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Aïcha (français)

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Auteur : Jean-Jacques Goldman
Compositeur : Jean-Jacques Goldman
Editée par : Editions J.R.G.

Version originale
Année : 1996
Interprétée par : Khaled
Distribuée par : PolyGram

Remarques :
La version uniquement en français de cette chanson n'est disponible qu'en single.

 

Reprises O trouver ce titre Retour au menu

Année Interprète Support Référence Pochette
1996 Khaled CD 2 titres 576 844-2
1996 Khaled CD 3 titres 576 845-2 non disponible.


Adaptations trangres Reprises Retour au menu

Année Interprète Support Référence Pochette
1997 Joël Zébulon (version zouk) CD single 3 titres YEP 97008/3
1997 Joël Zébulon (version reggae) CD single 3 titres YEP 97008/3
1997 Joël Zébulon (version club) CD single 3 titres YEP 97008/3
1998 Africando CD Baloba ! SYLAF 96 035
2001 Lââm, Francis Cabrel CD L'Odyssée des Enfoirés WEA 7432-183531-2
2002 Collège de l'Estérel CD Jusqu'au bout de nos rêves... -
12 avril 2003 Laam Tubes d'un jour, tubes de toujours (TF1) non disponible.

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Paroles Adaptations trangres Retour au menu

Année Titre Langue Interprète Auteur de l'adaptation Pochette
1996 Aïcha français / arabe Khaled Khaled
1996 Aicha polonais Magma I. Kubiaczyk
1997 Aïcha espagnol Amistades Peligrosas Cristina del Valle - Esther Garcia
1998 Aïcha hébreu Haim Moshe Ehoud Manor
1998 Aïcha woloff Africando Africando
2002 Aicha anglais Outlandish K. Badj Brahim, I. Bachiri, W. Qadri, R. L. Martinez, Mintman
2006 Alithia sou leo grec Stamátis Gonídis Stamátis Gonídis
2007 Non Voglio Che Amore italien Vittorio Merlo et Marco Guerzoni Vittorio Merlo

Je connais une adaptation qui ne figure pas ici !

Paroles Liens sponsoriss Retour au menu

Les chansons sont souvent plus belles... Paroles Retour au menu

Comme si j'n'existais pas
Elle est passée à coté de moi
Sans un regard, Reine de Saba
J'ai dit, Aïcha, prends, tout est pour toi

Voici, les perles, les bijoux
Aussi, l'or autour de ton cou
Les fruits, bien mûrs au goût de miel
Ma vie, Aïcha si tu m'aimes

J'irai où ton souffle nous mène
Dans les pays d'ivoire et d'ébène
J'effacerai tes larmes, tes peines
Rien n'est trop beau pour une si belle

Oooh ! Aïcha, Aïcha, écoute-moi
Aïcha, Aïcha, t'en vas pas
Aïcha, Aïcha, regarde-moi
Aïcha, Aïcha, réponds-moi

Je dirai les mots des poèmes
Je jouerai les musiques du ciel
Je prendrai les rayons du soleil
Pour éclairer tes yeux de reine

Oooh ! Aïcha, Aïcha, écoute-moi
Aïcha, Aïcha, t'en vas pas

Elle a dit, garde tes trésors
Moi, je vaux mieux que tout ça
Tes barreaux sont des barreaux, même en or
Je veux les mêmes droits que toi
Et du respect pour chaque jour
Moi je ne veux que de l'amour

Aaaah !
Comme si j'n'existais pas
Elle est passée à coté de moi
Sans un regard, Reine de Sabbat
J'ai dit, Aïcha, prends, tout est pour toi

Aïcha, Aïcha, écoute-moi
Aïcha, Aïcha, écoute-moi
Aïcha, Aïcha, t'en vas pas
Aïcha, Aïcha, regarde-moi
Aïcha, Aïcha, réponds-moi

Lalala....lalala...

Les chansons appartiennent  ceux qui les coutent Les chansons sont souvent plus belles... Retour au menu

Le Parisien : Cette chanson, "Aicha", au-delà de son succès, est un joli fruit de votre collaboration avec Jean-Jacques Goldman. Comment est-elle née ?

Khaled : En fait, je crevais d'envie de lui demander de m'écrire des chansons depuis longtemps. Mais comme on est tous les deux de grands timides, cela a pris du temps. Et puis un jour, après qu'"Envoyé Spécial" nous eut réunis pour une émission sur les accords de paix, j'ai osé. Il m'a d'abord répondu : "Je ne parle pas l'arabe, moi je veux bien faire un truc mais explique-moi exactement ce que tu veux." Je lui ai répondu : "de l'amour". On est allés dîner au Pied de Chameau, dans le restaurant de Pierre Richard, et on a mieux fait connaissance. Plus tard, je l'ai fait venir chez moi pour un couscous maison. C'est ça qui a dû le convaincre.

Le Parisien : Goldman vu par Khaled, c'est qui ?

Khaled : Un mec à qui le bon Dieu a donné quelque chose de plus.

Le Parisien : Après une telle consécration, vous allez faire quoi ?

Khaled : M'atteler à un album, le plus pur possible, sur les racines de la musique orientale.

Le Parisien : Au fait, qui est "Aicha" ?

Khaled : La dernière épouse du Prophète. Et puis maintenant, c'est la chanson du Juif et de l'Arabe... Tout un symbole !

Le Parisien, 11 février 1997


Khaled : Comme nous avions eu un super-feeling, je lui ai demandé de m'écrire une chanson pour la paix en Algérie, confirme l'Oranais. Les mois passent et j'imagine qu'il m'a oublié. Puis un jour, il m'appelle pour m'inviter à le rejoindre dans son studio d'enregistrement. J'ai écouté "Aïcha" et j'en ai eu la chair de poule. J'ai été stupéfait de voir à quel point il a su être proche de mes sentiments.

L'Humanité, 16 avril 1997


Laurent Boyer : J'ai rencontré Khaled cette semaine et il me disait ça :

Khaled : Et Aïcha, elle existe depuis 3 ans maintenant. Même 4 ans si j'ose dire le mot. Parce qu'il me l'a présentée, quand il l'a écrite, il m'a appelé. Il m'a appelé, c'était début 95. En janvier 95, avant mon mariage. Deux jours avant mon mariage. Et, en plus, quand je suis allé le voir parce que moi je n'ai pas cru qu'il va m'écrire. On a parlé de ça en 94, quand il y avait les accords de paix de Washington avec Yasser Arafat et après il me dit "d'accord". Après on s'est vu une année et il me donne un signe de vie. Il me dit : "Khaled, écoute, ce que tu m'as dit, c'est prêt". Ah ! Je n'y croyais plus, quoi.

Laurent Boyer : ça s'est passé un peu comme ça Jean-Jacques ?

Jean-Jacques Goldman : Bah, s'il le dit, ça doit être vrai.

Laurent Boyer : Quel menteur, ce Khaled ! Quel menteur !

Jean-Jacques Goldman : Non, non. Oui, il m'a demandé une chanson, je me rappelle, on mangeait un couscous, ensemble et je lui ai dit "d'accord" et je lui ai dit "pour quand ?" et il m'a donné une date. Et je pense qu'à la date prévue, je lui ai dit "Voilà, c'est prêt".

Laurent Boyer : Moi, je l'aime bien quand il est livreur de pizza comme ça. Tu appelles "Goldman, je voudrais une chanson pour telle date". "Oh, il n'y a pas de problème mon petit gars, je vais la livrer où ?"

Jean-Jacques Goldman : Non, je ne dis pas "Il n'y a pas de problème". Je dis "C'est possible pour quelle date ?". Voilà, et, à la date donnée en général

Laurent Boyer : En général, ça frappe.

Jean-Jacques Goldman : Je lui propose. Je ne savais pas si ça allait lui plaire ou pas.

Europe 2, 28 février 1997


Jean-Paul Germonville : La personnalité de l'interprète influe sur votre écriture ?

Jean-Jacques Goldman : Je réfléchis ! Khaled me demande une chanson, qu'est-ce que je peux lui faire ? Je pense à son style, en quoi il peut être conciliable avec ce que j'écris. J'essaie de faire une espèce de soul pour "Aïcha", un peu plus disco sur "Le jour viendra", avec des textes qui me semblent être dans ses préoccupations. J'hésitais à lui faire un reggae et, finalement, il est allé enregistrer certaines choses en Jamaïque. Ce n'est pas étonnant, il y a des rapports entre les musiques.

Quelques mots en passant
L'Est Républicain, septembre 1997


Jean-Luc Cambier : Le triomphe de Aïcha écrit pour Khaled a été une formidable surprise. Il l'a présentée comme un pied de nez d'un arabe allié à un juif à la France du Front National. Avez-vous pensé à cet aspect des choses en acceptant sa commande ?

Jean-Jacques Goldman : Beaucoup de chanteurs m'ont proposé de travailler avec eux, je n'ai pas tout accepté. Chez Khaled, il y avait quelque chose qui m'intéressait. Le fait qu'il soit arabe ne m'a pas dérangé mais n'a pas été déterminant. Mais j'ai été séduit par son courage. Pour ce qu'il représente, pour sa position sur l'Islam et ses rapports avec la musique... Ce n'est pas évident actuellement pour un Algérien de faire du raï. Certains meurent à cause de ça. Je l'ai trouvé courageux mais je ne l'aurais pas fait sans ses capacités musicales. C'est un très bon chanteur et un vrai musicien, encore plus que je ne le croyais. La prochaine fois que vous le rencontrez, demandez-lui d'expliquer les rythmes tunisiens, oranais, algérois, égyptiens, ceux des Emirats... Il va faire ça sur la table. En plus, le fait d'écrire ce texte et que Khaled le chante pour les beurettes françaises, je trouvais cela très attirant.

Interview de Jean-Jacques Goldman
Télé Moustique, 24 septembre 1997


Le Figaro : Vous vous étiez rendu compte qu'une partie de la mélodie est identique sur "Aïcha", que vous avez composée pour Khaled, et sur "Les derniers seront les premiers", que chante Céline Dion ?

Jean-Jacques Goldman : Non, je m'en suis rendu compte quand on me l'a dit. Mais, pendant la première tournée que j'ai faite, je chantais deux chansons, "Le rapt", qui est sur mon premier disque, et "Minoritaire", qui est sur le deuxième album. Aucun musicien ne s'en est rendu compte, le public ne l'a jamais dit, et je ne m'en suis pas rendu compte moi-même, mais la mélodie des deux chansons est absolument identique. L'ambiance, la thématique, le texte et les arrangements sont différents, mais on m'a fait remarquer il y a deux ans que c'était la même mélodie. On s'en rend mieux compte avec "Aicha" et "Les derniers seront les premiers" parce que ces chansons ont été des succès.

Un entretien avec le chanteur et auteur-compositeur français le plus prospère
Jean-Jacques Goldman : "Forcément je tourne en rond"
Le Figaro, 29 septembre 1997


Fabrice Guillermet : Comment avez-vous procédé pour "Aïcha", à ce jour le plus gros succès de Khaled ?

Jean-Jacques Goldman : S'il avait décidé de faire appel à moi, d'autant plus qu'il est un bon compositeur, ce n'était pas pour que je m'engouffre dans son registre. Depuis longtemps je pensais qu'il pouvait flirter avec un reggae-soul, entre Marvin Gaye et Bob Marley. J'ignorais qu'au même moment, il avait commencé à collaborer avec des musiciens jamaïcains.

Jean-Jacques Goldman : "le bonheur est obscène"
Télé 7 Jours, 7 octobre 1997


Carlos Sancho : Pour "Bonne idée", l'intro guitare possède quelques similitudes avec "Aïcha" de Khaled. Ne serait-ce pas déjà un début de manque d'inspiration ?

Jean-Jacques Goldman : Ce n'est pas un début, cela fait très longtemps que je répète que je tourne en rond sur le plan musical. Il existe aussi beaucoup d'autres titres dans cet album qui représentent des réminiscences d'autres choses.

Le retour au naturel
Guitarist n°96, novembre 1997


TV Hebdo : N'avez-vous jamais été tenté par la politique ?

Jean-Jacques Goldman : Non ! Mais je crois, à ma place, ne pas être tout à fait inutile. Je pense à une chanson comme "Aïcha" pour les Beurettes françaises, à celle des "Restos du coeur", qui a dix ans. Et, pendant que le Front National s'installe, ça ne me dérange pas que les gamins dansent sur "Je te donne".

Jean-Jacques Goldman : "Je ne crois pas être inutile..."
TV Hebdo, 3 janvier 1998


Depuis la fin de la guerre franco-algérienne (1962), et la révélation des musiques d'origine judéo-arabe d'Enrico Macias, les Français ont été plus longs que les Anglais à apprécier les rythmes de leurs anciennes colonies. La vague brit pop de la fin du siècle qui accueille la scène asiatique avec notamment Cornershop (1998), avait démarré avec le sitar indien de George des Beatles dès 1965.

En France, il a fallu attendre les années 90 pour que les musiques d'Afrique du Nord deviennent populaires, et particulièrement le raï dont Cheb Khaled est indiscutablement le meilleur ambassadeur. A l'été 1992, en quelques semaines, il avait vendu 600 000 exemplaires de son single "Didi", apportant une couleur nouvelle au hit-parade, trop souvent partagé entre chansons françaises et tubes anglo-saxons.

Né en 1960 à Sidi-El-Houari, en Algérie, Khaled enregistre (contre l'avis de ses parents) son premier disque à l'âge de... 13 ans. Adolescent, il écrit "Trig el lici", qui signifie "la route du lycée", qui obtient un certain succès auprès des amateurs de raï. Il racontait la difficulté de concilier études et amour de la musique. Il exerce divers petits boulots (plomberie, bijouterie, mécanique, électricité, secrétariat) qui lui permettent de continuer à enregistrer. Il publiera cinq autres singles jusqu'en 1978. Mais en Algérie, on n'achète plus de disques microsillons, la cassette ayant totalement investi le marché.

Khaled incorpore à son style les diverses influences qui l'ont marqué à un moment de sa vie : raï mais aussi rock, pop, blues et chansons françaises (il interprétera d'ailleurs "La poupée qui fait non" de Michel Polnareff, en duo avec Mylène Farmer, plus de trente ans après sa création). C'est justement ce métissage musical qui lui permet de sortir du rang ; en outre, sa voix puissante rappelle celle des cheiks, ses anciens maîtres de la tradition orale oranaise. Au début des années 80, après avoir chanté dans de nombreux cabarets, il est l'artiste le plus apprécié de son pays.

Fort de cette renommée, il s'installe en France en 1987. Cinq ans plus tard, il est nommé chevalier des Arts et des Lettres par le ministre de la culture Jack Lang. Et, l'année suivante, en 1993, il représente la France lors d'un concert pour fêter le 14 juillet à Central Park, à New York. Consécration : son album du moment, N'ssi n'ssi, est utilisé dans la BO du film de Bertrand Blier 1,2,3... Soleil.

Il raccourcit son nom d'artiste : "Cheb" signifie "jeune". Alors que les autres vedettes du raï, travaillant en France, ont gardé cette appellation : Cheb Hasni (assassiné en 1994 à Oran), Cheb Mami...

"Aïcha" devient le tube de l'hiver 1996-1997. Rappelons que la chanson a été écrite par Jean-Jacques Goldman, désormais l'auteur le plus inspiré de sa génération, au travers de sa propre carrière d'idole mais aussi grâce à ses compositions pour autrui (notamment pour la Canadienne Céline Dion devenue star internationale). "Aïcha" apporte une image de paix et de réconciliation entre les hommes venus de divers horizons, et, dans le cas présent, de diverses religions. Le juif Goldman et le musulman Khaled grimpent au Top 50, main dans la main.

Tout le monde ne partage pas cet optimisme : pour les puristes de la musique orientale, Khaled passe pour un chanteur engagé qui incarne la mauvaise influence occidentale sur le reste du monde, particulièrement sur ce qu'on appelle le tiers-monde. D'autant plus que "Aïcha" est une chanson à la gloire de la femme.

Bien que Khaled répète toujours qu'il ne fait que de la musique, il ne cesse d'être interrogé sur la situation politique en Algérie. Il faut dire qu'il est devenu le chanteur arabe le plus connu de la fin du XXe siecle, sa renommée se propage jusqu'en Inde. Mais les petits concurrents ont déjà pointé leur jeune museau : ainsi Faudel, qui avec Rachid Taha (ex-Carte de Séjour) et justement Khaled, ont donné en 1999 une version "francarabe" du "Comme d'habitude" de Claude François.

François Jouffa et Daniel Lesueur
Extrait de "Secrets de chansons" (éd. Hors Collection), mars 2000


Dominique Simonet : Cette année, vous écrivez un texte pour Gérald De Palmas, il cartonne. Avant ça, c'était Céline Dion, Patricia Kaas, Johnny, Khaled. Comment vivez-vous le succès par l'entremise des autres ?

Jean-Jacques Goldman : Le succès est toujours jouissif. Ensuite, le succès de mes chansons, interprétées par moi, j'adore ça parce que je peux y dire des choses plus personnelles et qu'un rapport intime se crée avec les gens. La sensation d'être compris au quart de tour est extrêmement précieuse. L'autre bonheur, c'est le succès avec les très grands interprètes. Il m'arrive de chanter "Aïcha" dans ma salle de bains, mais quand j'entends Khaled la chanter à l'Olympia, devant son public qui danse, je ressens quelque chose de plus fort que si je l'interprétais moi-même. Quand j'entends Johnny commencer par "L'envie" au Stade de France, devant 80 000 personnes, je sais que je ne peux pas être à cette place-là, ni la chanter avec cette puissance-là comme ce personnage-là, et il se passe alors quelque chose de super jouissif. De Palmas, enfin, est un type tellement intègre, tellement vulnérable de candeur et d'honnêteté, qu'avoir participé à sa reconnaissance est un plaisir inouï aussi. Ce sont trois plaisirs différents, mais extraordinaires tous les trois.

Le grand bal de Jean-Jacques Goldman
La Libre Belgique, le 10 décembre 2001


Anthony Martin : Avez-vous limpression de détenir la recette de la bonne chanson, du tube, davoir compris quels ingrédients il fallait mettre pour que ça marche à coup sûr ?

Jean-Jacques Goldman : Non. Et je trouve que je nai pas fait de tube depuis longtemps, des gros tubes, des trucs comme "Aïcha", "Je te donne", "Pour que tu maimes encore" ou comme par exemple "A ma place" de Bauer et Zazie. Des trucs qui tout à coup prennent leur envol et on ne sait pas où ça va. Jai fait des succès récemment, mais pas de tube.

Anthony Martin : Mais ça fait quand même généralement mouche à chaque fois.

Jean-Jacques Goldman : Oui mais un tube cest autre chose. Un tube, cest une chanson qui tout à coup décolle. Je ne parle pas des succès. Les succès, tout le monde peut en faire. Mais une chanson qui tout à coup te dépasse, comme "Belle", qui passe partout jusque dans les ascenseurs, quon entend tout le temps, qui devient presque un phénomène, ça fait longtemps que je nen ai pas fait.

Ça cartonne,
RTL, le 20 novembre 2001


Jean-Jacques Goldman : Dans lexercice de mon métier, les moments où je suis le plus ému, cest quand je passe devant un bar qui fait karaoké et que jentends une gamine ou un gamin en train de sescrimer sur mes chansons, cest quand je suis en moto et que par la portière ouverte, je vois une ou deux personnes en train de danser sur "Aicha" avec la musique à fond

Alain Pilot : Il ny a pas un côté frustrant, quand vous êtes juste à côté ? Vous navez pas envie de dire, "je suis là, je suis à côté de vous ?"

Jean-Jacques Goldman : Ça mest arrivé denlever mon casque et de dire "merci" et puis "bonjour". Cest à ces moments-là, cest-à-dire, non pas quand je joue de la musique mais quand elle est jouée, quand les gens la récupèrent, quand je suis juste voyeur de ça, ce sont des moments que jadore.

La bande passante
Radio France Internationale, 14 mars 2002


Sacha Reins : Quelle a été la chanson la plus difficile à écrire pour un autre ?

Jean-Jacques Goldman : Je crois que c'est "Aïcha", pour Khaled. Ça n'a pas été facile de mélanger nos sensibilités, nos cultures, son raï et mes traditions musicales plutôt rock, et de lui faire chanter quelque chose en français. Je suis fier du résultat.

Je marche à l'instinct
Journal du Dimanche, le 29 avril 2002


Eric Saya : Un certain nombre de chansons que tu as composées pour d'autres interprètes ont été très exportées et ont eu un succès énorme. On voulait savoir quelle était la chanson qui t'avait apportée le plus de satisfaction ? Plus particulièrement celles de Khaled, Patricia Kaas ou d'autres, lesquelles t'ont apporté les plus grandes surprises, les plus grandes satisfactions ?

Jean-Jacques Goldman : C'est difficile de choisir. Toutes m'ont apporté beaucoup de satisfaction. Évidemment, peut-être, "Aïcha" un petit peu plus, parce qu'elle est allée là où je ne pensais pas aller. Je me rappelle un jour, j'étais dans un studio, il y avait des Africains qui étaient là, des Zaïrois je crois. On se croisait tous les jours et on travaillait là-bas. Ils ne savaient pas qui j'étais. Un jour, il y en a un qui est venu me demander un autographe et les autres ont demandé qui j'étais, et il a répondu : c'est celui qui a écrit "Aïcha" [rires]. Et le fait de savoir que Khaled va jouer dans des stades aux Indes, par exemple, et que tout à coup qu'il y a des milliers d'hindous qui chantent cette chanson, ça me fait bizarre, c'est sûr !

Sans limites
Radio Kol Hachalom, 22 juin 2002


On peut parler de machine pour des phénomènes comme ceux que nous avions connus à l'époque où ces fameux Anglais Stock Aïtken Waterman faisaient de la musique au kilomètre pour des gens comme Kylie Minogue. C'était toujours la même musique. Dans ce sens-là, on peut parler de machinerie. Mais passer d'une chanson un peu réaliste comme "Je voudrais la connaître" par exemple, avec un texte féminin pour Patricia Kaas, à "Aïcha" qui a un rythme un peu dansant, en passant par Hallyday, Pagny ou Céline, ce sont des choses vraiment différentes et la "machinerie" est impossible.

Spécial Goldman
La Dépêche du Midi, 2 octobre 2002


Pierre Chatard : Parmi les chansons que tu as composées pour dautres interprètes, quelles sont celles qui tont apporté les plus belles surprises ?

Jean-Jacques Goldman : Cest par exemple quand japprends que Khaled, qui remplit des stades aux Indes, parce que là-bas, cest Michael Jackson, et puis quil y a des milliers dHindous qui chantent "Aïcha", là ça me fait quelque chose ! Ou de voir que "Lenvie" que javais écrite pour Hallyday est chantée et reprise un peu par tout le monde, ça me fait plaisir.

Interview de Jean-Jacques Goldman
MusiConnexion, mai 2002


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Hier soir, j'ai acheté le single de Khaled "Aïcha" pour avoir un avant-goût du futur album.

Quelques remarques

La musique est superbe, ainsi que les paroles (c'est du Jean-Jacques Goldman...).

Quelqu'un peut-il me dire si lon entend une batterie électrique ou une boîte à rythmes (comme dans "Pour que tu m'aimes encore") ? N'étant pas spécialiste, je ne fais pas la différence. Personnellement, j'aurais préféré une batterie traditionnelle...

Il est dommage que Khaled chante à l'orientale (avec des nuances au quart de ton) sur une musique occidentale (tons et demi-tons).

Sinon, la chanson accroche, pour peu qu'on l'écoute plusieurs fois (elle est déjà première des ventes de single à la Fnac).

Le thème est très audacieux, à la fois pour Khaled et pour Jean-Jacques Goldman (Khaled fait partie de la liste rouge des intégristes algériens (G.I.A.), ils l'ont autrement dit condamné à mort). Thème : une femme maghrébine refuse qu'un homme lui offre des cadeaux, tous plus beaux les uns que les autres. Elle ne demande que de l'amour, qu'on la respecte et qu'elle ait les mêmes droits que les hommes. Du moins, c'est ce que j'ai cru comprendre de la chanson... :-)

La seconde chanson du single est la version mixte (arabe-francais) d' Aïcha. Pour les paroles en arabe, ne comptez pas sur moi... :-)

Laurent Joubert
Là-Bas, 6 septembre 1996



Franchement, moi, je ne trouve pas ça génial ! ... Ça me fait penser à un Barbelivien (comme on en parlait, il ny a pas si longtemps). La batterie est bien une boîte à rythmes (ou alors le batteur a une batterie FisherPrice et des bras mécaniques articulés !). De plus, je trouve le rythme "très commercial". Je veux dire que c'est un rythme classique (tant au niveau du son que de celui de la rythmique) des hits actuels dans d'autres domaines musicaux que je ne nommerai pas. Pour les paroles, je n'ai pas grand chose à dire à part que j'ai connu des chansons de Jean-Jacques qui étaient plus sensibles pour traiter de la femme...

Bref, en gros, je trouve qu'il aurait pu s'abstenir si c'était pour faire du commerce.

Voilà, c'est mon avis...

Yves Bernard
Là-Bas, 26 septembre 1996



J'ai acheté le single d' Aïcha, de Khaled. C'est vraiment très bien. Le second titre du disque est Aïcha (version mixte) et j'ai cru que c'était Khaled et Jean-Jacques Goldman. Quelle déception quand j'ai entendu que c'était Khaled qui chantait en français et en arabe, mais c'est quand même très bien.

J'ai demandé au vendeur de la Fnac quand l'album sortait et il m'a répondu dans le courant du mois de novembre. Je trouve que c'est très tard après la sortie du single, mais enfin.... Jean-Jacques Goldman n'aurait-t-il pas encore composé tous les titres ? Allez, trêve de plaisanteries. Le vendeur m'a dit, mais il n'en était pas sûr à cent pour cent, que ce serait Jean-Jacques Goldman qui aurait composé plus de la moitié de l'album. Pourrais-je avoir confirmation ? Ça serait génial ! En tout cas, moi qui étais très pessimiste sur le résultat, j'avoue très volontiers que je me suis trompé, car c'est vraiment très bien. J'admire la façon de Jean-Jacques Goldman de composer avec son style des titres qui sonnent "arabe". Décidément, il a vraiment beaucoup de talent. Je m'en rends compte tous les jours ! C'est vraiment un excellent compositeur.

Pour le rythme, il ressemble étrangement à "Pour que tu m'aimes encore", c'est le même feeling.

Pour reprendre ce que disait Laurent, ça serait bien que quelqu'un connaissant l'arabe puisse transcrire les paroles de la version mixte, en caractères européens, bien sûr, car je crois que ça ne passerait pas sinon.

Pour répondre aussi à Laurent, moi j'apprécie le mélange des deux gammes (orientale et occidentale). C'est justement ce qui fait que c'est original.

Sinon, c'est vrai que Khaled est condamné par le G.I.A. ? Pourrais-je avoir de plus amples renseignements ?

Rémi Corot
Là-Bas, 26 septembre 1996



Enfin ! Enfin Jean-Jacques commence à écrire sur un thème qui m'est très cher au coeur ! Un texte qui concerne la femme enfin ! Vous vous souvenez que je suis une "féminazi"! :-)

Autant je l'adore notre Goldman, autant je trouvais dommage que dans lensemble, ses textes ne traitent que des droits de l'Homme en général, jamais rien de spécifique sur les droits des femmes. Je trouvais même certain de ses textes un peu sexiste sur les bords. C'était toujours raconté d'un point de vue très, très masculin. Pardon les garçons, je sais que ça va vous laisser perplexes, mais en tant que femme, pour moi c'était un peu triste. Je sentais un manque de maturité de sa part de ce côté là et j'attendais patiemment qu'il se réveille un peu. Cette chanson est si symbolique de la condition de la femme dans beaucoup de pays.

Il y a trois ans, je suis allée avec ma famille en Arabie Saoudite. C'était un long voyage d'un mois où nous sommes allés en Israël, en Egypte et à Djibouti. Pour pouvoir aller du Caire à Djibouti, nous avons dû passer deux nuits (Air France et ses délais !) à Djedda en Arabie Saoudite. L'enfer ! Ils ont tout fait pour nous humilier et nous terroriser. Confiscation de passeports, garde armée à la mitraillette pour nous accompagner à la cafétéria qui se trouvait à 20 mètres, valises, de notre famille seulement, éparpillées sur le tarmac devant l'avion alors que tous les autres passagers avaient déjà embarqué, etc... Ils prenaient un plaisir particulier à nous humilier, ma fille et moi. Ils nous séparaient de mon mari et de mon fils, qu'ils laissaient tranquilles, et ils nous faisaient fouiller (deux fois). Je n'oublierai jamais le regard des hommes sur ma fille et sur moi-même. Je n'ai jamais été de ma vie si insultée par un regard. Rozenn en avait les larmes aux yeux. D'ailleurs, quand elle en parle, même après trois ans, tout de suite ses yeux se mouillent. Les femmes autour de nous étaient complètement couvertes de voiles noirs. Certaines montraient leurs yeux et un peu de leur visage, mais la plupart portaient un voile au-dessus de leur tête qui tombait jusqu'à leurs pieds. Ça n'empêchait pas les hommes de les "déshabiller" du regard quand elles passaient devant eux. Même les hommes mariés, avec leur femme juste à côté d'eux, et mon mari à côté de moi, me regardaient avec un sourire narquois et insolent comme si j'étais un paquet de viande sans valeur. Le pays est si riche ! Les femmes croulent sous les bijoux... mais elles sont traitées comme des chiennes, vraiment.

C'était un peu mieux pour nous en Egypte en tant que femmes occidentales, mais, par exemple, je me souviens avoir demandé à notre chauffeur de taxi pourquoi toutes les voitures étaient conduites par des hommes seuls, alors que les bus débordaient littéralement de femmes. Elles sortaient par les fenêtres, les pauvres. Il m'a expliqué que les femmes en Egypte n'ont pas le droit de conduire. Richard lui a dit que je conduisais et que notre fille de 15 ans devait passer son permis de conduire dans quelques semaines (15 ans dans le Montana). Il a pris un air dégoûté !

Après un long silence pesant, il nous a déclaré : "ma femme monte très bien sur les chameaux !". Bien sûr, Richard l'en a félicité et il semblait très fier de lui après ça !

Pour en revenir à la chanson, c'est vraiment la condition typique de la femme couverte d'or, de servants, de palais... mais toujours traitée comme une propriété elle-même. Elle n'existe que pour servir l'homme. Bravo pour Jean-Jacques et Khaled, et merci Laurent. J'espère qu'il va nous en écrire d'autres comme ça. (...)

Yvonne Williams
Là-Bas, 26 septembre 1996



Non seulement un Juif écrit pour un Arabe (un Algérien), mais la chanson va à l'encontre de ce que les fanatiques d'Algérie en ce moment essayent d'imposer aux femmes algériennes. Aïcha, si ma mémoire est bonne (avons-nous un Arabe sur la liste ?), était l'épouse la plus indépendante du Prophète. Ecrire et puis chanter "je veux les mêmes droits que toi" sur une musique arabe n'est pas une coïncidence.

"Elle est passée à côté de moi" définit si bien comment les femmes peuvent vivre avec les hommes au quotidien sans être jamais vraiment connue d'eux. Ils ne comprennent pas leurs besoins, ils leurs offrent des "parures" parce que pour eux, elles sont des objets à idolâtrer tant qu'elles restent sous leur coupe. Ils sont prêts à tout offrir aux femmes, sauf ce qui compte vraiment : le droit à leur humanité !

Vous voyez bien que les textes (pas tous, mais beaucoup) de Goldman ont souvent un sens plus profond. Vous croyez que le nom d' Aïcha est une coïncidence ? Elle est la reine de Saba, reine gouvernante et très respectée d'un pays qui se situait dans le Yemen moderne ; elle est la femme indépendante du prophète Mahomet ; elle est la femme arabe ; elle est la femme qui refuse d'être opprimée et qui se bat pour toutes les femmes de la planète.

C'est aussi courageux de la part de Khaled et de Jean-Jacques Goldman de l'avoir fait. En ce moment, Il y a des personnes en Algérie, en Iran, etc... qui se font massacrer pour moins que ça. Par exemple, pour porter le voile pas tout à fait comme il faut ou pour oser faire de la bicyclette...

Est-ce que je suis passionnée là-dessus ? Oui, bien sûr ! Entre des centaines d'autres expériences, quand j'avais dix onze ans et que je vivais à Djibouti, j'avais des amies qui se faisaient martyriser les parties sexuelles pour pouvoir être acceptées par les hommes.

Je le dis, ce coup-ci, je suis fière de Goldman (... dans d'autres coups aussi).

Yvonne Williams
Là-Bas, 12 février 1997



J'ai lu sur la liste que les gagnants connaîtraient déjà le verdict avant l'heure H. Mais alors pourquoi n'avait-il pas prévenu Khaled (ne serait-ce que de quelques mots) pour lui dire qu'il voulait faire une version à deux voix, avant de monter sur scène ? D'autres ont dit que Jean-Jacques était là car il avait été prévenu. A mon avis, il était là car il devait être là, et il le sait. Les Victoires sont un grand événement dans la musique française, et Jean-Jacques Goldman est quand même un des plus grands (si ce n'est le plus grand) artistes français encore de ce monde dans cette catégorie ! Alors, il devait être là, il savait qu'il était attendu, donc il y est allé. C'est tout ! En plus, il devait se douter que "Aïcha" était en bonne position... :-)

Voilà ce que j'ai compris de ce qui c'est passé, d'après ce que j'ai entendu sur la liste : ils annoncent que Khaled a la meilleure chanson, le public applaudit, Khaled est dans la salle, il monte sur scène, remercie et commence à chanter et Jean-Jacques arrive par derrière, une fois la chanson commencée. C'est ça ou je suis à côté de la plaque ?

J'ai reçu les wav (merci Stéphane !). Il y en a deux extraits. Le premier est un passage raté où Khaled et Jean-Jacques Goldman ne sont pas sur la même longueur d'ondes, Khaled s'arrête de chanter quand Jean-Jacques Goldman chante, et donc Jean-Jacques est obligé de baisser de deux tons d'un seul coup pour rattraper... :-( C'est assez comique à écouter, mais ça fait un peu "amateur"... :-( Le second extrait est bien plus sympathique, c'est la fin et, là, ils se sont compris donc c'est super ! :-)

Ok, c'était improvisé, donc on a le côté naturel, mais je pense que c'était (même si c'était super de le voir) une erreur de la part de Jean-Jacques de monter sur scène pour chanter avec Khaled s'il ne s'était pas mis d'accord avec lui au préalable. A la place de Khaled, je ne serais pas très content que Jean-Jacques se soit "incrusté" pour faire "foirer" la chanson en direct. Globalement, je pense que tout le monde a été content de voir Jean-Jacques Goldman arriver sur scène pour chanter avec Khaled (symboliquement, ça a déjà été dit, c'était très bien). Mais ça aurait été tellement mieux si Jean-Jacques avait prévenu Khaled ! Ce que j'en déduis, c'est que ce n'était pas préparé, ce n'est pas possible ! En fait, j'aimerais bien qu'ils refassent cette version pour de vrai et pas pour du beurre comme c'était là. Ça serait génial ! Je suis certain que Jean-Jacques va le refaire à une occasion ou une autre le plus rapidement possible, pour oublier ça, alors à l'écoute !

C'était mon "grain de sel" sur le sujet.

Flavien L.
Là-Bas, 17 février 1997



Je tiens à préciser que la version de Aïcha lors des Victoires de la Musique n'était pas improvisée. A 19 h, sur RTL 2, ils disaient que Jean-Jacques Goldman allait chanter Aïcha en duo avec Khaled, donc c'était préparé mais peut-être pas suffisamment !

Sandrine Enault
Là-Bas, 18 février 1997



Sandrine a dit qu'ils avaient prévenu sur RTL2 que Jean-Jacques Goldman allait chanter avec Khaled en duo. Il y a donc deux solutions : ils s'étaient entraînés. Alors si c'est ça, je dis, cest grave ! C'était prévu mais ils n'ont pas eu le temps de s'entendre avant d'être sur scène (bizarre, tout le monde disait que Khaled ne s'y attendait pas !).

Je suis tout à fait d'accord pour dire que du point de vue symbolique, c'était génial, que c'était une émotion formidable d'être devant sa télévision et de voir arriver Jean-Jacques pour chanter avec Khaled. Je ne conteste en rien cela, c'était très fort. Il ny a rien d'autre à ajouter, si ce n'est qu'il faut espérer qu'ils soient entendus le plus loin possible.

Par contre, moi qui n'ai entendu que deux extrais en wav, je suis désolé d'être cru à ce point, mais dans le premier, ils sont nuls ! Khaled s'arrête de chanter dès que Jean-Jacques chante, Jean-Jacques faisait la deuxième voix, alors pour rattraper le coup, il descend de deux tons au milieu de la strophe, c'est une catastrophe ! Khaled n'a pas de problème dans ses : "besoin de toioioioioioioioioioioioioioioi", ça rattrape un peu l'ensemble, mais il n'y a aucune synchronisation, ça fait "chanteurs solos qui chantent à deux pour la première fois". Dans le second extrait, c'est la fin, ils sont synchros, donc là c'est parfait, il ny a rien à redire.

On ne va pas épiloguer là dessus 150 000 ans, mais c'est dommage qu'ils n'aient pas prévu le coup avant (je refuse de croire qu'ils s'étaient entraînés ensemble, ne serait-ce qu'une seule fois).

Flavien L.
Là-Bas, 18 février 1997



Non, non, non et re-non, je ne suis pas d'accord du tout avec ce point de vue. Jai regardé les Victoires dans un état d'effervescence comme chaque année (car c'est vraiment une des seules émissions de la télévision française que je me fais un devoir de ne pas louper même si parfois c'est un peu truqué...). Je me trouvais donc chez moi à 21 heures et quelques, j'avais dit à tous que je voulais me taper une petite soirée tranquille à regarder de la musique en direct live, avec également le secret espoir d'une jolie surprise au moment de la chanson de l'année...

Alors quand Jean-Jacques est arrivé par surprise derrière Khaled qui ne semblait pas être prévenu, le frisson qui m'a envahi restera indescriptible. La dernière fois que j'avais éprouvé une émotion musicale comme celle-là, c'était peut-être lors de l'entrée sur scène de Jean-Jacques devant mes propres yeux pour la première fois quand il interprétait "Famille" au début du programme de ses concerts en 1988, ou alors peut-être quand j'ai vu Brian May interpréter "Too much love will kill you" quelques mois après la disparition de Freddie Mercury, ou encore (dernier exemple) quand j'ai entendu les Guns interpréter une version de 21 minutes de "November Rain" à Lyon, il y a quelques années...

Non, non et re-non, je répète que ce moment d'émotion fut unique. Peut-être qu'ils la rechanteront mais comme je l'avais déjà dit il y a quelques semaines, ces deux mecs qui ont réconcilié la petite Sarah qui n'avait pas huit ans, et la petite Aïcha reine de Saba ont tout compris bien avant les autres... Et ce moment d'émotion et d'improvisation si magnifiquement imparfaite restera comme une lumière qui me tiendra chaud...

Eric Saya
Là-Bas, 18 février 1997



 

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