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[ Taï Phong ]

- Edition japonaise -

 

[ Références ]

  • Titre : Taï Phong (édition japonaise, 1993)
  • Références : CD WMCS 609
  • Paroles et musiques :
    • (1) Jean-Jacques Goldman
    • (2) Khan Mai
    • (3) Jean-Alain Gardet
    • (4) Tai Sinh

[ Titres ]

Durée totale : 46:56

[ Musiciens ]

  • Basse : Tai Sinh
  • Batterie : Stéphane Caussarieu
  • Chant : Jean-Jacques Goldman, Khanh Mai, Tai Sinh
  • Claviers : Jean-Alain Gardet
  • Guitare acoustique : Jean-Jacques Goldman, Khanh Mai, Tai Sinh
  • Guitare électrique : Jean-Jacques Goldman, Khanh Mai
  • Guitare slide : Khanh Mai
  • Moog : Jean-Alain Gardet, Tai Sinh
  • Orgue : Jean-Alain Gardet
  • Percussions : Jean-Alain Gardet
  • Piano : Jean-Alain Gardet
  • Violon : Jean-Jacques Goldman

[ Crédits ]

  • Arrangements : Tai Phong
  • Ingénieurs du son : Georges Blumenfeld, Khanh Mai, Jean-Pierre Pouret
  • Mixage : Andy Scott, Philippe Beaucamp, Khanh Mai
  • Enregistré et mixé aux Studios IP en février / mars 1975
  • Réalisation : Jean Mareska
  • Production exécutive : Dominque Lamblin
  • Pochette : Lang
  • Photos : Claude Gassian
  • Remerciements spéciaux à M. et Mme Minh

[ Jean-Jacques Goldman en parle ]

L'édition japonaise de Taï Phong est accompagnée d'un livret en japonais, que mon amie japonaise Mamiko a traduit.

"Je n'avais jamais pensé que j'aurais de nouveau l'occasion de faire le commentaire d'un album de Taï Phong. En été 1975, j'écoutais comme un obsédé, cet album de Taï Phong. A cette époque, j'étais membre d'un petit magazine qui s'appelait "Rockadom", j'étais jeune et ébahi par la profondeur du rock, avec l'enthousiasme et la volonté de vouloir voir jusqu'au plus profond du rock. J'achetais des albums importés, échangeais des informations avec les autres passionnés, complètement plongé dans le rock british et le rock progressif.

Je crois que c'était en été que j'ai découvert Taï Phong. Les rayons du soleil étaient ardents. Quand j'ai jeté un coup d'oeil chez "Nakano Records" (qui n'existe plus aujourd'hui), le vendeur m'a dit qu'il y avait un super album qui était arrivé. Si ma mémoire est bonne, je crois qu'il m'avait dit qu'il avait reçu seulement deux exemplaires de la France. En regardant le bel art work qui ressemblait à une aquarelle, j'ai fermé les yeux comme pour essayer d'entendre les sons qui provenaient de cet art work. C'est parce que j'aimais cet instant que j'achetais toujours des albums importés (les originaux). J'ai acheté l'album et je suis rentré chez moi avec cette profonde image que l'art work m'avais donné. A propos, l'autre album a été acheté par M. Takami de "Rockadom".

Cette nuit-là, une émotion remplie de bonheur a envahi non seulement mon coeur mais aussi mon petit appartement de Shimo-Ochiai que j'habitais à l'époque. En regardant fixement l'art work, j'essayais désespérément d'écouter tous les sons endigués dans le disque en vinyl noir. Je ne me suis même pas aperçu du lever du jour, mais petit à petit le rayon du soleil était entré dans la pièce. Sister Jane, et encore Fields Of Gold, dansaient dans ce beau contraste de la lumière et de l'obscurité. C'était beau, seulement beau. Je sentais la musique de Taï Phong et ma sensibilité fusionnées, et qui oscillaient dans ce petit univers.

Depuis, pendant un certain temps, l'arrivage d'albums de Taï Phong n'a pas eu lieu. De mon côté, j'ai écrit dans "Rockadom, No 2" que j'ai trouvé merveilleux l'album de Taï Phong. Quand je le relis aujourd'hui, cela me fait honte tellement mes phrases traduisent mon enthousiasme et mon excitation. Le premier album de Taï Phong est devenu sujet de conversation entre les passionnés, et aussi parce que ça n'arrivait pas beaucoup au Japon, il était devenu un album fantasmagorique. Plusieurs demandes étaient parvenues à "Warner Pioneer" qui était la maison de disques ayant les droits du producteur des disques de Taï Phong à cette époque. Un an plus tard, autour de septembre 1976, j'ai finalement reçu un coup de fil de "Warner Pioneer" qui avait décidé de relancer l'album en version japonaise. En fait, à peu près à la même période, en France qui est leur pays d'origine, Taï Phong avaient terminé l'enregistrement de leur deuxième album, Windows, et si ma mémoire est exacte, il avait déjà été publié vers la fin du mois de mai, leur single Games b/w The Gulf of Knowledge. De cette manière, leur premier album, l'album fantasmagorique, avait été décidé d'être republié au Japon. On m'avait demandé d'écrire le commentaire de cet album de la version japonaise. Cette histoire date déjà de dix-sept ans. J'étais encore un étudiant à l'université.

Quand je relis ce commentaire, je crois que j'avais en ma possession le single Games. Mais cela remonte à dix-sept ans donc je n'arrive pas bien à me rappeler du détail.

Ce premier album, aussi à cause de leur budget, a été achevé à peu près en trois semaines. Dans ce court délai de trois semaines, Taï Phong a endigué tout de leur propre originalité.

La sonorité de Taï Phong nous évoque la mer paisible et nous guide dans le ventre matrice. Le parfum sacré qui tourbillonne dans cette sonorité est fatalement beau. Contrairement à la plupart des groupes du rock progressif de l'époque qui privilégiaient la musique sombre, qui se penchait à son intérieur, Taï Phong projetait leur lumière plutôt vers l'extérieur mais avec une expression calme et détaillée. Leur son était comparable à une caresse. En plus, c'était une caresse tendre comme quand on touche la joue d'un bébé, et le son de Taï Phong oscillait dans cette sensibilité délicate.

Ce n'était pas le dynamisme qui naît de la force ; Taï Phong construisait leur dynamisme sur la musicalité qui naît de la vibration du coeur, et cela séduisait l'audience avec son calme et son battement. Les deux grandes oeuvres Fields Of Gold et Out Of The Night qui étaient enregistrées dans les versos des disques analogues, ont réussi, grâce à leur grande expressivité, à évoquer une mer paisible d'émotion, en utilisant plusieurs motifs. L'utilisation légère du clavier, la guitare qui n'est pas entêtant et l'harmonie merveilleuse... Taï Phong étaient très doué en arrangements. La beauté de l'ensemble solidifie le son et tous les morceaux ont un effet visuel et donnent une image dans le sens de l'auditeur. L'image naît du son joué et de la vibration du coeur de l'auditeur. Cette façon d'expression sobre et forte attirait tout comme un trou noir. Quand on parle de Taï Phong, on ne doit pas oublier leur sens dz l'intelligence qui leur a fait naître plusieurs idées originales. Une nouvelle forme du rock progressif qui n'est pas seulement de l'autosatisfaction. C'était cela que Taï Phong avait exprimé.

L'expression paraîtrait peut-être bizarre, mais j'ai l'impression que Taï Phong visait à faire du rock progressif qui pouvait être soutenu par le grand public. Cela se voit par l'utilisation de l'anglais au lieu du français, et aussi par leur façon de mettre leur passion aussi dans les petits morceaux comme Sister Jane. D'ailleurs, Khanh disait dans le magazine "BEST":

"Il ne faut pas sous-estimer les chansons comme Sister Jane. Ce morceau fait aussi partie de notre musique et c'est notre musique. C'est seulement qu'il est fait pour un single de trois minutes. Il est vrai que quand le temps est limité, il y a l'inconvénient qu'on peut utiliser uniquement un ou deux motifs, mais nous, on ne change pas notre musique pour ça. Même s'il est vrai qu'on vise notre succès de cette façon."

Comme leur intention, Sister Jane devient un grand succès en France. C'est la naissance de la première composition standard du rock progressif. Ce morceau est réédité plusieurs fois et Taï Phong a connu un succès jusqu'à être présenté dans les magazines non spécialisés.

Même au Japon, Sister Jane est connu en dehors du cercle des fans du rock progressif, aimé par les gens jusqu'à aujourd'hui, 1993.

Le high tone vocal qui est plein de transparence, et la guitare qui pleure... Cette sonorité qui nous invite dans un monde exquis, n'a pas perdu sa fraîcheur même si dix-sept ans ont écoulé. Cette beauté qu'on ne peut pas traduire en mot est héritée dans l'album Windows qui le suit.

J'ajoute ici qu'on a changé l'écriture japonaise pour le nom du groupe, de (phonétiquement) taifoon à taifon, puisque le second est plus fidèle à la prononciation française.

De plus, après la négociation avec WEA de France, on a obtenu la permission d'inclure un morceau de qui n'est encore repris dans aucun album. On a décidé d'enregistrer dans ce premier album aussi le deuxième single de Taï Phong, (If You're Headed) North For Winter b/w Let Us Play (WEA 16692) qui hérite la résonance du succès de Sister Jane. Ce morceau aussi est fabuleux.

Le 2 avril 1993, Masanori ITOH (Masa-Taï Phong-Itoh)

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Taï Phong est apparu en 1975, à l'âge d'or de la scène rock française.

C'est aussi en 1975 que les grands groupes qui continuent toujours de jouer aujourd'hui et qui représentent la scène rock française, comme Ange ou Magma, ont sorti plusieurs albums de suite et c'est aussi l'année où Atour, qui a donné un style au rock progressif européen, a sorti l'album Nightmare, un album qui a choqué le monde.

Et c'est aussi l'époque où "ARCANE" (maison de disques), affiliée de "EURO DISC" et qui plus tard devient affiliée de "RCA" (en changeant son nom à "CRYPTO"), avait commencé à travailler énergiquement en lançant des morceaux d'une caractéristique sobre à la française, comme Pentacle ou Carpe Diem.

Taï Phong s'est construit autour de deux frères d'origine vietnamienne, Khanh Maï et Taï Sinh, qui sont des métisses franco-vietnamiens. Après quelques changements de membres, le groupe a débuté avec leur premier album Taï Phong et le single Sister Jane. Les membres à l'époque étaient cinq en tout: Khanh (guitare et chant), Taï (basse et chant), un germano-polonais originaire de Paris, Jean-Jacques Goldman (guitare et chant), un fan d'Elton John et de Genesis et qui connaissait aussi en jazz et à la musique classique, Jean-Alain Gardet (clavier), et Stéphane Caussarieu (batterie) qui confirme d'avoir commencé la musique en étant influencé par Bill Blufford.

Leur premier album a été classé à la 23ème place dans le classement national de France en août 1975, dans lqe magazine de musique "BEST". Pour vous donner un peu l'idée, la première place était occupée par Emile Jacotey de Ange, la deuxième par The Lamb Lies Down On Broadway de Genesis et la troisième, encore une fois par Ange, Au delà du délire. On peut voir aussi en 44ème place Pollen de Pulser. Leur chef-d'oeuvre Sister Jane qui a été aussi vendu en single au Japon, a connu un succès en France, et aussi en 1975, le groupe publie leur deuxième single, (If You're Headed) North For Winter / Let Us Play.

En 1976, leur deuxième album Windows, qui a été préparé en quatre mois a été publié. Comme le précédent, cet album a été hautement apprécié et a été classé 5ème (le 1er était Par le fils de mandrin de Ange) dans le magazine "BEST" et classé en 3ème par "ROCK'N ROLL MUSIQUE" dans son classement national. Dans ce dernier, on pouvait voir, à part la première place de Ange, Udu Wudu de Magma en 5ème place, en 13ème Kawana de Zao, en 17ème Oxygène de Jean-Michel Jarre et en 19ème La messe en ré de Wapasso. Il est intéressant de trouver dans ce classement un groupe comme Wapasso qu'on croyait jusqu'alors être un groupe mineur. Aussi, à cette époque, à l'élection nationale du groupe populaire de l'année du magazine "BEST" avec Atour et Magma, Taï Phong est classé très haut. Mais là aussi la première place est occupée par Ange. Avec cela, on voit que Ange avait une popularité absolue en France à cette époque. De plus, dans l'élection de la section internationale, Genesis et Pink Floyd et d'autres groupes de rock progressif britannique prennent les premières places. On voit qu'à cette époque une vraie tempête de rock progressif a soufflé de l'Angleterre vers la France.

Après la parution du deuxième album, Jean-Jacques Goldman a commencé a jouer aussi en solo en 1977. Jean-Alain Gardet a aussi crée son groupe Alpha Ralpha qui joue des morceaux assez gais qui rappellent ceux des Taï Phong et qui sont dans la lignée du rock symphonique. Dans ce contexte, les Taï Phong sortent leur quatrième single Follow Me / Dance, où la face A est un morceau de Jean-Jacques Goldman en style discothèque et la face B est une magnifique ballade de Taï comme d'habitude. Dans cette oeuvre on voit que l'opposition du style musical des deux compositeurs est devenue évidente. Ce single sera le dernier avant que Taï et Jean-Alain Gardet quittent le groupe. Après le départ de ces deux, Khanh et les autres recrutent comme nouveaux membres Michael Jones (basse), Pascal Wuthrich (clavier) et en '78, ils sortent leur cinquième single Back Again / Cherry. Ensuite en '79, leur troisième album Last Flight est publié. Dans cet album on trouve quelques morceaux mélodiques mais c'est plutôt la couleur pop de Jean-Jacques Goldman qui ressort plus fortement.

En '81, l'activité solo de Jean-Jacques Goldman devient trop importante, donc le groupe se sépare, mais tout à coup en 1986 ils se retrouvent encore une fois pour un single et ils annoncent même un album, mais après on n'entend plus rien d'eux. Quand on regarde les activités de chacun, à part Jean-Jacques Goldman qui est devenu un big name comme chanteur et compositeur, les seules choses importantes sont que dans la première moitié des années '80, Jean-Alain Gardet fait ses activités de guitariste dans Alpha Ralpha et Khanh a monté un groupe de pop qui s'appelle Contact et qui a sorti un album.

by Katsuhiko "Luna" Hayashi, c/o Edison Shinjuku

(merci à Yoichi Nakajima : source de données)

[ Certifications ]

 


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