !

Yvan Le Bolloc’h : Ah, il est là ! Voici donc Jacques Glassman !

Bruno Solo : "L’homme de verre" qui rencontre "l’homme d’or".

Yvan Le Bolloc’h : Salut Jacques !

Jacques Glassman : Bonjour !

Jean-Jacques Goldman [tout souriant] : Salut ! On disait que… Je peux te tutoyer ?

Jacques Glassman : Oui, bien sûr.

Jean-Jacques Goldman : A ton âge ! On disait que tu étais un petit grain de sable. Mais les grains de sable ça arrête les grosses machines souvent.

Jacques Glassman : C’est vrai. Je crois que ça a été une affaire un petit peu difficile. C’est dommage qu’elle se soit passée mais c’est vrai que j’ai été ce grain de sable et je ne le regrette pas.

Jean-Jacques Goldman : Alors ce qui m’étonne le plus, quand tu rentres un peu dans cette histoire-là, c’est la peur qui transpire de tout le monde dans ce truc-là. Et moi, je n’arrive pas à comprendre comment un mec tout seul… Parce que c’est une énorme machine. Quand tu vois ces mecs avec leur costard ! T’as vu les avocats ! Comment ça se fait que tu n’as pas eu peur ?

Jacques Glassman : Non, je n’ai pas eu peur. Je n’ai même pas réfléchi ! Comme j’ai dit, j’ai certaines idées, certains principes. Et pour moi, que ce soit des mecs en costard ou… Ça ne change rien. Pour moi, un homme, c’est un homme. Quand il est en face de moi, je crois qu’il n’est pas plus que moi. Il n’y a pas de hiérarchie. Et puis quand il y a une histoire comme ça qui se passe, où vraiment c’est une magouille, je n’ai pas pu accepter ça. C’est tout ! C’est très simple en fait.

Jean-Jacques Goldman : Et tu te rendais compte quand tu disais ça, que tu allais…

Jacques Glassman : Oui, bien sûr ! Je savais très bien que ça allait faire une bombe. C’était sûr ! En plus c’est Marseille, c’est Tapie, c’est le meilleur club de première division, le champion d’Europe. C’était évident que ça allait péter quelque part et automatiquement les médias allaient s’occuper de ça. Je crois que j’étais conscient de ce qui allait se passer. Mais je n’ai pas eu peur.

Yvan Le Bolloc’h : Est-ce que vous avez réussi à tout contrôler sur cette affaire, justement, par rapport aux médias ?

Jacques Glassman : Moi, j’avais donné une version au départ et je l’ai toujours gardée. Et petit à petit, au fil de l’enquête, je crois que tout s’est confirmé. Et maintenant, on attend le procès.

Jean-Jacques Goldman : Ecoute, l’histoire de Glassman, c’est toute la différence entre la délation et la complicité.

Bruno Solo : Exactement !

Jean-Jacques Goldman : Il y en a certains qui vont dire que c’est un délateur. Et moi je dis que c’est les autres qui sont complices !

Yvan Le Bolloc’h : Vous avez été surpris de recevoir une lettre de Jean-Jacques Goldman ?

Jacques Glassman : Oui, très surpris ! J’ai reçu beaucoup de lettres de gens, de petits garçons, de vieilles dames, tout ça… Ça m’a touché autant que Jean-Jacques. Mais c’est vrai que ça m’a touché. Ça m’a fait drôle. Une star qui écrit à un petit joueur de foot comme moi, c’est vrai que ça… [Jean-Jacques Goldman sourit en levant les yeux au ciel] C’est bien parce qu’on voit toute sa simplicité. Pour moi c’est ça.

Jean-Jacques Goldman : Moi je trouve que c’est bien de pouvoir rencontrer un type bien. Tu dis : "celui-là, j’aimerais bien pouvoir le rencontrer". C’est un privilège, quand même, de notre métier. Et puis, à un moment, tu es assis à côté. Moi je trouve ça… La vie c’est ça. C’est le plus beau cadeau, de pouvoir rencontrer des gens que tu as envie de rencontrer.

[Avant la pub, et pendant que Jacques Glassman s’en va, présentation de la deuxième partie de l’émission par Yvan Le Bolloc’h. Pub. Retour dans la Chevrolet]

Yvan Le Bolloc’h : Là, on est rue Bayard. On passe devant RTL. Une grande maison qui a fait quelque chose pour un petit artiste. Du moins au début, Jean-Jacques ?

Jean-Jacques Goldman : Oui, surtout une personne.

Yvan le Bolloc’h : Une personne à RTL en particulier ?

Jean-Jacques Goldman : C’était Monique. Elle est là Monique ?

Yvan Le Bolloc’h : Monique Le Marcis qui est donc la directrice des variétés sur RTL.

Bruno Solo : Une grande dame.

Yvan Le Bolloc’h : C’était quelle époque ça, Jean-Jacques ?

Jean-Jacques Goldman : 81. Quand j’ai sorti "Il suffira d’un signe", mon premier album en français. Et il y a une dame, dans une radio, qui s’appelait Monique Le Marcis qui a trouvé que c’était pas mal et qui a programmé ça en dépit du bon sens.

Yvan Le Bolloc’h : Alors que les autres, non ?

Jean-Jacques Goldman : Non !

Yvan Le Bolloc’h : Puisqu’on évoque les débuts, Jean-Jacques, j’aimerais qu’on revienne sur 85-86 qui a été une tournée un peu particulière. Vous en avez profité pour régler quelques comptes avec des journalistes. Puisqu’on a retrouvé une page de Libération que vous aviez achetée le 20 décembre 1985 [Yvan Le Bolloc’h a dans ses mains le Libération en question]. C’est une page un peu particulière, parce que vous aviez réuni sur cette page toutes les critiques. Et à l’époque, les gens avaient la dent dure avec vous. Je prends quelques exemples au passage : "Tous les hommes sont nés chanteur sauf quelques chanteurs. Goldman est de ceux-là. Rien ne prédisposait ce gentil dadet à devenir la mascotte des ados et pré-ados de 12 à 16 ans".

Bruno Solo : On peut, peut-être, donner le nom du journaliste ?

Yvan Le Bolloc’h : Ça, c’est Patrice Delbourg.

Bruno Solo : Un ami. [Jean-Jacques Goldman sourit]

Yvan Le Bolloc’h : Enfin, il y a toute une page comme ça où vous dites finalement : "Merci d’avoir jugé par vous-même. Jean-Jacques Goldman".

Jean-Jacques Goldman : Ça, c’est une page que je destinais aux gens. C’était effectivement assez tendre. Je me disais : "Ils sont vraiment formidables, les gens, de venir quand même malgré ça". [Sur un ton très ironique] C’est normal. Nous, on nous juge, on a notre nom sur les disques, les gens viennent nous voir. C’est bien les gens qui parlent, qui sont des visionnaires, qui parlent de la chanson française, de son avenir, de sa qualité et tout ça. C’est bien qu’ils soient jugés pour leur clairvoyance, leur talent.

Yvan Le Bolloc’h : Mais c’est curieux parce que ça ne correspond pas tellement avec… On n’a pas l’impression que vous pouvez être aussi revanchard, finalement. Parce que…

Jean-Jacques Goldman : Mais dans ce sens là, très sincèrement, c’était plutôt, c’était pas vraiment l’envie d’une revanche vis-à-vis de ces critiques-là. C’était vraiment un remerciement aux gens d’être venus malgré cette espèce de déchaînement, même injurieux.

Yvan Le Bolloc’h : Alors le journalisme, ça peut être des critiques, mais ça peut être aussi de la télévision. Michel Honorin avait diffusé sur Antenne 2, à l’époque en 1990, un sujet sur le Zaïre. Et ce sujet vous a donc donné l’idée d’une chanson qui s’appelle "Juste après". Nous nous sommes permis d’y associer votre musique et voilà ce que ça donne :

[Diffusion des célèbres images reprises dans le clip et lors de la tournée "Rouge". Retour dans la Chevrolet]

Yvan Le Bolloc’h : Voilà ! Ça le fait !

Bruno Solo : Ça allume le visage, en tout cas. Ces dernières images allument obligatoirement un sourire et c’est ça qui… [Gros plan sur Jean-Jacques Goldman qui affiche un sourire radieux]

Yvan Le Bolloc’h : Donc, il faut savoir que le gamin va s’en sortir finalement et c’est quand même ça le plus important de l’histoire. Dans quelles conditions vous êtes tombé là-dessus, Jean-Jacques ?

Jean-Jacques Goldman : Un soir, tu rentres de studio, n’importe quoi. Tu te fous devant la télé, tu zappes et puis tout à coup tu es happé par ces images. Tu te dis : "Mais c’est pas possible !". Ces images tellement violentes, tu te dis : "Mais il y a une espèce de complaisance, comme ça, à montrer ça. Qu’ils le jettent à la poubelle et puis qu’on n'en parle plus !". Et tout à coup, tu vois ce môme, là, qui ouvre les yeux. "Mais attends, qu’est-ce qu’elle fait après ça ? Elle va boire un coup, je sais pas ?".

Yvan Le Bolloc’h : Donc, vous avez choisi de raconter l’histoire de la femme, plutôt que celle de l’homme. Pourquoi ?

Jean-Jacques Goldman : Je ne sais pas, c’est elle qui lui tape sur les fesses. On sent que c’est elle qui… C’est un truc de femme, là. Viscéralement, elle ne veut pas le laisser partir. Alors lui, il est là, il constate que le cœur bat encore et tout ça. Mais le boulot, c’est elle qui le fait. Bon, je sais pas. Puis je me suis dit qu’elle faisait ça tous les jours. Que voilà, c’est son quotidien. Un jour elle en sauve un, un jour elle n’y arrive pas ! Et puis elle boit son café et puis elle recommence le lendemain. C’est incroyable !

Yvan Le Bolloc’h : Très bien ! "Juste après" c’est donc une chanson qui fait partie de l’album "Rouge". Un album qui est donc en vente libre, en ce moment, dans tous les bons commerces. Il y a une phrase que j’ai relevée à propos de l’album "Rouge", justement. Et vous dites : "Quand tu dis Communisme aujourd’hui, ça n’évoque plus Potemkine mais Nomenklatura. Quand tu dis Gauche, on ne pense plus au Front populaire mais à Tapie, Fabius, Attali and co, la bande à Mitterrand. Et ça c’est tragique !". Vous avez l’impression d’avoir été trahi ? Au même titre que plusieurs d’entre vous.

Jean-Jacques Goldman : Bon, écoute. Je crois qu’il y avait, par définition, plus de cinquante pour cent de votes au début et maintenant en dessous de trente. Donc on est entre vingt ou trente pour cent de personnes à avoir eu l’impression d’être trahis. Ce n’est pas très original de dire ça maintenant. Enfin, je ne sais pas. J’avais surtout envie de dire que… De me dire au moins, qu’il ne fallait pas désespérer, qu’il ne fallait pas mélanger les idées avec les hommes, que là, cette expérience était tragique. Et à partir du moment où tu dis ça, tu es bien obligé de t’expliquer un peu. Tu comprends ? De dire quels sont les hommes tragiques et quelles sont les idées qui valent encore le coup de se battre pour. Voilà !

Yvan Le Bolloc’h : Est-ce que vous avez l’impression que vous avez fait un petit peu aussi cet album pour vos parents ?

Jean-Jacques Goldman : Non, ce n’est pas conscient. Mais il y a une chose qui est sûre, c’est que quand je vois ce qui se passe et les hommes qui incarnent ces idées là maintenant, c’est vrai que ça me fait un peu vomir. Quand je compare aux militants que j’ai connu, à ces gens qui étaient d’une pureté et d’une beauté et d’une honnêteté scrupuleuse et d’un désintéressement incroyable. Alors que là, on a affaire, quand même, à une clique de gens compromis sinon corrompus, quoi ! Ça, c’est vrai que ça m’est physiquement insupportable de voir ça ! C’est peut-être la première chose qui m’est insupportable depuis dix ou quinze ans.

Yvan Le Bolloc’h : Pour le deuxième live de l’émission nous voici rendus du côté de l’école des Beaux-Arts. On va rentrer dans la cour et puis il y a Carole Fredericks et Michael Jones qui nous attendent, non pas sous la pluie, mais à l’abri dans cette magnifique salle… Vous avez déjà vu cette salle, Jean-Jacques ?

Jean-Jacques Goldman : Oui, oui !

Yvan Le Bolloc’h : Voilà, Jean-Jacques, le lieu qu’on a choisi pour le deuxième live. Ça te plait ?

Jean-Jacques Goldman [en plaisantant] : C’est cosy, oui !

Yvan Le Bolloc’h : C’est donc la chapelle des Petits Augustins.

Jean-Jacques Goldman : Ça tombe bien, j’ai commencé dans les églises.

Yvan Le Bolloc'h : Ecoute, parfait !

[Dans cet endroit splendide, Jean-Jacques Goldman rejoint Carole Fredericks et Michael Jones. Ils interprètent "Des vies". Une guitare acoustique, une électrique et les mains de Carole Fredericks en guise de percussions : l’orchestration est très dépouillée]

Yvan Le Bolloc'h : Extrait de l’album "Rouge", "Des vies". On n'échappe ni à la police, ni aux statistiques, ni à la suite du "Plein de super". Il faut qu’on file, à tout à l’heure. [A l’attention de Michael Jones] Nous, on se revoit.

Bruno Solo : Jean-Jacques, tu prends ta veste ! Tu laisse pas traîner tes affaires !

Yvan Le Bolloc’h : On y va, Bruno ?

Bruno Solo : Oui, je vous rejoins tout de suite.

Yvan Le Bolloc’h : Oui, mais tout de suite !

Bruno Solo : Tout de suite, une ou deux questions.

[Il reste seul avec Carole Fredericks et Michael Jones]

Bruno Solo : Je profite qu’on soit un petit peu tous les trois ensemble. On n’a dit que des choses sympathiques vis-à-vis de Jean- Jacques parce qu’on l’a invité dans l’émission. C’est normal, c’est la moindre des choses. On va médire un petit peu ! Juste une chose, je voudrais savoir si entre vous il y a un surnom pour Jean-Jacques. Je sais pas, vous lui trouvez un petit surnom ? Un secret ?

Michael Jones : Oh, c’est même pas un secret, c’est les Anglais qui lui ont trouvé. C’est "djédjé" [Prononciation anglophone de "JJ"]

Bruno Solo : "djédjé" !

Michael Jones : Oui, c’est rien. C’est "JJ" en anglais.

Carole Fredericks : J’en ai un autre, mais je ne sais pas si…

Bruno Solo [tout content] : Oh, si, si ! Tu le dis, Carole ! Pour les téléspectateurs du "Plein de super". Et droit dans les yeux !

Carole Fredericks : C’est mon surnom à moi.

Michael Jones : Je ne suis même pas au courant !

Carole Fredericks : Ah non, non, non ! Après, tout le monde va l’appeler le même nom [sic].

Bruno Solo : Tu me le glisses dans l’oreille, juste pour moi.

Carole Fredericks : Eh ! Tu vas le crier ! Je te connais bien !

Bruno Solo : Bon d’accord, c’est vrai que tu me connais bien.

Carole Fredericks : Je te connais Bruno !

Bruno Solo : Bien, et puis dernière chose : un trait de caractère qui résume bien Jean-Jacques Goldman. Est-ce qu’il a un bon caractère ? C’est entre nous, pendant qu’il n’est pas là !

Carole Fredericks [Eclatant de rire] : Des fois… Ah bien, comme nous tous.

Michael Jones : C’est un solitaire donc il n’est pas… Il a bon caractère. Mais des fois on peut lui parler, on a l’impression qu’il n’écoute pas ou qu’il est ailleurs, quoi.

Bruno Solo : Ah, oui ?

Michael Jones : C’est un mec qui s’isole énormément.

Bruno Solo : Espérons que pour la suite du "Plein de super"… On se retrouve justement après les publicités avec le disquaire [Rubrique traditionnelle de l’émission] et le troisième live où tu vas nous rejoindre, Michael, avec Louis Bertignac. Quant à toi Carole, tu passeras faire un tour ou… ?

Carole Fredericks : Ah non, je ne peux pas. Je vais aller au studio bosser un peu.

Bruno Solo : Pour les Enfoirés ?

Carole Fredericks : Oui.

Bruno Solo : Vous êtes de vrais bons camarades parce que… A tout à l’heure Michael.

Carole Fredericks : Ciao Bruno.

[Pub. Retour dans la Chevrolet]

Yvan Le Bolloc’h : Retour au "Plein de super" avec notre invité Jean- Jacques Goldman. Et puisque nous sommes, actuellement, sur le boulevard du Montparnasse, et bien je propose qu’on se paye une bonne petite tranche de musique chez "Clémentine" qui est donc disquaire de son état. Histoire de connaître les goûts musicaux de Jean-Jacques Goldman.

Bruno Solo : C’est parti !

[Ils rentrent chez le disquaire. Bruno Solo présente avec Olivier, le vendeur, les nouveautés CD de la semaine]

Bruno Solo : On retrouve Jean-Jacques Goldman et notre camarade Yvan Le Bolloc’h qui vont vous parler de leur choix.

Jean-Jacques Goldman : Alors moi, j’ai fait un choix francophone parce que je suis un peu chauvin.

Bruno Solo : Normal !

Jean-Jacques Goldman : Alors, Bertignac, "Elle et Louis", superbe album. En général, il y a une ou deux chansons bonnes, mais elles sont toutes bien.

Bruno Solo : C’est plus "Bertignac et les visiteurs" ?

Jean-Jacques Goldman : Non, c’est Louis tout seul. Ça s’appelle "Elle et Louis". L’album n’est pas tout neuf mais il est toujours bien.

Yvan Le bolloc’h : Avec "Vas-y guitare" notamment.

Bruno Solo : On le retrouvera tout à l’heure.

Yvan Le Bolloc’h : Oui.

Bruno Solo [En montrant le CD que tient Jean-Jacques Goldman] : Ça, c’est pas une nouveauté !

Jean-Jacques Goldman : Non, c’est pas une nouveauté, Laurent Voulzy. Mais alors pour moi, c’est un album important parce que je crois que c’est le premier album français que j’écoute du début à la fin comme j’écoute les albums anglais.

Bruno Solo : A part les tiens, peut-être ?

Jean-Jacques Goldman [en souriant]: Je n’écoute pas tellement mes disques. Je suis tellement dans la cuisine !

Yvan Le Bolloc’h : Donc sur celui-là il n’y a rien à jeter ?

Jean-Jacques Goldman : Ah, non, non !

Yvan Le Bolloc’h : Ça s’appelle "Caché derrière".

Jean-Jacques Goldman : C’est magnifique !

Bruno Solo [ironique] : Troisième album en soixante ans de carrière !

Jean-Jacques Goldman : Rapidement, Céline Dion, parce que c’est une très, très grande chanteuse française, voilà ! On aime ou on n’aime pas ce qu’elle fait…

Yvan Le Bolloc’h : Francophone, plutôt !

Jean-Jacques Goldman : Francophone, pardon ! Excusez-moi.

Yvan Le Bolloc’h : Je vous en prie. On a étudié nos fiches, nous ! [rires]

Jean-Jacques Goldman : Voilà, c’est une grande, grande voix. Il n’y en a pas tant que ça des grandes voix !

Yvan Le Bolloc’h : Qui chante "Ziggy", donc.

Bruno Solo : Céline Dion donc, "Des mots qui sonnent".

Jean-Jacques Goldman : Bon, rapidement, un "tribute to Jimmy Hendrix". [sic]

Bruno Solo : Bon ,lui il n’est pas très francophone !

Jean-Jacques Goldman : Mais bon, c’est toujours de…

Bruno Solo : …d’actualité.

Jean-Jacques Goldman : Still alive, quoi ! Et là, j’en vois un rapidement. Alors, Eddy Mitchell, "Rio Grande" parce qu’il est très, très sympa et puis qu’il est très bien !

Yvan Le Bolloc’h [moqueur] : Un petit Georges Moustaki pour finir, non ?

Jean-jacques Goldman : Non, non, mais Eddy Mitchell c’est vrai. Parce qu’il est adorable.

Bruno Solo : Bon, je crois qu’on a fait un petit tour sympathique.

Yvan Le Bolloc’h : Merci "Clémentine".

Bruno Solo : Au revoir Olivier.

Yvan Le Bolloc’h : Nous on se casse ! Allez, la suite du "Plein de super" dans la caisse.

Olivier le vendeur : Salut les gars !

[Retour dans la Chevrolet]

Yvan Le Bolloc’h : Après la musique en rayon, voici la musique en live puisque vous nous avez promis, Jean-Jacques, qu’un live avec Bertignac c’était dans vos cordes.

Jean-Jacques Goldman : Oui.

Yvan Le Bolloc’h : Pas de regrets ?

Jean-Jacques Goldman : Non.

Yvan Le Bolloc’h : Donc on file au New Morning pour la deuxième fois ?

Jean-Jacques Goldman : Oui, six cordes chacun !

Yvan Le Bolloc’h : Allez, c’est parti !

Bruno Solo : A trois guitares ça va saigner !

Jean-Jacques Goldman [ironique] : Dix-huit cordes.

[Bruno Solo fait une grimace moqueuse à la caméra]

Yvan Le Bolloc’h [en entrant dans le new Morning] : Dis-moi, Jean- Jacques, tu veux me rappeler la feuille de match, là ?

Jean-Jacques Goldman : Ben, c’est Bertignac, Michael Jones et deux ou trois autres assassins.

Yvan le Bolloc’h : Que des "gratteux" sur "Vas-y guitare" !

Jean-Jacques Goldman : Oui, c’est une chanson de Louis.

Yvan Le Bolloc’h : Donc a priori, ça devrait envoyer !

Jean-Jacques Goldman : Normalement ça devrait saigner un petit peu !

Bruno Solo : Se battre en duel !

[Interprétation d’une magnifique version très "électrique" de "Vas-y guitare" par Michael, Jean-Jacques et Louis]

Yvan Le Bolloc’h : Merci messieurs. "Vas-y guitare" interprétée par Michael Jones, Louis Bertignac et Jean-Jacques Goldman. On peut dire qu’on sent le goût du live. Louis, est-ce qu’on peut avoir un petit commentaire rapide sur le style de Jean-Jacques, le style de guitariste.

[Jean-Jacques Goldman fait semblant de tirer sur Louis Bertignac avec sa guitare]

Louis Bertignac : Il joue bien. [rires] Il est excellent !

[Yvan Le Bolloc’h fait la promotion du dernier album collector de Louis Bertignac]

Yvan Le Bolloc’h : Jean-Jacques, on se retrouve à la voiture pour la suite du "Plein de super" ?

Jean-Jacques Goldman : J’arrive !

[Retour à bord de la Chevrolet]

Yvan Le Bolloc’h : Jean-Jacques, on va filer maintenant retrouver Gus l’auto-stoppeur. [On retrouve dans le personnage de Gus une tête bien connue des téléspectateurs du vin-hach-vin (20H20) sur Canal + avec Jules-Edouard Moustic : Gustave de Kerven] Alors Gus c’est un peu le croisement entre l’enfant sauvage et l’homme des cavernes.

Bruno Solo : C’est une sorte de troglodyte !

Jean-Jacques Goldman : Qui faisait le père et qui faisait la mère ?

Yvan Le Bolloc’h [souriant] : On n’a pas su exactement d’où ça venait.

Bruno Solo : On n’a pas fait les tests adéquats.

Yvan Le Bolloc’h : Il nous est tombé un jour sur la tronche au coin d’un carrefour et là, normalement, il devrait être au coin de celui- ci.

[Gus attend dans la rue devant la vitrine d’une boutique. Il monte dans la Chevrolet]

Jean-Jacques Goldman : Salut Gus !

Gus : Qu’est-ce que tu fais là ?

Jean-Jacques Goldman : Ben écoute, je bosse.

Yvan Le Bolloc’h : Vous vous connaissez ?

Gus : Un petit peu, oui. On s’est croisé plusieurs fois. [s’adressant à Jean-Jacques Goldman] Par contre, t’y vas jamais dans les festivals toi !

Jean-Jacques Goldman : Non, si j’y vais, j’y vais des fois en tant que client, quoi. Tu veux dire sur la scène ?

Gus : Non, les festivals avec plusieurs groupes. Tu fais jamais ça ?

Jean-Jacques Goldman : Sur la scène ?

Gus : Oui.

Jean-Jacques Goldman : Non !

Gus : Non, pourquoi ?

Jean-Jacques Goldman : Parce que t’es pas uniquement devant des gens qui sont venus pour toi. Donc il faut convaincre et moi convaincre… [Il fait la grimace]

Bruno Solo : T’as pas le feu nécessaire, tu crois ?

Jean-Jacques Goldman : Pas vraiment ! Quand les gens me disent "viens, viens" j’y vais mais s’ils n’ont pas envie que je vienne il n’y a aucun lézard.

Yvan Le Bolloc’h : Il y a une grosse opération avec les Restos du cœur à venir ?

Jean-Jacques Goldman : Oui, on est entrain d’enregistrer une émission qui sera animée par Muriel Robin.

Yvan Le Bolloc’h : Oui.

Jean-Jacques Goldman : Et avec la bande habituelle.

Gus : Il n'y aura pas les tambours du Bronx ?

Jean-Jacques Goldman : Les Tambours du Bronx c’est peut-être pour l’année prochaine.

[Présentation d’un reportage de Gus à Liévin sur les Tambours du Bronx. Après avoir déposé Gus, retour dans la Chevrolet]

Yvan Le Bolloc’h : Bon dis moi, on file au "Guillaume Tell". On va s’embrasser là-bas.

Bruno Solo : Ah oui, c’est vrai que c’est l’heure de se dire au revoir, là, déjà !

Yvan Le Bolloc’h : C’est un studio où vous avez travaillé, Jean- Jacques, le "Guillaume Tell" récemment.

Jean-Jacques Goldman : Oui.

Yvan Le Bolloc’h : Pour finir l’album "Rouge" vous en avez fait une partie là-bas ?

Jean-Jacques Goldman : On a fait les rythmiques et des mixes.

Yvan Le Bolloc’h : Et pourquoi ce studio en particulier ?

Jean-Jacques Goldman : C’est les preneurs de son, surtout, qui choisissent les studios et ils aiment ce studio là pour des raisons techniques et probablement de convivialité.

Yvan Le Bolloc’h : Le studio "Guillaume Tell" ça se trouve dans le bas de Suresnes, c’est ça ?

Jean-Jacques Goldman : Oui.

Bruno Solo : Juste une précision technique. Le studio "Guillaume Tell" c’est le troisième plus grand studio du monde après le studio de Quincy Jones à Los Angeles et celui de Sony à Tokyo.

Jean-Jacques Goldman : En tout cas, je crois qu’il y a Prince qui est venu récemment. Qui a fait quelques… Qui a passé deux jours là-bas. Et il est revenu chez lui, il a fait un souk à "Pesley Park", c’est ça ? Parce que ça ne sonnait pas aussi bien qu’à "Guillaume Tell". Donc ils ont fait, je ne sais pas, un ou deux mois de travaux de façon à trouver le son de "Guillaume Tell".

Bruno Solo : Voilà, je crois que ça fait plaisir ! Tout est dit !

Yvan Le Bolloc’h : Très bien, Jean-Jacques, on arrive au terme de cette émission. Nous sommes au studio "Guillaume Tell".

Bruno Solo : Visiblement on n’est pas les seuls à le savoir.

[Beaucoup de monde attend sous la pluie dans la rue. Ils descendent de la Chevrolet]

Yvan Le Bolloc’h : Bon, ben merci. J’espère que le "Plein de super" ne vous aura pas trop vidé.

Jean-Jacques Goldman : Merci à vous.

Yvan Le Bolloc’h : Je vous en prie. Donc la semaine prochaine c’est Eddy Mitchell qu’on reçoit à partir de 19H30.

Jean-Jacques Goldman : C’est bien !

Bruno Solo : C’est pas un inconnu pour toi ?

Jean-Jacques Goldman : Non, non, on a fait une tournée ensemble d’ailleurs. Ça va, il est frais !

[Florent Pagny sort du studio et vient à leur rencontre]

Jean-Jacques Goldman : Tu vois, c’est bien fréquenté l’endroit !

[Ils se serrent la main]

Florent Pagny : Ça va Jean-Jacques ?

Yvan Le Bolloc’h : Tu l’attendais non ?

Florent Pagny : Non. Enfin si, un petit peu quand même. On va peut- être faire une petite voix.

[Arrivée de Patrick Bruel qui n’était pas prévue, apparemment]

Yvan Le Bolloc’h : Ça va Patrick ?

Bruno Solo [ravi] : Oh non, ils sont tous là !

Patrick Bruel [à l’attention de Jean-Jacques Goldman] : Enchanté !

Yvan Le Bolloc’h [à l’attention de Florent Pagny] : Et là tu bosses avec…

Patrick Bruel : [à l’attention de Florent Pagny] : Je t’ai dit de ne pas dormir au studio !

Florent Pagny : Ecoute, il n’y a que comme ça qu’on y arrive.

[Patrick Bruel rentre dans le studio]

Yvan Le Bolloc’h : Attends, attends Patrick, deux minutes !

Bruno Solo : Reste un petit peu.

Yvan Le Bolloc’h : Tu bosses un peu avec Jean-Jacques en ce moment ?

Florent Pagny : Oui, il m’aide. Il m’aide à chanter.

Jean-Jacques Goldman : On bricole ensemble.

[Ils rentrent tous dans le studio en parlant de la possibilité de faire un petit "boeuf" ensemble. Pendant que le générique part, gros délire sur la répartition des rôles pour ce petit "boeuf". Fin]


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