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Dans la presse parisienne
Le Monde, 22 septembre 1976
Réactions de Francis Puyalte (L'Aurore), Serge July (Libération), Roger Pourteau (L'Humanité), Gérard Guillot (Le Figaro)
Retranscription de Linda Delozier


Le Matin : c'est l'horreur
"Pierre Goldman, aujourd'hui, est mort, abattu par trois hommes qui se réclament d'un réseau "Honneur de la police". C'est l'horreur. Et le temps des hypothèses. Qui se cache derrière cette organisation terroriste ? Le meurtre est-il politique, raciste ou les deux à la fois ? Qui peut ainsi oser régler ses comptes à la manière des tueurs de l'Escadron de la mort formé au Brésil par le commissaire Fleury ? Ces assassins auraient-ils estimé que les temps sont devenus favorables à cette "solution finale" qui soulève le cœur ?"

L'Aurore : hors des normes
"Il avait été comparé à un héros des "Possédés" de Dostoïevski. Et ceux-là même qui le croyaient coupable, qui l'auraient sans remords envoyé finir ses jours en prison, ceux-là aussi s'incliner devant cette personnalité hors des normes. Comme certains oiseaux de nuit, Pierre Goldman attirait et fascinait. Plus tourmenté que quiconque, plus ambigu que personne, il ira du revolver à la révolution. C'est peut-être parce que, au commencement, il y avait eu la révolte d'un petit juif polonais né en France".

Libération : un pur
"(…) Les prophètes sont des purs, et Pierre était un pur. J'entends l'aboiement assourdissant des tueurs qui ce matin à une terrasse de café parcourent la presse à la recherche du récit de leur exploit. J'entends le ricanement imbécile des salauds pour qui Goldman combinait tous les traits de l'homme à abattre : juif, aimant les Noirs, révolutionnaire, braqueur, taulard, écrivain, ce qui est naturellement une circonstance aggravante, et surtout, pire que tout, l'homme qui avait échappé à la peine de mort pour un crime qu'il niait, accusation terrible dont la justice l'avait acquitté. A sa manière, Pierre Goldman avait le visage d'un portrait-robot. Il ressemblait à tout ce qui haïssent les imbéciles, et, parmi eux, mais ils ne sont les seuls, les lecteurs de Minute : Pierre avait échappé à l'extermination des Juifs, à l'armée vénézuélienne, à l'échafaud, à la prison. Il ne devait pas échapper aux tueurs, qui doivent vouloir nettoyer la France de ce qu'ils doivent appeler ente eux "l'anti-France". C'est-à-dire nous.
Ce portrait-robot, c'est aussi le mien, le nôtre. Tous nos traits y sont. Mais les siens sont plus prononcés. Parce que, à sa manière, entière, brutale, d'une seule pièce, Pierre Goldman était le plus dur d'entre nous. Celui qui avait été jusqu'au bout de ses fantômes, jusqu'au bout de ses fantasmes (…)".

L'Humanité : M. Bonnet faisait la sourde oreille
"(…) Certes, c'est une tradition de la bourgeoisie que d'entretenir un climat de peur dans les périodes difficiles et de recourir pour cela à des professionnels de la provocation. Mais, rarement autant que ces dernières années, on a assisté à une telle succession d'actes de violence de caractère fasciste. Les policiers eux-mêmes et leurs syndicats les plus représentatifs, qui ne voient pas sans inquiétude se développer certaines pratiques dans leurs rangs, ont dénoncé le danger. Mais, au ministère de l'intérieur, M. Bonnet fait la sourde oreille. On a même observé que, sous son règne, la violence, l'insécurité et la provocation se portaient fort bien. Et pourtant, M. Bonnet est toujours ministre".

Le Figaro : l'écrivain-né
"(…) Avec son deuxième livre, l'écrivain-né devenait alors un professionnel de l'écriture. Non pour raconter sa vie d'ancien taulard mais pour jouer sa vie et sa mort à pile ou face avec les mots, avec le langage. Le personnage essentiel de ce nouveau roman ne pouvait être que la violence, et la violence pour la violence. Mais, celle-ci ne se justifie que par ses origines (Auschwitz par exemple…) et n'a de raison d'être que l'expiation. Mieux, et même sous sa forme romanesque, le livre se voulait une suite de la première biographie. En ce sens qu'elle était, avant le récit d'une errance, l'attente d'une agression, et le défi à une mort tragique. Ecrit prémonitoire ? Goldman se savait-il condamné, ou se voulait-il condamné ? Seule, pour lui, l'écriture était salvatrice".

France-soir : Goldman se savait menacé
"Hier Goldman, et demain qui ? Après l'assassinat de Pierre Goldman, abattu hier midi sur une petite place tranquille du XIIIe arrondissement, plusieurs de ses amis ont peur. Maintenant que Goldman est tombé sous les balles des tueurs, ils savent que leur vie est aussi sérieusement menacée que l'était la sienne. (…) Car voilé dix ans bientôt que Pierre Goldman fait périodiquement la une des journaux. On l'a accusé, on l'a déclaré coupable, il s'est juré innocent, on l'a traité de voyou, de gangster, on a célébré son talent d'écrivain, on a salué son cheminement intérieur pour cerner et exprimer sa personnalité étrange. On a été pour, on a été contre, il a gonflé des torrents de passions contradictoires et, maintenant qu'il est la "victime", il va en déchaîner bien d'autres puisque ses assassins, quels qu'ils soient, ont voulu faire de leur crime un acte de vengeance, en le revendiquant comme une réaction contre le "laxisme de la justice et du pouvoir". (…)"

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