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Le même homme, différent
Le Monde, 12 décembre 1974
Article de Philippe Boucher
Retranscription de Linda Delozier

La deuxième journée du procès de Pierre Goldman, mardi 10 décembre, accusé de trois agressions à main armée - qu'il reconnaît - et de deux assassinats dans une pharmacie du boulevard Richard-Lenoir - qu'il nie - pourrait tenir en peu de lignes : la prison de Fresnes a vu arriver le 8 avril 1970 un homme en très mauvais état mental et affectif ; la cour d'assises nous montre aujourd'hui le même homme à propos de qui les psychiatres, Mme le docteur Boitel et M. le docteur Yves Roumajon émettent des pronostics plutôt différents et que l'on peut en tout cas qualifier d'optimistes.

Mme Boitel dit par exemple : "Nous avons été confortés dans notre opinion par le dernier examen (il y a quelques semaines) qui a montré un sujet manifestement changé du tout au tout. Il a encore des bouffées d'anxiété dues à certains facteurs survenus au cours de son existence. Mais, il semble que ce garçon a maîtrisé son anxiété. C'est l'élément essentiel de cette personnalité qui apparaît tous les jours totalement différents. Les conclusions de notre premier rapport sur les virtualités de dangerosité ne doivent plus être prises strictement à la lettre".

Pressé de questions et après que, écartant un moment sa volonté de pudeur affective, Pierre Goldman eut remercié Mme Boitel des entretiens qu'ils avaient eus, le médecin précisera : "Oui, c'est un homme seul. Il n'a jamais réussi à s'identifier à une image qui le satisfasse entièrement. Il recherchait un certain absolu tout en ne réussissant pas à s'identifier profondément à une idée, à un groupe, à une personne. Tout cela surmonté par une anxiété quasi existentielle qui l'a empêché de s'épanouir et c'est en ce sens qu'il est toujours resté solitaire ( … ) en ayant toujours le sentiment d'être différent des autres pour des motifs que lui seul peut dire".

Ce n'est pas une analyse très différente que présentera, après Mme Boitel, le docteur Roumajon : "Pierre Goldman n'est pas un homme simple. Il est extrêmement intelligent, d'un niveau intellectuel qu'on rencontre rarement, une personnalité très riche qui a évolué entre 1970 et 1974. Il a certainement fait un très grand chemin sur le plan de l'affectivité, de l'anxiété et sur le plan d'une certaine maturation de personnalité". Et encore cette description : "Il avait à la fois le désir d'être aimé et aussi une sorte de difficulté à accepter cet amour qu'il recherchait. Ce qui est généralement la marque des grandes frustrations affectives de l'enfance".

Etait-ce encore, dans l'un et l'autre cas, simplement des paroles d'experts ? On ne pourrait l'assurer. Pierre Goldman donne parfois l'impression de retenir ceux qui l'approchent, même si ces derniers sont appelés par profession à l'entendre puis à "réduire" en mots leur interlocuteur.

Au point que l'intéressé ayant pourtant lui-même récusé toute coloration psychologique à son procès, beaucoup ne paraissent plus se préoccuper de cela.

Cependant, ce procès ? Ces agressions qu'il reconnaît ? Ces crimes dont on l'accuse ? Cet indicateur dont l'audience de la veille a montré qu'il était si important pour prouver l'innocence de Pierre Goldman ? Eh bien ! non. Ce dernier croit à présent que sa venue serait vaine. Ou plutôt qu'il n'est plus nécessaire de le confondre comme indicateur. D'autant qu'il est de plus en plus certain qu'un nom circule avec persistance, et que parmi les témoins futurs, on verra celui que l'accusé à son tour accusait.

Est-ce d'ailleurs forcément un homme ? Un des premiers policiers qui s'entretinrent avec Pierre Goldman lors de son arrestation eut mardi cette remarque curieuse à propos de l'indicateur : "Je n'ai jamais dit un homme mais une personne".

Il ne voulut pas aller plus loin, quelque effort que firent conjointement partie civile et défense pour obtenir ce nom dont l'importance se mesure aujourd'hui au secret qui l'entoure. Secret policier mal compréhensible dans les circonstances présentes et qui fera observer à la défense : "On nous dit qu'au-dessus de la loi qui oblige à dire toute la vérité il y a les usages policiers. Pourtant, quelqu'un a vendu Pierre Goldman. On aimerait connaître le prix".

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