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Maître Kiejman : "nous faisons un procès du XIXe siècle à un homme du XX siècle"
Libération, 5 mai 1976
Article de Marc Kravetz
Retranscription de Frédéric Bretones

L'ombre de Lesurques
Ce réquisitoire, a dit Me Kiejman, "a plus de tenue que de contenu". On ne pouvait mieux dire. Georges Kiejman a été tout au long de ce procès la tête et le nerf de la défense de Pierre Goldman. Il représente ce qui a le plus manqué à Paris : Une rigueur implacable dans la mise en pièces d'un dossier qui ne peut se satisfaire de la générosité méridionale dont pourtant Me Pollak n'a pas été économe.

Me Kiejman, dès le début, a redonné au procès une dimension, un souffle que l'avocat général s'était employé à restreindre. "Nous faisons à Goldman, à cet homme qui parle le langage d'une nouvelle génération, cet homme du vingtième siècle, un procès du dix-neuvième siècle. Balzac n'aurait pas pu décrire Pierre Goldman, Kafka l'a fait. Balzac aurait pu en revanche décrire ce procès et cela s'est appelé "une ténébreuse affaire"

Avant d'entrer dans le vif du dossier, Georges Kiejman a aussi évoqué l'ombre de Lesurques et du juge Daubenton, les héros d'une des plus célèbres erreurs judiciaires du siècle dernier : l'affaire du courrier de Lyon.

Et puis il en est venu à l'essentiel. Contrairement au ministère public, il ne s'est fait grâce d'aucune difficulté. Il ne s'est pas contenté de l'aveu des policiers concernant leur indicateur et l'absence de preuves matérielles dans le dossier. Il n'a pas éludé non plus les deux témoignages les plus gênants, ceux de Trocad et de Quinet. Trocad avait doté son agresseur d'une casquette, il est le seul.

"Quelqu'un se trompe, dit Me Kiejman, si vous choisissez l'arithmétique vous dites que les autres témoins qui ont vu la casquette ont raison et que celui qui ne l'a pas vu est un mauvais témoin. Or, c'est un témoin capital. Que valent donc ses déclarations ?" A proposes de Quinet : "Son comportement boulevard Richard-Lenoir était exceptionnel, mais il a dû succomber à un phénomène de laxisme. Il est devenu un familier de la brigade criminelle. Quinet a vu dix fois d'inspecteur Goussard et même s'il n'a pas rencontré Goldman dans les locaux de la police, je prétends qu'il avait au moins une information capitale : on avait identifié l'homme du boulevard Richard-Lenoir et on le tenait".

A l'heure de conclure, Me Kiejman dit : "Je vous demande d'oublier l'effet qu'a pu vous faire la personnalité de Goldman. Goldman appartient à une communauté, les juifs polonais dont je fais également partie. Et je vous dis : on ne guérit jamais de son enfance. Ne jugez pas Goldman sur son apparence : je vous adjure de mettre ce soir un terme à son cauchemar".

Pour Me Pollak, la demande adressée au tribunal sera plus précise encore : que Goldman soit libre dès l'issue de son procès. L'audience est levée à 19h30 et le jury commençait aussitôt à délibérer.

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