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Une hypothèse : les tueurs seraient venus d'ailleurs
Libération, 26 septembre 1979
Article de Patrick Mars
Retranscription de Dominique F.

Pierre Goldman a-t-il été tué par des extrémistes espagnols agissant pour le compte d'un groupe d'extrême droite français ? Telle est la question que l'on peut se poser six jours après son assassinat, place de l'Abbé Hénocque dans le 13e arrondissement.

Plusieurs indices ont conduit les policiers à envisager, parmi d'autres, une hypothèse "franco-espagnole".

"Hombre"

Le témoignage d'un homme d'une soixantaine d'années, cadre supérieur, est capital. Lorsqu'il sort de son bureau pour aller déjeuner, ce témoin croise à une cinquantaine de mètres du lieu où Pierre Goldman vient d'être assassiné, trois hommes qui courent. L'un en avant des deux autres. Et celui qui semble mener le train se retourne et lance, d'après le témoin "...i hombre". Le témoin n'est pas hispanisant. Il n'a pas compris le premier mot mais il est certain qu'il se terminait par la voyelle "i" et en ce qui concerne le second il est formel, il a bien entendu "hombre". Le témoin ne se rappelle plus si le mot a été utilisé au singulier ou au pluriel.

Vérification faite, le signalement des trois hommes correspondait à celui donné par les inspecteurs de la 9e brigade territoriale qui planquaient sur la place depuis plusieurs jours à la recherche de jeunes voleurs de sacs à main. On sait que cette planque a été interrompue moins d'une demi-heure avant l'assassinat de Pierre Goldman.

Ce témoignage est d'autant plus intéressant que cette phrase en espagnol peut difficilement être considérée comme un leurre destiné à maquiller l'origine des tueurs puisqu'elle a été prononcée, pourrait-on dire, "en privé" par les tueurs. Conclusion : les tueurs s'exprimaient en espagnol.

Les policiers de la brigade criminelle ont demandé à des hispanisants de retrouver les éventuelles significations de cette expression incomplète. Ils sont arrivés à la conclusion qu'il pouvait s'agir de l'expression "por aqui hombre" qui signifie "par ici les mecs" et qui pourrait être une indication d'itinéraire de fuite.

Latino-américains ou espagnols

Compte tenu des liens très étroits noués depuis 1966 avec l'Amérique latine par Pierre Goldman et en particulier avec le Vénézuéla et les Caraïbes, les [passage manquant] pouvaient écarter l'hypothèse latino-américaine.

Vérification faite auprès des latino-américains de langue espagnole et des espagnols, il apparaît que l'expression "hombre" a en latino-américain une connotation d'arrogance qu'elle n'a pas en espagnol où son emploi est plus direct et implique au contraire une simple familiarité qui cadre mieux avec la situation décrite par le témoin, ce qui plaide en faveur de tueurs espagnols.

Les différents témoins sont formels : le groupe était composé de trois hommes. Deux hommes ont tiré, l'un avec un 11,43 et l'autre avec un revolver 9 mm. Tous deux étaient très jeunes : l'un devait avoir 21 ans et l'autre 25 ans. La jeunesse des tueurs a frappé tous les témoins. Sans contestation possible les tueurs étaient de type européen, ce qui exclut encore une participation latino-américaine. A partir de ces témoignages les policiers font établir des portrait-robots qui devraient être diffusés à la fin de la semaine.

Mais plus que leur jeunesse, ce qui a frappé les [passage manquant] utilisée par les tueurs. Ils ont longuement attendu leur victime à visage découvert, au point que les policiers de la 9e BT aient pu les dévisager sans que cela les effraie. Ils ont donc traîné au moins une demi-heure sur cette petite place du 13e arrondissement. Lorsque Pierre Goldman est arrivé sur la place débouchant de la rue de la Colonie, en venant de chez lui, ils ont fait feu. Le premier des tueurs a tiré plusieurs balles et le second "comme à la parade" est venu achever Pierre Goldman alors que celui-ci gisait sur le sol. Ce détail indique que les tueurs ont pris tout leur temps, qu'ils ne se sont pas souciés d'être ultérieurement identifiés. Un tel sang froid, un tel détachement implique que les tueurs se sentaient en impunité. Cela plaide incontestablement pour des hommes venus de l'étranger mettant le jour-même une frontière entre eux et les policiers. Un autre détail apporte une présomption supplémentaire en ce sens : les tueurs ont eu besoin d'un guide pour organiser leur fuite : celui-là même qui a lancé l'expression "...i hombre". Ce fait est corroboré par les observations de la 9e BT : en planque depuis plusieurs jours, au même endroit et à la même heure, c'est la première fois qu'ils voyaient ces trois hommes. De là à penser que les trois hommes, du moins deux d'entre eux, ont été les exécutants espagnols d'un meurtre commandité par un cerveau qui se trouve en France et agissant pour le compte idéologique d'un groupe fasciste français et on a la base d'une des hypothèses principales des policiers du commissaire Leclerc.

Deux groupes

Quelques jours avant sa mort, Pierre Goldman a fait part à plusieurs de ses amis du sentiment qu'il avait d'être suivi par des hommes d'une quarantaine d'années qu'il pensait être des policiers, avait-il précisé à l'un d'eux.

On peut donc penser que deux groupes distincts ont participé à l'assassinat de Pierre Goldman. Un groupe français se chargeant de la logistique, du repérage et [passage manquant]

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