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Les deux procès de Pierre Goldman : au bout de six ans et demi, Pierre Goldman innocenté du double meurtre
Libération, 21 septembre 1979
Journaliste inconnu
Retranscription de Muriel Bruguier

Il aura fallu deux procès, à deux ans d'intervalle, pour innocenter Pierre Goldman d'un double meurtre qu'il avait toujours nié et sur lequel la justice comme la police ont été incapables d'apporter des preuves crédibles.

Neuf décembre 1974 : devant la Cour d'Assises de Paris s'ouvre le premier procès de Pierre Goldman, en prison depuis avril 1970. Il est accusé de trois vols qualifiés qu'il a reconnus et d'un double meurtre commis lors d'une agression contre une pharmacie, le 19 décembre 1969 boulevard Richard Lenoir. Il a toujours nié sa participation à cette agression. Dès la première heure du procès, Pierre répète ce qu'il a toujours affirmé depuis 5 ans "Je suis innocent".

M. Braunschweig préside la cour, M. Langlois siège au poste d'avocat général. Les débats tournent autour de 5 points principaux sur lesquels reposerait la culpabilité de Pierre.

1. Ses déclarations lors de son premier interrogatoire par la police criminelle après son arrestation rue de l'Odéon. Ce point sera abandonné par l'accusation car il était faux que Pierre ait spontanément nié sa participation à l'agression de la pharmacie avant qu'on ne lui en parle.

2. Les reconnaissances formelles par les témoins. La présentation de Pierre aux témoins dans les locaux de la police s'est effectuée sans les précautions élémentaires. Elle avait pour but principal de confirmer les dires d'une enquête terminée prouvant la culpabilité de l'accusé. Il n'était pas rasé, un témoin avait vu la photo la veille dans Paris-Jour. Des deux témoins qui ont participé à l'action, M. Trocard est mort accidentellement en mai 70 et seul le brigadier Quinet témoigne à l'audience. Les contradictions sont nombreuses dans leurs dépositions. Certaines sont mêmes forts suspectes ayant été faites 8 jours et 23 jours plus tard.

3. La convergence des signalements donnés par les victimes des vols reconnus par Pierre et par les témoins de la tuerie du boulevard Richard Lenoir.

4. La vraisemblance "psychologique" : Pierre Goldman étant ce qu'il est, les meurtres de la pharmacie s'expliquent très bien. Brillant exercice de scénario psychologique auquel se livrera l'avocat général Langlois.

5. La fragilité de l'alibi présenté par Pierre. Argument que vient contester principalement un vol effectué le lendemain de l'agression à la pharmacie et reconnu par Pierre. Après le réquisitoire et les plaidoiries de MM. Liebman et Pollack, le verdict tombe à 0 h 15 le 14 décembre : réclusion à perpétuité.

"Jurés assassins" crie le public, amis, avocats, journalistes. Avant de quitter la salle, Pierre conclut ce procès par cette phrase : "l'absurdité de cette sentence est, si je puis dire, d'être parfaitement conforme à mon destin, à mon aptitude fondamentale à être accusé".

Alors que Pierre se pourvoit immédiatement en cassation, des comités se créent et entament une campagne pour l'acquittement.

La cassation est accordée durant l'été 75 et le second procès s'ouvre en mai 1976 devant les assises de la Somme à Amiens. Entre temps, est paru le premier livre de Pierre Goldman "Souvenirs obscurs d'un juif polonais né en France".

Il ne sera pas joint au dossier malgré la demande de l'avocat général Basse. Le procès sera marqué par plusieurs nouveautés. Le témoin Quinet veut se constituer partie civile. Incident avec la défense qui se "joint au fonds". Quinet pourra intervenir en tant que partie civile mais c'est l'audience civile qui suivra ce procès qui jugera ou non le bien fondé de sa requête.

Pour la première fois, le directeur de la PJ, le commissaire Jobard, confirme la version de Pierre sur les armes. Le P38 et le Herstal qui appartenaient à Pierre n'ont pas pu tirer boulevard Richard Lenoir. L'expertise balistique est formelle. De nombreux incidents entre Goldman et les défenseurs de M. Quinet, dont l'avocat du syndicat indépendant de la police nationale (extrême droite) Me Garrot, émailleront les audiences. Un dernier coup de théâtre surviendra : la déposition surprise d'un détenu que Pierre avait connu à Fresnes, [Monsieur X], en centrale à Angers. Il accuse un certain Bernard Martin du double meurtre de la pharmacie. L'homme a disparu et serait mort.

Dans son réquisitoire, l'avocat général demandera à nouveau la réclusion à perpétuité avant les plaidoiries de MMe Pollack et Kiejman. Me Kiejman, qui avait été la tête et le nerf de la défense, replace le procès sur un autre plan : "Nous faisons un procès du XIXème siècle à un homme du XXème siècle". Aux termes de son implacable réponse à l'accusation, le verdict du procès : 12 ans de réclusion pour les trois vols qu'il a reconnus mais la Cour d'Assises d'Amiens l'innocent "au bénéfice du doute" du double meurtre de Richard Lenoir.

Il sortira de prison avant Noël 1976, après avoir fait plus de 6 années de détention.

[Monsieur X : Nom supprimé à la demande de l'intéressé, au nom du droit à l'oubli]

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