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[ Les années Taï Phong ]

1975

En 1975, Khanh Mai et Tai Sinh, deux frères vietnamiens, ont de grands projets musicaux. Khanh est ingénieur du son, et Tai est employé de banque. En duo (appelé Mousson), ils ont déjà remporté un championnat musical d'Ile de France. Pourtant, en dépit de cette reconnaissance et des fréquentations de Khanh dans le milieu musical, les portes des maisons de disques restent désespérément closes.

Tai et Khanh décident de fonder un nouveau groupe qu'ils appellent Tai Phong ("grand vent" en vietnamien). Ils passent une petite annonce dans l'hebdomadaire musical le plus en vogue, Melody Maker. Les deux musiciens qui répondent à l'annonce partiront au bout de six mois, obnubilés par leurs envies de gloire.

Au cours d'une soirée chez des amis communs, Tai et Khanh rencontrent Jean-Jacques. Le courant passe immédiatement entre eux. Jean-Jacques, effacé mais tout aussi capable, musicalement parlant, que ses deux prédecesseurs dans le groupe, n'a pas de problème d'ego.

Jean-Alain Gardet, qui habite dans le même immeuble que Jean-Jacques, est en préparation HEC. Il a une formation jazz classique, et joue des claviers. Jean-Jacques le persuade de rejoindre le groupe.

Les répétitions ont lieu chez Khanh, et le groupe pose les bases d'un rock symphonique à la manière des Genesis de la même époque. Mais le batteur ne donne pas satisfaction, et est remercié.

Quelques jours plus tard, ils rencontrent Stephan Caussarieu, un batteur de jazz qui a tout juste dix-huit ans, qui vient de passer quatre ans dans la classe de Kenny Clarke.

Tout en conservant leur activité professionnelle (Jean-Jacques travaille dans le Sport 2000 que gère Robert à Montrouge), Tai Phong répète le soir et les week-ends, de manière très consciencieuse et très professionnelle.

Leur première maquette est acceptée par plusieurs maisons de disques. Le groupe n'en revient pas ! Cela leur permet de signer un contrat avantageux avec les plus conciliants, Warner. Le groupe est managé par Dominique Lamblin, produit par Jean Mareska, et la réalisation est assurée par Khanh et Andy Scott.

Le premier album sort en 1975, et s'appelle, sobrement, Tai Phong. Le premier extrait, Sister Jane, connait un véritable succès sur les ondes et dans les discothèques. L'album contient six titres (dont un, Goin' away, écrit et composé par Jean-Jacques). Un autre 45 T, qui contient des titres qui ne figurent pas sur l'album (If you're headed north for winter, écrit par Jean-Alain Gardet, et Let us play, écrit par Jean-Jacques Goldman), sort parallèlement.

Rock 'n Folk voit en Tai Phong "l'espoir du rock made in France". Ils doivent cependant essuyer des critiques parce qu'ils ne chantent pas en français. Eux rétorquent qu'ils sont européens, pas spécifiquement Français. Ils font un passage remarqué à la télévision.

Jean-Jacques fuit les fans qui demandent des autographes, et nie être le chanteur de Tai Phong devant les clients du Sport 2000 qui le reconnaissent.

1976

Sortie du deuxième album de Tai Phong, Windows. Bien que Games, un slow sirupeux, aurait pu connaître la même destinée que Sister Jane, Windows ne connaîtra pas le succès. Jean-Jacques n'a écrit qu'un seul titre pour cet album, When it's the season.

Sa découverte de Léo Ferré et de Georges Brassens quelques années auparavant fait penser à Jean-Jacques qu'il doit être possible de chanter en français, et de ne pas se contenter d'être un "chanteur à texte". Un 45 T en solo sort, qui contient deux titres : C'est pas grave papa et Tu m'as dit.

Des doutes commencent à percer au sein de Tai Phong. Jean-Alain Gardet réalise un album solo, sous le nom de Alpha Ralpha. Tai quitte le groupe.

 

1977

 

Un 45 T de Tai Phong sort : Follow me (écrit par Jean-Jacques) et Dance (Tai Sinh) tombent rapidement dans l'oubli, alors que Follow Me aurait dû connaître plus qu'un succès d'estime.

Jean-Jacques persiste dans sa tentative en solo avec un second 45 T : Les nuits de solitude (titre résolument disco) et Jour bizarre, qui n'aurait pas démérité dans Entre gris clair et gris foncé.

1978

Jean-Alain Gardet et Tai Sinh ont quitté le groupe. Une petite annonce est passée pour trouver deux remplaçants. Pascal Wuthrich et Michael Jones font leur entrée. Michael est censé remplacer Jean-Jacques, qui ne veut pas faire de tournée, et montre de plus en plus son désaccord vis à vis des chansons en anglais. Berger, Cabrel, et quelques mois plus tard, Balavoine, sont en train de révolutionner la chanson française.

Jean-Jacques sort un troisième 45 T en solo : Back to the city again et Laëtitia.

Il accepte de prêter son concours à un 45 T pour Tai Phong : Back again (écrit par Jean-Jacques) et Cherry (Khanh Mai). Cherry est le premier duo entre Jean-Jacques et Michael Jones...

 

1979

 

Une année de doute pour Jean-Jacques, marquée par une production aussi importante que variée.

Il accepte de revenir faire un tour pour le troisième et dernier album de Tai Phong, au titre révélateur : Last flight. Jean-Jacques signe deux titres empreints de nostalgie pour cette période : End of an end et Sad passion.

Un autre 45 T de Tai Phong avec des titres inédits (Fed up, de Jean-Jacques, et Shanghaï Casino, de Khan Mai) sort pour plonger aussitôt dans l'anonymat.

Un maxi 45 T réalisé par Khanh Mai sort sous le nom de Tai Phong, qui reste une pièce unique : en face A, on trouve différentes fréquences qui permettent le réglage des platines de l'époque. En face B, deux titres : Sono et Rise above the wind. Ce dernier titre, qui dure dix-neuf minutes, comprend des répétitions et l'accordage des différents instruments.

A cette époque, bien qu'il soit toujours employé du magasin de sport de Robert, et que Catherine soit sur le point d'achever ses études de psychologie, la venue au monde de Caroline deux ans plus tôt ne permet pas à Jean-Jacques d'assurer un train de vie décent à sa famille. Il enregistre donc un 45 T et un maxi 45 T de reprises de tubes des années 60, à la Rockcollection, qu'il intitule Slow me again, et qu'il signe sous le nom de Sweet Memories. Sur la face B du maxi 45 T, on peut trouver la version anglaise de Les nuits de solitude, Just a dream, proposé à Tai Phong et refusé par Khanh Mai.

Tai Phong se dissout. "Le groupe s'est arrêté parce que les groupes, ça meurt", déclare Jean-Jacques quelques années plus tard.

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