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Albertville (Patinoire) 23 avril 1998


Julien Coen Olivier Ambrosi

Récit par Julien Coen :

Fouyayaya !!...... J'en suis encore tout retourné dites donc !! :-) Quel concert mes aïeux !!!! 2 h 30 de frissons. Ce qui est vraiment incroyable, c'est qu'a chaque fois, Goldman arrive à faire encore plus fort et à nous surprendre. J'ai vu les concerts de 88, 91, 94 et 98, et chaque fois c'est unique, complètement différent et.... encore mieux ! Ses concerts sont ciselés. Rien n'est laissé au hasard, tout est minutieusement étudié, réfléchi...

Que dire pour le millesime 98 ?

Tout d'abord, je remercie JJG d'avoir exaucé mon voeu (c'est d'ailleurs assez incroyable mais bon...) : il a repris "Le rapt" (une de ces anciennes chansons qui ont une réelle puissance mélodique mais dont les versions originales ont un peu vieilli) avec des arrangements d'une force et d'une beauté exceptionnelles. MA-GNI-FI-QUE. J'en avais rêvé, JJG l'a fait.

La première partie est plus posée (d'ailleurs tous les musiciens y compris JJG sont assis sur des tabourets), "comme chez nous, comme quand on répète" dixit Goldman.

La deuxième partie est, elle, davantage électrique et visuelle (films sur écrans géants, très impressionnante simulation de tempête de neige dans la salle avec du vent et des éclairs (heuuuuu.... des éclairs avec de la neige ???!!! Pas très réaliste tout ça !!! M'enfin... Assez fabuleux quand même !!!), etc, etc...). Détail amusant (mais bon, peut-être que ça ne fait rire que moi hein...), pendant plusieurs morceaux, tout le monde joue debout ! !

Même JJG au piano (il faut le voir, perché sur une jambe, l'autre pied sur la pédale !) et Christophe Deschamps à la batterie !! (faudra qu'il m'explique comment il fait).

JJG jongle allègrement et avec une facilité déconcertante entre sa dizaine de guitares différentes et son violon (à 2 reprises !), en passant par l'harmonica et bien sûr le piano. (Petit reproche en passant : pas assez de piano à mon goût...). Même Michael Jones se met à l'harmonica sur je ne sais plus quelle chanson...

Voilà, voilà, je m'en suis mis plein les yeux et les oreilles, c'était magnifique. J'ai transpiré comme un fou, j'ai mal aux pieds et aux jambes,j'ai des ampoules énormes sur les mains, mais c'était magnifique. Tenez, d'ailleurs je remets le couvert demain soir à Grenoble !! :-) Si ça c'est pas d'l'amour...

P.S. : Une critique qui n'engage que moi: le quart d'heure précédant le concert est minable. Le coup de filmer les spectateurs sur écran géant avec des commentaires très premier degré tendance karaoké du samedi soir avec Claude François, c'est sûrement parfait pour chauffer le public et pour en ridiculiser certains mais ça s'arrête là. On s'en passait sans problème.

Julien Coen

24 avril 1998
Tous droits réservés


Récit par Olivier Ambrosi :

20 h 39 : La scène est vide. Il y a juste un micro sur pied au centre au bord de la scène. Alors résonnent quelques accords de guitare : Jean-Jacques arrive seul dans le noir et la fumée par le côté droit de la scène. Il trébuche même sur quelque chose et manque de se casser la figure. Impassible, il continue son intro guitare, prend un tempo plus rapide et démarre On ira (il joue sur une Takamine électro-acoustique ; il a changé la tonalité de la chanson de -1/2 ton par rapport à l’original sur le disque). On entend le piano, la basse et la batterie mais les musiciens sont cachés derrière. Sur le deuxième couplet arrive la guitare électrique ; c’est pareil, on ne voit toujours pas les musiciens. Il n’y a que lors du refrain que Christophe Nègre apparaît dans la lumière avec son saxophone ; il disparaît à la fin de la chanson. Le ton est donné : ce sera intime... " un soir on partira, si tu me crois belle, un jour ... ou peut-être bien un soir ... peut-être que j’passerai près d’Albertville ... tu vois ... ce soir ".

Dans un tonnerre de cris et d’applaudissements Jean-Jacques enchaîne sur Bonne idée (-1/2 ton). Christophe Deschamps vient le rejoindre devant aux percussions. Jean-Jacques a changé un peu les paroles : " du soleil, des printemps (!), de la pluie " peut-être parce que les cinq premiers jours de la tournée printanière se sont faits dans le froid et la pluie ; il remplace les matches de rugby par " et du surf et du ski " et Johnny Winter aussi par " et tout Méribel est ici ". La chanson se termine : " bonne idée ... très bonne idée ... "

" Bonsoir ! ... C’est la première fois ... En général, quand on arrive quelque part, on se demande comment on va faire pour mettre de l’ambiance ; ce soir on va se débrouiller pour pas trop en perdre alors ... On va commencer par parler de gens qu’on connaît ; en général c’est ce qui se passe quand on s’est pas vu depuis longtemps : on se demande des nouvelles d’untel ou d’untel. Ça c'est une personne que vous connaissez certainement ; moi je la connais aussi mais c’est pas la même ... ça va devenir plus clair après ... il faut du temps. Donc nous la connaissons ; enfin, on en connaît tous une ... et ce soir c’est leur jour de gloire parce qu’on n’en parle pas très souvent ... ". La chanson commence : La vie par procuration (-2 tons). Jean-Jacques joue entièrement seul à la guitare dans le style du medley acoustique sur la tournée 1991. Sans doute sous le coup de l’émotion intense, il se trompe dans le texte : " les choses (!) ont cédé, ont perdu la bagarre, les choses ont gagné ... ". La chanson se termine dans une performance vocale assez remarquable.

Il enchaîne avec Ne lui dis pas (jouée sans médiator). On n’entend presque pas (la Halle Olympique, c’est vraiment pas le top pour les concerts !). Il n’y a pas de piano dans cette version, ni à l’intro, ni au refrain. Par contre Christophe Nègre apparaît sous un projecteur violet pour jouer la mélodie du refrain à la flûte dans un style irlandais (id. the Corrs). Il reprend ensuite le deuxième refrain à la flûte, puis dans une nappe de synthés les autres musiciens apparaissent à leur tour tous ensemble sur un plateau qui s’élève de dessous la scène, juste derrière Jean-Jacques : Claude Le Péron à la basse, Christophe Deschamps à la batterie, Jacky Mascarel aux claviers et Michael Jones à la guitare ! Pendant ce temps, Jean-Jacques pose sa guitare et passe derrière les musiciens en reprenant la mélodie au violon en se partageant les phrases avec la flûte de Chritophe Nègre. Quelle émotion ! Quel silence ébahi devant une si belle version !

Jean-Jacques reprend sa guitare et s’assoit. Les autres musiciens s’installent autour de lui, tout au bord de la scène. " Tout le monde est là ? " ; il poursuit tout en jouant une intro guitare dans un style Blues : " On va vous expliquer comment ça va se passer ... Donc ça va se passer un peu comme chez nous, quand on répète chez nous, rien de spécial ... On va rester assis. Je dis ça pour les gens qui sont debout devant parce que pendant une bonne heure il va pas se passer grand chose ... On va faire ça pendant une dizaine de chansons, donc jusqu’à ‘Quand tu danses’ ... Ensuite, si vous êtes encore là ... on va mettre, on va prendre les guitares électriques ... et peut-être on se lèvera ... Ça dépend ... de l’état de notre colonne vertébrale ... Donc, si vous êtes encore là, on se lèvera ". A force de jouer son intro Blues, ça démarre avec la cinquième chanson : Tout était dit (-1/2 ton). Des petits compléments au texte, du genre : " les papes sont sûrement patients ... enfin, on suppose (!) ". Michael est au dobro. Un film sur les quatre écrans géants illustre la chanson. A la fin Jean-Jacques ajoutte " enfin, presque tout était dit " ; il prend l’harmonica et la mélodie reprend dans une autre tonalité ; Christophe Nègre l’accompagne au saxo. La fille dans le film quitte le café, oubliant son foulard. Jean-Jacques la poursuit pour lui rendre. Et sur scène, à la fin de la chanson, Jean-Jacques sort le vrai foulard et l’attache à sa guitare.

On apporte deux autres guitares à Jean-Jacques et Michael. " Vous devez vous demander pourquoi on change tellement de guitares... C’est pour faire bien ... Si, ça frime, je trouve ! Quand on allait voir des concerts, on était dans la salle, nous on avait une guitare pour dix ans, et on voyait les gars qui changeaient de guitare tout le temps " – " A l’époque ils les brûlaient, même ! " ajoute Michael. – " Alors on s’est dit : ‘un jour on sera sur scène et puis on changera de guitare comme ça, quoi ... pour faire sérieux’ ... Non, c’est pas vrai ! Faut pas croire tout ce que je vous dis, franchement ! En fait c’est parce qu’elles sont accordées différemment et elles ont des sons différents ... Mais en même temps, ça frime ! ... Par exemple, ça (en montrant la guitare de Michael) c’est une douze cordes ; alors ça sonne comme ça ... (Michael joue l’intro de Hotel California’). Vous voyez ... vous savez ce que c’est que le son d’une douze cordes. Ça (en montrant sa guitare) c’est des six cordes ; alors on fait ... (Jean-Jacques joue l’intro de Je te donne). Des trucs comme ça ... Et quand on est vicieux, on peut mélanger les sons ... ça fait : 1,2,3,4 ... " Elle attend ; une version identique à l’album (sauf : -1 ton) pour rappeler le single sorti à l’occasion de la parution du double album ‘Singulier’. Là aussi, un clip accompagne la chanson sur les écrans.

Après ça, sans transition, la batterie démarre ... " Ça c’est une très ancienne chanson du premier album ... ". Michael joue ensuite la rythmique à la guitare électrique : ça démarre superbement bien ! C’est Le rapt (-3 tons 1/2). C’est sûr que c’est vieux. Mais comme pour Être le premier en 1994, Jean-Jacques nous a arrangé ici une superbe version ! Michael joue des phrases courtes sur tout le couplet, un peu comme il l’avait déjà fait pour Des vies (id. Mark Knopfler et Dire Straits) : la chanson redevient moderne et prend une autre dimension ! Au milieu de la chanson, il y a une accélération, des bruits de sirènes, et un gyrophare bleu sur l’écran ; et brusquement tout s’arrête, et calmement Jean-Jacques reprend la chanson pour faire ressortir toute l’intensité de ces paroles : " Vous pouvez rentrer chez vous, il est déjà tard ... On doit sûrement s’inquiéter de votre retard ... J’ai aimé les minutes de votre présence ... Vous ai donné les preuves de mon innocence ... (etc) ". Puis ça accélère à nouveau pour finir une nouvelle fois avec le gyrophare bleu.

Le concert continue : quelques nappes de synthés amènent un classique, Pas toi (-2 tons 1/2). Au troisième couplet " Glissent les jours ... ", Jean-Jacques joue à la guitare dans le style de la version du New Morning de 1994. Puis c’est Michael qui continue " Passe ma chance ... ". Jean-Jacques reprend le chant " J’ai beau me dire " et Michael l’accompagne à la guitare. Enfin ils reprennent " Quoi que je fasse ... " tous les deux en choeur : ça y est, depuis le début du concert Jean-Jacques chantait tout seul, maintenant il partage. Mais là n’est pas le seul changement ; maintenant ils ne chantent plus et Jean-Jacques explique : " C’est curieux, au bout d’un certain temps on a l’impression que les chansons prennent un peu leur indépendance et qu’elles ne nous appartiennent plus vraiment. Celle-ci on avait une version sur scène, d’abord, différente ... Ensuite on l’a réenregistrée avec Carole et Michael ... ensuite je l’ai entendue reprise par d’autres personnes et c’est très bien comme ça ... ", là le public ne semble plus d’accord ! " Si, les chansons c’est fait pour ça ... Et on s’est mis à imaginer toutes les versions possibles d’une chanson et donc, pour que vous soyez pas trop surpris, on va vous les jouer d’avance, toutes les versions auxquelles vous n’échapperez peut-être pas ... ". Alors voilà ce qu’il nous propose : 1°) sous le drapeau Jamaïcain à l’écran, un superbe version Reggae chantée par Jean-Jacques " ... Je pense à Cha " ; 2°) un Hard Rock puissant où Claude Le Péron chante dans les graves et Jean-Jacques dans les aigus ; Christophe Nègre fait le deuxième couplet ; 3°) inattendue cette version RAP, une version caricaturale ou Claude Le Péron répond à Jean-Jacques " Quoi que j’apprenne – Et l’autre, il va même pas à l’école ... " ou " C’est mal écrit. – Et, tu sais même pas lire ! - Comme une injure – Ouais, ta mère ! ... ", et Jean-Jacques qui finit " Je pense à moi " ; une courte pose, puis Michael intervient : " Attendez, ça pourrait être pire ... " : 4°) un Tango, carrément, où Jacky Mascarel, filmé en direct sur l’écran chante avec un bel accent espagnol comme il l’avait déjà fait dans l’intro hispanique de Peurs en 1991 ; et Jean-Jacques d’ajouter " Pire, toujours pire ! " : 5°) un Swing chanté en anglais par Michael et un final repris par Jean-Jacques avec un curieux accent de Charles Trénet ! On se souviendra de ces versions ! J’espère qu’elles ne seront pas oubliées sur l’album live ; d’ailleurs comment faire une sélection ?

La version Swing se termine par un morceau instrumental au saxo qui permet d’enchaîner sur Elle a fait un bébé toute seule, Jean-Jacques ressortant l’harmonica et Michael le banjo. Simplement un souvenir, car cette version ne présente pas de gros changement avec ce que Jean-Jacques nous fait d’habitude, sauf qu’il y a plus de guitare.

" Vous êtes là encore ? ... On part en voyage ... sur une plage ... en Afrique ... Il suffit d’imaginer ... un enfant qui court ... " : Le coureur. Là aussi un clip accompagne et illustre toute la chanson.

On pose les guitares : un piano arrive par la gauche de la scène sur un rail automatique. Jean-Jacques se place debout devant et interprète Là-bas. Michael nous fait l’intro guitare comme sur l’album. Jean-Jacques est filmé en direct et apparaît en gros plan sur les écrans géants. Quand arrive le couplet de Sirima, les paroles s’affichent sur l’écran (pour ceux qui les auraient oubliées), un karaoké géant, un hommage géant ... Et contrairement à la version 1991, la chanson est jouée en entier, y compris le deuxième couplet de Sirima après le refrain. A la fin Christophe Nègre joue un solo au saxophone et Chritophe Deschamps se déchaîne à la batterie ! Mais il va pouvoir se reposer le temps d’une ou deux chansons.

Toujours au piano, Jean-Jacques interprète alors Natacha. Après une intro en solo, Michael Jones, Claude Le Péron et Jacky Mascarel le rejoignent, respectivement à la balalaïka, à l’accordéon et au synthé. C’est évidemment Jean-Jacques qui termine par un superbe solo au violon. Les musiciens ne sont plus là, mais le final que fait Jean-Jacques est magnifique.

Visiblement très ému, il échange son violon contre une grosse guitare (accordée en Ré) et revient sur le devant de la scène, seul, en jouant quelques accords, l’intro de Il y a et la chanson qui marque la fin de la première partie acoustique : Quand tu danses. Jacky Mascarel est revenu discrètement derrière pour le synthé, mais on ne le voit pas. Tout le monde veut chanter, mais comme pour Ne lui dis pas on n’entend pas très bien. Une guitare acoustique, ça ne fait pas beaucoup de bruit et Jean-Jacques avait dit que ça serait calme jusque là. Maintenant on va voir ...

Et bien ça démarre très fort, avec la batterie électrique qui n’est pas sans rappeler le final de la version 1991 de A nos actes manqués. Jean-Jacques et Michael reviennent sur scène par la gauche, avec des guitares acoustiques, Jean-Jacques faisant la rythmique et Michael la mélodie d’intro que le public reprend en choeur. Jean-Jacques et Michael chantent en duo comme à l’habitude, en bougeant beaucoup sur la scène. A la fin Jean-Jacques fait chanter le public : il y a toujours un moment, dans chaque tournée, où Jean-Jacques chante de petites phrases et les fait répéter au public. Il y ajoute cette fois des frappements de mains et de pieds. Comme tout le monde fait comme lui, à un moment il frappe dans ses mains et écarte brusquement les bras : tous ceux qui se font prendre sur ce coup-ci mettent une belle gifle à leurs voisins ! Et Jean-Jacques, ironique : " Rien de cassé ? ".

A force de taper des pieds et de frapper dans les mains, Jean-Jacques impose un tempo qui lui permet d’enchaîner sur la chanson suivante : Nos mains. La version est très bien amenée et très bien jouée, si bien qu’elle prend une autre dimension et rend bien mieux que sur l’album. elle est accompagnée d’un film qui montre les dessins réalisés par des élèves de CM1 d’une école de Narbonne, dessins inspirés de la chanson, donc des dessins de mains ...

Jean-Jacques et Michael se placent maintenant au bord de la scène, dos au public, mais face aux écrans géants sur lesquels apparaissent des photos d'eux bébés. " On était mignons à l'époque ... – Ouais, ça c'est gâté depuis ! – Non, t'avais déjà une jolie fossette ... – C'est bizarre, t'avais les dents écartées ... – En tout cas on avait plus de cheveux ! – Ça c'est sur ! ". Et pendant qu'ils discutent ainsi, Jacky Mascarel joue une intro aux claviers qui amène Je te donne ; dans un style beaucoup plus rythmé, avec plus de synthés. Sur les écrans, les photos défilent, les années aussi : adolescents, premiers disques, Taï Phong, 1985 'Je te donne', la scène ... On arrive alors à 1998 : sur l'écran l'image en direct de Jean-Jacques et Michael en plein solo de guitare ... Le public chante le refrain " Je te donne ... " alors que les années continuent de défiler : 2010, Jean-Jacques et Michael ont vieilli, le public aussi ! 2020, il n'y a plus que deux ou trois personnes âgées dans la salle, assis dans des gros fauteuils feutrés. 2040, Jean-Jacques et Michael finissent à l'état de squelettes guitaristes ...

La chanson se termine et on enchaîne directement avec Peur de rien, façon Boogie (id. deuxième partie sur la tournée 1989). Michael chante le deuxième couplet " Quand les juges délibèrent ... ". Ensuite Christophe Nègre joue un solo de saxophone, puis on revient sur le rythme normal de la chanson (id. album) et Michael nous sort un superbe solo Blues. Enfin Jean-Jacques reprend le premier couplet avec Jacky Mascarel qui l'accompagne au piano comme le début habituel de la chanson. La fin repart dans un style rock assez marqué.

On enchaîne avec une version très rock d'Au bout de mes rêves. Tout passe très vite ... Toute la salle est debout ; ça danse partout ! En tout cas, cet enchaînement n'aurait pas démérité sur la tournée 1994, ni ce qui va suivre d'ailleurs ...

En fait, les musiciens sont partis et pendant deux minutes environ il ne se passe plus rien. Quand tout à coup un grondement sourd se produit ... Un orage se déclenche : des éclairs sur les écrans, des grondements de tonnerre, des flashes aveuglants, le bruit de la tempête, ... On sent le souffle du vent, le froid et même de la neige artificielle nous tombe dessus (ça rafraîchit !) : Ça fait tout drôle ; en tout cas on s'y croirait ! L'orage dure bien deux ou trois minutes. Puis Jean-Jacques revient et, toujours dans les bruits de tonnerre, démarre Il suffira d’un signe, accompagné de Jacky Mascarel et de Christophe Nègre aux claviers. C'est Michael encore une fois qui chante le deuxième couplet, et ils font le refrain ensemble : " ... Le moment viendra ... tout changera de place ". Et BOOM, tout explose et ça redémarre, les guitares électriques à fond ! Et Jean-Jacques reprend la chanson au début ... Vraiment à chaque tournée, c'est toujours un moment fort !

Enchaînement inhabituel après le refrain sur Quand la musique est bonne, version assez musclée. Tout passe très vite ... Et ça fait un paquet de chansons enchaînées ... et animées ... Sur le final, les musiciens reprennent tour à tour en solo le refrain, tandis que leur nom apparaît avec leur image en gros plan à l’écran.

Puis Jean-Jacques se remet à parler : c'est bientôt la fin. " Nous avons commencé tout à l'heure par une histoire de route : c'était 'On ira' ; on va finir par un histoire de route aussi : 'En passant' ... Des routes commes nos tournées ; des routes et des rencontres ... Ce soir c'était la rencontre avec vous ...". Jean-Jacques nous offre un superbe En passant, bien gâché cependant par un public trop ignorant qui frappe dans les mains n’importe comment : je me demande comment les musiciens peuvent rester concentrés et jouer dans les temps. Enfin, Jean-Jacques partage le dernier solo avec Michael et tous les deux disparaissent à reculons de chaque coté de la scène. Belle chanson d’au-revoir.

Après un premier rappel assez bref, la rythmique de Sache que je démarre et Jean-Jacques revient avec sa guitare acoustique : " On a pourtant tout essayé : on a mis de la glace sous vos pieds, on a envoyé de la neige, de l’orage, ... On n’a pas réussi à vous refroidir ... Probablement que la chaleur est à l’intérieur ... Alors louons les Jeux Olympiques d’Albertville d’avoir fait construire cette patinoire qui nous aura permis de venir jusqu’à vous ... Ça c’était une bonne idée, et à mon avis c’est pas la dernière fois ... En tous cas merci pour toute cette chaleur ... Je ne suis pas très doué pour les déclarations, mais ne vous y trompez pas, cette chanson est bien, malgré les apparences, une chanson d’amour ... ". C’est Michael qui interprète la partie harmonica sur la deuxième partie de la chanson. Jean-Jacques et tous les musiciens saluent le public. Seul Jean-Jacques reste sur scène et termine la chanson à la guitare acoustique, en regardant bien tout le monde, et quitte la scène par la gauche.

Tout le public crie " une autre ! ". Jean-Jacques revient, cette fois-ci tout seul avec sa guitare : " Oui mais quoi ? On n’a plus rien ... On dit que c’est fini là, et ... Faut faire quelque chose qu’on puisse faire ensemble alors ... et d’un peu étrange, inhabituel ... ". Il joue quelques accords : " Ils se demandent ... ". Il interprète quelques secondes ‘La Marseillaise’ : " C’est inhabituel et on peut le faire ensemble ". Il reprend les mêmes accords et chante Pour que tu m’aimes encore ! C’est vrai que celle-là on pouvait la faire ensemble ; en tout cas c’est une belle surprise (il joue en position SOL avec un capo en deuxième case, soit 2 tons 1/2 plus bas que Céline Dion). A la fin, il a fallu changer quelques mots pour masculiniser le texte : " Je m’inventerai beau (!) pour que tu me reviennes, je me ferai nouveau (!) pour que le feu reprenne. Je deviendrai ces autres qui te donnent du plaisir, leurs jeux seront les nôtres, si tel est ton désir. Plus brillant qu’un diadème (!) pour une autre étincelle, je me changerai en or pour que tu m’aimes encore ... ". Jean-Jacques s’est arrêté de jouer ; une bande enregistrée démarre et Jean-Jacques salue son public, la main sur le coeur ... Il est 22 h 56.

Mais il reviendra, il l’a promis !

N.B. : Le Dauphiné Libéré a titré 'MAGIC GOLDMAN'.

Olivier Ambrosi

28 avril 1998
Tous droits réservés

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